Nicolas, son unique fils, a emmené sa mère dans une maison de retraite.

Nicolas, son unique, avait conduit sa mère à lEHPAD.

Oh, mes chers, quel jour sombre nous était tombé! Le ciel gris semblait, comme sil luttait contre une tristesse que même les nuages ne pouvaient contenir. Depuis la fenêtre de mon cabinet, mon cœur battait à tout rompre, comme pressé entre les mâchoires dune pince. Tout le hameau de SaintÉloi semblait sêtre éteint: les chiens ne jappaient plus, les enfants sétaient réfugiés, même le coq du voisin Monsieur Martin sétait tari. Tous les regards convergaient vers la maison de Madame Véronique, notre vieille Véra. À la porte, une berline citadine, brillante comme une plaie fraîche, se tenait, étrangère à notre campagne.

Nicolas, le fils unique, avait amené sa mère à lEHPAD. Il était arrivé trois jours auparavant, lustré, parfumé dun parfum coûteux, loin de lodeur de la terre. Il sétait présenté dabord comme cherchant conseil, mais en réalité, il voulait se justifier.

«Valérie Séméon, vous voyez bien», disaitil en évitant mon regard, les yeux fixés sur un pot de coton. «Maman a besoin de soins professionnels. Et moi? Je travaille sans cesse, jai la tension, les pieds qui me font mal Ici ce sera mieux, les médecins, la prise en charge»

Je restais muette, observant ses mains propres aux ongles soignés. Ces mêmes mains qui, lorsquelle était petite, saisissaient le ourlet de Véronique pour la sortir de la rivière glacée. Ces mêmes mains qui attrapaient les tartes que ma mère faisait, sans jamais retenir la dernière noisette de beurre. Et maintenant, ces mêmes mains signaient la sentence.

«Nicolas», murmuraije, la voix tremblante, «lEHPAD nest pas un foyer. Cest un établissement public, les murs sont étrangers.»

«Mais il y a des spécialistes!», sécriat-il, comme pour se convaincre. «Et ici? Vous êtes seule pour tout le village. Et si la nuit»

Je pensais à voix basse: «Ici, les murs sont les nôtres, ils guérissent. Le portail grince comme depuis quarante ans. Larbre de pommiers sous la fenêtre, planté par ton père, est un remède.» Mais je ne dissimulai rien. Quand un homme a déjà tout décidé, que dire? Il était parti, et je mavançai vers Véronique.

Assise sur son vieux tabouret devant le portail, droite comme une baguette, les mains tremblantes sur ses genoux, elle ne pleurait pas. Ses yeux secs fixaient la rivière au loin. Elle me vit, tenta un sourire qui se changea en un rictus de vinaigre.

«Voilà, Séméon», ditelle dune voix douce comme le bruissement des feuilles dautomne. «Le fils est arrivé il vient la chercher.»

Je massis à côté delle, pris sa main glacée, rugueuse. Combien dannées ces mains avaientles façonnées! Elles avaient labouré les platesbonnes, lavé le linge dans la rivière, berçé mon petit Nicolas.

«On pourrait encore discuter avec lui, Véra?», susurraije.

Elle secoua la tête.

«Non, il a décidé. Ça le soulage. Ce nest pas par méchanceté, Séméon. Son amour de la ville le pousse ainsi. Il veut mon bien.»

Sa sagesse silencieuse me trancha le cœur. Je ne criai pas, je ne maudis pas, je reçus, comme je lavais toujours fait : la sécheresse, la pluie, la perte de mon mari, et maintenant cela.

Le soir, avant son départ, je revins la voir. Elle avait rassemblé un petit paquet. À lintérieur, une photo encadrée de son mari, un foulard en plumet que je lui avais offert pour son anniversaire, et une petite icône en cuivre. Toute une vie dans un mouchoir en lin.

La maison était rangée, les sols lavés, parfumée au thym et à une étrange cendre froide. Elle était assise à la table où deux tasses et un soucoupe de confiture resta­ient.

