Отказалась заботиться о матери после её проделок
Дневник, 12مارта2025г. Сегодня в проходе у входа в «Ашан» меня задержала бабушка Оксана. Она шипела
Когда моего мужа арестовали, свекровь приходила ко мне и обвиняла меня в случившемся
Меня зовут Людмила. Я больше не могла терпеть нескончаемое пьянство своего мужа. В очередной раз я собрала
Le beau-père refuse d’accepter sa belle-fille – Tu l’as ramassée à la sortie de l’école maternelle ou quoi ? Les femmes normales ne t’attirent plus ? Elle sait faire quoi ? Elle connaît quoi ? – lança M. Vasily Viktorovitch à sa belle-fille avec mépris. – À quoi sert-elle, franchement ? «C’est pourtant elle qui devra s’occuper de lui», pensa André, avant de répondre : – Papa, elle ne remplacera jamais maman, mais c’est ma femme ! J’exige un minimum de respect ! – Alors, ce borscht, il est comment ? – demanda Vika. – Celui de Colette est bien meilleur ! Plus corsé ! Enfin, on va quand même le manger, c’est pas bon de gaspiller, hein ! – Vous vous fichez de moi ? – s’indigna Vika. – Ça manque d’un petit truc, – André tordit le nez. – Je saurais même pas dire quoi, mais voilà, il manque un truc ! – Franchement, de toi, mon cher mari, je m’y attendais pas ! – Vika arracha son foulard. – Si vous adorez tant la cuisine de Colette, qu’elle vous fasse à manger, alors ! Moi, je ne mets plus jamais les pieds en cuisine ! – Et pour manger ? – ricana le beau-père. – Pour manger, M. Vasily Viktorovitch, sachez que je peux très bien le faire à la cantine ! Et votre Colette peut très bien me servir là-bas aussi ! Qu’est-ce que je la paie, sinon ? – piqua Vika. – Ça suffit ! – Vasily Viktorovitch cogna la table du poing. – Vous vous la jouez grande dame ! Mais ici, tu n’es qu’une étrangère, comme elle ! Méfie-toi, ce n’est pas elle que je mettrai à la porte. Ce sera toi ! – Papa ! – s’exclama André. – Tu pourrais surveiller ton langage ? C’est quand même ma femme ! – Fallait pas qu’elle joue à la bourgeoise… – renifla Vasily Viktorovitch. – Qu’elle range ses airs supérieurs aussi vite qu’elle les a sortis ! Sinon, elle ira vite rejoindre ses parents dans leur minuscule appartement avec vue sur l’usine Renault ! – Tiens, comme c’est facile de changer de ton ! – secoua la tête Vika. – Mais quand je m’occupais de vous comme d’un enfant, vous étiez moins dur avec moi ! – Bah, avant tu faisais pas autant ta princesse ! – ricana Vasily Viktorovitch. – Papa, sois pas comme ça avec Vika, – intervint Nicolas, le benjamin. – Elle fait de son mieux ! Colette a dix ans de plus qu’elle ! Elle a l’expérience, trois divorces derrière elle ! Normal que Colette sache mieux, mais Vika, c’est autre chose ! – Raconte-moi encore ta vie, toi ! – un nouveau coup du patriarche sur la table. – Continue comme ça et t’es dehors fissa ! Ta mère t’a laissé un studio en banlieue ? Eh ben, direction là-bas, compris ? – André, tu dis rien ? – Nicolas donna un coup de coude à son frère. – Je te rappelle que le borscht de Colette est vraiment meilleur ! – répondit André. – T’es vraiment irrécupérable ! – détourna Nicolas. – Et pour ta femme, tu fais rien ? – Pas besoin qu’elle s’en mêle ! – râla André, entamant bruyamment son assiette pour passer à la suite, du rôti dégoté chez Colette. – Merci, Nicolas ! – remercia Vika. – Le seul vrai homme de la maison, au moins ça ! Nicolas rougit comme sa soupe et suivit l’exemple de son frère. – Allez, terminons, – acquiesça Vasily Viktorovitch. – Froid, ça sera encore pire ! Vika faillit lâcher un « Bon appétit, que ça vous étouffe ! », mais se retint. Elle quitta la salle, digne. – Elle se rebiffe, j’en peux plus ! – désigna Vasily Viktorovitch la sortie de sa belle-fille. – Elle était pourtant une chouette fille ! Ce que l’argent peut faire aux gens ! Méfie-toi, André, elle va te transformer en vrai pantin : ton portefeuille et deux oreilles pour l’écouter ! – Ça n’arrivera pas ! – protesta André, le poing serré. – Me fais pas rire, – balaya Vasily Viktorovitch. – On parle pas aux femmes comme ça, – bougonna Nicolas. – Je t’ai pas demandé ton avis ! – envoya André à son frère. – Occupe-toi donc de ta vie ! À vingt-cinq ans, t’as toujours rien fait, tu cours après l’argent, tantôt chez moi, tantôt chez papa ! – J’ai une start-up, – baissa les yeux Nicolas. – On va bientôt faire du profit ! – Cette décennie ou on attend la prochaine ? – ricana Vasily Viktorovitch. – Allez, prends pas la mouche ! Ce genre de dialogues pouvait durer des heures. Depuis la disparition de la maîtresse de maison il y a trois ans, le patriarche n’était plus le même. Son unique plaisir semblait être de malmener tout le monde. Mais voilà que Colette, déjà citée, entra dans la salle à