La rivale qui vient réclamer les affaires — Moi, c’est Laurence, nous travaillons ensemble. Nous nous aimons, et vous nous empêchez d’être heureux ! Rendez-moi Pierrick ! — Mais en quoi est-ce que je vous empêche ? — s’étonna sincèrement Sylvie-Antoinette. — Donnez-moi des faits ! — Eh bien… — balbutia la femme. — Il ne veut pas vous quitter ! Pierrick, tu es bête ou quoi ? Ces paroles géniales, c’est le petit Sébastien qui les a prononcées dans le roman de Véronique Panov. Après que l’adulte Pierrick lui a « offert » un bonbon dont le très joli emballage cachait… le vide. Eh oui, il est vraiment bête ! Comme le disait Desproges : il n’a pas de troubles psychiques — il est juste bête ! C’est exactement ce que Sylvie-Antoinette a dit à son mari, mais cela ne s’est pas passé quand sa maîtresse s’est installée chez eux — ça, elle avait encore encaissé ! — Non, c’est arrivé un peu plus tard. Oui, il s’est avéré que son Pierre-Édouard, Pierrick le coq doré, avec qui elle vivait depuis tant d’années, s’était trouvé une nouvelle flamme. Et celle-ci ne s’est pas contentée d’arriver : elle est venue avec des exigences — « Nous nous aimons, rendez-moi votre mari ! » À ce moment-là, Sylvie commençait déjà à se douter de quelque chose. Pierrick s’était mis à se raser chaque jour au lieu d’un jour sur deux, il avait acheté une nouvelle eau de toilette et, tout récemment, il avait repassé ses jeans avec une belle pliure sur le devant. Sylvie n’en a pas voulu à son mari et a pensé, avec une pointe de vengeance, que c’était bien fait pour lui. Il s’était couvert d’un parfum étranger étouffant et était reparti dans la nuit : on l’avait nommé de garde ! Oui, lui, simple cadre intermédiaire ! — Tu comprends, chérie ? — expliquait-il à table. — Chez nous, petite société du bâtiment, on n’a plus de gardien. Et le budget est serré ! Donc, on fait des tours de garde la nuit pour dormir au bureau et faire fuir les voleurs ! Pas envie, mais obligé… J’adorerais rester à la maison. Au bureau, même pas de quoi dormir ! — Et comment tu fais toute la nuit là-bas ? Assis comme ça ? — demanda Sylvie dans un style bien provincial. Pierre fit la grimace. Parler comme ça, vraiment ? «Assis comme ça», c’est quoi ? Mais c’est un gérondif, certes vieilli ! Et la prof de français qu’était Sylvie le savait bien, à la différence de son mari. Ça faisait longtemps qu’elle pensait que son mari mentait. Et qu’il y avait anguille sous roche dans leur royaume. Après vingt ans de mariage, leur fille s’était installée ailleurs. Et voilà que son mari avait sans doute une maîtresse. Ça arrive : il est tombé amoureux, il n’a qu’à avouer et partir. L’appartement appartenait de toute façon à Sylvie-Antoinette avant leur union. Bon, c’est comme ça. Crise de la quarantaine et autres balivernes. Mais Pierrick tardait à avouer. Aimait-il toujours sa Sylvie ? Pensait-il que sa nouvelle histoire n’était pas sérieuse ? Mais le fait était indéniable : il vivait toujours à la maison, comme si de rien n’était ! Et même il accomplissait son devoir conjugal. À part quelques indices d’infidélité, Sylvie n’avait rien de concret. Peut-être qu’elle se faisait des films ? Juste une histoire de parfum… juste des pantalons bien repassés. Sylvie voulait tourner la page sur ces bizarreries, mais la voilà, la perfide trouble-fête débarque — « Raymonde Zacchari », la séparatrice. Pierrick n’était pas là. Sylvie faisait le ménage dans leur deux-pièces. Et soudain — la voici : bonjour-bonjour ! Naïve, comme dans son film préféré, Sylvie l’a laissée entrer : on ne sait jamais, elle voulait peut-être juste expliquer quelque chose ! Plus tard, elle découvrit que « l’amour » de son mari était de cinq ans sa cadette. Mais elle avait tout l’air d’une femme de plus de quarante ans ! Et voilà ce qu’elle déclara : — Moi c’est Laurence, on travaille ensemble. Nous sommes amoureux, et vous nous gênez ! Rendez-moi Pierrick ! — Mais en quoi est-ce que je vous gêne ? — s’étonna Sylvie-Antoinette. — Expliquez-moi, donnez-moi des faits ! — Eh bien… — la femme hésita. — Il ne veut pas vous quitter ! — Mais c’est lui qui ne veut pas partir ! Moi, je n’ai aucune objection ! Je peux même vous préparer sa valise dès maintenant ! — proposa Sylvie, puis demanda : — Et qu’est-ce qu’il vous a raconté ? Que je suis mourante, c’est ça ? Et qu’il ne peut pas me laisser ? — Euh… pas vraiment mourante… — la visiteuse balbutia, — mais presque. En vérité, avec Pierrick, elle n’avait pas abordé ce sujet ! D’ailleurs, ils parlaient à peine : tout, sauf le fait d’une infidélité accidentelle, sortait de son imagination… Mais Sylvie ignorait tout ça. — Mais vous voyez bien que je vais très bien ! Donc, prenez le petit Pierrick sans souci — je lance la procédure de divorce demain ! À vous la voie libre, l’amour et que le bonheur inonde votre foyer ! — lui souhaita la femme, tout sourire. — Vraiment ? — la visiteuse s’en réjouit. — Vous êtes incroyablement positive ! Franchement, je ne m’y attendais pas ! J’avais peur du pire ! « Tu ne sais pas à quel point je peux être positive ! », pensa Sylvie sans bienveillance en continuant à sourire, puis dit tout haut : — Allons donc ! Pierrick et moi, nous avons une confiance totale ! Nous nous respectons. Je vais tout lui dire, et vous pouvez partir tranquille ! Cela sonnait comme « reposez en paix ». Mais la visiteuse, surexcitée, ne remarqua rien. — Eh bien, dites-lui que je l’attends ce soir, avec ses affaires ! — conclut Laurence, gratifia sa rivale terrassée d’un sourire triomphant et fila vers son bonheur tant rêvé. — Certainement, chère madame ! — s’exclama la prof de français. — Patientez bien ! Le soir, Sylvie avait préparé un « petit » bagage orphelin pour Pierrick dans l’entrée : pas grand-chose à emmener — on ne paye qu’à la hauteur du bien ! À la tête de son mari, Sylvie comprit qu’il n’était au courant de rien. Car Pierre-Édouard, habituel, embrassa sa femme sans montrer le moindre trouble et demanda : — Sylvette, qu’est-ce qu’on mange ? Dis, pourquoi il y a une valise dans l’entrée ? Tu pars quelque part ? — Ta copine est passée ! — lança Sylvie sans détours. — Ma copine ? — Pierrick était sincèrement surpris. — Oui, la gardienne ! Celle avec qui tu fais tes gardes de nuit ! — expliqua Sylvie. — Pour surveiller les biens ! Pierrick rougit et murmura tout bas : — Laurence ? Je n’ai jamais fait de gardes de nuit avec elle ! — Il y en a d’autres que Laurence ? Tu te révèles gaillard sur le tard, dis donc ! — Ce n’est pas ce que tu crois — commença l’homme. — Ah bon, et qu’est-ce que je crois ? Vas-y, lis dans mes pensées ! Allez ! Tu vas sûrement me dire qu’il ne s’est rien passé, ou qu’elle est venue d’elle-même ! — Non… — piqua du nez Pierrick. — Ça s’est passé, mais une seule fois ! Tu te souviens, quand je suis rentré ivre ? Et voilà ! Mais je ne voulais pas — victoire jurée, Sylvette ! Elle m’a séduit de force ! C’est… l’instinct ! Voilà… — Je comprends, Pierrick : l’amour, ça vient, on n’y échappe pas ! Et puis, ça arrive, comme disait Polygraphe Charicot ! Ne te gêne pas, j’ai tout compris. On a tout réglé : Laurence t’attend, j’ai promis de te laisser partir ! — Partir où ? — Pierrick blêmit : Laurence n’était pas d’ici et louait une chambre en colocation. — Pourquoi partir ? — Eh bien, inutile de dissimuler tes sentiments, Pierre ! Je le lis dans tes yeux ! Allez, va donc et bon vent sous toutes les voiles, et dans toutes tes parties du corps ! — Mais je ne veux pas ! — s’entêta son mari : il ne voulait vraiment pas ! — Trop chaud pour dormir, c’est ça ? — chambrât Sylvie. — Une sueur qui dégouline ? La collègue de son mari était effectivement plutôt enveloppée, et pendant leur échange, elle s’éventait avec un mouchoir brodé, ruisselante au-dessus de la lèvre. Pierrick se mura dans le silence. Et avec Laurence, tout ça s’était passé juste une fois, sous l’effet de l’alcool, après une soirée d’équipe. Pas de grand amour là-dedans. Pourtant, elle le harcelait, et dans la tête de Sylvie, tout s’alignait dans une logique limpide. Si vous saviez, chers amis, combien d’épouses de Magomaev il y avait à l’époque soviétique dans les asiles ! Une flopée : des étoiles sans nombre, des gouffres sans fond. Même aujourd’hui, les gens fous ne manquent pas : il y a bien des Pierricks au Brésil… Et à part cette obsession, le reste était parfaitement normal ! Ils n’avaient un pet au casque que sur un sujet précis… Mais aujourd’hui, heureusement, Laurence avait pris son jour de congé : elle avait un entretien sérieux avec Sylvie. Et Pierre respirait à nouveau, il avait honte devant son petit collectif. — Pierre, goûtez mes crêpes — c’est moi qui les ai faites ! On voit bien que votre femme vous laisse crever de faim ! Comment s’est passé votre week-end ? On en parle ? Oh, vous m’avez visitée en rêve cette nuit ! Vous voulez savoir ce qu’on y faisait ensemble ? « Voilà que j’ai fait une belle bêtise ! » rumina Pierrick, dépité. Il s’était vraiment mis dans de beaux draps ! Il n’avait plus qu’à démissionner ! Cent fois il a regretté sa faiblesse d’un soir ! Qui aurait cru que Laurence aurait été aussi déséquilibrée ? — OK, — se radoucit Sylvie, — admettons que tu ne mens pas, Don Juan. Comment envisages-tu la suite de notre vie ensemble ? Tu veux que je me recouche avec toi alors que je viens d’apprendre tout ça ? — Je dormirai sur le canapé ! — répondit prestement le mari fautif, prêt à dormir même sur le paillasson, n’importe où, pourvu que sa chère Sylvie ne l’expulse pas. Et elle accepta : on verrait bien ! Le lendemain, samedi, Laurence débarqua dès le matin : alors, on part ? Je comprends, hier ce n’était pas possible ! Quand Pierre ouvrit la porte, il hallucina : c’est grave ! Et il tenta de raisonner la femme, tout à fait euphorique : la phase maniaque, c’est du sérieux… — Laurence Victoire, chère amie, — et à ces mots, elle se tendit — on y est ! — rentrez chez vous ! Et doucement, il fait glissant aujourd’hui ! — Et vous ? — s’étonna la collègue. — Moi, je reste ici ! — tenta Pierre, rude. — Avec ma femme ! — Mais nous sommes amoureux ! — objecta la dame, lourde de conséquences. — Tout cela, c’est le fruit de votre imagination ! Il n’y a rien eu, rien ! — insista Pierre, sachant pourtant qu’il s’était bien passé quelque chose. Mais comment le prouver ? Rien à faire, si on est parti ensemble, peut-être qu’on s’est séparés aussitôt… D’ailleurs, tout le petit bureau savait que Laurence avait un grain. Et Pierre choisit de tout nier jusqu’au bout. Dans sa tête, Laurence ressassait. Elle resta bouche bée à regarder l’objet de sa passion. Puisqu’ils s’aiment ! Et que sa femme l’a libéré ! Alors pourquoi pas ? — Au revoir ! — dit Pierre-Édouard en fermant la porte. Et là, sa femme prononça les répliques légendaires du roman de Véronique Panov sur l’oncle Pierrick. Parfait pour la situation. Et Pierrick resta muet : le silence, c’est tout ce qu’on imagine… Laurence fixa la porte, espérant qu’il changerait d’avis. Mais non, c’était