Mon mari m’a imposé un ultimatum, et j’ai choisi le divorce.
Attends! Je nai pas fini! Tu ten vas où? Je parle à un mur? mon ton résonnait dans tout lappartement
У нас с мужем только один ребёнок — взрослый сын, у которого уже своя семья. Мы даже стали бабушкой и дедушкой. Я выросла в советское время и вышла замуж после тридцати. Тогда меня считали старой девой, и, конечно, все сразу ждали появления детей. Бесплодие тогда воспринималось почти как тяжёлая болезнь. Но мы с мужем решили, что одного ребёнка нам достаточно. Мы люди с высшим образованием, понимали, что воспитание и поддержка ребёнка требуют больших вложений. Чем больше детей — тем больше расходов. Не зря мы приняли это решение: смогли дать сыну хорошее образование и наладить свою жизнь. Однако у нашего сына другое мнение. После свадьбы его жена почти сразу забеременела, родился наш внук. У молодой семьи не было жилья, пришлось брать ипотеку. Как-то справлялись вместе. И тут я узнаю, что невестка снова беременна. Естественно, я спросила, как они собираются тянуть двух детей и платить ипотеку. Они обиделись, уверяли, что справятся. Ну, если справятся — хорошо. Долго у них всё получалось. Но потом невестка осталась без работы, сына сократили. И что делать? Решили поселиться в нашей квартире, которую мы сдавали. Муж сказал, что поможет с ипотекой молодым. В итоге мы целый год платили за кредит сына, думая, что делаем доброе дело. Но недавно выяснилось, что за ипотеку не платили полгода! Куда делись деньги? Муж злится, говорит, больше нет сил терпеть. Я в шоке. Даже не знаю, что сказать и как поступить. Мы помогали детям — а они просто легли нам на шею и отдыхали. Что теперь делать?
У нас с женой только один ребёнок взрослый сын. Он уже давно обзавёлся собственной семьёй, и мы стали
Свекровь считала, что внучка ей не родня: обе сделали тест и узнали друг о друге потрясающую правду
Тема отношений между свекровью и невесткой, как между родителями и детьми, всегда была вечной и волнующей.
Les règles de l’été Lorsque le train de banlieue freina devant la petite gare, Madame Nadège était déjà au bord du quai, serrant contre elle un cabas en toile rempli de pommes, d’un bocal de confiture de cerises et d’une boîte de petits chaussons aux pommes. Tout cela n’était guère nécessaire ― les enfants arrivaient rassasiés de Paris, avec des sacs à dos débordant, mais ses mains, par habitude, ne pouvaient s’empêcher de préparer quelque chose. Le train s’arrêta, les portes s’ouvrirent brusquement, et trois formes bondirent sur le quai : le grand et dégingandé Damien, sa sœur Léa, plus jeune, et un sac à dos qui semblait vivre sa propre vie. ― Mamie ! ― Léa la remarqua la première, salua de la main si fort que ses bracelets tintèrent. Madame Nadège sentit une douce chaleur monter à sa gorge. Elle posa prudemment son sac à terre, ouvrit ses bras. ― Oh que vous êtes… ― Elle s’apprêtait à dire « grands », mais se retint à temps. Ils le savaient déjà. Damien arriva plus lentement, l’embrassa d’un bras, tenant son sac de l’autre. ― Salut, Mamie. Il lui arrivait déjà presque à la tête, avec une barbe duvetée, des poignets longs, des écouteurs qui dépassaient de son tee-shirt. Madame Nadège se surprit à chercher en lui le petit garçon qui courait jadis dans leur jardin avec des bottes en caoutchouc. Mais son regard ne trouvait que des détails d’adulte, étrangers. ― Papi vous attend en bas, dit-elle. Allons-y, sinon mes boulettes refroidissent. ― Juste une photo, fit Léa, déjà en train de dégainer son téléphone, immortalisant le quai, le train, Madame Nadège. ― Pour mes stories. « Stories » ― le mot passa à côté d’elle comme un oiseau. Elle avait déjà demandé à sa fille ce que c’était, mais l’explication était partie avec l’hiver. Ce qui comptait, c’est que sa petite-fille souriait. Ils descendirent les marches en béton. En bas, près du vieux Kangoo, attendait Monsieur Victor. Il s’approcha, tapa dans l’épaule de Damien, serra Léa, salua sa femme d’un hochement de tête. Plus réservé, mais Nadège savait qu’il était aussi heureux qu’elle. ― Alors, les vacances ? demanda-t-il. ― Les vacances, répondit Damien en lançant son sac dans le