«Je suis au chômage, il y a du travail ici?», demande la jeune femme modeste, sans se douter que le cow-boy solitaire cherche justement quelquun comme elle. Avant de commencer, je vous invite à préciser dans les commentaires de quelle ville vous suivez lhistoire.
«Excusezmoi, monsieur», dit Marjolaine en essuyant la sueur de son front, alors quelle sapproche de la clôture où un homme au chapeau travaille. «Je suis au chômage.»
«Il y a du travail ici?», lève les yeux Jacques Delacroix, qui répare un fil de clôture et lexamine de haut en bas. Ses bottines à talons moyens, son chemisier blanc impeccablement repassé, son sac en cuir qui semble plus cher que le salaire mensuel de nimporte quel employé tout cela contraste avec le décor de la Ferme Le Soleil Levant.
«Saistu traire?», lui demandetil, reprenant son travail. «Gérer le bétail. Connaistu lagriculture?»
«Non, répond Marjolaine, mais je suis comptable. Jai de lexpérience en administration et en finances. Je peux aider avec les chiffres, les registres.»
Pierre, le maîtredœuvre, qui travaille à la ferme depuis plus de vingt ans, lâche un rire sarcastique en enroulant du fil de fer. «Chef, cette citadine vient jouer dans les champs.»
Il fuirait sûrement à la vue dune vache. Jacques soupire, senlève les gants de travail. À trentedeux ans, il a hérité non seulement de la ferme mais aussi du fardeau de faire perdurer une tradition familiale de quatre générations.
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Je viens daccoucher quand ma fille de huit ans surgit dans la chambre dhôpital, les yeux grands ouverts. Elle ferme les rideaux et me chuchote à loreille: «Maman cachetoi sous le lit, tout de suite.» Mon cœur se serre, mais je fais ce quelle dit. Nous nous glissons sous le lit, essayant de respirer le plus silencieusement possible. Soudain, des pas lourds pénètrent la pièce. Avant que je ne puisse regarder dehors, elle couvre délicatement ma bouche ses yeux révèlent une peur que je nai jamais vue. Et alors
Mon beaupère travaille dans le bâtiment depuis vingtcinq ans et ma encouragée à obtenir mon doctorat. Le professeur reste étonné de le voir à la cérémonie de remise de diplômes.
Un ouvrier du BTP partage son déjeuner avec un enfant handicapé qui pleure de faim sur le chantier, sans savoir que ce geste dévoilera un secret millionnaire qui changera sa destinée pour toujours.
Le fils du milliardaire souffre, jusquà ce que la nounou retire quelque chose de mystérieux de sa tête
La dernière chose dont jai besoin, cest dune citadine qui ne sait pas distinguer un taureau dune vache. «Écoutez, Mademoiselle», sadresse Jacques à Marjolaine. «Ce nest pas un bureau à Paris. Ici, on se lève à quatre heures du matin. On travaille sous le soleil, les pieds dans la boue, et la discussion sinterrompt quand le camion de la laiterie arrive pour récupérer la récolte hebdomadaire.»
Jacques sexcuse et se dirige vers le véhicule, mais Marjolaine entend clairement la conversation suivante. «Monsieur Delacroix, je suis désolé de vous dire que ce moisci le prix du litre baisse de cinquante euros,» annonce le chauffeur, un vieil homme en casquette de lentreprise. «Les ordres viennent den haut ; je ne peux rien y faire.»
«Comment ça, le prix baisse?», réplique Jacques, la voix élevée. «Vous savez très bien que je livre du lait de très haute qualité, toujours à lheure, toujours aux volumes prévus.» Le chauffeur répond: «Je sais, Monsieur, mais la concurrence est féroce. Dautres fermes vendent moins cher, et nous devons nous adapter.»
«Quel type de marché fait que le producteur perd toujours?», répond Jacques, visiblement frustré. «Mes coûts ne diminuent pas. Mes employés doivent être payés. Les fournitures coûtent de plus en plus, mais on trouve toujours des excuses pour me payer moins.» Le chauffeur hausse les épaules et continue de charger les cuves de lait. Quand il part, Jacques reste dans la cour, le regard perdu, Marjolaine le reconnaît parfaitement.
Cest la même femme que je voyais dans le miroir il y a trois mois, le jour où jai été licenciée de la direction intégrée. «SAS, excusezmoi.» Elle sapproche timidement. Jentends la discussion. «Avezvous déjà pensé à négocier directement avec des transformateurs plus petits ou à explorer les marchés locaux, les restaurants, les hôtels?» Jacques la regarde, surpris, comme sil avait oublié quelle était encore là.
«Vous savez, jai travaillé quatre ans dans une société de conseil à Paris. Nous faisions des études de marché, des restructurations de processus et loptimisation des coûts.» Marjolaine se tait, comprenant que je parle comme dans un entretien dembauche. «Je maîtrise les chiffres et je sais dénicher de meilleures opportunités daffaires.»
