В итоге Роксана развелась с мужем, а квартиру они продали. На свою долю Роксана смогла купить однокомнатную квартиру в удачном районе. После развода с мужем Роксана приобрела однокомнатную квартиру в неблагополучном районе. До детского сада и поликлиники приходилось добираться далеко, автобусных маршрутов почти не было, а супермаркеты находились только на окраине. Мать не поддержала Роксану, когда она решила выйти замуж в девятнадцать лет. — Подумай ещё, дочка. Мне не нравится твой жених. Какой-то незрелый он, — говорила мама. — Я его люблю. Он просто весёлый, это скоро пройдёт. Мы ведь ещё молодые, — оправдывалась Роксана. — Ты сама вправе решать. Мама отговаривала Роксану выходить замуж, но она настояла на своём. Первым делом супруги сняли квартиру, а когда Роксана забеременела первым ребёнком, мама решила продать свою квартиру и отдать дочери часть денег. Остальное добавили родители мужа. freepik.com Муж всё время работал, а по вечерам зависал в Интернете. Через два года родился второй ребёнок, и мама стала няней для внуков, а дочь постоянно жаловалась на нехватку денег. Когда младшему ребёнку исполнился год, семья оказалась в тяжёлой финансовой ситуации. Начались ссоры и обвинения — выяснилось, что муж Роксаны увлёкся азартными играми в Интернете и потратил все деньги. Он обещал жене: «Ещё немного потерпи, скоро будем купаться в деньгах». В результате развода Роксана купила на свою долю однокомнатную квартиру в неблагополучном районе. До детского сада и врача нужно было далеко добираться, автобус ходил редко, а рядом не было ни одного супермаркета. В отчаянии Роксана попросила у мамы помощи. — Давай поменяемся квартирами, мама. Ты возьмёшь мою комнату, а я перееду к тебе с детьми. Мама отказала и предложила выход: найти работу, взять кредит. — Ты понимаешь, что Каролик пойдёт в сад только через год. Как нам жить до этого? Мама лишь пожала плечами. Дочка собрала детей, захлопнула дверь и на год прервала все контакты.
В итоге, Оксана развелась с мужем, а их квартиру пришлось продать. На долю, причитающуюся Оксане, удалось
Le bonheur se plaît dans le silence
Le bonheur aime le silence. Dans notre petit village de SaintÉloi vivait Mireille. Mireille Dubois, si
La maison de tous les conflits — Et en quoi cela concerne-t-il ma maison ? Tatie Claudine, qui venait déjà de sortir un bocal de cornichons et un morceau de fromage du réfrigérateur, se retourna. — Comment ça ? Tu vois bien : dans la petite chambre où je dors d’habitude, il y a des travaux ! Et là, mon fils, ma belle-fille et les trois petits-enfants sont là ! Je n’ai même pas de place pour les coucher ! Alors j’ai décidé : je viens ici, je passe la nuit, demain matin je repars, je règle les soucis avec l’équipe de travaux et, promis, tout va rentrer dans l’ordre ! *** Sophie fut tirée d’un rêve très agréable par un bruit sec venu du rez-de-chaussée. Elle sursauta, s’assit sur son lit et tendit l’oreille… — Mais qu’est-ce que… — chuchota-t-elle dans l’obscurité de la chambre, située à l’étage. Plus aucun bruit suspect, uniquement le tic-tac de l’horloge murale — autrefois apaisant, devenu soudain menaçant… « Sans doute une branche qui a cassé et est tombée sur le perron, pensa-t-elle, ou alors un vieux meuble qui s’effondre… La maison est ancienne. Je verrai ça demain matin. » Sophie se rallongea pour replonger dans son rêve… mais à peine s’assoupissait-elle qu’un nouveau bruit retentit en bas. Moins assourdissant que le premier, mais beaucoup plus inquiétant. Un frottement… Des pas. Quelqu’un marchait en bas. Et ce n’était sûrement pas le chat. La peur la tétanisa. Ce n’était pas un rêve. Des cambrioleurs. Dans SA maison. Et ça, c’était dans le meilleur des cas… Elle n’osait imaginer pire. Paniquée, Sophie sauta hors du lit. Le sol froid sous ses pieds la fit frissonner, mais sa sueur était due à la peur. Son regard se porta sur la table de nuit. Une vieille lampe en laiton, lourde, au pied massif, trônait là. Une vraie massue. Impossible de rater sa cible… Elle la saisit, puis, presque à quatre pattes, s’approcha silencieusement de la porte de la chambre. Elle entrouvrit la porte d’un millimètre. Le couloir était plongé dans le noir, mais la lumière du lampadaire extérieur traversait la fenêtre près