manger : – Vasily Viktorovitch, c’est l’heure des soins ! Vous savez, il faut respecter les horaires ! – Je sais, ma chère Colette, – Vasily Viktorovitch se leva. – Conduis-moi, ma beauté, vers une vie plus saine et heureuse ! André rougit jusqu’aux oreilles. – M. André Vasilyevitch, – Colette pivota vers le fils aîné, – je viendrai ensuite vous voir ! Faut soigner cette vilaine ongle incarnée ! Sinon, ce sera l’hôpital ! Le visage d’André retrouva son sourire béat : – Très bien, Colette ! Seul Nicolas observa la scène avec beaucoup de mépris. – Tu te trompes sur elle, – dit-il, une fois leur père parti avec Colette, – elle est gentille. Et papa commence à aller mieux. – Oh, l’intellectuel, pense à toi ! – répliqua André. – Toi, t’as rien, et tu donnes des conseils ! Commence par réussir quelque chose ! Nicolas n’attendait que ça : filant à l’autre bout de la maison rejoindre Vika : – Vika, ma chérie ! On s’en va, on quitte tout ça ! – Où on va vivre ? Avec quel argent ? – Je gagnerai de quoi vivre ! – Commence par y arriver… – Et tu comptes tout supporter encore longtemps ? – J’ai le choix, tu crois ? *** Chaque famille a sa force unificatrice. Quand elle disparaît, la famille part en morceaux, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Cette force, c’était Anna Ivanovna. Bonne épouse, mère adorable, maîtresse de maison inégalée. Mais à cinquante-deux ans, elle s’était épuisée à force d’être parfaite. Une nuit elle s’est couchée – au matin, elle n’était plus là. Son absence révéla à quel point tout dépendait d’elle. Ni les fils, ni le mari ne furent capables de faire face. Après les funérailles, ils sombrèrent dans la torpeur. Chacun avait son travail, qu’il continuait vaille que vaille. Mais le vide intérieur minait tout. – J’ai vendu l’entreprise, l’argent est en sécurité, ça me suffit, – déclara Vasily Viktorovitch. – Mais papa, tu as tout mis dans cette boîte ! – s’étonna André. – J’ai plus d’âme, – répondit-il. – Je voulais la transmettre à mes fils, mais toi, tu as ouvert la tienne, et ton frère, c’est vague… Elle n’intéressait personne ! – Et toi, tu vas faire quoi ? – Rien ! M’allonger et attendre ! J’ai assez d’argent jusqu’à la fin. Ce qu’il restera, ce sera à partager avec Nicolas ! Au fait, où il est encore, ce Nicolas ? – J’en sais rien, – haussa les épaules André. – Son start-up, tu sais… – Peu importe, – balaya Vasily Viktorovitch. – Tout m’est égal maintenant… André et Nicolas virent leur père s’éteindre à petit feu. – Il lui faudrait une aide à domicile, – dit Nicolas. – Tu imagines s’il faisait une bêtise… – Tu paies ? – ironisa André. – Mais il a de quoi… – balbutia Nicolas. – Faut déjà lui faire accepter d’être aidé ! – constata André. – Il ferait fuir n’importe qui ! – Moi, je peux pas, j’ai ma start-up ! – objecta Nicolas. – Tu pourrais peut-être déménager ici, toi ? – J’y pense, – répondit André. – Mais j’allais me marier. Maintenant… Est-ce que c’est un signe qu’il ne faut pas ? – Tu veux dire ? – Nicolas ne pigeait pas. – Vika, la fille avec qui je suis, infirmière et super débrouillarde, mais bon, c’est un peu terne… Enfin… – Penses-tu qu’elle peut devenir comme maman ? – À défaut, il nous faudrait au moins une présence, – soupira André. – Personne ne remplacera maman ! On n’en tira rien sur le moment, mais il s’ensuivit bien des changements. André revint vivre chez son père avec Nicolas et amena sa jeune épouse : – Maintenant, c’est notre maison, – annonça-t-il à Vika. – Tu comprends pourquoi j’ai tant tardé à me décider ? – Oui, je comprends, – sourit-elle. – Je sais à peine comment t’en parler, mais on a jamais eu de personnel. Juste ma mère… – Ça ira, – répondit Vika. – Je n’ai plus à aller travailler… – Bien sûr ! Tu as accès au compte ! Prends ce qu’il te faut ! L’arrivée de la jeune maîtresse de maison ne fit pas l’unanimité. Nicolas l’accueillit gentiment, promit son aide. Le beau-père, beaucoup moins : – Tu l’as prise à la sortie de la maternelle ? Les vraies femmes ne t’intéressent plus ? Elle sert à quoi, elle sait quoi ? – Vasily Viktorovitch dévisagea Vika avec mépris. « Alors qu’elle va devoir s’occuper de lui », pensa André, et ajouta : – Papa, elle ne remplacera pas maman, mais c’est ma femme ! Exige au moins un peu de respect ! – Je promets rien, – bougonna Vasily Viktorovitch. – On verra ce qu’elle vaut ! Si Vika avait su ce qui l’attendait, elle n’aurait jamais franchi ce seuil. Côté tâches ménagères, tout allait bien, la maison était équipée. Mais les difficultés venaient du beau-père. Le faisait-il exprès ? Était-ce instinctif ? Difficile à dire. Mais il lui tapait dessus à longueur de journée : elle devait apprendre à faire