La fille non reconnue À 16 ans, Océane était une vraie tornade ! Elle avait traîné avec une bande de jeunes adultes qui faisaient de petits vols et ne rentrait jamais dormir chez elle, torturant les nerfs de sa mère nuit et jour. Heureusement, elle n’a pas fini en prison lorsque ces garçons ont été arrêtés pour vol. C’est à ce moment-là qu’elle a découvert qu’elle attendait un enfant de l’un d’eux — Michaël, dont elle était amoureuse. Océane a mis du temps à l’annoncer à sa mère, trop tard pour interrompre la grossesse ; il ne lui restait plus qu’à garder bébé, même si le père est parti en centre de détention pour quatre ans. Avec son ventre rond, elle a tenté le coup chez les parents de Michaël, mais sa mère, Tamara, lui a vite fait comprendre la “politique familiale” : — Non seulement ce Michaël nous a humiliés devant toute la ville, mais en plus tu veux nous refiler un enfant qui n’est pas le nôtre ? Débrouille-toi, on n’a plus de fils — seulement une fille ! La coupe était pleine. Océane non plus n’a jamais insisté. Elle a avoué à sa mère sa grossesse, écouté ses reproches et a mis au monde une petite fille en plein santé, prénommée Marine. L’arrivée de Marine a calmé bien des envies de liberté chez Océane. Elle a trouvé un poste de vendeuse en supermarché, oubliait les fêtes et les beuveries. Merci à sa mère qui, ravie, gardait la petite, ne lui reprochait plus de ses erreurs passées, et la vie avait repris, modeste mais chaleureuse. Avec Michaël, quelques échanges de lettres ; il savait pour la naissance de Marine, mais ne l’a vue qu’à ses trois ans. Il a voulu recoller les morceaux avec Océane — “on pourrait se marier, pour la petite” — mais cette fois, hors de question : — C’est du passé ! s’est-elle coupée. Je doute même de t’avoir aimé à l’époque et maintenant c’est certain : je ne t’aime pas. J’ai un copain, Dimitri, on va se marier. Il sera un vrai père pour Marine. Bon vent ! Michaël n’a pas vraiment insisté. Un peu vexé, mais il a tourné la page : embauché comme chauffeur sur Paris avec un ami. Ses parents ne lui ont jamais pardonné ; plus rien ne le retenait dans la ville de province. Mais Marine ne l’oublie pas. Il appelle à chaque Noël, envoie des cadeaux. Ils ne se revoient qu’au bout de dix ans, quand Michaël est obligé de revenir dans le Sud pour des raisons de santé. Les relations avec ses parents se sont un peu apaisées, il voit sa sœur Nathalie et sa nièce Lisa. Mais il vit à part, dans une chambre en cité U, travaillant comme agent d’entretien à la mairie. Marine a toujours su qu’elle avait un vrai père. Elle l’aime autant qu’elle lui en veut : il est parti loin vivre sa vie, et elle doit s’adapter à sa famille recomposée. Son beau-père Nicolas est correct mais indifférent, sa mère ne pense plus qu’à son fils Vlad, elle se sent mise à l’écart. En vérité, ce n’était pas le cas, mais comment expliquer à une ado que Vlad demande juste plus d’attention car il est petit ? Océane fait ce qu’elle peut pour empêcher Marine de suivre ses propres mauvais chemins — sans grand succès. — T’es revenu ? gronde Marine, quand Michaël réapparaît. Il était temps ! — Ma fille, pourquoi cette agressivité ? — s’excuse le père. — La vie est ainsi, pas simple… — Ah, les adultes ! Toujours la faute à la “vie”… Vous n’avez pas mieux comme excuse ? Marine veut montrer sa rancœur, mais attend désespérément que son père la rassure. S’il se vexe et repart ? Encore seule dans sa famille recomposée… Mais non, Michaël fait preuve d’une incroyable patience, peu à peu le dialogue se rétablit. Il devient pour elle un modèle : lui décrit franchement ce qui arrive à qui transgresse la loi. Il boit parfois, ce qui dégoûte Marine. Il l’a compris et se cache les jours de cuite. — C’est quelqu’un de bien, — soupire sa voisine, tante Christine, amie de Marine. — Il n’a jamais eu de chance avec les femmes. Il vit seul, ne parle que de toi, sa fille. Marine acquiesce, persuadée que son père est responsable de sa propre misère… Il a essayé de la rapprocher de Lisa, sa cousine, mais l’entente n’est pas là. — Ma grand-mère m’a toujours dit que tu n’étais rien pour