du plafond, dessinant des ombres inquiétantes. Les pas s’arrêtèrent. Le cambrioleur (ou les cambrioleurs ?) s’immobilisait devant l’escalier, non loin de la cuisine. Sophie descendit sur la pointe des pieds. Collée au mur, elle prit une profonde inspiration, repensant à ces cours d’autodéfense abandonnés après une seule séance. C’était maintenant ou jamais. Elle fonça, lampe levée au dessus de la tête. — Je vais vous montrer ce que… ! hurla-t-elle, visant la silhouette dans l’obscurité, dos à elle, à la base de l’escalier. La silhouette n’eut même pas le temps de se retourner. Mais Sophie rata sa cible. Et, heureusement ! Car ce n’était pas un cambrioleur armé qui se trouvait là : c’était tatie Claudine. Sophie resta figée, bras pendants, puis, se ressaisissant, atteignit l’interrupteur. — Tatie Claudine ? Claudine serrait dans ses bras un sac en toile, les yeux écarquillés devant Sophie, affublée d’un t-shirt rigolo et d’un pantalon de pyjama. — Ma petite Sophie ! Oh Seigneur ! — tatie Claudine, la main sur le poignet pour contrôler son pouls, — Je suis en mode alerte ! Tu as failli m’assommer… Sophie expira comme elle ne l’avait plus fait depuis ses résultats du bac. — Tatie, j’ai cru que c’était des voleurs ! Pourquoi faire peur comme ça… Je viens de voir défiler ma vie en descendant. Elle posa le pied en laiton de la lampe sur une marche. — Toi tu as cru… et moi, imagine si tu m’avais vraiment frappée… — tremblait Claudine. — Mais comment êtes-vous entrée ? Claudine se souvint alors que c’était à elle de s’expliquer, pas de faire la morale. — Pardon, ma chérie, pardon. Je ne voulais pas te réveiller. Je croyais que tu dormirais bien. J’ai vraiment fait tout doucement… — Doucement ? — répéta Sophie. — On a entendu un beau vacarme pourtant. — C’est moi, j’ai fait tomber le porte-manteau dans le couloir. Après ça, je cherchais où poser mes sacs… — Vos sacs ? — Sophie jeta un œil dans le couloir — plusieurs sacs de courses y attendaient. — Mais pourquoi débarquer chez moi à trois heures du matin ? — Bon, « débarquer », c’est un grand mot… — protesta Claudine, — Je venais juste te rendre une petite visite. — Une visite ? Vous aviez gardé un jeu de clés ? — fit-elle le lien, un peu incrédule. Oups, Claudine s’était fait pincer. — Oh, c’est pas tout à fait… enfin, un peu… disons qu’en faisant du rangement, je suis tombée sur un autre trousseau ! Je l’avais complètement oublié ! Sophie s’adossa au mur. Elle ne savait plus rire ou pleurer. — Bien, — lâcha-t-elle sèchement, — vous avez retrouvé un trousseau. Mais pourquoi venir ici, si tard, sans prévenir ? Vous savez que j’ai peur du noir seule. En écoutant Sophie, Claudine fit le tour du salon, ouvrit toutes les portes. — Oh, comme c’est propre ici ! Tu es douée, ma Sophie. Mais tu vois, c’est la panique chez nous. — Quelle panique ? — demanda Sophie. Claudine entra dans la cuisine, visible depuis le salon, et ouvrit le réfrigérateur sans lumière. Le rayon du frigo éclairait sa silhouette penchée. — Tu sais, Antoine et sa femme sont arrivés à l’improviste ! Et les petits-enfants aussi… — En quoi c’est lié à ma maison ? Tatie Claudine, qui avait déjà récupéré le bocal de cornichons et le fromage, se retourna. — Tu sais bien : dans la pièce où je dors d’habitude, il y a les travaux ! Et là, toute la famille… Je n’ai même pas de place ! J’ai donc décidé de venir dormir ici, je repars demain matin, je règle ça avec les ouvriers… tout ira bien ! Il aurait vraiment fallu la sonner à la lampe. — Tatie Claudine… Je ne veux pas être désagréable, mais techniquement, cette maison est à moi maintenant. Claudine acheva son morceau de fromage, reposa le bocal, et interrogea Sophie du regard. — Et alors ? Tu ne vas pas accueillir ta tatie ? Dans la maison que je t’ai vendue pour pas cher, en plus ! On aurait dit qu’elle l’avait offerte, philanthropiquement. — Je vais vous accueillir, tatie, — céda Sophie, après cette nuit éprouvante, — mais c’est la première et dernière fois. Vous passez la nuit, demain vous repartez. Il fallut faire le lit en bas, sur le canapé neuf prévu pour les invités, mais encore jamais utilisé. Le matin, Claudine, découvrant à quel point Sophie avait emménagé, fouillait chaque tiroir. — Oh, mais c’est