quelque chose de ses dix doigts ! Elle a tenu deux ans. Ensuite, même la diplomatie d’André ne l’apaisait plus. Elle convoqua tous les hommes de la maison et déclara : – Que ça vous plaise ou non, j’embauche une aide à domicile ! Je l’ai déjà trouvée ! Elle a un caractère difficile, mais elle ne répondra qu’à moi ! Si elle dit quelque chose, ce sera comme si je l’avais dit moi-même ! – Si elle est aussi empotée que toi, ce sera plus simple de vous mettre toutes les deux dehors ! – fulmina Vasily Viktorovitch. Mais André et Nicolas étaient pour. Ils voyaient ce que Vika endurait à cause de leur père. L’arrivée de Colette n’eut rien d’une fête. Elle jaugea d’un regard acéré et s’attela à la tâche. Aux hommes, on cacha qu’il y avait un accord secret entre Vika et Colette : cette dernière devait, grâce à tous ses charmes féminins, amadouer Vasily Viktorovitch. À cinquante-sept ans, il avait encore du répondant – et Colette, trente-sept ans. En somme, même en la jouant peu orthodoxe, ça devait marcher. – Ce vieux bougon, il va se calmer ! Sinon, Colette n’aura pas son bon salaire ! Et ça marcha, même trop. Colette ne se contenta pas de dorloter Vasily Viktorovitch, elle chouchouta aussi André, son quasi-contemporain ! Vika s’en rendit-elle compte ? Évidemment ! Mais impuissante : André lui coupa l’accès au compte de la maison, lui fixa un plafond. Tout filait chez Colette… Vika chercha alors du réconfort dans les bras de Nicolas, qui l’aimait depuis le premier jour. Ils auraient fui cette maison, mais ils n’avaient rien pour vivre. Et partir sans espoir, c’était angoissant. Dans une chambre d’amis, ils se consolaient comme ils pouvaient. *** – Si tu savais comme je les déteste ! – disait Vika à Nicolas. – C’est horrible mais je te comprends ! Ils sont imbuvables ! J’ai honte de ma famille ! – répondait-il. – On balance tout et on s’en va ? – proposa Vika. – Qu’ils se débrouillent entre eux ! – D’accord ! – approuva Nicolas. – Et ce soir, miracle, un gros contrat vient de tomber ! Ma start-up a explosé ! On aura de quoi vivre ! Ils s’enfuirent, comme poursuivis, mais la tempête éclata dans la maison. Lorsque Vasily Viktorovitch comprit tout : – Mon fils aîné m’a volé ma femme de ménage, mon cadet a volé la femme de l’aîné ! Quelle famille ! Et cette Colette, alors ! Faut croire qu’elle n’a pas essayé Nicolas, c’est tout ! Hurlements, vaisselle cassée, meubles fracassés, accusations en rafale… La famille bâtie avec amour par Anna Ivanovna volait en éclats. Car c’était elle, l’âme de la maison. Sans elle, ils étaient tombés si bas, incapables de réfléchir plus loin que le bout de leurs besoins…
Tu las sortie de la petite section, celle-là? Les femmes normales ne tintéressent plus? Elle sait faire
Tu vas céder l’appartement à ta sœur ? Rêve toujours ! – Mais quelle ingrate tu fais, vraiment ! – lança sèchement Madame Allard. – Moi aussi je t’aime, maman ! – répondit doucement Julie. Que faut-il faire pour être la préférée de sa mère ? Parfois, rien du tout. Il suffit simplement de refuser d’aider l’autre fille – la favorite bien-aimée : car dans toutes les familles, il y a toujours celle qu’on aime davantage… Et cette fille, ce n’était certainement pas Julie… Dès la naissance de sa petite sœur Alice, tout était posé : cède, tu es l’aînée ! La petite a forcément plus besoin, ce sera mieux, plus confortable pour elle – choisis la justification. Et Julie cédait, parce qu’elle adorait sa petite sœur maladroite ! Pourquoi maladroite ? Parce qu’Alice ne savait jamais rien faire seule : il lui fallait toujours l’aide de quelqu’un – ses parents ou Julie. N’était-ce pas de l’incapacité ? Et tout le monde se précipitait pour l’aider. Ou “se kydait”, comme disait la grand-mère Olga, qui, contrairement aux parents, affectionnait davantage sa petite-fille aînée. Elle estimait que les parents étaient injustes avec Julie. Et, en plus, ils trouvaient la cadette bien plus jolie que l’aînée : une vraie poupée, pas comme toi ! Oui, un jour, la maman l’avait dit très franchement à Julie : en somme, rien ne pousse à t’aimer, ma fille ! Pourtant, Julie travaillait bien à l’école et ne posait jamais de souci. Quant à la petite, on lui mélangeait son sucre dans le thé jusqu’à ses quinze ans… Julie adorait se rendre chez sa grand-mère : là-bas, elle se sentait aimée, choyée. C’est toujours ainsi dans un endroit où on vous traite vraiment bien. Mamie Olga vivait dans un F3 spacieux, attribué à son mari, feu grand-père Pierre, un ouvrier d’usine. C’est là que leur fils Arnaud – le père des filles – était né et avait grandi. Il y avait emménagé avec sa femme, Anne. Ensuite, ils avaient pris un crédit et quitté les lieux