nous, — lâche Lisa. — Ta mère voulait nous imposer un enfant qui n’est pas de la famille, mais on n’a pas accepté. Ma grand-mère n’est pas idiote ! — Je n’ai pas besoin de vous ! peste Marine. Tu parles d’une famille royale ! Depuis, elles s’ignorent en ville. Par la suite, Marine apprend par son père que la mère de Lisa est décédée, que ses grands-parents maternels sont morts sans qu’elle les rencontre. Tante Christine lui confie que son père voulait la réconcilier avec sa famille, mais ils ont refusé ou il n’a pas osé… Marine n’en a cure, elle a ses propres soucis. Après le bac pro, elle trouve un emploi, à 22 ans se marie, et un an plus tard devient maman d’une adorable petite Louise. Michaël en est comblé. Il abandonne presque l’alcool, attend avec impatience de voir sa fille et sa petite-fille. Ils se retrouvent chez lui ou ailleurs — le beau-fils est peu hospitalier. — Il m’a demandé combien coûte la meilleure école privée, — glisse tante Christine. — Il veut économiser pour que sa petite-fille ait la meilleure éducation. Il a pris un deuxième job. Tu te rends compte ? — Pourvu qu’il arrête de boire… — murmure Marine. — Il n’a plus l’air en forme, et il a mal quelque part, mais il ne dit rien… Trois ans plus tard, Louise a un petit frère, Arthur. Le grand-père en est fou, mais préfère sa petite-fille. Il passe de moins en moins de temps avec eux, paraît épuisé. — Juste fatigué, — balaye-t-il les questions de Marine. — Je me repose, tout ira bien. Marine s’inquiète, mais la famille accapare son temps. Et voilà que son mari la quitte pour une jeunette. Procédure de divorce, audience… Marine perd de vue son père. — Viens, Marine, — la voix triste de tante Christine ne laisse pas de doutes — son père est mort. Heureusement, sa mère accepte de garder les enfants le temps des funérailles, sinon Marine aurait craqué. Lorsqu’elle s’est remise des obsèques, elle ne comprend pas tout de suite ce que Lisa veut dire : — Hé, l’héritage… — lâche la cousine. — Une chambre de cité U, pas vraiment grand-chose ! — C’est pas si mal, — objecte Lisa. — Ma mère disait que Michaël avait des actions qu’il avait achetées à Paris et qu’il n’avait pas bu jusqu’au bout. Ce n’est pas des millions, mais bon… Et la chambre peut se vendre. Marine sent la colère monter : à peine son père enterré, Lisa discute du partage ! — Moi, partager ? — s’indigne Lisa. — Je suis la seule héritière légale de Michaël. Je ne partagerai pas. Marine voudrait protester, mais se retient. Lisa a raison — officiellement, Marine n’était pas reconnue, son acte de naissance porte un autre nom. — Pas grave ! — affirme Nicolas en entendant l’histoire. — Tu n’as qu’à aller au tribunal et prouver qu’il était ton père. Lisa n’aura rien avec ses petites mains avides. — C’est facile ? — s’étonne Océane, en regardant sa fille. — Il faudrait un test ADN… Mais on compare avec quoi ? — Il n’y a même plus une brosse à dents de Michaël ? — ricane Nicolas. — Bon sang, vous n’y connaissez rien ! Non, il n’en reste rien. Pendant que Marine réfléchit, Lisa, qui avait obtenu les clés de la chambre, a fait passer une entreprise de nettoyage. Tout y a été désinfecté ; tous les objets jetés, vêtements lavés. — C’est normal, faut faire le ménage après un décès, — prétend Lisa, cachant mal son sourire. Mais l’idée de Nicolas est la bonne (Marine regrette d’avoir été froide avec lui !). — Va au tribunal, Marine. Il y a plein de témoins qui savent qu’il te considérait comme sa fille. Tu prouveras sans problème ! Et il avait raison. La mère témoigne, tante Christine aussi, collègues du défunt qui confirment qu’il parlait de sa fille et sa petite-fille… Finalement, Marine peut prétendre à la chambre, aux actions et au compte en banque, voire à l’appartement des grands-parents qui ne l’avaient jamais reconnue. Mais elle n’est pas cupide — elle partagera avec Lisa. Quant à comment… elle verra bien.
La fille déniée Ah, quelle chipie était Élodie à seize ans ! Elle sétait acoquinée avec une bande de