fini. Malheureusement, Pierrick n’était pas le seul : deux collègues avant lui avaient démissionné à cause des harcèlements de Laurence. Avec eux, il n’y avait absolument rien eu du tout ! Le lundi, Laurence ne revint pas au bureau : elle avait soudain démissionné. Peut-être que trois essais suffisaient, et elle irait chercher l’amour ailleurs. Après tout, pas si dérangée que ça… Pierrick, une fois encore, souffla : il avait même pensé à partir ! Heureusement, elle n’était pas enceinte… Quant à la gentille Sylvie, elle pardonna à son mari. Certes, il l’avait trompée, accidentellement et sous l’emprise de l’alcool ! Mais le reste était vrai ! On apprit plus tard que les collègues masculins faisaient vraiment des tours de garde la nuit au bureau de l’agence du bâtiment : la direction radine économisait sur le gardien ! Et le nouveau parfum et les jeans repassés de Pierrick n’avaient rien à voir. Oui, simple hasard, c’était le jeu de la vie ! Peut-être que tout était la faute de Mercure rétrograde et des tempêtes magnétiques : enfin une excuse commode… En conclusion ? Ne buvez pas trop en soirée d’entreprise, les amis ! Car l’amour peut parfois être toxique. Et dans la vie actuelle, on en trouve à la pelle. Heureusement, elle n’a pas fait de chantage… Mais tout ne pourra pas être mis sur le dos de Mercure…
Rivale pour les affaires est arrivée Vendredi, Paris. Voilà une journée qui commence comme tant dautres
Начальник намекнул на мой возраст — и я ушла к конкурентам на более высокую зарплату, доказав, что опыт дороже «молодой крови»
Вот здесь, Ольга Сергеевна, давайте притормозим, сказал мне новый начальник Артем Петрович, совсем молодой
Un veuf millionnaire s’est caché pour observer comment sa compagne traitait ses triplés jusqu’à ce que la vérité éclate dans leur demeure cossue à Neuilly-sur-Seine.
La veille, la somptueuse demeure flottait dans un silence presque sacré, aussi inquiétant que feutré
Тётя, у тебя есть хлеб? Можешь мне его дать? История 37-летней Юлии: никогда не была замужем, работала бухгалтером, но до сих пор не нашла смысл жизни и своё призвание. После бессонной ночи она вновь заставила себя выйти на утреннюю смену официанткой на летней веранде. Юлия жила на окраине города, поэтому вынуждена была добираться к пяти утра — из-за пересадок и риска опоздать из-за пробок. Перед открытием всегда наводила порядок, протирала столы, чтобы всё было идеально чисто для гостей. Неожиданно она услышала детский голос: «Моя мама тоже хорошо поёт». Перед ней стояла маленькая девочка — одна, рано утром, голодная, пришла попросить хлеба для себя и брата. Оказалось, родителей у детей уже нет, а бабушка старенькая, забывает обо всём, даже о самих внуках… Юлия, потрясённая, предложила отвезти девочку домой. Та открыла квартиру своим ключом: внутри ползает годовалый мальчик, а бабушка лежит в глубокой дреме, даже не замечая пришедших. Юлия вызвала «Скорую помощь». Бабушку госпитализировали, а детей она забрала к себе. Её собственный 13-летний сын с пониманием поддержал решение матери. Спустя десять дней бабушки не стало. Детей должны были отправить в приют, но сердце Юлии не выдержало разлуки — она решилась оформить опекунство и усыновить их. Ради этого уволилась с работы официанткой и перешла на место бухгалтера у подруги, которая помогла ей с документами. «Вот тебе и причина, почему хотела работать официанткой!» — пошутила подруга. «Да, долгосрочный план только сейчас раскрылся…» — улыбнулась Юлия. Кто бы мог подумать, что её жизнь так перевернётся: теперь она мама троих детей, вынуждена выбирать между профессиями, учится быть сильной и справляться с испытаниями, которые бросил ей судьба.