pour leur propre appartement. Le logement de mamie regorgeait de trésors – “mes petites merveilles”, comme elle disait. Ou de “vieilleries poussiéreuses”, selon la belle-fille. Ça sentait les livres et les épices, des napperons faits main décoraient chaque meuble. Tout était vieux, mais fonctionnait encore parfaitement, affirmait mamie : avant, on fabriquait solide ! – Faudrait jeter toutes ces antiquités ! – s’exclamait Anne lors de ses visites. – Tu aurais moins de ménage à faire ! – Je n’en ai pas besoin ! – répliquait mamie. – C’est ma vie ici ! Et moi, je ne me mêle pas de la vôtre, alors laissez-moi vivre la mienne ! La maman s’inclinait : difficile d’argumenter contre la sagesse de mamie Olga. Julie sentait alors que sa grand-mère avait marqué un point – et cela lui faisait un bien fou. Mais à sa mère… nettement moins. Jamais mamie Olga n’a monté Julie contre sa mère, bien qu’elle voyait la flagrante injustice des parents envers l’aînée. Un jour, elle tenta d’en parler à Arnaud : “Pourquoi tu fais tout reposer sur Julie ? Elle n’a pas de vraie vie, tout est sur ses épaules avec Alice !” Mais Arnaud répondit sèchement : “On sait ce qu’on fait, merci !” Ce qui voulait dire : n’interviens pas, maman. Les années ont passé. Cinq ans de différence entre les sœurs. À 22 ans, Alice, toute mignonne, épousa un garçon. Julie, 27 ans, brillante mais pas fatale, n’avait conquis personne. Charisme, cerveau, pas vilaine non plus, mais côté relations… c’était la loose. Puis mamie Olga disparut dans son sommeil, en douceur – la belle mort. Prévisible, mais pas ce qui suivit : mamie avait légué son appartement à Julie. Juste à Julie. Oui, UNIQUEMENT à l’aînée ! Les parents en furent sidérés : comment ça, la chérie de la famille se retrouvait lésée ? Jamais de la vie ! Elle, elle a un mari, des petits – Alice a eu des jumelles entretemps – mais vit dans un deux-pièces en location. Julie, elle, n’a ni enfant, ni compagnon ! Pourquoi garder l’appartement ? Qu’elle reste avec ses parents ! Ça lui va bien, non ? Tu partages avec ta sœur ? Ou mieux : tu lui DONNES l’appartement ! Allez – fais-en son cadeau de Nouvel An ! C’est bientôt, non ? Ce serait le GESTE juste et équitable. La famille entière rassemblée dans l’ancien appartement le soir du 31 décembre, et tu annonces : voilà, l’appartement revient à Alice, c’est elle qui en a besoin ! Quelle sublime idée, pensaient les parents ! Royal, même. Du point de vue d’Alice. Mais de celui de Julie… c’était encore la dinde avec rien au bout : “Prends et sois contente, ma fille !” Aussitôt, maman mit en branle le projet, déjà en train d’engraisser de mille détails : il fallait débarrasser l’appartement du bric-à-brac, selon elle tout était à jeter — haine particulière pour les napperons tricotés. Qui devait s’en charger ? L’aînée, bien sûr ! Aménager les couchages : on fêterait le réveillon là-bas, point barre — décision de maman. Ensuite, préparer un banquet : on fête le Nouvel An, quand même ! Menu concocté, délégué à Julie : n’oublie pas le tarama, Alice adore ! Et les cadeaux : Julie offrait toujours d’excellents présents, sa prime de fin d’année y passait intégralement… Qui d’autre pour tout gérer ? Alice a ses bébés, moi je travaille, et mon salaire n’arrive pas à ta cheville – alors, tu peux bien aider la famille, non ? Julie avait toujours tout préparé, depuis des années. On s’était bien habitué : c’est Julie qui gère ! Sauf que, pour la première fois, Julie ne voulait ni donner son appartement ni organiser la fête. Ce n’était même pas une histoire d’argent… elle en avait simplement marre. Bref, basta ! Des années à tout assurer, sans un merci : cette fois, la cantine gratuite, c’est terminé. Et puis, un changement se profilait dans sa vie : un collègue sympathique lui faisait la cour, des rendez-vous avaient eu lieu. Il lui avait proposé de fêter le réveillon rien qu’à deux. Et plus si affinités… À un gros mois du Nouvel An, Julie prit une décision radicale – après discussion avec sa meilleure amie et un agent immobilier. Résultat : le F3 de mamie vendu. Avec le fruit de la vente, elle acheta un studio avec grande cuisine, près du métro, rénové et tout équipé ! Les économies restantes lui permirent quelques achats de meubles, le reste fut mis à la banque. Julie n’emporta que les livres de mamie (impossible de les jeter). Des passionnés de brocante rachetèrent le reste à bas prix — il y avait de quoi faire ! Une semaine avant le Nouvel An, tout était prêt. Le 30 au soir, Julie s’installa dans son “chez-elle”. Les autres la croyaient occupée à préparer le réveillon dans le vieil appartement de mamie. “Tu as fait le sapin ?” s’enquit sa mère. “Oui !” répondit Julie, et ce n’était pas un mensonge : elle l’avait décoré la veille avec Olivier. “Et le champagne ?” “Olivier s’en occupe !” “Et la literie pour tout le monde ?” “Bien sûr, mam’, tout est prêt.” Cette nuit s’annonçait spéciale pour Julie, à plus d’un titre… “On arrive pour huit heures ! Que tout soit prêt à notre arrivée… on commence la fête directement !” C’était presque une menace. Julie sut alors qu’elle avait eu raison. Puis, tout se déroula comme dans la blague qui circule sur Internet : “On est déjà en route chez toi ! … Mais allez donc chez vous !”