coffre. Sur la route, les enfants se turent. Par les vitres, défilaient des pavillons, des jardins, des chèvres entre deux portillons. Léa fit défiler deux fois son téléphone, Damien éclata de rire en regardant l’écran. Nadège se surprit à suivre leurs mains, leurs doigts toujours posés sur ces rectangles noirs. Ce n’est rien, se dit-elle. Ce qui compte, c’est d’être à la maison, chez nous. Ensuite, qu’ils fassent… comme ils veulent. La maison les accueillit avec l’odeur de boulettes et d’aneth. Sur la véranda, la vieille table en bois était couverte d’une nappe en toile cirée aux citrons. Sur le feu, une poêle grésillait, dans le four finissait un feuilleté au chou. ― Eh ben, c’est un festin ! s’exclama Damien, en jetant un œil par la cuisine. ― Ce n’est pas un festin, c’est le déjeuner, rétorqua machinalement Nadège avant de se corriger. Bon, allez vous laver les mains, c’est là-bas au lavabo. Léa avait déjà ressorti son téléphone. Pendant que Nadège disposait sur la table salade, pain et boulettes, elle apercevait du coin de l’œil sa petite-fille photographier les assiettes, la fenêtre, le chat Moustique qui guettait sous la chaise. ― À table, pas de téléphones, dit-elle, l’air de rien, une fois tous installés. Damien releva la tête. ― Sérieusement ? ― Très sérieusement, renchérit Victor. On mange, après vous faites ce que vous voulez. Léa hésita, puis posa son téléphone face contre table. ― Je voulais juste une photo… ― Ta photo est déjà prise, sourit doucement Nadège. On mange, après tu t’occuperas de la mettre… en ligne. Le mot « en ligne » sonnait incertain chez elle. Mais tant pis, ça irait bien. Damien hésita puis posa aussi son téléphone, l’air d’un astronaute qu’on aurait forcé à retirer son casque. ― Ici… continua prudemment Nadège en servant le jus de fruits… on a un planning. Déjeuner à une heure, dîner à sept. Le matin, on se lève pas plus tard que neuf heures. Ensuite, baladez-vous autant que vous voulez. ― Pas plus tard que neuf…, répéta Damien. Et si je regarde un film la nuit ? ― La nuit, on dort, intervint Victor sans lever la tête de son assiette. Nadège sentit une fine tension s’installer. Elle ajouta vite : ― Ce n’est pas l’armée, voyons. Juste, si vous dormez jusqu’à midi, la journée file et vous ne voyez pas le meilleur. On a la rivière, la forêt, les vélos. ― Je veux aller à la rivière, coupa Léa. Et à vélo. Et une séance photo dans le jardin. Le mot « séance photo » sonnait déjà plus familier. ― Très bien, acquiesça la grand-mère. Mais avant, un petit coup de main. Il faut désherber les pommes de terre, arroser les fraises. Ce n’est pas un château ici. ― Mamie, c’est les vacances…, lança Damien, mais Victor leva les yeux. ― Les vacances, oui. Mais pas un hôtel. Damien soupira, se tut. Léa fit tinter la pointe de son pied contre la basket de son frère sous la table. Un demi-sourire naquit. Après le repas, les enfants montèrent défaire leurs affaires. Nadège entra chez eux une demi-heure plus tard. Léa avait déjà accroché ses tee-shirts au dossier de la chaise, étalé trousse de toilette et chargeur, aligné ses flacons sur le rebord. Damien, allongé sur le lit, faisait glisser son doigt sur son téléphone. ― J’ai changé les draps, dit-elle. Si ça ne va pas, dis-le moi. ― C’est OK, Mamie, répondit-il sans lever le nez. Ce « OK » la piqua. Mais elle acquiesça. ― Ce soir, on fait des brochettes, ajouta-t-elle. En attendant, quand vous serez reposés, venez au jardin pour un coup de main. ― Ouais, fit Damien. Elle referma la porte, s’attarda dans le couloir. De la chambre s’envolait le rire discret de Léa, en conversation vidéo. Nadège P. se sentit vieille. Pas tellement par le dos qu’elle sentait raide, mais comme si la vie des adolescents se déroulait sur un autre plan, invisible, inaccessible. Ce n’est rien, se dit-elle. On s’adaptera. L’essentiel, c’est de ne pas forcer. Le soir venu, le soleil descendait déjà derrière les arbres. Tous trois se retrouvaient au jardin, la terre tiède sous les pieds. Victor montrait la différence entre les mauvaises herbes et les carottes. ― Tire ça, mais pas ça, expliquait-il à Léa. ― Et si je me trompe ? s’accroupit-elle, grimaçante. ― Ce n’est pas grave, intervint Nadège. Ce n’est pas une exploitation agricole, on survivra. Damien observait à l’écart, appuyé sur la binette, jetant des regards vers la maison où l’écran bleu de son ordinateur scintillait. ― Pas peur de perdre ton téléphone ? questionna Victor. ― Il est dans la chambre, grommela Damien. Cet aveu réjouit Nadège plus qu’elle n’osait se l’avouer. Les premiers jours s’écoulèrent dans un équilibre de routine. Le matin, elle rythmait leur réveil à la porte ; ils ronchonnaient mais à neuf heures et demie, ils étaient en cuisine. Un peu d’aide, puis chacun à ses affaires : Léa enchaînait les photos avec Moustique et les fraises ; Damien lisait, écoutait de la musique, s’enfuyait à vélo. Les règles tenaient à des détails. Téléphones écartés à table. Silence la nuit. Une seule fois, à la troisième nuit, Nadège se réveilla d’un rire étouffé. Il était une heure. Supporter ou intervenir ? pensa-t-elle, à demi endormie. Rire, puis le son familier d’un message audio. Elle soupira, enfila sa robe de chambre, frappa doucement. ― Damien, tu ne dors pas ? Le silence tomba. ― J’arrive, chuchota-t-il. Il ouvrit; yeux rouges, cheveux ébouriffés, téléphone en main. ― Tu ne dors pas ? tenta-t-elle, la voix douce. ― Je regarde un film. ― À une heure du matin ? ― Bah on s’est donné rendez-vous pour regarder ensemble et discuter… Elle imagina d’autres ados, dans leurs chambres citadines, devant le même film en messagerie. ― Écoute, dit-elle. Ça me dérange pas que tu regardes un film. Mais si tu ne dors pas la nuit, le matin, impossible de t’avoir au jardin. On fait un marché ? Jusqu’à minuit, OK. Après, au lit. Il fit la moue. ― Mais les autres… ― Les autres sont à Paris. Ici, c’est notre rythme. Je ne dis pas de dormir à neuf heures. Il se gratta la tête. ― D’accord. Jusqu’à minuit. ― Et ferme la porte, la lumière me gêne. Et baisse le son. Elle regagna son lit, en se disant qu’elle était sûrement trop conciliante. Mais les temps avaient changé. Les conflits grondaient sur des détails. Un matin de grosse chaleur, Nadège demanda à Damien d’aider Victor à bouger des planches vers la remise. ― Oui, j’arrive, marmonna-t-il sans lever le nez de son téléphone. Dix minutes plus tard, rien n’avait bougé. ― Damien, ton grand-père bosse seul, maintenant, dit-elle, d’une voix plus ferme. ― Attends, je finis d’écrire et j’y vais, grogna-t-il. ― Tu écris quoi au juste ? Comme si le monde s’arrêterait sans toi. Il leva la tête. ― C’est important. On joue un tournoi. ― Quel tournoi ? ― Dans un jeu, en équipe. Si je pars, on perd. Elle voulait dire qu’il y avait plus important mais remarqua la tension dans ses épaules. ― Ça dure combien de temps ? ― Vingt minutes. ― OK. Dans vingt minutes, tu aides. D’accord ? Il acquiesça, retourna à son écran. Vingt minutes plus tard, il chaussait déjà ses baskets en l’attendant. Ces compromis minuscules leur donnaient intérieurement l’impression de garder prise. Mais un jour, tout bascula. C’était en juillet. Ils devaient aller au marché pour les semis et les provisions. Victor voulait de l’aide ; les sacs lourds, la voiture à surveiller. ― Damien, demain tu accompagnes Papi au marché, dit-elle le soir. Je reste avec Léa à faire de la confiture. ― Je peux pas, répondit-il aussitôt. ― Pourquoi ? ― Je dois voir des amis en ville. Il y a un festival, de la musique, des food trucks… — il chercha l’approbation de Léa, qui haussa simplement les épaules. J’en ai déjà parlé. Elle se souvenait mal. Peut-être que si, peut-être que non, trop de discussions avaient eu lieu. ― Quelle ville ? fronça Victor. ― La nôtre. En train, c’est près de la gare. Le « près » ne plut pas à Victor. ― Tu sais au moins où c’est ? ― Il y aura tout le monde. Puis j’ai seize ans. « Seize ans » sonnait comme un coup de massue. ― Nous avions convenu avec ton père que tu ne partais pas seul, dit Victor. ― Je ne suis pas seul. Je serai avec mes amis. ― Encore pire. La tension monta, l’air s’alourdit. Léa finit ses pâtes en silence. ― Écoutez, proposa Nadège. Et si vous alliez au marché ce soir, pour que Damien aille demain à son festival ? ― Le marché