Тётя, а у тебя есть хлеб? Ты могла бы мне его дать? Меня зовут Варвара, мне 37 лет, и я никогда не была замужем.
– Я достоин только руководящей должности и ни на что меньшее не соглашусь! – ответил сын маме, отказавшись пойти в магазин и помочь по дому: история о тридцатилетнем бездельнике и отчаянной матери, пытающейся научить сына самостоятельности
Мама, я достоин руководящей должности и не соглашусь ни на что меньше! бросил сын своей матери с упрямой
Elle a fui pour toujours : — Encore une dispute avec lui ? — demanda sa mère en déballant les courses. — Alena, tu finiras quand par comprendre ? Sergueï, c’est un bon gars : il bosse, il ne traîne pas dehors… Bon, il a du tempérament, mais c’est normal, c’est lui qui porte tout sur ses épaules. Tu devrais mettre ta fierté de côté, tu crois pas ? — Maman, il m’a frappée. Juste parce que j’ai voulu parler de la maternelle pour Léon. Tu trouves ça normal ? — Oh, arrête ton cinéma ! — répondit la mère en levant les bras au ciel. — À notre époque, on éduquait avec la ceinture, et les familles tenaient bon… Tu devrais être fière qu’un homme t’aime autant ! Il te porte aux nues, il te balade partout. Tu retrouveras jamais ça ailleurs, surtout avec un enfant sous le bras. Tu crois que tu retrouveras quelqu’un ? Alena était devant la cuisinière, en train de remuer le quatrième plat de la soirée. La soupe mijotait dans la casserole, la viande grésillait à la poêle, une tarte cuisait au four, tandis que dans la sauteuse, la sauce devait atteindre la consistance exacte exigée par Sergueï — « ni trop liquide, ni trop épaisse ». La sueur coulait sur son visage, ses mèches collaient à ses yeux, mais elle n’osait pas quitter le plan de travail ne serait-ce qu’une minute. Dans le salon, la télé hurlait à plein volume — Sergueï détestait le silence pesant. Le petit Léon dormait dans la chambre du fond. Alena tendait l’oreille à la moindre occasion, de peur qu’il ne se réveille en sursaut face à un rire enregistré trop fort. Son mari entra dans la cuisine sans bruit, comme un chat. Il la serra contre lui par-derrière et Alena sursauta. — Ça sent drôlement bon, — murmura-t-il dans sa nuque. — Ma petite fée du logis, t’es fatiguée ? Alena resta figée, la cuillère à la main. À ces moments-là, il lui rappelait l’homme tendre, attentionné, fiable pour qui elle s’était mariée trois ans plus tôt. Mais… — Oui, je suis fatiguée, Sergueï. On ne peut pas envisager la maternelle ? Léon a besoin de voir du monde. Et moi, je pourrais retravailler… Il retira aussitôt ses bras. — Encore avec ça ? T’es pas sérieuse. Il y va une semaine, il tombe malade un mois. Tu t’inquiètes pas pour ton fils ? Ou tu préfères traîner au bureau plutôt que de t’occuper de sa santé ? — Tous les petits sont malades au début, ça fait partie de l’adaptation, disent les médecins… — Je me fiche de ton médecin ! — la coupa-t-il. — La maternelle, ça attendra l’an prochain. Tu comprends pas ou tu te crois plus maligne que moi ? — Je voudrais juste gagner mon propre argent, — murmura Alena, lui faisant face. — Je voudrais m’épanouir, pas seulement être derrière les fourneaux… Le claquement de la gifle couvrit le grésillement de la viande. Alena heurta le meuble, une douleur fulgurante à la hanche. Des acouphènes dans les oreilles. — Elle veut faire sa belle indépendante, — cracha Sergueï en s’approchant d’elle. — C’est moi qui t’entretiens, qui t’habille, qui t’offre des cadeaux ! Qu’est-ce qu’il te manque, t’es jamais contente ! Alena ne disait rien, la main sur sa joue en feu. Elle connaissait ce regard : à chaque mot, c’était une ecchymose de plus. — Va t’asseoir et mange, — ordonna-t-il en s’installant à table. — Et je veux plus jamais entendre parler de travail. Tu es épouse et