«Assiedstoi,» me fitelle signe. «Prenons le thé, une dernière fois.»

Nous restâmes en silence. Le tictac du vieux pendule rythmait les dernières minutes de sa vie dans cette demeure. Ce silence était plus criant que nimporte quelle hystérie, une véritable révérence.

Puis elle se leva, alla au buffet, sortit un paquet de tissu blanc et me le tendit.

«Prendsle, Séméon. Cest une nappe. Ma mère la brodait. Gardela comme souvenir.»

Je déroulai le linge. Sur le blanc, des coquelicots rouges et des bleuets sétaient brodés, encadrés dune bordure si fine quon ne pouvait en détacher les yeux. Une boule monta à ma gorge.

«Véronique, pourquoi?» balbutiaije. «Ne le laisse pas Ne déchire pas nos cœurs. Laissele tattendre, il reviendra.»

Elle ne fit que me regarder avec ses yeux fanés, pleins dune tristesse cosmique, comme si elle nen croyait plus.

Le jour arriva où Nicolas saffairait, chargeant le paquet dans le coffre. Véronique sortit sur le pas de la porte, dans sa plus belle robe et son foulard en plumet. Les voisines, les plus audacieuses, sortirent de leurs portails, essuyant leurs larmes avec les bords de leurs tabliers. Elle balaya du regard chaque chaumière, chaque arbre. Puis elle se tourna vers moi, son regard portait la question muette: «Pourquoi?» et la supplique: «Noubliez pas.»

Elle monta dans la voiture, droite, sans se retourner. Quand le véhicule démarra, soulevant un nuage de poussière, je vis son visage dans le rétroviseur, une unique larme glissant sur sa joue. La voiture séloigna, et nous restâmes à observer la poussière se déposer lentement comme des cendres sur le chemin. Le cœur du village sarrêta ce jour-là.

Lautomne passa, lhiver sabattit avec ses neiges qui saccumulaient jusquau portail, et personne ne se hâta à les déblayer. Le hameau semblait orphelin. Parfois, je passais près de la maison, espérant entendre le grincement du portail, voir Véronique surgir, remettre son foulard et dire: «Bonjour, Valérie.» Mais le portail resta muet.

Nicolas appela à deux reprises, la voix contrite, disant que maman sadaptait, que les soins étaient bons. Mais jentendais dans son ton une profonde mélancolie, comme sil enfermait son propre cœur dans cette chambre dhôpital.

Puis le printemps revint, ce printemps que lon ne vit quen province, où lair sent la terre fondue et le sève des bouleaux, où le soleil est si doux quon veut le toucher du visage. Les ruisseaux chantèrent, les oiseaux devinrent fous. Un jour, alors que jétendais le linge, une voiture familière apparut au bout du chemin.

Mon cœur se serra. Étaitce une mauvaise nouvelle?

La voiture sarrêta devant la maison de Véronique. En sortit Nicolas, maintenant décharné, les tempes grises, dune silhouette que je navais jamais connue. Il ouvrit la porte arrière.

Et, appuyé sur son bras, sortit elle. Notre Véronique.

Toujours dans le même foulard, les yeux plissés sous le soleil éclatant, elle respirait comme si chaque bouffée était une ivresse.

Je me jetai vers elle, les jambes se mouvant dellesmêmes.

«Séméon», dit Nicolas, les yeux remplis dune culpabilité mêlée à une joie. «Je nai pu lempêcher de séteindre, comme une chandelle au vent. Elle regardait toujours la fenêtre, silencieuse. Je reviens, mais elle me regarde comme si elle ne me reconnaissait pas. Jai compris, idiot, que ce ne sont pas les murs blancs ni les piqûres programmées qui guérissent. Cest la terre de nos ancêtres qui guérit.»

Il avala une boule de gorge.

«Jai trouvé du travail, je viendrai chaque weekend, je resterai ici, à chaque minute libre. Je serai présent, et je vous demande, Séméon, de veiller sur elle, dappeler les voisins. Ensemble, nous réussirons. Elle ne doit pas rester làbas, sa place est ici.»