n’ouvre que demain, trancha Victor. Et j’ai besoin de quelqu’un. ― Je peux venir, hasarda Léa. ― Tu restes avec Nadège, répliqua-t-il mécaniquement. ― Je peux me débrouiller, dit Nadège. La confiture attendra. Léa viendra avec toi. Victor la regarda, surpris et reconnaissant à la fois. ― Et le garçon, lui, fait ce qu’il veut ? fit-il en montrant Damien. ― Mais j’ai… ― Tu comprends qu’ici ce n’est pas Paris ? C’est pas si simple. Et puis, on est responsables de toi. ― Quelqu’un est toujours responsable de moi, lâcha Damien. Je pourrais peut-être, pour une fois, être responsable moi-même ? La phrase heurta cet instant. Nadège sentit un pincement intérieur. Elle aurait voulu dire qu’elle le comprenait, que jeune elle aussi voulait « être autonome ». Au lieu de cela, elle s’entendit répondre, sèche : ― Ici, tu vis sous notre toit, c’est selon nos règles. Il repoussa brutalement sa chaise. ― Très bien. J’irai nulle part. Il sortit, claqua la porte. Au-dessus, un bruit sourd retentit — sans doute son sac jeté ou lui effondré sur son lit. La soirée fut crispée. Léa tenta des blagues sur une youtubeuse, mais son rire sonnait mal. Victor buvait son thé sans un mot. Nadège faisait la vaisselle, ruminant ce « nos règles » comme une cuillère cognant le verre. La nuit, un silence inhabituel la réveilla. D’habitude la maison respirait, le bois craquait, une souris grignotait, une voiture passait. Là, rien. Pas de lueur sous la porte de Damien. Peut-être qu’il dort enfin, pensa-t-elle en se tournant. Au matin, Levée, elle trouva Léa déjà attablée, baillant. Victor feuilletait son journal. ― Et Damien ? ― Il dort, je suppose, répondit Léa. Nadège gravit l’escalier, frappa. ― Debout, Damien. Pas de réponse. Elle ouvrit. Le lit à moitié fait, comme d’habitude quand il bâclait, mais la chambre vide. Sur la chaise, son sweat ; sur la table, un chargeur. Pas de téléphone. Un vide s’ouvrit en elle. ― Il n’est pas là, lança-t-elle en descendant. ― Comment ça, lança Victor en se levant. ― Le lit vide. Il a pris son téléphone. ― Il est peut-être dehors, hasarda Léa. Ils firent le tour du jardin. Rien. Le vélo là, intact. ― Le train part à huit quarante…, murmura Victor, le regard sur la route. Nadège sentit ses mains refroidir. ― Il est peut-être juste avec des copains du village… ― Quels copains ? Il ne connaît personne ici. Léa sortit son téléphone. ― Je vais lui écrire. Ses doigts dansaient sur l’écran, puis elle releva la tête. ― Il ne lit pas. Juste une coche. « Une coche » — cela ne signifiait rien pour Nadège, mais au visage de Léa, elle comprit que ce n’était pas bon. ― On fait quoi ? demanda-t-elle à Victor. Il hésita. ― J’irai à la gare, voir s’il a été vu. ― Ce n’est pas la peine…, tenta-t-elle. S’il revient… ― Il est parti sans rien dire, trancha Victor. Ce n’est pas rien. Il s’habilla, prit les clés. ― Toi, reste — au cas où. Léa, s’il appelle, tu me préviens immédiatement. Il partit. Nadège s’assit sur la véranda, serrant un torchon. Dans sa tête défilaient toutes sortes d’images : Damien sur le quai, montant dans le train, quelqu’un le bouscule, il perd son téléphone… Elle se réprimanda. Du calme. Il n’est plus petit. Il n’est pas bête. Une heure passa. Puis une autre. Léa vérifiait son téléphone, secouait la tête. ― Toujours rien, dit-elle. Même pas connecté. Vers onze heures, Victor revint, le visage défait. ― Personne ne l’a vu. Même à la gare, rien… Il n’alla pas plus loin. Nadège comprit à son ton. ― Il est peut-être allé en ville pour ce festival, souffla-t-elle. ― Sans argent, sans rien ? gronda Victor. ― Il a sa carte, intervint Léa. Et paye tout par son téléphone. Ils se regardèrent, dépassés. L’argent, pour eux, était matériel ; pour les ados, tout se passait dans le « virtuel ». ― On prévient son père ? proposa-t-elle. ― Vas-y, répondit Victor. Il finira de toute façon par l’apprendre. L’appel fut rude. Son fils s’emporta, puis les accusa de ne pas surveiller. Nadège raccrocha, épuisée, s’assit, se couvrit le visage. ― Mamie, dit doucement Léa, il n’a pas disparu. Il fait juste la tête. ― Il boude et s’en va, répondit-elle d’une voix cassée. Comme si on était des