Pierre sapproche du groupe, essuyant ses mains sur un chiffon. «Chef, vous ne pensez pas prendre cette fille au sérieux, nestce pas?» demandetil. «Les citadines viennent ici pour laventure, puis fuient quand elles voient la difficulté. Jen ai vu beaucoup.»
Jacques ne répond pas immédiatement, observant Marjolaine, essayant de déterminer si elle peut vraiment aider ou si elle nest quune âme perdue au milieu de son domaine. «Pourquoi êtesvous ici?» demandetil enfin.
«Une comptable de Paris ne vient pas dans les Hautes Vallées sans raison.» Marjolaine sent un nœud à la gorge. Elle pense un instant à inventer une histoire, mais le regard direct de Jacques la pousse à être honnête. «Jai été licenciée il y a trois mois.» Lentreprise a fermé à cause de la crise économique et, depuis, je cherche du travail sans succès. Jai pensé que le secteur agricole, lun des rares qui continue de croître, pouvait offrir des opportunités. Ce nest quune demivérité.
En réalité, je suis à court dargent et cest la ville la moins chère où je peux prendre un bus. Et je crois pouvoir aider. Je ne connais pas la boucherie, mais je sais gérer les finances. Le téléphone de Jacques sonne. En voyant le numéro, il serre les dents. «Banque Agricole», murmuretil et répond. «Allô.»
Lappel est bref, mais Marjolaine perçoit le ton menaçant de lautre côté. Quand Jacques raccroche, il pâlit. «Des problèmes?» demande Pierre, inquiet. «Trois mois de retard sur lhypothèque. On ma dit que si je ne paie pas cette semaine, on saisit.»
Pierre marmonne, Jacques retire son chapeau, passe la main dans ses cheveux, désespéré. «Chef, je suis avec vous depuis que votre père était vivant. Ce domaine est ma vie. Sil y a quelque chose que je puisse faire» Jacques répond: «Le problème nest pas le manque de travail acharné.»
«Nous vendons bon marché et achetons cher, et on ne résoudra pas ça en travaillant plus dheures.» Marjolaine sent que cest le moment dintervenir ou de rester silencieuse à jamais. «Laissezmoi aider,» proposetelle, étonnée de la fermeté de sa voix. «Une semaine seulement. Laissezmoi analyser vos chiffres, vos contrats, vos coûts.»
«Si je ne trouve rien, je pars sans un centime.» Jacques la fixe quelques secondes, qui semblent une éternité. «Une semaine.» Il interroge: «Et où dormirezvous?La ville est à vingt kilomètres, il ny a pas dhôtel.» Il répond: «Un coin, un soussol, il y a une chambre dans la maison principale que ma sœur utilisait quand venait me rendre visite.»
«Mais sachez que nous nous levons au chant du coq et nous couchons quand le soleil se couche. Pas dhoraires fixes.» Pierre ajoute, irrité. «Tous ici travaillent. Si vous allez profiter de notre subsistance, vous devrez contribuer bien plus que par des chiffres sur papier.»
Marjolaine acquiesce, bien quelle se demande dans quel pétrin elle sest mise. Elle est venue chercher un emploi, mais a limpression davoir trouvé quelque chose de beaucoup plus complexe. «Entendu», ditelle, tendant la main. Jacques hésite, puis la serre. Sa main est rugueuse, calleuse, très différente des mains douces des cadres avec qui elle était habituée. «Entendu, mais si je ne vois pas de résultats concrets dans une semaine, vous êtes renvoyée.»
Ils marchent vers la maison principale. Marjolaine contemple le paysage qui sétend à lhorizon: prairies verdoyantes parsemées de bétail, un ciel plus vaste que tout ce quelle a vu, et un silence totalement différent du bruit constant de Paris. Pour la première fois depuis des mois, elle ressent une lueur despoir.
Elle ne sait pas que ce sentiment durera jusquau lendemain matin, lorsquelle découvrira le vrai sens de la vie à la campagne.
Le coq chante pour la troisième fois quand Marjolaine ouvre enfin les yeux. La lumière qui filtre par la fenêtre indique que laube est arrivée et les bruits du pré confirment que la journée bat déjà son plein.
Elle se lève dun bond, se rappelant les paroles de Jacques sur le lever au chant du coq. Il est six heures trente. À Paris, ce serait une heure raisonnable pour se lever, mais ici elle est clairement en retard. Elle enfile rapidement les vêtements les plus pratiques quelle a apportés: jean et chemise en coton, puis sort de la chambre que Jacques lui a indiquée.
La maison principale de la ferme est une construction traditionnelle dun étage, avec de larges couloirs, des poutres en bois et des tuiles en terre cuite. Tout respire lhistoire et la tradition familiale. Dans la cuisine, elle rencontre Madame Camille, la femme qui prépare le repas pour les ouvriers.