Véronique sapprocha du portail, caressant le bois rugueux comme on caresse le visage de son père. Nicolas débla le verrou, retira les planches qui fermaient les fenêtres. La maison exhala un soupir, revint à la vie.

Véronique entra sur le pas de la porte, ferma les yeux. Je vis ses cils trembler. Elle inspira le parfum de son foyer, un arôme que rien ne pouvait remplacer. Puis elle sourit. Un sourire vrai, non forcé, celui dune personne qui revient dun long voyage effrayant vers la chaleur du foyer.

Au crépuscule, le village tout entier se rassembla autour delle, sans questions, simplement présents. Certains apportèrent du lait, dautres du pain encore chaud, dautres un pot de confiture de mûres. Ils sassirent sur le banc, parlèrent de semis, du temps, du débordement de la rivière cette année. Véronique, petite mais radieuse, les yeux brillants, était chez elle.

Tard dans la soirée, je massis sur mon propre pas de porte, buvant un thé à la menthe, et je regardais la fenêtre de la maison de Véronique. Une lumière chaleureuse y brillait, comme si ce nétait pas une simple ampoule, mais le cœur même du village qui reprenait vie, paisible et heureux.

Ainsi, on se demande finalement ce qui est le plus précieux pour nos aînés: une chambre dhôpital aseptisée et des soins horaires, ou le grincement familier du vieux portail, la possibilité de toucher le pommier planté par son mari, le parfum du foyer? La réponse réside dans le lien qui nous unit à nos racines, à notre terre, à nos souvenirs. Cest là que naît la vraie guérison.