mère. Ta place est ici. * Le lendemain, la mère d’Alena est venue avec un sac de pommes du jardin et une nouvelle salve de reproches. En fixant la joue gonflée que sa fille avait soigneusement maquillée, elle recommença sur l’importance d’être une femme docile. — Je veux divorcer, — murmura Alena. La mère s’arrêta net. — Tu deviens folle ? Il faut qu’on t’enferme ou quoi ? Non mais, tu te rends compte de ce que tu racontes ? Si tu quittes cette maison, compte pas sur moi pour t’accueillir ! Tu vas supporter, comme tout le monde ! Le souvenir d’un incident au centre commercial six mois plus tôt remonta à la surface… Sergueï était parti fumer à l’entrée. Un grand type pressé heurta Alena qui tomba sur les carreaux, perdant l’équilibre sur ses talons. Plutôt que de s’excuser, l’homme lui hurla dessus. Sergueï apparut comme par magie : il défendit sa femme avec une fureur animale, jusqu’à ce que les vigiles s’en mêlent. Il la prit dans ses bras, tremblante : — Pardon ma chérie, je t’ai laissée seule. Pour toi, je serai prêt à mordre le monde ! À l’époque, Alena croyait à cet amour immense, dévorant. Maintenant, elle ne comprenait pas comment un même homme pouvait être aussi tendre un jour, puis aussi brutal pour un tabouret mal placé ou un café froid le lendemain. Depuis quatre mois, le « chevalier » avait totalement disparu. Désormais, Sergueï pouvait hurler sur elle à la caisse du supermarché, l’insulter devant des inconnus parce qu’elle mettait du temps à trouver sa carte. — Tu es nulle, Alena, — aboyait-il, lui arrachant le sac des mains. — Faut te faire soigner ! Comment je peux vivre avec ça ? * Son seul contact avec le monde extérieur était Lydie, une cousine éloignée de Paris. Elles s’appelaient en cachette, quand Sergueï n’était pas là. — Barre-toi, Alenka ! — insistait Lydie. — Mon mari est restaurateur, il me faut une administratrice de confiance. T’es débrouillarde, tu t’exprimes bien, t’es jolie. Je t’avance le loyer, je paie la crèche privée pour Léon. Viens ! — Lydie, j’ai peur… Il a dit qu’il me laisserait jamais partir, il préférerait me… — balbutia Alena. — C’est pour t’effrayer, c’est tout. Il sait très bien que sans lui, tu redeviens libre, mais lui, il a besoin d’une victime. Allez, réfléchis : c’est quoi ta vie ? Casseroles, larmes et coups ? Tu rêvais de fitness, de bouquins… Tu te souviens comme tu riais avant ? Alena s’en souvenait. Chaque nuit, elle fermait les yeux et s’imaginait à Paris, conduisant son fils à l’école. Personne pour lui dicter sa vie, ni la chaîne de la télé. Elle reprenait le sport, lisait ce qu’elle voulait, pas ce que Sergueï approuvait. Mais en rouvrant les yeux et en voyant son mari endormi, toute volonté s’évanouissait. Elle l’aimait encore, ou du moins celui qu’il avait été. Au fond d’elle subsistait l’espoir absurde d’un « mauvais passage », qu’à force d’efforts et de patience, il redeviendrait tendre. * Dimanche, nouvelle dispute : Alena n’avait pas salué sa belle-mère avec assez de douceur au téléphone. Son mari, passant derrière elle, lui donna un violent coup de pied alors qu’elle ramassait un jouet. Elle en eut le souffle coupé. Le temps qu’elle reprenne ses esprits, il était parti. Le soir, il rentra avec un immense bouquet de lys. — Alors, tu fais la tête ? — lança-t-il lorsqu’elle venait de coucher le petit. — J’ai dit pardon. Regarde comme elles sont belles. Les fleurs, c’est pour la paix à la maison. Viens ! Il commençait déjà à l’attirer au lit. Alena eut froid dans le dos — encore des exigences… — Serge, pas ce soir. J’ai mal partout, je respire à peine… Son mari vira au rouge et lui asséna encore une gifle, avant de sourire : — Tant pis, tu veux pas ? Y’en a d’autres qui voudront. Une femme, ça se remplace