. À huit heures, la joyeuse troupe débarqua à l’ancienne adresse, s’attendant à trouver la table et les lits dressés par Julie. Mais voilà que la clé ne tourne pas. En insistant à la sonnette, un homme barbu, passablement éméché, ouvre la porte – flanqué d’un énorme chien sale. Déguisé comme pour un sketch du réveillon, il portait un t-shirt marin, et un antique caleçon noir, ses jambes maigres terminant dans de grosses bottes de feutre. – Tu veux quoi, toi ? – grommela-t-il à Anne, qui martelait la sonnette. – J’vais t’arracher la main, tu piges ? – Euh, monsieur, vous êtes qui ? – balbutia le gendre. – Le nouveau locataire, pardi ! – répondit-il d’un ton moqueur, puis éclata de rire. – Désolé pour la tenue, pas eu le temps de récupérer mon smoking au pressing, la veille. Le rush du Nouvel An, que voulez-vous ! – Julie est où ? – la voix de la mère se brisa. – C’est qui Julie ? Non, ça m’dit rien… – bredouilla l’homme. – Vous savez, une jeune femme… – fit Arnaud en dessinant le contour d’une silhouette avec ses bras. – Ah, OUI, ELLE ! Ben, elle est partie ! – Partie ? Où ça ? Qu’est-ce que vous racontez ? – s’indigna le père. – Partie commencer une nouvelle vie ! Moi, j’suis le nouveau propriétaire – ravi de faire votre connaissance ! Oh, d’ailleurs, j’ai un message pour vous… C’est ça, vous êtes la famille, hein ? Ben, Julie a dit : “Transmettez-leur le bonjour !” Voilà, c’est fait ! Maintenant, filez vite chez vous, la cloche va sonner, chers amis ! Colombo (le chien) est d’accord avec moi ! Le chien aboya doucement. – Ah, mais j’oubliais !… Bonne année ! Et sur cette tirade “joyeuse”, le nouveau maître des lieux referma la porte devant eux… – Tu n’es vraiment qu’une ingrate ! – lança Anne à Julie, qui répondit au téléphone. – Moi aussi je t’aime, maman ! – souffla doucement Julie, et elle raccrocha. Car, enfin, elle était partie vers une nouvelle vie. Prometteuse, bien plus que l’ancienne.
Donner l’appartement à ta sœur ? Vous rêvez Tu es vraiment incroyable ! lança Madame Claire Dubois.
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06
— J’ai passé deux jours au lit avec de la fièvre, et tu n’as même pas préparé une tasse de thé pour moi ! Tu n’es pas un homme, mais une créature inutile ! Et maintenant, si tu as envie de manger, c’est à toi de cuisiner !
Ça fait deux jours que je suis alitée avec la fièvre, et tu nas même pas fait de thé! Tu nes pas un homme
Моя мама и свекровь требуют, чтобы я простила изменившего мне мужа
Мой телефон до сих пор, будто в огне, разрывался от звонков. Моя мама и свекровь уговаривали меня простить
Все поняли, но уже слишком поздно
Я всё понял, говорил он, у меня нет никого дороже тебя. Я бросил жену, вот паспорт, вот выписка из ЗАГСа
Il a trouvé une belle occasion de faire sa demande en mariage – Récit Merci à tous pour votre soutien, vos likes, vos réactions chaleureuses et vos commentaires sur mes histoires, vos abonnements et un IMMENSE MERCI pour tous vos dons de la part de moi et de mes cinq félins adorés. N’hésitez pas à partager les histoires que vous aimez sur les réseaux sociaux – cela fait tellement plaisir à l’auteur ! — Ta fille voulait un chien de race ? demanda un jour un voisin à une femme, Odile. — Elle voulait, mais on n’a pas d’argent en trop, tu sais bien qu’on vit seules, répondit Odile. Le voisin esquissa un sourire, — Je te le donne, viens voir. Par chance, sa fille Pauline venait tout juste de rentrer de l’école. Dès qu’elle entendit, elle s’accrocha : — Maman, on y va, c’est gratuit, maman ! Je promets de le promener, et d’avoir que des bonnes notes ! — Franchement, François, quel homme tu fais ! Tu donnes de faux espoirs à la gamine et c’est moi qui gère, se fâcha Odile. — Mais Odile, tu pourrais peut-être me voir autrement avant de t’énerver… Je suis un homme bien, bosseur, fiable. Je coche toutes les cases, sauf que je suis seul ! — Oh, François, pourquoi je te regarderais différemment ? Je te connais depuis toujours ! Sept ans de moins que moi, quand je passais mon bac, tu étais encore au collège, arrête donc. — Mais maintenant, la différence ne se voit