quoi ça ? Un nouveau blender ? Celui que je t’ai donné fonctionnait encore, tu disais qu’il était vieux ! Tu ne sais pas apprécier les bonnes choses. À midi, Sophie espérait voir Claudine plier bagage — mais elle n’en fit rien. — Ma Sophie, tu es vraiment gentille de ne pas m’avoir mise dehors ! Tu sais, j’ai réfléchi… À quoi donc ? — Vous avez réfléchi à quoi, tatie ? — Les travaux ne seront pas finis en un jour… L’équipe promettait mercredi, mais ils repoussent pour la troisième fois. Ils te disent une date, font autre chose… Et Antoine est là pour longtemps, il leur faut bien un logement ! — J’ai mes propres projets… — répondit Sophie. — Mais comment je gêne tes projets ? Je dors sur le canapé, comme hier. Je serai discrète comme une souris ! Tu ne sauras même pas que je suis là. — Je l’ai déjà remarqué ! — s’exclama Sophie. — Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? — demanda-t-elle d’un ton plaintif. Impossible pour Sophie de dire un « non » catégorique. Surtout à une tante. Surtout qu’elle demandait quelques jours, pas l’éternité. Et puis, cette maison avait été longtemps la sienne… — D’accord, — murmura Sophie, — mais seulement jusqu’à mercredi. Et pas d’autres invités. — Jusqu’à mercredi ! Promis, juré ! Mercredi arriva. Les travaux chez Claudine n’étaient pas finis. Une semaine passa. Sophie découvrit qu’elle vivait désormais dans une chambre d’hôtel où elle avait droit à la cuisine… seulement quand tatie Claudine avait fini d’y opérer. Et bien sûr, elle devait aussi assurer l’entretien. — Ma Sophie, tu n’aurais pas une autre serviette ? Celle-ci est sale. Tu la laveras, hein ? Sophie se sentait épuisée. Elle aurait aimé laver uniquement ses affaires, avoir la cuisine pour elle, passer du temps tranquille dans sa chambre. Elle se mit à fermer sa chambre à clé, ce qui provoquait les protestations indignées de Claudine. — Tu as peur que je te pique quelque chose ? Ou c’est quoi, cette manie ? — Je veux juste un peu de solitude… — Parce que je t’agace ? Oui ! Mais, à voix haute, Sophie répondit : — Non. Enfin, au bout de deux semaines, Antoine et sa famille partirent, emportant la moitié des provisions du congélateur. Sophie décida qu’il était temps de congédier ses hôtes. — Tatie Claudine, j’espère que ce soir, vous pourrez enfin dormir chez vous ? — Bien sûr, Sophie ! Mais ce n’était pas tout. — J’ai besoin que vous me rendiez les clés avant de partir. — Pourquoi mes clés ? — Elles ne sont plus à vous. Vous m’avez vendu cette maison. Elle est à moi. Les clés ne doivent appartenir qu’à moi. — Tu me mets à la porte ? — avec les yeux du Chat Potté. — Avec tout le respect possible, vous êtes une invitée. Les invités n’ont pas les clés. — Oh, Sophie, tu sais bien que j’ai vécu ici tant d’années… Je connais chaque recoin. — Je comprends vos sentiments, mais… C’est votre décision de vendre, pas de m’offrir. — Et alors ? Tu pourrais tout de même me laisser passer quelques jours ! Je ne m’installe pas définitivement ! — Tatie Claudine, vous êtes restée deux semaines, avez vidé mon frigo, dormi sur mon canapé, et voilà maintenant que vous ne voulez plus rendre les clés ! Ce n’est plus de l’hospitalité. — On aurait pu vivre ici toutes les deux… — suggéra-t-elle. — N’y pensez pas ! — s’emporta Sophie. Alors la tatie, vexée, sortit ses clés. — Voilà, prends-les. Je ne remettrai jamais plus les pieds ici ! — Au revoir, tatie Claudine. Le message était limpide : il était temps de partir. — Très bien. Ne m’appelle plus. Si tu ne veux plus me voir, à quoi ça sert de nous parler ? — ajouta-t-elle. — Comme vous voudrez. Impossible de se séparer paisiblement, tatie Claudine bougonnait en faisant ses bagages. Mais, une fois la porte refermée derrière elle, Sophie soupira de soulagement — sans aucun remord.
La maison de tous les conflits Et quel rapport cela a-t-il avec ma maison ? Tante Clémence, déjà penchée
Женщина и её сын работали на ферме за еду и кров, и случайно раскрыли зловещую тайну: кто‑то из деревни умышленно саботировал хозяйство.
Запах гари ворвался в сон, будто ночной вор, который не стучит он врывается силой. Я резко сел в постели
Le frère de mon mari a demandé à rester chez nous quelques jours, mais il a fini par s’attarder un mois entier.