vite. Cette nuit-là, elle ne dormit pas. Écouta les gonds du frigo, la vaisselle, le mari parlant bas au téléphone. Le matin, il agit comme si de rien n’était : il préparait des œufs au plat en sifflotant. — Léon, debout ! Le petit-déjeuner est prêt, mon grand ! Alena traversa la cuisine sans un mot. Quand elle passa près de lui, il lui donna une tape sur les fesses. — Pourquoi t’as cette mine ? — J’ai mal aux côtes, Serge, — souffla Alena. — Arrête, fais pas la comédie. T’es tombée sur ma main, c’est tout. Il jeta la spatule et lui releva le menton sans ménagement : — Si tu continues à faire la princesse vexée, je te préviens que ça va pas durer longtemps. Je t’ai prévenue hier. Je suis jeune, en forme. Si à la maison je tombe sur une porte de prison, j’irai voir ailleurs. Compris ? Alena hocha la tête. — Parfait. Ma mère va arriver avec ses semis. Fais bonne figure, j’veux pas qu’elle commence à poser des questions. Sergueï disparut, Léon touillait sa bouillie, le regard grave. Il comprenait tout, songea Alena, effrayée. Et s’il devenait comme son père ? * La belle-mère arriva, énergique : — Alena, pourquoi t’as pas lavé le couloir ? Tu crois que Serge doit rentrer dans la saleté ? Il travaille, comment tu remercies ton homme ? — J’ai pas eu le temps, j’ai couché Léon tard hier… — « J’ai pas eu le temps », — imita-t-elle méchamment, déballant des godets de terre sur la table. — Feignasse ! Sergeur met tout à tes pieds, une autre lui lécherait les bottes et boirait son eau, toi tu fais la difficile ! Il m’a dit que tu parlais déjà de divorce. — Il t’a dit ? — Bien sûr. Il est malheureux, tu te rends pas compte de ta chance. Qui va te prendre, avec un gamin ? Ta mère a raison, c’est du grand n’importe quoi. T’as vu ta tête ? Personne voudra jamais de toi ! — Maman, arrête-la, intervint Sergueï en enlaçant sa mère, lançant un clin d’œil à Alena. — Ma femme, elle a l’âme d’artiste, elle râle, mais ça lui passe. Bon, c’est quoi, ces plants ? Viens me montrer sur le balcon. Ils sortirent. Alena, seule, jeta un regard à la table. Une tache de terre s’étalait sur la nappe. Elle saisit son téléphone, les mains tremblantes. « Lydie, salut. Je me décide. Quand puis-je venir ? » La réponse arriva vite : « Prends tes affaires et pars tout de suite. Je m’occupe des billets. Dis-lui rien surtout ! » Alena glissa le téléphone dans sa poche. Un plan se formait dans sa tête. — Alen’, cria Sergueï. Apporte le café pour maman. Et le mien aussi. — J’arrive…, lança-t-elle. Toute la journée, elle joua le rôle de l’épouse modèle : ménage nickel, rires aux plaisanteries de Sergueï. Il était ravi. Il recommença même les « surprises » : une boîte de chocolats, des places de cinéma pour le week-end. — Tu vois, — il la serra contre lui, sans remarquer son frisson de douleur. — Je peux être normal, si t’es gentille. Oublie tout, on est une famille ! Elle attendit qu’il dorme. En douce, elle remplit un sac pour Léon dans la chambre : seulement l’essentiel. Elle laissa ses affaires, Lydie paierait ce qu’il faudrait, priorité aux papiers. Elle enveloppa Léon dans une couverture, appela un taxi. À la porte, l’enfant s’éveilla. — Maman, on va où ? — Chut, mon cœur. On part en voyage. En grand train. Tu veux bien ? — Oui, répondit-il en lui tendant les bras. À trois heures du matin, ils s’enfuirent. Pour toujours. * Sergueï l’a longtemps cherchée, mais Paris était trop loin. La cousine soutint Alena dans ses démarches. Une nouvelle vie commença. Le divorce fut prononcé grâce à un avocat. Sergueï s’est vite remarié. Alena plaignit sincèrement sa remplaçante : ces hommes-là ne changent jamais…
Partie pour toujours Journal intime de Camille Giraud, Paris, vendredi soir Encore une dispute avec maman, ce soir.