ennemis. Le jour s’étira sans fin. Chacun s’occupait pour ne pas angoisser : Léa roulait la confiture, Victor bricolait dans la remise. Mais tout était mécanique. Le téléphone restait muet. Le soir, à l’heure où le soleil caressait les arbres, des pas crissèrent sur la véranda. Nadège sursauta. Les grilles grinçantes s’ouvrirent. Damien apparut. Mêmes vêtements, jean poussiéreux, sac à dos. Fatigué mais entier. ― Salut, souffla-t-il. Nadège se leva. Elle aurait voulu l’embrasser, mais se retint. ― Où étais-tu ? ― En ville…, baissant les yeux. Au festival. ― Seul ? ― Avec des amis. Enfin, presque seul. Ils étaient du village d’à côté. On s’est donné rendez-vous. Victor sortit, s’essuyant les mains. ― Tu imagines ce qu’on a… commença-t-il, la voix brisée. ― J’ai essayé d’envoyer un message, répondit vite Damien. J’avais plus de réseau, puis mon téléphone s’est éteint. J’avais oublié le chargeur. Léa, le téléphone serré : ― Je t’ai écrit aussi. Tu n’avais qu’une coche, jamais deux. ― Ce n’était pas voulu, répondit-il à tous. Je me suis dit que si je demandais, vous n’auriez pas voulu. Mais j’avais déjà tout organisé. Alors… Il se tut. ― Tu as préféré partir sans rien dire, termina Victor. Un silence s’étira. Mais il n’y avait plus que la fatigue, pas la rancœur. ― Rentre donc manger, lança Nadège. Il obéit, s’assit. Elle lui servit une soupe, du pain, du jus. Il mangea comme s’il n’avait rien avalé de la journée. ― Là-bas, tout est cher…, marmonna-t-il. Vos food trucks, hein. « Vos » ― le mot sonna étrange, mais elle ne releva pas. Après le repas, ils revinrent sur la véranda. Le soleil tombait, l’air fraîchissait. ― Écoute, dit Victor en s’asseyant. Tu veux de l’autonomie, on a compris. Mais on est responsables de toi. Tant que tu es ici, on ne peut pas faire comme si on s’en fichait. Damien resta silencieux. ― Si tu veux sortir, finit-il, tu nous le dis la veille, pas à la dernière minute. On voit ensemble comment, où, qui t’accompagne, comment revenir. Si on est d’accord, tu y vas. Sinon, non. Mais disparaître, ça, non. ― Et si vous refusez ? demanda Damien. ― Alors tu râles, mais tu restes, dit Nadège. On se fâche, mais on t’emmène au marché. Il la regarda. Il y avait de la colère, de la fatigue, du désarroi. ― Je ne voulais pas que vous vous inquiétiez…, souffla-t-il. Je voulais juste décider. ― Décider, c’est bien, répondit-elle. Mais assumer, c’est aussi penser à ceux qui s’inquiètent pour toi. Elle s’étonna elle-même de la douceur de ses mots. Il soupira. ― D’accord. J’ai compris. ― Autre chose, ajouta Victor. Quand ton téléphone n’a plus de batterie, tu cherches un moyen de le charger, café, gare, n’importe où. Et tu appelles ou tu écris tout de suite. Même si on râle. ― D’accord, acquiesça Damien. Ils restèrent là, silencieux, quelques instants. Un chien aboya au loin, Moustique miaula paresseusement. ― Et alors, ce festival ? demanda Léa. ― Bof, la musique moyenne, mais la bouffe bonne. ― Tu nous montres les photos ? ― Téléphone HS. ― Voilà, pas de preuves, aucun contenu, ironisa-t-elle. Il sourit, faiblement mais sincèrement. Dès lors, la vie dans la maison se fit plus souple. Les règles restaient, mais devinrent plus élastiques. Un soir, Nadège et Victor écrivirent sur une feuille ce qui comptait : lever avant dix heures, deux heures d’aide à la maison, prévenir pour les absences, pas de téléphones à table. La feuille fut accrochée sur le frigo. ― On se croirait au centre aéré, se moqua Damien. ― Sauf que c’est le centre familial, répondit-elle. Léa demanda ses propres règles. ― Vous ne me téléphonez pas toutes les cinq minutes si je suis à la rivière. Et vous frappez avant d’entrer. ― On ne rentre jamais sans frapper, s’offusqua Nadège. ― Ajoutez-le noir sur blanc, ajouta Damien. Pour l’équité. Ils ajoutèrent deux lignes. Victor ronchonna mais signa. Peu à peu, les activités communes cessèrent de paraître des corvées. Un soir, Léa retrouva un vieux jeu de société oublié. ― On joue ce soir ? proposa-t-elle. ― J’y jouais petit, s’anima Damien. Victor tenta d’esquiver, puis se laissa convaincre. Surprise, il se souvenait des règles mieux que tous. Ils riaient, se