Новое начало после сорока: история Анны о поиске себя, переменах, страхах и разрешении быть собой
Слушай, хочу тебе рассказать одну историю живая, обычная, наша. Представь себе Анну. Она живёт в Москве
Il est parti travailler à l’étranger, n’a pas pris d’appels, a disparu. Un an plus tard, il se tient sur le seuil et dit : «Désolé, mais tu dois m’écouter.
Il était parti travailler à létranger, ne répondait plus au portable, avait disparu. Exactement un an
— Apparemment, j’ai perdu mon temps, déclara la mère de mon mari avec dépit. — C’est Dieu qui te punit d’avoir détruit le foyer d’autrui ! s’emporta ma belle-mère. Voilà, désormais tu en paies le prix ! — Je n’ai rien détruit, murmura enfin Véra. Vadim comptait déjà divorcer. — Bien sûr ! Il ne voulait pas, il voulait, n’empêche qu’il a vécu presque quinze ans avec Zoé ! Mais il l’a quittée à cause de toi et elle a sombré, elle est morte. À trente ans, Véra avait déjà un mariage raté derrière elle et quelques liaisons malheureuses, alors qu’elle rêvait d’une vraie famille, d’un enfant. Quand elle s’est lancée dans une histoire d’amour avec Vadim, elle a repris espoir. De cinq ans son aîné, grand, solide, chauffeur-livreur, il lui paraissait ce compagnon fiable derrière lequel rien ne pouvait l’atteindre. Dès la deuxième semaine, il évoquait leur avenir à deux, répétant qu’il rêvait d’avoir un fils. Véra priait intérieurement pour que tous leurs projets se réalisent. Ce à quoi elle ne s’attendait vraiment pas, c’était d’apprendre, quatre mois plus tard, que son aimé était marié. — Ne prends pas cet air-là, déclara Vadim en la voyant blêmir. J’ai déjà prévu de divorcer depuis longtemps, mais je n’avais ni raison de partir, ni où aller. Je ne vais quand même pas retourner vivre chez maman, à mon âge ? — Tous les hommes mariés disent ça, répondit Véra à voix basse, retenant ses larmes de déception. — Je ne suis pas “tous”, trancha-t-il. Et il ne mentait pas. Deux mois plus tard, il lui montrait l’acte de divorce. Deux mois encore et ils se mariaient. Même s’il avait déjà une fille de son premier mariage, restée vivre chez sa mère, il encourageait ardemment Véra à vouloir un enfant. Mais sur ce plan, ça coinçait. Deux ans à essayer, en vain, avant que Véra décide de consulter. Elle n’avait jamais eu de problème médical, aussi fut-elle très surprise quand la gynécologue identifia des soucis. — Vous n’êtes ni la première ni la dernière. Un traitement, et tout rentrera dans l’ordre — rassura-t-elle. Le traitement fut pénible pour Véra. Les hormones la rendaient irritable, lui ouvraient un appétit féroce, puis la rendaient malade. Vadim remarquait ses changements, demandait ce qui se passait. Pourquoi elle s’emportait sans raison, pourquoi elle criait ? Mais Véra refusa de lui dire la vérité. Et s’il la quittait ? Elle ne s’en remettrait pas ! Et personne ne devait être au courant. Un jour, Vadim rentra avec une adolescente. — Je te présente Daria, ma fille, fit-il. Et voici ma femme Véra. La mère de Daria est décédée, alors elle vivra avec nous, lâcha Vadim. — Comment ça ? balbutia Véra, effarée, mais se retint d’en dire plus devant l’enfant. Entrez, je vous en prie. Étonnamment, Véra n’avait jamais vu la fille de Vadim. Il la voyait très peu et jamais à la maison, payait la pension : c’est tout ce qu’elle savait. Treize ans, plus de mère… Mais Véra n’avait aucune envie d’élever l’enfant d’une autre. Elle le dit à Vadim dès qu’ils furent seuls. — Tu veux qu’on la mette à la DDASS ? demanda Vadim, furieux. — Pas à la DDASS ! Elle pourrait aller chez ta mère. Tu as dit toi-même que Marie-Alexandrine adore sa petite-fille. — Ma mère est une femme âgée, avec des soucis de santé. Elle ne peut pas s’en occuper ! Véra et sa belle-mère n’entretenaient quasiment aucune relation. Vues à peine dix fois, polies mais distantes, et rien dans la santé de Marie-Alexandrine, 58 ans, ne paraissait trop fragile. — Et moi donc, je