Le frère du mari, Victor Lefèvre, a demandé de séjourner chez nous quelques jours, mais il sest planté
В результате развода Роксана продала квартиру и на свою долю смогла приобрести однокомнатную квартиру в удачном районе Москвы. После развода с мужем Роксане удалось купить однокомнатную квартиру, но в неблагополучном районе. До садика и поликлиники было далеко, транспорт ходил редко, а рядом не было ни одного супермаркета. Мама не поддержала Роксану, когда та в девятнадцать лет решила выйти замуж. — Подумай ещё, дочка. Мне не нравится твой жених — каким-то незрелым кажется, — говорила мама. — Я его люблю! Он просто весёлый, это пройдёт. Мы ведь ещё молодые, — оправдывалась Роксана. — Ты вправе сама решать. Мама Роксаны отговаривала её от замужества, но Роксана всё равно пошла под венец. Первым делом супруги сняли квартиру, а когда Роксана забеременела первым ребёнком, мама продала квартиру и дала дочери часть денег. Остальное помогли собрать родители мужа. freepik.com Муж всё время работал, а вечерами сидел в интернете. Через два года родился второй ребёнок, и бабушке пришлось стать няней для внуков. Дочка постоянно жаловалась на нехватку денег. Когда младшему ребёнку исполнился год, семья оказалась в трудной финансовой ситуации. Начались ссоры и обвинения — выяснилось, что муж Роксаны играл в онлайн-казино, спустив все деньги. Он обещал жене: «Ещё немного потерпим — скоро будем купаться в деньгах». В итоге развода Роксана на полученные от продажи квартиры деньги смогла купить однокомнатную квартиру в неблагополучном районе. До садика и поликлиники нужно было далеко ездить, транспортное сообщение слабое, супермаркетов поблизости не было. Роксана была в отчаянии и попросила маму помочь. — Давай поменяемся квартирами, мама. Ты возьми мою комнату, а я с детьми перееду к тебе, — предложила она. Мама отказалась и предложила найти работу, взять кредит. — Ты понимаешь, что Каролик попадёт в садик только через год? Как мы будем жить до этого времени? Мама только пожала плечами. Дочка собрала детей, хлопнула дверью и на год прервала контакт с мамой.
В итоге я, Варвара Ивановна, развелась с мужем, и мы продали нашу квартиру. За ту сумму, которая причиталась
J’ai découvert un message sur le portable de mon mari pendant les douze coups de minuit et j’ai posé sa valise sur le palier — Tu n’as pas mis le champagne au congélateur, hein ? Je t’avais demandé de le mettre au frigo seulement, tu sais bien qu’il va geler sinon et se couvrir de glace ! — s’agita Galina, réarrangeant nerveusement les assiettes sur la table du réveillon, cherchant une place pour le joli saladier de tarama. André, affalé nonchalamment sur le canapé devant la télé, ne leva même pas la tête. Il tapotait sur son téléphone, absorbé par une conversation, le sourire flottant sur ses lèvres. — Allons, Gali, ne râle pas, il n’y a pas de danger en vingt minutes. On le prendra, on trinquera pendant le discours du président, il se réchauffera, — répondit-il en continuant d’écrire. — Tu sais où est ma chemise bleue ? Celle que tu as repassée la semaine dernière. Galina soupira, essuyant ses mains sur son tablier. Il restait une heure et demie avant les douze coups et son canard au four exigeait encore son attention, sans parler de sa coiffure à finir. Chaque Nouvel An c’était le même rituel : elle courait partout, perfectionnant la fête, tandis qu’André assumait tout cela comme acquis, n’aidant que pour la forme. — Dans l’armoire, deuxième étagère, André. Où voudrais-tu qu’elle soit ? — fit-elle en vérifiant la cuisson du canard. L’odeur de pommes au four et d’épices enveloppait la cuisine d’un cocon chaleureux, la fierté de son effort. — Tu pourrais au moins aider à mettre la table. Passe-moi les serviettes, sors les flûtes ! — Attends, ma Galinette, attends. Message boulot très important, faut que je réponde, — grommela-t-il. Galina s’arrêta une seconde. Boulot ? Un 31 décembre, à onze heures passées ? André était responsable logistique, tous les dépôts étaient fermés et les chauffeurs déjà attablés chez eux. Mais elle balaya ses soupçons. Peut-être un camion bloqué ou un document urgent perdu… Vingt-cinq ans de mariage lui avaient appris à faire confiance, ou du moins à ne pas lancer d’interrogatoire. Elle reprit sa planche à fromage. Cette année, ils seraient seuls. Les enfants — Arthur et Léa — étaient adultes et partis. Arthur réveillonnait avec sa fiancée dans les Alpes, Léa démarrait l’année en Thaïlande avec son mari. Galina avait fini par accepter la solitude festive comme une opportunité : une soirée romantique à deux, comme autrefois. Elle avait acheté une nouvelle robe, bleu nuit, en velours qui mettait ses yeux en valeur, et choisi des cadeaux raffinés — pour André, une belle montre