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Nicolas, son unique fils, a emmené sa mère dans une maison de retraite.
Ce n’est pas très viril, ça — Maman, j’ai finalement décidé de prendre un crédit immobilier. On viendra vivre chez toi, on louera l’appartement de Nastya, on rembourse vite, et on aura un logement commun à nous deux, annonça Édouard d’un ton posé autour d’un thé. Quand son fils lui avait dit qu’il fallait discuter d’un « sujet important », Irène ne se doutait pas de ce qui l’attendait. Elle, naïvement, pensait qu’il s’agirait de la date du mariage ou de la rénovation de l’appartement de Nastya. Quelque chose de banal mais agréable. Et là, une telle nouvelle… Irène faillit lâcher le couteau avec lequel elle découpait une tarte aux pommes encore tiède. — C’est chouette, bien sûr, mais, Édouard… Ce n’était pas vraiment dans mes projets, répondit-elle, déconcertée, en regardant son fils. — Nastya a son propre appartement, vous avez tous les deux plus de trente ans… — Justement, c’est son appartement. Ce n’est pas très viril de vivre chez sa femme. On dirait un parasite. Et la location, c’est de l’argent jeté par les fenêtres. Comme ça on économise, et l’appart de Nastya ne reste pas vide. Un jour on aura le nôtre, acquis ensemble. Tu m’as toujours dit qu’il fallait avoir son chez-soi. Le fils parlait calmement, comme s’il résolvait un exercice de mathématiques. Les besoins d’autrui en tranquillité et en intimité ne faisaient pas partie de l’équation. — Édouard… — Irène cherchait ses mots pour ne pas trahir son agacement. — Je te disais ça quand tu avais à peine plus de vingt ans. Quand j’étais plus jeune, et que tu étais seul. Maintenant c’est « mon espace » qu’il me faut. Je n’ai pas envie de partager ma cuisine avec ma belle-fille, même si elle est adorable. Attendre mon tour pour la salle de bains, vivre dans le bruit, me disputer pour du shampoing ou une brosse… — Mais enfin, maman, tu exagères ! coupa son fils. On va pas se gêner. On aura notre chambre. Nastya est calme. Et puis toi, ça te fera de la compagnie ! — Non, lâcha Irène, effrayée par la perspective. Édouard, comprends-moi. Je veux vivre seule, dans mon intimité. J’ai le droit à un peu de tranquillité après tout ce temps, non ? Édouard se renfrogna aussitôt, sentant que sa mère n’était pas ouverte à la négociation. — C’est bon, j’ai compris. Je croyais que ma vie t’importait encore. Je pensais que tu tenais à ton fils. — Bien sûr que ça m’importe. Mais il fallait y penser il y a dix ans. — J’en avais pas la possibilité ! J’ai fait ce qui était le mieux pour toi. Je t’ai laissé l’opportunité d’avoir ta vie privée. Si tu n’avais pas divorcé de papa, j’aurais mon propre appart comme tout le monde, je serais pas obligé de m’humilier ! — Va dire ça à ton père ! s’emporta Irène. La soirée avait commencé sur une note joyeuse et s’acheva sur des reproches et des larmes. Édouard reprochait à Irène de ne pas lui avoir offert « son toit », tandis qu’Irène peinait à croire ce qu’elle entendait. Après tout, elle avait donné à son fils tout ce qu’elle pouvait. … Il fut un temps où Irène ne s’inquiétait pas pour l’avenir d’Édouard. Son projet était limpide : lâcher le nid et lui laisser la deuxième appart’. Tout a volé en éclats quand le père d’Édouard, après avoir trop bu à l’anniversaire d’Irène, est allé raccompagner son amie Ludivine chez elle… et y passa la nuit. — Ben écoute, je suis belle femme, il n’a pas résisté, expliqua Ludivine à Irène. Inutile de dire que l’amie est devenue une ex-amie. Le mari, un ex-mari. Après partage, il n’est resté à Irène qu’un appartement. Longtemps, elle s’en voulu de ne pas avoir offert un vrai départ à son fils. Elle pensa même à donner la moitié de l’appart’ à Édouard, mais sa mère la freina. — Irina, ne te presse pas. Il est jeune, il fera sa vie, c’est le destin… La vie est pleine de surprises. Aujourd’hui c’est ton fils, demain qui sait ? Tu risques de te retrouver sans rien. Irène douta, mais suivit le conseil. Ce fut un choix difficile : elle avait l’impression de « voler » son fils. Pourtant, au fond, elle lui avait offert plus que la plupart des mères seules. Irène avait tout payé pour les études d’Édouard. Certes, pas une fac ni une grande école, mais le BTS fut arraché à force de petits boulots. Une fois le diplôme obtenu, elle lui dit : — Ne te précipite pas. Reste un peu avec moi. Je ne te ferai pas payer la part de charges, économise plutôt. Prends au moins un crédit, ça te sécurisera. Tu ne le vois pas encore, mais un appart’, ça aide dans la vie. Ça ne va pas baisser ! Édouard avait alors ri, haussant les épaules. — Maman, je suis adulte ! Ce n’est pas