suis en pleine forme ? répliqua Véra sur la défensive, avant de se rappeler de ne pas offrir de raison de douter. — Je crois oui, juste un peu nerveuse… Peut-être devrais-tu voir un médecin ? — Vadim, Daria et moi ne nous connaissons pas du tout ! — C’est une fille adorable. Vous allez vous entendre. Et puis, on va en rester là, je travaille tôt demain. Véra ravala sa colère. Elle ne voulait pas se disputer. Le lendemain, elle tenta d’appeler sa belle-mère, qui la remit à sa place. — Tu as épousé un homme avec un enfant. Pourquoi te plains-tu maintenant ? Et elle raccrocha. Le soir, Vadim se mit à lui crier dessus, insensible à la présence de Daria dans la chambre d’à côté. — Tu sais quoi ? J’en ai marre ! On divorce. Daria reste avec toi, je vais louer un appart et je la récupère après, conclut-il. Il rassembla quelques affaires et claque la porte. Véra resta figée, terrorisée d’être quittée. Vadim reviendrait forcément… En attendant, il allait bien falloir vivre avec Daria. La fille se montra remarquable : calme, gentille, réservée. Elle aidait spontanément Véra dans les tâches ménagères, tenait sa chambre en parfaite ordre, ne rechignait jamais et souriait. Après une semaine, Véra découvrit avec étonnement qu’elle l’aimait bien et qu’elles s’entendaient à merveille. Passionnée de cuisine, Daria apprenait volontiers les secrets culinaires que lui transmettait sa belle-mère. Le soir, elles regardaient des films et faisaient des plans ensemble. Vadim ne revenait pas, mais Marie-Alexandrine appelait sa petite-fille souvent. Véra comprit vite que la belle-mère cherchait à savoir si elle maltraitait l’adolescente, mais celle-ci ne cessait de vanter leur vie commune. Outre l’absence du mari, Véra s’inquiétait de la scolarité de Daria. Avant, elle allait à l’école près de l’ancienne location, désormais trop loin. Véra tenta d’appeler Vadim, qui ne répondit pas. Pourtant, le soir même, il entra et fit un scandale. — Alors, tu ne peux pas me donner un enfant et tu mens en plus ? Je ne m’y attendais pas… — Vadim, de quoi tu parles ? — Fais pas l’innocente ! Ma mère m’a tout dit ! La stérilité, les traitements inutiles ! Et tu m’as fait des crises… Je ne peux plus te voir ! — Laisse-moi t’expliquer ! criait presque Véra. Heureusement, Daria était au magasin, elle ne vit rien. — Où sont les affaires de Daria ? On s’en va ! Je vais demander le divorce, cette fois c’est sûr. J’ai cru bêtement que tu aimerais ma fille, que tout s’arrangerait, que tu m’aimais… — Mais je t’aime ! — Arrête, Véra… arrête tout ça ! Vadim fourrait en vrac les vêtements de sa fille dans des sacs. Véra sanglotait. C’est alors que Daria réapparut. — C’est toi ? C’est toi qui as raconté tout ça à mamie ? Demanda Véra en pleurant. Je croyais qu’on était amies… — J’ai rien dit ! s’effraya Daria. Puis d’ailleurs, de quoi parlez-vous ? — Allez, ma chérie, va dans la voiture, lança Marie-Alexandrine, apparue sur le seuil. Je t’ai bien dit de ne pas venir ici. C’est Véra qui t’a appris à ne pas obéir ? — Mamie ! Mais qu’est-ce que tu racontes ? — Ça suffit, intervint Vadim, attends-nous dehors. Daria obéit docilement. — Pourquoi t’en prendre à l’enfant ? s’énerva la belle-mère. Elle n’est pour rien là-dedans ! Je suis simplement venue lui apporter un pull et j’ai vu la montagne de boîtes de médicaments. J’ai pris la peine de me renseigner… Clairement, Marie-Alexandrine avait fouillé chez sa belle-fille. Mais qu’importe ? — C’est Dieu qui te punit d’avoir brisé le foyer de ma famille ! Voilà ta punition ! — Je n’ai rien brisé. Vadim voulait divorcer déjà, se défendit enfin Véra. — Tu parles ! Il est resté quinze ans avec Zoé ! Il l’a quittée à cause de toi, elle a sombré, et voilà le résultat. Ma petite-fille est orpheline, et tu as brisé sa vie ! Vadim ne savait que dire. Mais Daria intervint. — Arrête de mentir, mamie ! hurla-t-elle soudain. Tu sais très bien que maman buvait depuis longtemps ! C’est à cause de ça qu’ils se disputaient ! Papa voulait divorcer ! — Ma chérie, mais qu’est-ce que tu racontes ? tenta Marie-Alexandrine. C’est le chagrin… — Non ! Tu comprends rien ! Papa a bien fait de partir, c’était invivable ! Toujours saoûle, agressive avec nous deux. Moi, je pouvais pas partir, c’était ma mère… Et tata Véra est gentille ! Elle me parle, m’écoute, m’apprend plein de choses… sanglota Daria. Les adultes se précipitèrent vers elle. — Oui, tata Véra est malade — reniflait la fille — mais elle va guérir, j’en suis sûre ! Papa, pourquoi tu es parti ? Véra t’aime, et moi aussi… — Apparemment, j’ai perdu mon temps, soupira la belle-mère. J’ai même refusé de prendre Daria chez moi, espérant que tu n’en pourrais plus et que tu divorcerais d’avec Vadim. Et j’ai mené mon enquête sur tes médocs. Mais regarde comme ma petite-fille est malheureuse… — Eh bien, fallait s’y attendre, balbutia Véra, en enlaçant Daria pour l’entraîner à se laver le visage. Vadim se taisait. Les époux se sont réconciliés, Daria est restée avec eux, refusant de partir chez sa grand-mère, ce qui soulagea Véra. Le contact avec Marie-Alexandrine reste rare, même si elle rêve toujours de se rapprocher d’eux.
À quoi bon avoir fait tant d’efforts, tout ça pour rien soupira dun ton las la mère de Julien
Вечерние курсы для тех, кто начинает снова: взрослая группа, вторая попытка и учёба без стыда
Ключ от аудитории застревал на третьем обороте, как будто и он к вечеру уставал. Она привычно уперлась
Des parents venus d’hier À seize ans, Aline a été mise à la porte de chez elle. Difficile de dire qu’elle s’y était déjà sentie « chez elle », sans doute parce qu’on lui rappelait chaque jour qu’elle mangeait leur pain à crédit… Pourtant, c’est là qu’elle avait grandi. Et à seize ans, trouver un toit n’est pas si simple. Tout avait démarré comme dans un cauchemar. Son père, déjà peu réputé pour son sens pédagogique ou sa douceur envers ses filles, ne faisait que hurler, souvent avec des mots crus. Sa mère, à qui Aline avait tout raconté la veille, restait assise, figée, impassible aujourd’hui. Et sa sœur, Véra, posait ses produits de maquillage sur la table avec un air narquois, histoire d’être prête pour sortir et ne rien louper du spectacle. — Range ton maquillage ! Tu n’en auras plus besoin ! — s’est-il tourné vers elle. — Tu ne sortiras plus d’ici avant tes trente ans, pour ne pas suivre l’exemple de ta sœur ! Mais l’explosion de leur père ne semblait pas toucher Véra, qui était la cible par ricochet : ce n’était pas grave. Par contre, pour Aline, ça allait chauffer… — Alors, ça y est, Aline, tu es allée trop loin ? — minaudait Véra, tout en poussant ses tubes de rouge à lèvres. — Toi, la ramène pas, ton tour viendra ! — grogna le père. — Mais j’ai rien fait, moi, je ne suis pas une petite traînée comme elle… — Véra ! — s’indigna la mère. — Tu te rends compte de ce que tu dis ? — Je ne dis que la vérité, maman. Tu ne me contrediras pas ? Malheureusement pour Aline, même leur père était d’accord avec ce jugement. Aline restait figée dans l’encadrement de la porte : impossible de s’approcher de la table. On ne voyait pas encore son ventre, mais tout le monde savait. Un secret qu’elle avait si longtemps essayé de cacher. — Papa, maman… Je… je ne savais pas… — cherchait-elle le bon mot, le moins grave possible. Mais rien n’attendrissait plus personne. — Tu ne savais pas ? — lança la mère. — Avec qui je discute depuis tes douze ans ? Tu n’écoutais rien, tu croyais tout savoir… Et puis tu as menti, tu nous as caché la vérité ! Tu pensais qu’on était aveugles ? Ou que le problème allait disparaître seul ? Il aurait mieux valu le dire tout de suite, on aurait agi discrètement… Mon Dieu, qu’est-ce qu’on va faire de toi… Tu as seize ans ! Ce genre de discours, Aline l’avait toujours entendu. Coupable ou non. Son père hurlait, jusqu’à s’essouffler. Et sa mère gémissait : « Que faire, que