taquinaient, les téléphones oubliés. Autre innovation : la cuisine. Nadège, à bout de la question « Qu’est-ce qu’on mange ? », déclara : ― Samedi, c’est vous aux fourneaux. Je n’indique que les placards. ― Nous ? les deux en chœur. ― Vous. Même si ce sont juste des pâtes, mais mangeables. Ils s’organisèrent, sérieux : Léa trouva une recette branchée, Damien coupait les légumes, ça discutait fort. L’odeur de l’oignon frit, la table encombrée, l’atmosphère légère. ― Ne m’en veuillez pas si on campe aux toilettes, maugréa Victor, mais il n’en laissa pas une miette. La solution idéale au jardin fut trouvée : des « parcelles personnelles ». ― Cette rangée, c’est la tienne, Léa : les fraises. Et toi, Damien, les carottes. Occupez-vous de votre bout — ou pas, mais après, pas de réclamation sur la récolte. ― Expérience scientifique, lâcha Damien. ― Groupe témoin et groupe test, appuya Léa. Au final, Léa passait chaque soir voir grossir les fraises, les photographiait et postait « Mon jardin ». Damien arrosa deux fois puis oublia sa rangée. À la fin de l’été, Léa récolta un panier bien rempli, Damien quelques malheureuses racines. ― Alors, conclut Nadège, des enseignements ? ― Oui, affirma sérieusement Damien. La carotte, ce n’est pas pour moi. Ils éclatèrent de rire, apaisés. À la fin de l’été, la maison avait trouvé son rythme. Petit-déjeuner ensemble, chacun à ses occupations, dîner en famille. Damien traînait parfois sur son téléphone tard, coupant néanmoins à minuit. Léa partait à la rivière avec une amie mais prévenait toujours. Ils se chamaillaient encore, sur la musique, le sel dans la soupe, la vaisselle du soir. Mais ce n’était plus la guerre des générations. Juste la friction des vies partagées. La veille du départ, Nadège prépara une tarte aux pommes. La maison vibrait du parfum sucré, le vent s’infiltrait en douce. Les sacs étaient prêts. ― On prend une photo ? proposa Léa, au moment où la tarte fut découpée. ― Encore pour ces réseaux… commença Victor, puis se tut. ― Juste pour nous, rassura-t-elle. Ils sortirent au verger. Le soleil couchait ses rayons sur les pommiers. Léa posa le téléphone sur un seau retourné, lança le minuteur, accourut. ― Mamie au centre, Papi à droite, Damien à gauche. Ils prirent la pose, maladroits, épaule contre épaule. Damien frôla le coude de sa grand-mère, Victor se rapprocha aussi. Léa les entoura de ses bras. ― On sourit ! Clic. Puis encore. Léa fonça vers le téléphone, consulta l’écran, sourit. ― Top ! ― Je peux voir ? demanda Nadège. Sur le petit écran, ils avaient l’air un peu ridicules : elle, son tablier encore noué, Victor en vieille chemise, Damien ébouriffé, Léa en tee-shirt flashy. Mais leur posture avait quelque chose de tendre. ― Tu peux me l’imprimer ? demanda Nadège. ― Bien sûr, répondit Léa. Je t’envoie la photo. ― Mais comment imprimer si c’est dans le téléphone ? s’inquiéta Nadège. ― Je t’aiderai, promit Damien. Viens nous voir à Paris, on la fera ensemble. Ou je te l’apporte à l’automne. Elle hocha la tête, paisible. Pas parce qu’ils s’entendaient désormais à demi-mot. Non. Ils se disputeraient encore souvent. Mais entre leurs règles et leurs libertés était apparu un sentier permettant d’aller et venir. Tard ce soir-là, alors que les enfants dormaient, elle sortit sur la véranda. Le ciel noir, quelques étoiles brillaient. La maison était calme. Elle s’assit sur la marche, les genoux repliés. Victor arriva, s’installa à ses côtés. ― Ils repartent demain, dit-il. ― Oui… Silence. ― Tu vois, finalement, tout s’est bien passé. ― Tout s’est bien passé. On a même appris des choses. ― Oui. Mais qui a appris le plus ? fit-il, malicieux. Elle sourit. La chambre de Damien était sombre, celle de Léa aussi. Le téléphone, sûrement branché, rechargeait pour demain. En repassant dans la cuisine, Nadège s’arrêta devant le frigo et la feuille des règles. Les bords étaient cornés, le stylo pendait. Elle caressa les signatures. Peut-être qu’ils réécriraient cette feuille l’été prochain. Mais l’essentiel resterait. Elle éteignit la lumière, monta à sa chambre, sentant sa maison respirer tranquillement, prête à accueillir l’été futur.