très viril d’inviter des filles chez sa mère. Pas très viril… Mais beaucoup plus « viril » de jeter de l’argent dans un loyer sans penser à l’avenir. Irène n’a jamais blâmé son fils pour ses choix. Elle s’est résignée à le voir vivre sa vie. Mais le jour où il a commencé à reporter la responsabilité sur les autres… C’était nouveau. Comme ses reproches sur le divorce. Jamais elle ne l’avait mis dehors, au contraire, elle proposait même de payer une partie du loyer. Cette nuit-là, Irène eut du mal à trouver le sommeil après leur dispute. Sa colère s’estompa, laissant place à l’évidence : elle ne voulait pas devenir nounou, cuisinière et psy gratuite pour un jeune couple. Pas question d’incarner la « maman pratique ». Mais elle ne voulait pas non plus détruire sa relation avec son fils. Alors, trois jours plus tard, quand Édouard repartit sur le crédit et le déménagement, elle décida de poser une question piège : — Dis-moi, Nastya est au courant de tes grands projets ? — demanda-t-elle sans polémiquer. Irène savait bien qu’aucune belle-fille n’accepterait, avec son propre appart’, de vivre chez sa belle-mère. Les fils y voient souvent un bon plan : maman lave les chemises, fait le petit-déj’, et prend leur parti dans les disputes… Mais les belles-filles, elles, veulent leur propre espace et mari. — Eh bien… — Édouard hésita. — On n’a pas encore vraiment évoqué la chose. Mais si tu es d’accord, après je peux négocier avec elle. Irène eut un petit sourire en coin. Nastya était donc à mille lieues de l’idée… Ça promettait. — Fiston, on fait pas comme ça. Venez tous les deux, on en discute. Tu es grand, tu sais qu’ici, c’est chez moi, donc mes règles. On parlera organisation, cuisine, partage des charges… Édouard fit la moue, acquiesçant. — D’accord. Je vais en parler à Nastya. — Fais-le. Et donne-lui le bonjour. Dis-lui que je serai ravie de la voir. Ce soir-là, Édouard ne reparla plus du projet. Irène passa la semaine suivante à guetter. Elle se préparait même à « effrayer » Nastya avec ses exigences sur la propreté, le calme, l’organisation. Mais rien ne se passa : Édouard et Nastya n’abordèrent jamais la question. Six mois plus tard, Irène rendait visite au couple. Édouard était encore un peu vexé : il s’attendait sans doute à ce que sa mère les accueille à bras ouverts. Mais le plus important : il s’asseyait avec elle à table et participait à la conversation. Les relations belle-mère/belle-fille étaient parfaites — la distance aidant. Ce jour-là, Nastya avait même fait des biscuits au sucre de coco pour Irène, connaissant sa diète avérée. Pas parfaits, mais le geste fut apprécié. Quand Édouard sortit fumer, Nastya lança la discussion : — Vous savez, sans vous tout ça n’existerait sûrement pas, confia-t-elle. On a failli se séparer. — Pourquoi ? — Pour le logement… Au début, Édouard s’est plaint que vous lui aviez refusé votre aide. Nastya lui raconta tout de sa perspective. En fait, Édouard avait expliqué à Nastya qu’il avait envisagé la solution du crédit, mais sa mère n’avait pas voulu s’impliquer. Il voulait sans doute être plaint, que Nastya le rejoigne dans sa critique d’Irène. Mais elle n’a pas suivi. — Édouard, pourquoi un crédit ? On a un bel appartement. Vivons là. Je trouve que votre mère a raison : elle doit avoir sa vie, nous la nôtre, dit Nastya. Édouard avança que c’était bizarre de vivre chez sa femme… Mais Nastya haussa les sourcils et croisa les bras, lui clouant le bec. — Regarde, un jour on aura des enfants, non ? On habitera l’un des deux appartements et l’autre sera pour notre fils ou fille. — C’est bien de penser à l’avenir, mais pas à ce prix-là ! Ce serait inconfortable pour moi. Inconfortable pour ta mère. À quoi bon ? Ils ont disputé longtemps, plusieurs fois. Mais ça finissait toujours quand Nastya rappelait qu’elle ne voulait pas gêner la mère d’Édouard, ni demander quoi que ce soit en ayant déjà son logement. Édouard a insisté, puis fini par céder. Il s’est sûrement rendu compte que Nastya préférerait divorcer que d’emménager chez sa belle-mère. — Si vous aviez laissé faire ou voulu qu’on vienne, j’aurais peut-être dit oui, confia Nastya. Au final, tout le monde aurait souffert pour rien. Mais là, sachant que ni vous ni moi n’en voulions… Eh bien on s’est évité des ennuis. Irène était d’accord. Elle avait réussi à détourner le conflit avec son fils, et à garder son espace. Oui, Édouard a choisi l’amertume, Irène, elle, s’est choisie elle-même. Chacun a gardé son territoire. Édouard commence à bâtir son foyer. Nastya a gardé son mari qui, bon gré mal gré, l’a comprise. Et Irène a dissipé sa culpabilité, retrouvant son droit à l’espace et au silence…