suisse dont il rêvait. — Trouvée ! — cria André de la chambre. — Non franchement, elle me va bien, non ? J’ai pas trop grossi ? Il arriva, boutonnière en bataille sur le ventre. La chemise tirait plus que l’année précédente, mais Galina le regardait avec tendresse : à cinquante-deux ans, il avait belle allure. Sa tempe grisonnante et ses rides, surtout quand il souriait, le rendaient distingué. — Beau gosse, — dit-elle sincèrement. — Allez, viens, on dit adieu à l’année ! Ils prirent place. La télé diffusait musique et variétés d’il y a trente ans, les guirlandes clignotaient sur le sapin. Galina servit salade et jus, André posa son téléphone face contre la table à côté de son assiette. — Que tout ce qui est mauvais reste derrière nous ! — porta Galina le toast, levant son verre de liqueur. — Oui, oui, — André trinqua, avala trop vite et reprit son mobile. — Attends, je vérifie que mon message est bien parti. — André, range-le, — dit Galina doucement mais fermement. — On est tous les deux. Pas besoin de téléphone. Accorde-moi juste un peu d’attention. — Allons, Gali, ne commence pas. Tu sais l’époque, tout le monde est connecté. Arthur peut nous écrire, Léa peut nous envoyer des photos… Argument imparable. Galina se tut. Les enfants pouvaient en effet appeler à tout moment. Le temps passait. Ils mangeaient, échangeaient sur la météo et sur les projets pour janvier. André proposa un séjour à la campagne pour le barbecue d’hiver, Galina l’imagina déjà dans la forêt enneigée. Tout semblait paisible, à sa place. Le canard était parfait, la viande fondante, les pommes imprégnées de graisse. Moins cinq minutes avant minuit, André posa la fourchette et se saisit du champagne. — Maman, on ouvre ? Les douze coups vont sonner. Le bouchon sauta, le vin pétillant coula dans les flûtes. Galina sentit une fébrilité d’enfant. Le passage entre deux années gardait ce côté magique. Elle avait déjà préparé son petit papier à vœu, à brûler et avaler avec le champagne. Son vœu était toujours le même : santé et bonheur pour tous. Sur l’écran, les douze coups commencèrent à résonner. — Bonne année ma chérie ! — André sourit largement, levant son verre. — Bonne année, mon André ! — Galina lui rendit son sourire. À ce moment précis, couvrant la première sonnerie, le téléphone d’André vibra et l’écran s’alluma. Il était à portée de main de Galina. André, absorbé par le toast, n’eut pas le réflexe de le retourner ou de cacher l’écran. La notification s’afficha en grand, l’aperçu du message nettement lisible. Galina n’avait pas voulu lire, mais ses yeux glissèrent involontairement sur les mots familiers. Le SMS venait de « Jean-Pierre Garage ». Texte : « Bonne année, mon tigre ! J’attends impatiemment que tu puisses enfin sortir des griffes de ta vieille poule. Le champagne t’attend, la lingerie ne me sert plus à rien. Bisous, ta Miss Minou. » Galina se figea. Tout s’arrêta. Les cloches continuaient de sonner, mais leur écho semblait lointain, étouffé. Elle fixait l’écran jusqu’à ce qu’il s’éteigne, les mots imprimés dans sa rétine : « mon tigre », « vieille poule », « ta Miss Minou », signé — Jean-Pierre. Le sens remonta lentement. Jean-Pierre. Garage. André passait beaucoup de temps au garage ces six derniers mois — la voiture, soi-disant malade, l’excuse parfaite. Et elle y croyait. Vingt-cinq ans de confiance aveugle. André remarqua son visage blême. D’un geste brusque, il attrapa son téléphone et le fourra dans sa poche. — Gali, tu vas pas faire une scène ? Fais ton vœu, dépêche-toi, c’est minuit ! — sa voix tremblait. Galina leva les yeux vers lui. Pas de larmes. Juste une froide lucidité. Vingt-cinq ans. Un quart de siècle. Et elle n’est qu’une « vieille poule ». — Jean-Pierre, c’est ça ? — dit-elle d’une voix étrangère, rauque. André s’étrangla. — Quel Jean-Pierre ? De quoi tu parles ? C’est le garagiste, sûrement un spam de vœux, ils envoient ça à tous les clients, tu sais. — Le garagiste t’appelle “mon tigre” ? Et t’attend sans linge ? — Galina se leva. La chaise grinça dur sur le parquet. — Montre-moi. Passes ton téléphone. Si c’est une blague, je ris avec toi. Montre-moi la conversation. André se cramponna au dossier. Protégeant instinctivement sa poche. — Je n’ai pas à te montrer ! Chacun son jardin secret ! Tu n’as pas honte de fouiller dans mon portable ? Tu pars en crise de jalousie au réveillon ? Tu perds la tête ! La Marseillaise se lança à la télé. Les gens fêtaient, feux d’artifice s’élevaient. Mais dans l’appartement, un silence pesant s’installa. — “Perdre la tête”… Donc, je suis vieille poule, et là-bas, tu as une jeune minette ? — J’ai jamais dit ça ! — hurla André. — Tu t’imagines tout ! Arrête ta crise, trinque et calme-toi. Galina regarda la table