Il l’a quittée — Tu te rends compte, vingt-cinq ans de mariage ! Et il l’a quittée ! — murmuraient les amis. — Il ne voulait tout simplement plus travailler, alors elle, pauvre femme, s’est retrouvée à bosser en usine à son âge ! — compatissaient les autres. *** Leur ville était si petite que tout le monde se connaissait depuis la maternelle. Les retrouvailles d’anciens camarades étaient fréquentes, mais plutôt informelles : un café du centre ou un barbecue à la campagne. Cette fois pourtant, Julie, avec quelques copines entreprenantes, avait insisté pour un restaurant bien trop cher. — Il faut bien montrer qu’on a réussi aussi, — disait-elle à son mari. Maxime, qui depuis quelques mois essayait tant bien que mal de démarcher des clients après avoir quitté l’usine, esquissa un sourire. “Réussis”, pensait-il. Leur table était dans un coin, ce qui convenait tout à fait à Maxime. Il avait à peine entamé son verre de vin que Julien — son voisin de pupitre d’autrefois — les rejoignit. Julien était le seul à ne jamais avoir changé. — Max ! Ça fait combien, un mois ? — plaisanta-t-il. — Julie, toujours aussi belle. Tu n’embêtes pas trop Maxime ? C’est un bosseur, ce gars ! Alors Max, quoi de neuf ? Tu as trouvé ta voie depuis l’usine ? Et tout va bien entre vous ? Maxime ouvrit la bouche, prêt à répondre que, depuis qu’il avait quitté l’usine où il était soudeur principal depuis vingt ans et gagnait suffisamment pour que bien des gens en baveraient d’envie, aujourd’hui, il ne se soude plus qu’un café le matin en attendant les commandes. Il allait débuter : — Eh bien, Julien, tu sais… Mais Julie fut plus rapide : — Oh, Julien ! Quel boulot ? — Julie but une gorgée de vin, le coude sur la table, et avec l’acoustique du lieu, tout le monde pouvait l’entendre, pas seulement Julien. — Pourquoi travailler ? Maxime reçut ses mots comme une gifle. — T’es folle ? — murmura-t-il. — Maxime ne cherche même pas à boss­er. Tu sais bien, Julien, — soupira-t-elle, théâtrale. — Le business le plus rentable de nos jours, c’est de vivre sur le dos de sa femme. Pourquoi se fatiguer ? Moi je bosse, je tire tout, et lui, il se la coule douce. Max, sois pas timide, c’est vrai, non ? Tout le monde entendit, même Julien et ceux qui passaient à proximité. — Ah… je vois… — répondit Julien, qui ne pouvait que plaindre Maxime. — Désolé, Max, Svetlana m’appelle, je file… Ravi de t’avoir vu ! Julien s’éclipsa, presque en courant. Maxime se retourna vers Julie. — Tu viens de dire quoi, là ? Julie re-bu une gorgée : — La vérité, mon cœur. Ça te dérange tant que ça ? — T’as fait de moi quoi devant tout le monde ? Julie, irritée d’avoir dû se remettre au travail, lança : — J’aurais dû dire quoi ? Que tu restes à la maison et fais semblant d’être utile, maître à tout faire ? Max, tu bosses pas. Moi, oui. Tu vis à mes crochets, c’est logique. Maxime n’était plus de la fête, la soirée était finie pour lui. — On s’en va. Tout de suite. — Et le reste de la soirée ? — protesta Julie. — Quelle soirée ? On part ! Julie ne manqua pas de lancer à deux anciens camarades avant de partir : — Nous avons une urgence, amusez-vous sans nous ! Un taxi les reconduisit dans la nuit silencieuse. — Julie, — commença Maxime, profitant que le chauffeur parlait au téléphone, — t’as vraiment dit ça devant tout le monde ? Tu te rends compte ? Au restaurant, ils n’avaient pas vraiment tout clarifié. — Je répète : j’ai dit la vérité, Max. T’es pas un peu trop susceptible ? La vérité vaut mieux que tes histoires pour justifier ta paresse. — Paresse ? — Maxime se braqua. — Je t’ai fait vivre vingt-deux ans ! Grâce à mon salaire, tu n’as jamais bossé un jour ! J’ai tout pris en charge ! On est partis en vacances, on a payé les études des filles. Tout ça, tu l’as oublié ? Julie vit que le chauffeur écoutait — ça ne la dérangea pas. — Avant, c’est avant, Maxime. Aujourd’hui c’est moi qui bosse. Toi, tu glandes. — J’ai pas quitté l’usine par choix. Je suis un ouvrier, pas un larbin, — répondit-il. Et c’était vrai, Maxime était le meilleur soudeur de l’usine. Mais le nouveau patron ne respectait personne, Maxime n’a pas supporté. — À quoi bon parler, t’as pas de boulot, — trancha-t-elle. — Mes annonces sont partout ! — s’énerva-t-il. — Et en