Les règles de l’été Quand le TER simmobilisa devant la petite halte, Madeleine Dubois était déjà
Круг единомышленников: Поддержка и вдохновение в трудные времена
Круг поддержки Когда я вспоминаю свои первые месяцы с новорождённым, в памяти всплывает не только запах
Света узнала тайны, которые изменят её жизнь
Злата! Где ты прячешься?! Появись! Не вернёшься домой! Слышишь меня?! Не уйду! Маленькая девочка лет
La belle-fille intrépide : — Grégoire, j’aurais pu partir il y a une demi-heure, dit-elle. Et si tu essaies de m’attaquer, c’est toi que j’enterre ici ! — Alors pourquoi tu t’es laissée ligoter ? demanda-t-il en se redressant d’un bond. — J’étais curieuse de voir jusqu’où irait ton cirque, répondit Dasha en jetant au loin la barre de fer. Là où j’ai survécu, toi tu te serais roulé en boule en appelant ta maman ! — Tu comptes me garder ici longtemps ? demanda Dasha, imperturbable. Tu sais, ça s’appelle un enlèvement, au cas où tu l’ignorerais. — Je peux te garder ici autant que je veux, ricana Grégoire. Et il faudra le prouver, l’enlèvement ! — On va me chercher ! remarqua Dasha. — Non, personne ne va te chercher ! Le seul truc que l’enquête pourra établir, c’est que tu t’es enfuie de ton plein gré ! — Qu’est-ce que tu veux dire ? demanda Dasha, perplexe. — Tu as retiré de l’argent au distributeur ? — Mais c’est toi qui m’as fait un virement pour que je retire sans frais ! protesta Dasha. — Qui est au courant ? Tu étais seule devant le distributeur, à prendre de l’argent ! Et puis la station-service à la sortie de la ville… il y a des caméras partout ! T’as pas seulement fait le plein, t’as rempli trois jerricans ! Et dans ton coffre, il y avait tes valises ! — Mais ils te poseront des questions à toi aussi : tu étais avec moi, fit remarquer Dasha. — Je dirai que tu m’as déposé à la sortie de la ville et que je suis rentré chez moi, répondit Grégoire. Toutes les preuves disent que tu as pris tes affaires, de l’argent, du carburant, et tu as disparu ! — Et tu comptes me garder encore combien de temps ? demanda Dasha, moins sereine. — Aussi longtemps que j’en aurai envie, haussa les épaules Grégoire. Tant que le monde tourne, ou que tu respires ! Cette phrase aurait dû l’effrayer, mais elle ne broncha pas. — Une question, dit-elle en le fixant dans les yeux : pourquoi tu fais ça ? — Quel sang-froid, s’étonna Grégoire. J’ai comme un doute, tu es aussi indifférente à mon frère ? Tu restes avec lui pour son argent ! Et tu te donnes un genre de sainte pour mieux le plumer le jour où il sera devenu faible ! — Donc tu veux défendre ton frère ? Tu veux démasquer la belle-fille perfide ? — Dasha, soyons honnêtes, dit-il en s’accroupissant devant elle, personne ne peut encaisser autant de critiques de la belle-famille et traverser tous ces problèmes tout en gardant le sourire. On dirait que rien ne te touche, que tu gères tout… Ce n’est pas humain, tu caches forcément un grand but ! Et Ivan a appartement, maison de campagne, garage, deux voitures, une société… D’accord, le grand-père était généreux, et tout le monde lui en veut pour ça. Mais Ivan, ce n’est pas son grand-père ! Et lui, ce serait facile de le rouler ! Pour toi, c’est le jackpot ! Alors tu encaisses tout, de lui, de moi, des parents ! — Tu m’as séquestrée pour comprendre mes motivations ou juste pour m’enterrer là ? demanda calmement Dasha. — Voilà ! Même là tu ne paniques pas ! s’écria Grégoire. Une autre à ta place aurait déjà fait une crise ! T’es une psychopathe ou quoi ? Tu ressens rien ? — Grégoire, j’en ai vécu des choses : tes histoires, à côté, c’est du pipi de chat, répondit Dasha. Tout ce que tu as dit n’a rien à voir avec ce que j’ai traversé ! — Mensonge ! s’offusqua Grégoire. Tu veux m’amadouer ! — Tu veux que je me confesse ? réfléchit Dasha. Tu veux écouter mon histoire ? Toi, le ravisseur ? — Je t’écoute, grogna Grégoire, adossé au mur de la maison en ruine où il l’avait emmenée. — Je n’ai jamais tout raconté à personne… commença Dasha. On va partir du début… *** Dasha est née ni à la maternité ni à la maison, mais dans un autocar qui emmenait des ouvriers à l’usine. Papa s’est enfin décidé à emmener maman à l’hôpital pour stopper ses cris, mais ils étaient dans un état… Bref, ils étaient à peine conscients après neuf mois de grossesse que le bébé allait arriver ! Son arrivée a perturbé une vingtaine d’ouvriers fatigués. Papa s’est pris une raclée, mais maman a eu la compassion du groupe – elle venait d’accoucher ! Le bus fonça à l’hôpital. Les médecins redoutaient le pire, mais elle était en parfaite santé. L’assistante sociale a été appelée. C’est la grand-mère, Zoé, qui est venue chercher Dasha à la maternité. Elle a pris la petite, posé la mère, et partie. Des