dressée, le canard farci, les salades, le cristal sorti pour l’occasion, tout lui parut soudain factice. Un décor pour un mauvais vaudeville où elle jouait la cruche. Sans un mot, elle quitta la cuisine. — Gali ! Où tu vas ? — André resta planté, oscillant. Galina entra dans la chambre. La lumière révélant leur lit conjugal, la housse assortie aux rideaux, les oreillers — objets d’un quart de siècle de vie commune. Elle ouvrit le placard à grondement. Sur la tablette du haut, une grande valise à roulettes. La même qu’ils avaient emmenée à Nice il y a trois ans, dernier séjour ensemble. Galina la fit tomber sans ménagement. Elle ouvrit grand la fermeture et se mit à jeter, brasés, les affaires d’André : pulls, jeans, tee-shirts, tout en boule dans la valise. Pas de pliage, pas de douceur. — Tu fais quoi ? — André apparut, interloqué. — T’es folle ? On est au Nouvel An ! — Justement, — grinça Galina, continuant sa besogne. Elle vida le tiroir à chaussettes et slips d’un coup sec dans la valise. — Nouvelle année. Nouvelle vie. Toi — avec Minou. Moi — sans traitre. — Arrête ! Ce n’est qu’une discussion ! J’ai rien fait ! — André essaya de la retenir. Galina le repoussa. L’adrénaline lui donnait une force de lionne blessée. — Me touche pas ! — rugit-elle, André recula. — “J’ai rien fait” ? “J’attends que tu sortes” ? C’est pour ça que tu me pressais avec le dîner, hein ? Pour manger, trinquer et partir la retrouver, inventer une excuse bidon ? André se taisait, le regard fuyant. Elle avait trouvé juste. — Dehors, maintenant. — Où veux-tu que j’aille ? C’est la nuit ! Le premier janvier ! C’est aussi mon appartement ! — Ce logement vient de mes parents, André. Tu es sur la déclaration, mais je te retire après les vacances. Pour l’heure — file. Chez Jean-Pierre. Au garage. Qu’il te console. Elle ferma la valise, vêtements débordants. Un coup de genou, la fermeture forcée, une manche dépassant. — Parlons demain, on a bu… — changea André, tentant la conciliation. — Je n’ai rien bu, — coupa-t-elle. — Et y’a rien à dire. Vingt-cinq ans… Je t’ai fait confiance. M’occuper de toi comme de la prunelle de mes yeux. De la “vieille poule” donc ? Galina saisit la poignée, sortit la valise dans le couloir. Les roulettes résonnaient sur le sol. André la suivait gauchemment. — Tu détruis tout pour une idiotie ! Pense aux enfants ! Que va dire Arthur ? — Je vais tout leur dire. Je montrerai le SMS si tu ne dégages pas immédiatement. Je pense qu’Arthur appréciera le choix de termes du “bon père”. André pâlit. Son fils, son image… Dans l’entrée, Galina ouvrit la porte. Un air froid, des effluves de repas brûlé, des cris de “Bonne année !” chez les voisins. — Prends ta veste, — ordonna-t-elle. André, comprenant qu’elle est sérieuse, enfile son manteau, espérant une mise en scène, des pleurs, de la vaisselle cassée, et enfin le pardon. — Galinette, où tu veux que j’aille ? Arrête la comédie. On fait tous des erreurs, ça arrive ! Miss Minou, c’est qu’un amusement, rien de sérieux. C’est toi que j’aime. Ces mots furent la goutte de trop. “Je t’aime” après “vieille poule”, c’est l’ironie suprême. — Dehors ! — Galina poussa la valise sur le palier. La valise roula, s’écrasa contre la rembarde. La manche pendait comme un drapeau blanc. André la suivit, pantoufles aux pieds, veste ouverte. — Tes bottes ! — lança Galina, jetant les chaussures d’hiver à ses pieds. — Et laisse les clés sur la commode. — Tu regretteras, Galina ! Tu finiras seule ! À cinquante ans, qui voudra de toi ? — la haine perce sous le masque. — Moi, j’ai supporté tes soupes et ton ennui des années ! Minou, elle est jeune, drôle. Toi, t’es une rengaine. — Parfait, — Galina sentit un soulagement inédit. Les masques étaient tombés. Elle n’avait plus devant elle qu’un inconnu, haineux, minable. — J’espère que Miss Minou sait cuire le canard. Elle lui claqua la porte au nez. Double tour. Chaine de sûreté. Dos contre le métal froid, elle écouta la scène : agitation, jurons, le bruit des bottes, André s’équipant puis tirant sa valise, appelant l’ascenseur. Silence. Galina glissa au sol, genoux tremblants, cœur battant dans la gorge, splendide dans sa robe de velours bleu, fixant la patère vide autrefois remplie de ses affaires. Aucune larme. Seulement le choc, comme après un accident — pas de douleur, simplement le constat d’une vie “détruite”. Elle resta dix minutes ainsi avant de se relever, raide, et de retourner à la cuisine. Là, rien n’avait bougé. La télé diffusait un musical, le champagne perdant sa mousse, le canard tiédissait, la graisse mate. Galina prit sa flûte. — Bonne année, Gali, — dit-elle à la pièce déserte, — bonne nouvelle vie. Elle vida le champagne d’un trait. Sans goût. Son regard tombe sur le