faire… » Aline croyait avoir vécu le pire, mais ce n’était qu’un début : — Prends tes affaires, — dit le père d’une voix sourde. — Tu as une heure. Puisque tu veux faire ta vie d’adulte, fais-la sous ton toit, pas le nôtre. — Ce n’est pas un peu dur ? — demanda la mère, qui, soudain, eut un élan de pitié, mais n’osa pas s’opposer à son mari. Une heure. Une heure pour faire ses adieux à l’enfance, à la maison, à la famille. Une heure pour comprendre que tout était fini. — Papa, s’il te plaît… Oui, j’ai fait une erreur, mais laisse-moi deux ans encore… — Pas question. Assume. Rassemble tes affaires. Sinon, tu partiras les mains vides. Aline courut dans sa chambre, rassemblant à la hâte l’essentiel. Dans l’urgence, tout semble vital. Même un vieux carnet de correspondance de troisième. Un pull, un bonnet, une montre… Que choisir ? Que laisser ? Elle revint à la cuisine quand l’heure presque écoulée. La valise traînait à terre. Elle inspira et tenta de parler. — Je… je peux rester ? Je vais aider, je ferai attention… Mais personne ne bougea. — Il fallait y penser avant. On a assez de honte comme ça, — lâcha la mère. Véra se moquait, tripotait son maquillage, bientôt autorisée à sortir. On ne lui refusait rien, elle. — Eh bien, Aline, t’as semé la pagaille. Enfin, je voulais dire : t’es tombée enceinte. Bonne chance pour trouver un toit. J’ai toujours su que ça finirait comme ça… Aline comprit : elle était perdue. À la rue, puis les gares, les squats… et avec un bébé, où finirait-elle ? C’est là qu’elle a connu la solitude la plus profonde qu’on puisse imaginer. Ses bagages finirent sur le trottoir. Sa sœur, derrière la fenêtre, lui tirait la langue. Quelques jours plus tard, elle trouva refuge chez des voisins : ils la blâmaient, mais refusaient de laisser une gamine dormir dehors. Elle vivait là, invisible, jusqu’à l’arrivée de sa tante Rita. — Où est Aline ? On m’a raconté que vous l’aviez jetée dehors ! — Non, on l’a laissée vivre sa vie d’adulte… Qu’elle se débrouille pour son logement, — répondit son frère, imperturbable. — Comme si tu avais travaillé pour un appartement ! Tu vis toujours chez maman à cet âge… Où est-elle ? — Elle squatte chez les voisins. Rita n’avait pas d’enfants, mais elle aimait ses nièces. Elle avait du mal avec Véra, mais s’entendait à merveille avec Aline. Tata Rita emmena Aline chez elle, dans un HLM d’un quartier ordinaire. — On va s’en sortir, Aline, tu verras. Perds pas espoir. Désespoir, c’est le chemin du fond du trou. Tu élèveras cet enfant, tu verras, tout le monde s’en sort. Je t’aiderai. Ensuite, tu bosseras… — Tata, c’est vrai que je peux rester ? — Bien sûr. — Tu ne me juges pas ? Elle réfléchit. — Non, je ne te juge pas. Mais je n’approuve pas non plus… Ce genre de chose, il faut y penser avant, pas après. Mais ce n’est pas une raison pour t’abattre… Dans la cour, Aline croisa un jeune homme en train de balayer. Appliqué, visiblement nouveau dans le quartier. Plutôt mignon, mais elle détourna vite le regard : l’amour, pour elle, c’était fini. — C’est Ivan, — lui expliqua Rita. — Il a obtenu un appartement ici comme pupille de l’État, il fait le ménage. Un gars bien. Sérieux. Il étudie, pas de copains à mauvaises fréquentations. — Il boit tout seul ? — sourit Aline, pour la première fois depuis longtemps, elle retrouvait le goût de plaisanter. — Ça te fait déjà rire ? — répondit Rita en riant, — Non, il ne boit pas du tout. Le lendemain matin, Aline alla faire des courses. Ivan l’attendait devant l’immeuble. — Bonjour, je m’appelle Ivan. J’habite ici… là, tu vois les fenêtres. Elle suivit du regard. — Moi, c’est Aline. — Je vous ai trouvée très jolie hier. — Ah, le coup de foudre, c’est ça ? — On peut dire ça. Elle n’y croyait pas. Mais Ivan lui, était sincère. Quand elle lui expliqua qu’elle était enceinte, il lui répondit : « Je t’aimerai quand même. » — Ivan, tu devrais trouver une fille « normale ». — T’es