rumeurs disaient que ses parents n’étaient pas si tristes de ne pas l’avoir. Dasha n’est revenue chez ses parents qu’à cinq ans, dans des circonstances épouvantables… Zoé s’était mise en congé pour s’occuper de sa petite-fille, mais elle n’avait plus la force ni la santé… Après cinq ans, Zoé est morte brutalement. Dasha a passé cinq jours enfermée avec le corps, survivant tant bien que mal, jusqu’à ce qu’on vienne vérifier ce qui avait pu arriver. «On espère qu’elle ne gardera pas de traces…» disait le psy… Mais tout cela forgea son caractère. Après la mort de grand-mère, la mère de Dasha a fait le nécessaire pour récupérer sa fille. Le père a essayé lui aussi de s’améliorer pendant un temps… Une année presque normale. Dasha alla à l’école, accompagnée par ses parents. Mais les vieilles habitudes reprirent vite le dessus : l’alcool, le chaos, la misère… Dasha, petite fille maigre, traînait ses parents ivres dans la neige, de peur qu’ils ne meurent de froid : «Si maman n’est plus là, tu es perdue !» À douze ans, Dasha fut placée en foyer. Cela la sauva de ses parents, mais pas de la cruauté d’autres enfants. Là-bas, c’était la loi du plus fort. Il a fallu se battre chaque jour… Mais elle a survécu. Et elle a compris que le monde «normal» fonctionnait autrement. Plus tard, elle rencontra Ivan. Elle tomba amoureuse d’un homme bon, qui se fichait de son passé difficile. Mais sa belle-famille ne l’acceptait pas et la persécutait. Dix ans à tout encaisser dans le silence, à organiser la maison, s’occuper de sa fille, soutenir Ivan, travailler… Et Grégoire qui l’observait, persuadé qu’il y avait un plan derrière sa docilité. C’est pour ça qu’il avait monté ce coup d’enlèvement : pour la tester. *** — Grégoire, tout ce que j’ai vécu avant n’a rien à voir avec ma vie d’aujourd’hui, disait calmement Dasha. Le boulot, la maison, la petite, les critiques de ta mère… c’est rien pour moi ! Même ton kidnapping, c’est presque une blague ! — Mais je peux te laisser ici ! répliqua Grégoire. — Sérieusement ? ricana Dasha. Essaie voir. Elle retira les liens et se dressa, brandissant sa barre de fer. — Grégoire, j’aurais pu m’en aller depuis une demi-heure. T’essaies de m’attaquer, je t’enterre ici. — Alors pourquoi t’es restée attachée ? bondit-il. — J’étais curieuse de voir ton cirque, répondit-elle en jetant la barre. Là où j’ai survécu, toi tu pleurerais ta maman. Les problèmes que tu trouves insurmontables, moi ça ne me fait même pas sourciller ! J’aime juste ton frère. J’aime ma famille ! Et si tu t’opposes à notre bonheur, tu disparaîtras. Même pas besoin de ce cinéma. Sa voix était froide et tranchante. Grégoire eut des frissons. — Ramène-moi chez moi, ravisseur ! dit-elle en souriant. En la déposant, Grégoire risqua : — Je dois quitter la ville ? Tu vas me dénoncer ? — Fais moins de bêtises, répondit-elle avec un sourire. Et ne jugez pas les autres à votre image ! Grégoire quitta la ville. Dasha ne dit rien à son mari. Elle prit simplement rendez-vous pour une manucure — en se débattant avec les liens, elle avait cassé trois ongles. Voilà, ça, c’était un vrai problème ! LA BELLE-FILLE INTRÉPIDE : De l’autocar de l’usine aux épreuves d’une famille française, le destin extraordinaire de Dasha – entre drames, secrets et kidnapping raté dans la campagne, une femme sur qui l’adversité n’aura jamais le dernier mot
La belle-fille intrépide Grégoire, jaurais pu partir il y a déjà trente minutes, lança-t-elle dune voix posée.
Toujours en ligne : Une matinée chez Madame Nadège Sergeyevna, le rituel du thé, la radio et un vieux combiné. Les enfants grandis, les amies dispersées, et le monde désormais dans un écran. Un jour d’anniversaire, un smartphone en cadeau : caméra, internet, messagerie familiale. Le défi de s’adapter, les hésitations devant l’écran tactile sans boutons, la peur de mal appuyer… Mais aussi des premiers succès à écrire dans le « chat », prendre rendez-vous médical via “FranceConnect”, envoyer une photo de semis de tomates, rire d’un message vocal involontaire. Entre solitude, codes oubliés et regards fiers de la famille, Madame Nadège se fraie peu à peu un chemin dans ce nouvel univers numérique, tissant un autre fil invisible pour rester en lien avec les siens.
En direct Les matins de Madeleine Dubois débutaient tous pareil. Bouilloire sur le gaz, deux cuillères
J’ai cessé d’emmener ma belle-mère faire des courses après une discussion avec son amie
Je me souviens, il y a de cela bien des années, du jour où je cessai demmener ma bellemère faire les
Свекровь утверждала, что внучка ей не родная. Обе сделали тест ДНК и узнали много нового друг о друге
Тема отношений между свекровью и невесткой, как и между родителями и детьми, вечна. Мужа мы выбираем