cadeau pour André. Belle boîte, montre suisse. Trois mois d’économies. Galina l’ouvrit, le chrome des aiguilles miroitant. — Ça ira, — murmura-t-elle. — Je la donnerai à Arthur. Ou la vendrai pour me payer une cure. Elle s’assit à la place d’André. Goûta la salade, délicieuse comme toujours. Sa maison était propre. Elle soignait tout. “Vieille poule”… Mais une “vieille poule” aurait gardé le mari, fermé les yeux, pleuré en silence, redoublé d’efforts. Elle l’a mis dehors. Donc pas une vieille poule. Une femme fière. Le portable de Galina sonna. Cette fois, un message de Léa, sa fille. Photo : Léa et son mari sur une plage, bonnets de Père Noël, sips dans des noix de coco. Légende : “Maman, Papa ! Bonne année ! On vous aime fort ! Vous vous régalez avec le canard de Maman, j’imagine ? Bisous !” Galina fixa le sourire heureux de sa fille, son portrait rajeuni. Enfin les pleurs jaillirent. Pas des pleurs de désespoir, mais de délivrance. Elle pleurait pour elle, pour sa naïveté, pour toutes ces années. En mangeant l’olivier à la grosse cuillère, chose interdite jadis. Elle essuya son visage. Envoya à Léa : “Bonne année, mes chéris ! Tout va bien. Papa… est sorti prendre l’air. Je vous embrasse.” Pas question de gâcher leur fête. Elle raconterait plus tard. C’était son combat, sa victoire. Galina alla à la fenêtre. Neuvième étage. Des feux parsemaient la nuit, des lumières colorées sur les toits enneigés. En bas, André traînait sa valise dans les congères, cherchant un taxi hors de prix. Miss Minou… accepterait-elle ce “bagage” ? Autre chose de recevoir un amant pour quelques heures, tout autre de le voir débarquer rejeté, les poches vides, problèmes à la clé. Galina sourit. Les feux d’artifice de leur roman garage n’allaient pas survivre bien longtemps à la vie réelle. Elle revint à table, prit la cuisse de canard et mordit dedans à pleines dents. Sa force revenait à chaque bouchée. Soudain, on sonna. Insistant. Galina s’inquiéta. André de retour ? Prêt à forcer ? Par le judas, la voisine : tante Valentine, en robe fleurie, tenant une assiette couverte d’un torchon. Soulagement. Galina ouvrit. — Gali, bonne année ! — s’écria tante Valentine, bien pompette. — J’ai fait des tourtes au chou, toutes chaudes ! Je vais partager avec les voisins. Pourquoi c’est si calme chez vous ? André est parti ? Vue sa valise, il faisait une tête d’enterrement près de l’ascenseur. Parti loin ? Galina fixa la voisine et ses tourtes. — Parti, tante Valentine. En déplacement long. Pour de bon. Tante Valentine écarquilla les yeux. — Il est fou ? Le Nouvel An ! Dispute, non ? — Non, — Galina sourit, vrai sourire. — Au contraire. On a réglé les comptes. Entra donc ! Mon canard refroidit, j’ai ouvert le champagne. C’est trop seul pour moi. La voisine hésita puis acquiesça : — Je viens ! Mon homme dort déjà, saoul. Toi et moi, on va papoter. Elles festoyèrent jusqu’à trois heures, canard, tourte, champagne, liqueurs. Galina n’alla pas dans les détails “Minou et vieille poule”, elle expliqua seulement avoir démasqué une infidélité. Tante Valentine, aguerrie, ne jugea, taisant ses conseils, simplement réconfortant : “T’as bien fait ! Faut les virer, ces chiens infidèles. Tu es belle, Gali, tu auras la queue d’admirateurs.” Et Galina y crut. Pour la première fois, elle envisageait l’avenir sans peur, juste avec curiosité. Au matin, elle ne fut pas réveillée par les ronflements d’André, mais par un rayon de soleil. L’appartement était silencieux, mais ce silence résonnait, pur, non angoissé. Galina fit le tour, rassembla les affaires d’André oubliées — rasoir, pantoufles, chargeur, livres — tout dans un gros sac poubelle. À jeter plus tard. Elle prépara pour elle du vrai café (moulu, pas instantané, que préférait André pour aller vite). S’installa devant la fenêtre. Le téléphone bipa. Message d’André. “Gali, tu as dégrisé ? Je squatte chez un pote. C’était un malentendu. On peut parler calmement. Je suis prêt à te pardonner ta crise.” Galina éclata de rire. “Il est prêt à pardonner”… Quelle blague. Elle appuya sur “Bloquer”. Puis appli bancaire : cartes secondaires bloquées. Termina son café. Regarda son reflet — un peu gonflé, mais peau claire, teint vif. — Eh bien, bonjour, nouvelle vie, — dit-elle à son reflet. — On va bien s’entendre. Elle lança de la musique rythmée, s’activa à débarrasser. Une nouvelle année entière s’ouvrait. Et cette année serait pour elle seule.
Jai découvert un message sur le téléphone de mon mari alors que les cloches de minuit sonnaient et jai
Без рубрики
03
Maison à la dérive : Quand Tatie Claudine débarque à 3h du matin avec ses cornichons, ses clés oubliées et toute sa tribu, et s’invite chez moi… Jusqu’où va l’hospitalité française dans MA maison ?