pas normale ? — Si, mais tu sais bien… — Je veux être avec toi, quand même. C’était il y a presque quarante ans. Aline et Ivan se sont mariés, ont eu un fils, Romain. Romain et sa famille occupent aujourd’hui l’appartement qu’Ivan avait reçu. Ivan et Aline sont restés dans l’appartement de tante Rita, disparue trop tôt. Malgré une rencontre rocambolesque, ils étaient faits l’un pour l’autre. Ils ont travaillé durement, se sont offert une vie stable et décente. Aline a fini par renouer, vaguement, avec ses parents et sa sœur : ils se voyaient pour les fêtes, s’offraient des cadeaux symboliques — mais la vraie tendresse n’est jamais revenue. Ivan, lui, restait doux avec tous — même avec les parents d’Aline. C’est Ivan qui a appris à Aline à mettre un peu d’argent de côté à chaque salaire. Pas grand-chose, mais régulièrement. Leur rêve : voyager ensemble à la retraite. À chaque paie, Ivan glissait vingt mille dans la tirelire. Une semaine plus tard, Aline reçut une prime : cinq mille de plus dans la cagnotte, le reste dépensé pour offrir à Ivan un vélo d’appartement. Pour qu’il fasse du sport à la maison. — Livraison mercredi ? D’accord. Parfait. Elle aimait les surprises. Quelques jours plus tard, le vélo était là. Mais Ivan ne rentra jamais à la maison. *** Un an après sa mort. L’anniversaire. Seuls les plus proches étaient venus. Les collègues, amis, avaient commémoré de leur côté. Romain, sa femme, leur fils, les parents d’Aline, Véra… Tous parlaient du merveilleux Ivan… — Je me souviens pas l’avoir vu hausser le ton… — s’émut Romain, qui savait qu’Ivan n’était pas son père biologique, la vérité lui avait été dite pour anticiper… d’éventuels mensonges venus d’ailleurs. Mais il n’avait jamais douté qu’Ivan était son vrai père, de cœur. — Je ne le connaissais pas tant que ça… — dit la belle-fille — Mais je n’oublierai jamais le jour où je suis venue pour la première fois. Ivan a mis mes gants sur le radiateur, pour qu’ils soient tout chauds… — Puis elle se tut, la gorge serrée. Chacun parlait, partageait. Aline, elle, fixait la photo d’Ivan et pensait à cet argent que plus jamais il ne pourrait utiliser. Lui qui voulait tant voyager. — Il aurait tant voulu partir voir le monde… — murmura-t-elle, — Mais moi… Je n’ai jamais eu ce goût pour l’aventure… Je ne sais pas comment faire… Trois millions désormais rassemblés, de quoi voyager où elle voudrait. Mais sans Ivan… plus envie d’aller nulle part. Après le départ de Romain et sa famille, Aline resta seule dans la cuisine, à finir la vaisselle. Sa mère entra, ferma soigneusement la porte. — Je sais que ce n’est pas le moment, mais comme on se voit rarement… Tu as toujours l’argent mis de côté avec Ivan ? Aline hocha la tête. La famille ne devait pas le savoir, mais Ivan avait dû le mentionner un jour, en toute confiance. La mère fit les cent pas, anxieuse. — Tu sais, Ivan gaspillait un peu cet argent… Moi aussi, j’aimerais voyager, bien sûr, mais ce n’est pas essentiel… Et toi, tu n’es pas du genre à partir, tu es trop casanière. À quoi bon ? L’argent se dévalue… Aline la regardait, perplexe. — Tu sais que Véra et moi-même sommes toujours locataires ? À notre âge ! Bientôt quatre-vingts ans pour nous, plus de cinquante pour Véra, ses enfants aussi paient des loyers. — Vous avez vendu la maison de grand-mère. Vous avez dit qu’elle était trop vieille, inutile. Aline ne comprenait déjà pas à l’époque : pourquoi vendre l’unique toit familial ? Il suffisait d’en prendre soin. — On voulait construire une nouvelle maison ! — protesta sa mère. — Mais il n’y a jamais eu de nouvelle maison… — rétorqua Aline. — Ivan a mal géré l’argent ! Il aurait fallu investir ! Acheter de la pierre, pas gaspiller… Et toi pareil… Pas question de salir la mémoire de son mari, en ce triste jour. — S’il te plaît, maman, pars, — dit-elle doucement mais fermement. — Excuse-moi, rien contre Ivan. Mais puisqu’il n’est plus là, que vas-tu