plus, regarde, tu fais à peine ma taille, et on voit qui est le plus costaud ! dit François en blaguant et en passant un bras autour d’Odile. — Tout sauf l’intelligence, à me câliner devant la petite, ricana-t-elle en se dégageant. — C’est bien pour ça qu’il me manque une femme comme toi, si brillante, répondit François avec un sourire touchant. — Bon, on y va ou pas pour ce chien ? intervint Pauline, la voix tremblante. — Il est trop mignon, et quelle histoire ! Viens, je te montre, proposa François d’une voix mystérieuse. Pauline attrapa la main de sa mère, suppliante : — Maman, tu l’as promis ! Voyant le trouble sur le visage d’Odile, François insista : — Je démarre la voiture ? C’est à deux pas, vous ne regretterez pas ! Odile jeta un regard en coin au voisin, soupira et dit à sa fille : — D’accord, ils disent qu’il est petit… Mais attention, Pauline, il faut que tu travailles bien à l’école ! Tout le trajet, Pauline ne tenait plus en place : — Il est joueur, le chien ? Comment il s’appelle ? On arrive bientôt, tonton François ? Bientôt, ils arrivèrent devant l’immeuble ancien de la mère défunte de François qui expliqua : — J’avais confié l’appartement en location, mais ça s’est mal passé… Dedans, c’était un vrai capharnaüm. Au milieu des sacs éventrés, de boîtes vides, de boîtes de conserves empilées, serrés l’un contre l’autre, un chat gris aux yeux dorés et un chien tout ébouriffé. Ils étaient sales, amaigris, mais surtout, ils n’avaient pas abandonné face à la terrible épreuve infligée par leurs anciens maîtres. — Imaginez, continua François, pas mis les pieds ici depuis un mois, et j’arrive sur ça ! Les voisines racontèrent que les deux locataires étaient parties sans prévenir, sans régler le loyer, en laissant derrière elles le chat et le chien, enfermés, sans nourriture ni eau. — Comment ont-ils survécu ? demanda Pauline, horrifiée. Leur lutte pour la vie était visible partout : ils avaient tout mangé — les biscuits, les bonbons, les macaronis, les céréales, même la viande en boîte ouverte par miracle, et du lait concentré en sachet trouvé par hasard. Ils n’avaient rien laissé ! Mais surtout, le miracle, c’est l’eau. La chatte savait, ou a réussi à ouvrir le robinet de la salle de bains, assez pour survivre mais pas trop pour inonder les voisins heureusement. Sinon, leur calvaire aurait fini plus vite… François avait bien fait d’amener de la nourriture, et Pauline se mit tout de suite à nourrir les deux rescapés. Même Odile n’a pu retenir une larme. — Tu vois, Odile, je me suis pas trompé sur toi : t’es une femme au grand cœur, confia doucement François pendant que Pauline cajolait ses nouvelles bêtes rassasiées. Dis, on les ramène tous les deux à la maison ? Et si tu te mariais avec moi, Odile ? J’ai jamais trouvé une femme comme toi. On serait tellement heureux, je t’en fais le serment ! J’ai la voiture, deux appartements, un pour Pauline le jour où elle voudra voler de ses propres ailes, l’autre à louer (mais pas à n’importe qui cette fois !). Avec toi, on aurait peut-être d’autres enfants. Oui, on serait bien, une famille formidable ! Et maintenant on a déjà un chat et un chien, comme il se doit dans tout bon foyer français ! — Dis oui, maman ! ne comprenant pas bien la signification de la demande, cria Pauline, mais déjà conquise. François éclata de rire. — Voilà ! Tout le monde est d’accord, il ne manque plus que toi ! — Ah, François, arrête, tu plaisantes ? balbutia Odile, surprise de se sentir émue. C’est vrai qu’il était devenu bel homme. Gentil, attentionné : il n’avait pas laissé tomber les animaux comme tant d’autres auraient pu… Odile se laissa rêver – et son cœur s’emballa quand François la reprit dans ses bras. — Laisse-moi réfléchir, si tu es sérieux ; ah, quel tentateur ! lança-t-elle, toute rougissante. — Prends ton temps, Odile, on n’est pas pressés. Moi, j’emmène le chat, et le chien pour vous, comme prévu. On reviendra demain pour ta réponse, promis ! François avait réussi : Odile accepta de l’épouser. Un mois plus tard, tout l’immeuble faisait la fête au mariage. On a cuisiné chez Odile, installé de grandes tablées chez François, son « antre de célibataire ». Mina et Charly, le chat et le chien, ne quittaient plus leurs nouveaux maîtres d’un pas – les animaux savent toujours à qui se fier. Et puis, un an plus tard, des jumeaux sont nés, Sophie et Alexis. Mina et Charly ont désormais une mission : surveiller les petits. Dans une grande famille, chacun trouve sa place. Mais surtout, dans une famille nombreuse et soudée, le bonheur ne manque jamais ! Bonheur pour les enfants, et pour les animaux aussi Surtout quand il y a un chat et un chien à la maison !