3 juin, mercredi — Et quel rapport avec ma maison ? Tante Clémence, qui venait déjà de sortir du
— Тётя, у тебя есть хлеб? Можешь дать мне немного? Юлия, 37 лет, никогда не была замужем и долгое время работала бухгалтером, но так и не нашла смысл жизни или своё призвание. В тот день она была очень сонной, еле заставила себя встать и отправиться на работу. Снова её смена — Юлия устроилась официанткой. Её участком стал летний веранда, и если смена выпадала на неё — приходилось приходить к шести утра, ведь уже с семи начинали приходить гости. Живя на окраине, чтобы не опоздать, Юлия приезжала к пяти утра — из-за плохих маршрутов и пересадок, автобусы часто задерживались или попадали в пробки. Как обычно, перед открытием веранды Юлия вытирала столы — на них каждый день оседала пыль. Гости должны сидеть за чистыми столами, на чистых стульях. Она напевала себе знакомую мелодию. — Моя мама тоже хорошо поёт, — вдруг услышала Юлия детский голос. Она не ожидала никого встретить так рано. Перед ней стояла девочка лет пяти-шести, совсем одна. Юлия оглянулась. — Ты что здесь делаешь одна с утра? — Я вышла на прогулку и за едой для себя и брата. Тётя, у тебя есть кусочек хлеба? — несмело спросила девочка. Было видно, что она голодна. — Конечно, есть. Садись, я посмотрю, что есть на кухне. А где твой брат? — Дома, тут неподалёку с бабушкой. Юлия не спрашивала, почему девочка одна и где её родители, но та сама продолжила объяснять. — Наших родителей уже давно нет, а бабушка совсем старая, всё забывает, даже нас — внуков, не всегда помнит. Юлия не знала, что сказать — у неё перехватило дыхание. — Я не помешаю, просто прошу немного хлеба, отнесу брату и бабушке. — Не спеши, я пойду с тобой, подожди меня. Не уходи, — сказала Юлия. Юлия попросила коллегу подменить её, сказала, что отлучится ненадолго, и пошла проводить девочку. У девочки был свой ключ. Войдя, они увидели полуторагодовалого мальчика, который ползал на полу и играл. Он улыбнулся, увидев их. На кровати лежала старая женщина, которая даже не заметила, что происходит — она была в каком-то забытьи. — Что же это такое? — в удивлении спросила Юлия. Она вызвала скорую. Приехали врачи и забрали бабушку — по её виду было ясно, что долго ей не жить. Юлия взяла мальчика и девочку и забрала их к себе домой. Там её ждал 13-летний сын, удивлённый происходящим. Когда мама всё объяснила — он понял и поддержал её. У них никогда не было ссор, между ними были доверительные отношения. В семье не было принято ругаться. Сын всегда помогал матери, был рассудительным и послушным. Он согласился остаться с детьми, пока Юлия пошла на работу. Десять дней спустя бабушке не стало. Было ясно: детей отправят в детский дом. Но сердце Юлии разрывалось: дети были такие добрые, привыкшие к ней, она не хотела с ними расставаться. Она понимала, каково будет детям среди чужих в интернате. Юлия решила взять ответственность и усыновить их, стать им опекуном. Ей пришлось оставить работу официантки и устроиться бухгалтером к своему другу, который давно звал её к себе, и помог с оформлением документов. Через несколько недель Юлия официально и по закону смогла взять детей под свою опеку. — Вот оно как! Потому-то ты хотела стать официанткой! — улыбнулась подруга. — Точно, это был долгосрочный план, только сейчас он начал воплощаться. Кто бы мог подумать, что жизнь Юлии изменится так кардинально, что у неё теперь трое детей и выбор между профессиями. Она никогда не была сильной, но всё же приняла вызов, который ей бросила судьба.
Тётя, у вас есть хлеб? Можно немного? Екатерина 37 лет, никогда не была замужем. Раньше работала бухгалтером
Тётя, у тебя есть хлеб? Можешь дать мне кусочек? Юлия, 37 лет, ни разу не была замужем — бывшая бухгалтер, долго искала смысл жизни и свое призвание. В этот раз она, уставшая и сонная, снова идет на свою смену: теперь она работает официанткой, обслуживает гостей на летней террасе, где рабочий день начинается с шести утра, а на работу из пригорода ей приходится приезжать к пяти, чтобы не опоздать из-за редких автобусов и пробок. Перед открытием террасы Юлия протирает столы и напевает себе под нос, как вдруг слышит детский голос: «Моя мама тоже хорошо поёт». Перед ней стоит девочка лет пяти — одна, рано утром. Появилась за хлебом для себя и брата и стеснительно спрашивает у Юлии: «Тётя, а можно немного хлеба? Я очень голодная». Юлия приглашает девочку на кухню и узнаёт, что родители давно умерли, а бабушка почти всё забывает, даже своих внуков. Девочка берёт хлеб и возвращается с Юлией домой, где братик, полутора лет, ползает по полу, а бабушка в летаргии лежит на кровати. Юлия вызывает скорую, бабушку увозят. Детей Юлия приводит в свой дом, где живёт с 13-летним сыном. Сын, разумный и послушный, поддержал мать и согласился присмотреть за малышами. Спустя десять дней бабушка умирает. Детям грозит приют, но сердце Юлии не выдерживает — она решает оформить опекунство и стать им настоящей семьёй. Ради детей Юлия меняет работу с официантки на бухгалтерию: помогает давняя подруга, которая шутя замечает, что все было задумано заранее. Кто бы мог подумать, что жизнь Юлии переменится так круто — от поиска смысла к трём детям, выбору новой профессии и неожиданному испытанию судьбы, которое она решилась принять.
Тётя, у тебя случайно нет хлеба? Ты могла бы мне его дать? Екатерина, 37 лет, никогда не была замужем.