faire de cet argent ? Ne me dis pas que tu vas vraiment le claquer en voyages ! Ce serait du gâchis ! — J’ai un petit-fils, tu sais. Je pensais l’aider à s’installer, plus tard… — Pauvre Ivan ! On a déjà donné son appartement à un autre, maintenant ses économies vont à un gamin qui n’est pas de son sang. Vraiment, lui, il a tout perdu ! Mais de qui parlait-elle ? — Maman, stop. Pars, — Aline s’agrippa à l’évier. La discussion s’arrêta là. Sa mère partit, bougonnant. Aline ne dormit pas. Quarante ans avaient passé — et pour eux, elle restait cette « traînée ». Au matin, alors qu’elle voulait se donner du courage avec un café, sa sœur Véra sonna. Aline sentit venir les ennuis. — Tu n’auras pas un sou, — trancha-t-elle avant même que Véra ôte son manteau. — Mais non ! Je voulais juste t’aider à ranger, après tout ça… Tu sais pourquoi on était réunis… On a tout sali. Viens, on va refaire un brin de ménage. On doit bien essayer de retrouver des liens, non ? Elles se mirent au ménage. Véra semblait pleine de bonnes intentions, bavarde à l’excès, tentant de dérider Aline, sans grand succès. Soudain, Véra alla mal. Le seau d’eau se renversa à terre. — Fais attention ! — cria Aline, avant de se retourner brusquement — Véra, ça va ? Ne t’effondre pas… Attends… — Mes cachets… dans mon sac… regarde… Aline chercha partout. — Il n’y a rien ! — Je… les ai oubliés… — Tiens le coup ! Lesquels tu prends ? Aline sortit en courant appeler la pharmacie et les urgences. Quand elle revint, tout était sens dessus-dessous. Placards ouverts, objets éparpillés. Véra avait disparu. Aline comprit tout. Véra avait tenté de la cambrioler. Mais elle avait pris soin, la veille, de tout déposer à la banque — un pressentiment. Aline s’effondra, tremblante, la tête dans les mains. Désormais, elle savait quoi faire avec cet argent. Elle voyagerait. Peut-être pas loin, pas longtemps, mais elle partirait. Et le reste, elle le donnerait à son fils et petit-fils. Ivan n’aurait pas désapprouvé. À ce moment précis, elle comprit que, même si Ivan était parti, il resterait toujours près d’elle…
Les Cousines du Passé Élodie avait seize ans lorsquon la mise à la porte. Pour être honnête, elle navait
Муж, который два года назад уехал за границу к своей любовнице, неожиданно появился в дверях: сказал, что хочет вернуться, будто ничего и не произошло
2марта, обычный вторник. Я заварила чай, включила тихое радио, а из кухни доносился аромат запечённых
Les Fantômes de la Famille : À seize ans, Aline est jetée dehors par ses parents, rejetée par une sœur moqueuse, mais recueillie par sa tante Rita — un nouveau départ entre solitude, débrouille et secrets. Quarante ans plus tard, alors qu’elle fait le deuil de son mari Ivan, bienveillant et dévoué, Aline doit faire face aux convoitises de sa mère et sa sœur au sujet de ses économies, replongeant dans les blessures du passé, et choisir enfin pour qui et pourquoi vivre à l’ombre des souvenirs familiaux.
Des parents dun autre temps Camille avait seize ans quand on la mise à la porte. Difficile de dire si
Oleg a épousé Nadia par provocation — pour blesser Maria. Il devait absolument prouver qu’après sa trahison, il n’avait pas cédé.
Olivier sest marié avec Clémence exprès, pour infliger une blessure à Marion. Il devait prouver, coûte
Соседи шептались о ней: история Валентины Сергеевны из нашего двора, той самой, что спасала и помогала, пока о ней судачили за лавочкой
О ней шептались во дворе Во дворе их дома всё как на ладони: лавочка возле первого подъезда, где утром
Les filles ingrates – L’histoire d’Irène et Ludivine, jumelles condamnées chaque été aux corvées du potager familial, entre culpabilité, devoir filial et soif de liberté, avec parents inflexibles, vacances sacrifiées, disputes familiales et le choix difficile entre solidarité et bonheur personnel
Filles ingrates Claire, courbée sur la rangée de fraisiers, sentait la sueur couler désagréablement le