Tu sais, il mest enfin arrivé un truc qui ma donné le bon prétexte pour faire ma demande ! Merci à tous
Tu crois vraiment que je vais donner l’appartement à ma sœur ? Vous rêvez ! – Tu es vraiment incroyable, toi ! – lança Madame Allard. – Moi aussi je t’aime, Maman ! – répondit doucement Julie. Mais alors, que faut-il faire pour devenir la fille préférée ? Parfois, il suffit simplement… de ne pas se sacrifier pour l’autre, celle que tout le monde adore. Dans chaque famille, il y a toujours quelqu’un qu’on aime plus que les autres… Et cette fois, ce n’était pas Julie… Tout a commencé dès la naissance d’Alice : « Laisse-lui, tu es l’aînée ! Pour le bébé, c’est plus pratique, plus essentiel, plus proche, mieux » – à souligner au choix. Alors la grande sœur cédait. Parce qu’elle adorait sa cadette débrouillarde ! D’ailleurs, « débrouillarde » ? Pas tant, car Alice ne pouvait jamais rien faire toute seule : il lui fallait l’aide de quelqu’un, les parents ou Julie… Et tout le monde courait l’aider. Ou courait, comme disait mamie Odette : celle qui, à la différence des autres, aimait davantage l’aînée. Elle trouvait que les parents étaient indignes d’elle. Sans compter qu’ils disaient toujours qu’Alice était bien plus jolie : une vraie poupée, pas comme toi ! Oui, sa propre mère lui avait un jour dit texto : « Toi, franchement, t’aimer, j’vois pas pourquoi ! » Pourtant, Julie était l’élève modèle, ne causait aucun souci. Et jusqu’à quinze ans, on mélangeait le sucre dans le thé pour la petite sœur… Julie adorait aller chez Mamie ; là-bas, c’était bon et rassurant. Forcément, dans un endroit où on t’aime vraiment. Mamie Odette vivait dans un grand deux-pièces, hérité de son mari – Papy Pierre, ouvrier. Leur fils Arthur – le père de Julie et Alice – y est né et y a grandi, et quand il s’est marié avec Anne, il l’a emmenée là. Ensuite, ils ont pris un crédit pour leur propre appartement, quittant les parents. L’appartement de mamie était plein de souvenirs, comme elle disait, ou de vieux trucs de mémé, selon Anne, sa belle-fille. Ça sentait les livres partout, mêlé d’épices ; chaque pièce abritait des napperons crochetés à la main. Les appareils ménagers étaient anciens mais marchaient toujours, disait mamie : « Avant, c’était du solide ! » – Faudrait tout virer, ces nids à poussière ! – râlait Anne lors de ses rares visites. – Vous verrez, ça vous soulagera ! – J’ai pas de mal à faire le ménage, moi ! – répliquait mamie. – C’est ma vie, tout ça ! Je viens pas donner des leçons chez vous, alors restez chez vous ! Vivez comme bon vous semble, mais votre vie, pas la mienne ! J’aurai bien assez à dire sinon ! Moi, je vis la mienne ! Et la mère se taisait : que répondre à une femme aussi sage ? Julie sentait, à chaque fois, que sa grand-mère filait une victoire à sa place. Ce qui la réjouissait. Mais Anne, non… Mamie n’a jamais monté Julie contre sa mère, même si elle voyait bien l’injustice flagrante dans le comportement d’Arthur et d’Anne. Parfois, Odette entamait la discussion avec son fils : Pourquoi laissez-vous la pauvre passer derrière sa sœur ? Toujours Julie qui s’occupe d’Alice ! Mais Arthur répondait sèchement : « On gère, Maman ! » Ce qui voulait dire : ne t’en mêle pas. Et Odette se taisait. Le temps passa, cinq ans d’écart entre les sœurs. À vingt-deux ans, Alice, adorable, se maria vite, alors que Julie, la brillante, n’arrivait pas à séduire un homme. De la répartie, des neurones, pas moche non plus, mais rien que des rendez-vous ratés… Puis mamie Odette est partie, tout doucement – dans son sommeil. Une belle mort. Ce n’était pas une surprise ; par contre, le testament… lui, l’était. Mamie laissait son appartement à Julie. À Julie seule. Oui, à la petite-fille aînée ! Les parents étaient en état de choc : Quoi ? Pour que la préférée soit laissée pour compte ? Jamais ! Alice avait un mari, des jumeaux déjà, vivant dans un F1 en location. Mais Julie ? Pas de chat, pas d’enfant ! Pourquoi lui laisser l’appart ? Qu’elle reste avec nous, non, c’est mieux ! Tu vas partager avec ta sœur ? Ou mieux, tu lui donnes l’appart ! Oui, offre-le-lui, fais-lui ce beau cadeau pour le Nouvel An – c’est bientôt ! Ce serait un geste noble, juste. Toute la famille réunie le 31 décembre dans l’appart de Mamie, et toi, tu annonces : « J’ai décidé que le deux-pièces revient de droit à Alice ! À qui d’autre ? » Ah, quelle idée royale, que voilà ! Enfin… pour Alice. Pour Julie : circulez, y’a rien à voir ! Anne se plaisait à élaborer ce projet grandiose, qui s’enrichissait de jour en jour. Il fallait vider l’appartement de la moindre bricole – selon elle, tout était superflu ! Surtout ces horribles napperons au crochet… Et qui devait tout trier ? L’aînée, bien entendu ! Installer assez de couchages pour la Saint-Sylvestre – car la fête, évidemment, aurait lieu là, plus de place ! Préparer un bon repas, forcément ! Le menu était soigneusement pensé par Anne et transmis à Julie : « N’oublie pas le tarama, Alice