Расписание добрососедства: как жители подъезда научились помогать друг другу без обид, усталости и лишнего героизма
Подъезд по расписанию Кнопка домофона в старых многоэтажках где-то на окраине Москвы давно стала капризной
Подарок самому себе: корпоративный «Тайный Санта» с сюрпризом для Артёма Крылова, или как найти время на мечты среди дедлайнов и ипотечных платежей
Подарок от незнакомца Сообщение в общем чате выскочило так неожиданно, будто кинул кто-то новогоднюю
Nous avons passé 35 ans de vie commune. J’ai 55 ans, lui 57. Durant toutes ces années, nous avons eu un fils et deux magnifiques filles. Vu de l’extérieur, notre mariage semblait parfait, mais la réalité était toute autre. Mon mari travaillait à peine : il bricolait avec un ami comme mécanicien, mais passait le reste du temps devant la télévision, se plaignant de tout — du gouvernement, de la nouvelle voiture du voisin et même de moi, parce que la maison n’était jamais assez propre à son goût. Ses récriminations faisaient partie de mon quotidien, au point que je n’y prêtais même plus attention. Quand il est parti pour une autre femme, plus jeune que 40 ans, le choc a été énorme pour nous tous. Cette trahison m’a terriblement blessée, mais, contre toute attente — la mienne et celle de notre entourage — j’ai accompli quelque chose qui a bouleversé ma vie. Malgré la souffrance, j’ai vite compris que son départ était en réalité une libération. Aujourd’hui, je suis seule. Je suis vraiment libre. Je me sens parfaitement bien sans relation et je n’en recherche aucune autre. J’ai enfin saisi l’essentiel : dans le mariage, on accorde trop d’importance à l’autre et pas assez à soi-même. J’ai vécu pour mon mari et mes enfants, mais je me suis oubliée. À présent, je comprends qu’il faut prendre soin de soi autant que de son partenaire. Durant toutes ces années, mon mari s’est habitué à ma présence et pensait que tout lui était dû. Mais quand j’ai eu besoin de soutien, il a perdu tout intérêt pour ce que je vivais et n’a fait que continuer à râler. Après le divorce, mes filles sont devenues mon pilier. Elles m’ont rappelé que la vie continue. J’ai désormais plus de temps pour moi ! J’ai appris à croquer la vie à pleines dents et à être heureuse sans homme. J’ai pris une décision irrévocable : je ne lui pardonnerai jamais et il ne reviendra plus jamais dans ma vie.
Nous avons vécu ensemble pendant trente-cinq ans. J’ai cinquante-cinq ans, il en a cinquante-sept.
Пустите меня домой: история Светланы Петровны, которая не хотела покидать родную деревню, о сыне Алексея, пытающемся помочь ей после инсульта, и испытаниях их семьи, наполненных болью, надеждой и неожиданным чудом
Отпусти меня, сынок Я никуда не пойду… еле слышно шептала женщина. Это мой дом, и я не брошу его…