«Bonjour,» salue Marjolaine timidement. «Bonjour, ma chère. Vous devez être la jeune de Paris qui va aider le patron avec les chiffres,» répond Camille, tout en remuant une marmite. «Tout le monde a pris le petitdéjeuner, mais jai gardé des croissants, des œufs et du café pour vous.»
«Vous savez où est Jacques?Il est en train de traire les vaches, mais il finira bientôt.» Camille linvite à sasseoir, à manger, à se détendre. Marjolaine sinstalle à la table en bois pendant que Camille lui sert le café. Les croissants sont tout frais. Les œufs ont un goût complètement différent de ceux du supermarché, et le café est si fort quil chasse toute trace de somnolence.
«Vous travaillez ici depuis longtemps?» demande Camille. «Trentecinq ans, ma chère. Jai commencé quand le père de Jacques était encore en vie. Jai vu le petit garçon grandir depuis ses cinq ans.»
Camille essuie ses mains sur le tablier et sassoit en face de Marjolaine. «Il est bon patron, mais traverse une période difficile.» Le père de Jacques est mort il y a deux ans dans un accident, et depuis tout est plus compliqué. Le tracteur a chaviré sur une pente. Le grandpère était obstiné, voulant toujours faire le travail luimême au lieu de demander de laide. Jacques a hérité de cette obstination, ainsi que des dettes et des problèmes.
Marjolaine finit son petitdéjeuner et se dirige vers la zone où résonnent les voix. Elle trouve Jacques et Pierre en train de vérifier des cuves de lait dans la salle de traite. Tous la regardent lorsquelle sapproche. «Bonjour,» les saluetelle, se sentant observée. «Bonjour,» répond Jacques sèchement. «Nous venons de finir la traite. Il est sept heures trente.»
Le message est clair: elle est en retard. Elle se sent comme une enfant réprimandée, mais ne se défend pas. «Où puisje consulter les registres comptables, les livres, les factures, les contrats?» demandetelle. «Dans le bureau à côté,» prévientil, «mais je vous préviens, ils ne sont pas très organisés. Mon père gardait tout dans sa tête, et moi, je ne suis pas très doué avec le papier.»
Le bureau est une petite pièce avec un bureau en bois, un classeur en métal et des piles de factures, de reçus et de documents partout. Marjolaine sassied et commence à examiner, à essayer de comprendre la situation financière de la ferme. Ce quelle découvre la laisse perplexe, mais pas de façon positive.
Il y a des factures dupliquées payées deux fois, des contrats avec des fournisseurs facturant bien audessus du prix du marché, et des taxes mal calculées entraînant des amendes inutiles. Le désordre est tel quil est impossible de savoir exactement combien le Trésor gagne ou perd chaque mois.
Elle passe la matinée à organiser les documents et à faire des calculs. Quand Madame Camille lappelle pour le déjeuner, elle possède déjà une feuille remplie de chiffres qui clarifient le problème. Dans la salle à manger, elle trouve Jacques, Pierre et trois autres employés quelle ne connaît pas. Le silence tombe quand elle entre. «Excusezmoi,» ditelle, se servant du plat que Camille a laissé. «Alors, comment ça va, Docteur?» lance Pierre avec sarcasme.
«Vous avez déjà trouvé la formule magique pour nous sauver?» demande Jacques. «Pas encore, mais jai découvert des choses intéressantes,» répond Marjolaine, ignorant le ton moqueur. «Comme quoi?» demande Jacques, réellement curieux. Marjolaine hésite un instant. Elle ne veut pas paraître prétentieuse, mais elle ne peut rester muette.
«Par exemple, vous payez un fournisseur daliments pour le bétail qui facture trente pour cent de plus que le prix moyen. Et il y a des factures de carburant dupliquées.» Un silence sinstalle sur la table. Les ouvriers échangent des regards et Jacques fronce les sourcils.
«En êtesvous sûr?»
«Absolument. Jai les factures et jai comparé les prix avec dautres fournisseurs au téléphone.»
«De combien dargent parlonsnous?» demande Jacques. «Seuls les six derniers mois, entre les paiements dupliqués et les factures indument élevées, vous avez perdu près de huit millions deuros.»
Pierre siffle, les autres murmurent. «Huit millions», répète Jacques. «Avec cet argent, nous aurions pu payer deux mois dhypothèque, et ce nest que ce que jai revu ce matin. Il faut encore vérifier les contrats de vente du lait, les dépenses opérationnelles et les questions fiscales.»
Après le déjeuner, Marjolaine retourne au bureau, revigorée. Tout largent perdu a été récupéré en une seule matinée que pourraitelle encore découvrir? Elle trouve que la ferme déclare limpôt sur le revenu comme un gros contribuable alors quelle devrait être au régime simplifié, ce qui leur coûte une fortune en paiements inutiles. De plus, ils nexploitent pas les déductions pour les investissements dans lamélioration des pâturages.
Le contrat avec lentrepriseEt ainsi, la ferme retrouva prospérité et Marjolaine décida de rester, bâtissant un avenir commun avec Jacques.