adore ça ! » Et les cadeaux – Julie offrait toujours d’excellents présents : généralement sa prime de fin d’année… qu’elle ne dépensait jamais pour elle-même. Au fond, ça s’était toujours passé ainsi depuis que Julie travaillait : tout le monde se retrouvait chez ses parents, elle gérait tout, du début à la fin. Alors, pour quoi changer ? « Julie s’en chargera ! », tous les ans, le même refrain. Et pourtant Julie, pour la première fois, comprit qu’elle ne voulait pas donner l’appartement légué à sa sœur. Ni organiser la fête pour toute la famille. Ce n’était même pas une question d’argent : elle en avait assez, tout simplement. Bref, basta ! Assez donné. Jamais un merci. Cette fois, le resto, c’est fermé. Et, pour la toute première fois, elle vivait une véritable histoire : un collègue sympa, Oleg, lui montrait de l’intérêt. Plusieurs rendez-vous déjà… Et Oleg espérait réveillonner avec elle. En tête-à-tête. Il restait plus d’un mois, alors Julie prit une décision radicale. Après avoir consulté sa meilleure amie – qui connaissait une super agente immobilière. Au final, le deux-pièces fut vendu ; avec le produit, Julie acheta un charmant F1, grande cuisine, près du métro – clés en main. Avec le reste, elle acheta quelques meubles et mit le surplus de côté. Elle emporta seulement les livres – impossible de jeter tout ça. Le reste, revendu pour une bouchée de pain à des collectionneurs. Il y avait des merveilles chez mamie. Une semaine avant la Saint-Sylvestre, Julie s’installa enfin. Le 30 décembre en soirée, elle quitta la maison familiale. Les autres croyaient qu’elle filait chez Mamie pour tout préparer ! – T’as fait le sapin ? – demanda Anne. – Oui, Maman ! – répondit Julie, sans mentir : elle venait de le décorer avec Oleg ! – T’as pris du bon champagne ? – Je pense, oui ! – Oleg s’en chargerait. – Et tout le linge pour les couchages, c’est prêt ? – Bien sûr, Maman ! Cette nuit allait marquer un tournant, pas seulement un réveillon… – Parfait : on arrive vers huit heures ! Que tout soit prêt, on s’installe tout de suite pour dire au revoir à cette année ! Ça sonnait comme une menace. Julie sut qu’elle avait fait ce qu’il fallait. Et là, comme dans la vanne sur Internet : « On arrive chez toi !… Ah, chez toi ? » À huit heures, toute la petite troupe débarqua dans l’appart de Mamie, s’attendant à table, cadeaux et dodo. Julie devait tout avoir prêt ! Le clou du spectacle : la sœur aînée annonce qu’elle donne l’appartement à la cadette ! Un tonnerre d’applaudissements bien mérité ! Mais le destin, ce soir, avait d’autres plans : orages magnétiques ? Choc d’astéroïde ? Ou la planète qui a dérapé sur son axe ? Toujours est-il… la clé ne marchait pas – pourtant, il leur restait un double. Ils sonnèrent – ouvrit un type mal rasé, un chien énorme à ses côtés. On aurait dit un acteur déguisé pour le Carnaval – qui, alors ? Julie aurait embauché des comédiens ? Et le chien ? Le type portait un vieux marcel, un caleçon rayé, de longues jambes dans des bottes de feutre. – Qu’est-ce que tu fais là ? – grommela le bonhomme à Anne, toujours collée à la sonnette. – Mais… vous êtes qui ? – bégaya le mari d’Alice. – Moi ? Le nouveau locataire, sans pardessus ! – il s’amusait. – Désolé pour le costume : le pressing a pas fini de nettoyer mon smoking ! Trop de clients pour le réveillon ! Et on ose dire que ça va mal… – Et Julie ? – tenta Anne. – Qui ? – répondit l’homme, l’air hésitant. – Ben, une jeune femme… – Arthur esquissa une silhouette de ses mains. – Ah, elle ! – tilt du monsieur. – Eh bien, elle, elle s’est barrée ! – Comment ça, barrée ? Où voulez-vous qu’elle aille ? C’est son appart ! – protestèrent les parents. – À la conquête d’une nouvelle vie ! Voilà ce qu’elle m’a dit ! Et moi, je suis officiellement le nouveau proprio ! Enchanté ! – il salua, bottes de feutre frottant le seuil. – Au fait, elle m’a laissé un message : « Salue la famille quand elle viendra ! » Alors, bonjour à tous de la part de Julie ! Voilà, mission accomplie : vous êtes salués. Je retourne à ma soirée ! Rentrez chez vous vite : vous allez rater les douze coups de minuit sinon… Faut accélérer, même Columbo (il montra son chien) est d’accord ! Le chien aboya. – Oh, j’oubliais ! – s’exclama t-il. – Bonne année, quand même ! Et sur cette note haute en couleurs, le nouveau propriétaire claqua la porte… – Tu es vraiment incroyable, toi ! – répéta Anne à Julie, qui répondit sans s’énerver : – Moi aussi je t’aime, Maman ! – puis elle coupa : elle était vraiment partie vivre sa nouvelle vie, qui s’annonçait bien meilleure que l’ancienne.
Tu donneras lappartement à ta sœur ? Vous rêvez Tu es vraiment… incroyable ! lance Agnès Périn
Что делать с наследством? Мне 75 лет, у меня две дочери и одна квартира — как правильно передать имущество, чтобы после моей смерти дочери не поссорились, не перестали общаться и остались семьёй?
Что делать с наследством? У меня две дочери и одна квартира Вот уже 75 лет прожила, а последние годы