attendant, — répéta-t-elle, — tu passes tes journées sur ton portable, pendant que je me tue à l’usine pour payer les charges ! Les vacances, parlons-en. Le reste du trajet se fit en silence. De retour, Maxime traversa le salon, laissant Julie ranger ses sacs restants, et se rendit directement dans la chambre. Il ne se déshabilla pas, s’adossa simplement et chercha le sommeil. Au bout d’un moment, la porte s’ouvrit. — Tu vas rester là ? Je dois tout nettoyer toute seule ? — J’ai pas la tête à ça, Julie. — On ne se fâche pas pour la vérité. Ce furent les derniers mots avant qu’il ne ferme les yeux et n’essaie d’oublier. Il repensa à tout : ses nuits blanches, quand il cumulait les petits boulots pour payer le logement. Comment il réparait la vieille bagnole. Comment Julie était fière de lui… Et voilà qu’un mois sans vrai revenu suffisait à faire de lui un boulet. Il s’installa dans le salon, loin de Julie. *** Vers midi, le téléphone sonna. — Bonjour, je m’appelle Yves. J’ai vu votre annonce, vous êtes soudeur ? On aurait besoin d’un cadre à souder, pouvez-vous venir jeter un œil ? — Bien sûr, Yves. Je peux passer tout de suite. Puis vinrent d’autres appels. Certains se souvenaient qu’il avait déjà soudé leur portail, d’autres cherchaient quelqu’un pour réparer leur chaudière ou faire un abri de jardin. Trois semaines plus tard, Maxime retrouva la forme. Les commandes affluaient. Il bossait 14h par jour, mais c’était son boulot, son argent, et — avantage inattendu — plus de patron. — Tu as l’air… comme avant, — nota Julie, le voyant rentrer tard. — Je travaille, — répondit Maxime en se servant à boire. — Tant mieux ! Alors, je peux quitter mon boulot ? Il attendait cette question depuis le fameux premier acompte. — Quitter ? — Maxime eut un sourire en coin. — Bien sûr. Tu vois bien que tu bosses à fond maintenant. Je ne vois plus l’intérêt, autant que je m’occupe de la maison. On avait convenu que ce serait mon rôle. Mais Maxime avait changé d’avis. — Julie, — son prénom résonna étrangement, — ce n’est plus mon affaire, tes décisions de quitter ou non. Elle ne comprit pas. — Qu’est-ce que tu veux dire ? — Je veux dire que tu ne peux pas arrêter, tout simplement. — Tu m’en veux pour cette histoire ? On va pas se fâcher pour ça ! — Non, Julie. Ce n’est pas rien. Tu as décidé que vingt ans de boulot ne valaient rien. D’accord. Maintenant tu bosses aussi. Désormais, chacun son budget. Mon argent, c’est à moi. Tes sous, c’est pour toi. Ce n’était pas que de la vengeance. Simplement, il en avait assez. Puisqu’elle le méprisait, il jouerait selon ses règles. — Deux budgets ? Tu es fou ? On est mariés depuis vingt-cinq ans ! — Oui. Et c’est toi qui me reprochais de vivre à tes crochets. Alors plus personne ne vivra sur le dos de l’autre. Tu bosses ? Continue. Ta démission, c’est ton problème. Il dormit encore au salon. Julie ne dormit pas du tout. Au matin, elle fit ses valises, rassembla quelques vêtements, des photos de famille, et laissa à Maxime un mot sur la table de la cuisine, sous son carnet de commandes : “Je vais chez ma mère pour quelques temps. Tu peux réfléchir à ton comportement” Maxime ne la rappela pas. Les sentiments ne disparaissent pas en un jour, mais les paroles blessantes non plus. Même passé un Nouvel An seul, il ne l’appela pas. Il redoutait les coups de fil de ses filles. L’aînée, Cathy, appela la première. — Bonne année, papa ! Ça va ? — Salut, Cathy. Oui, ça va. — J’aurais adoré venir, mais j’ai des partiels le 3, une horreur. Je sais que ça ne va pas fort avec maman… Tu n’envisages pas de vous réconcilier ? C’était sa crainte. Il savait que les filles, surtout Cathy, soutiendraient leur mère. Il n’était pas prêt. — Cathy, franchement… Je crois bien que ça finira par un divorce. Il s’attendait à l’explosion. — Papa… Tu crois vraiment qu’on te juge ? Maxime se figea. — Tu es sérieuse ? — On a grandi, papa. On sait que tu as bossé dur. J’ai entendu ce que maman te disait… Fais ce que tu crois juste. On te soutient. On t’aime. C’est alors que Maxime comprit que ses craintes étaient infondées. Il fondit en larmes au téléphone. Cathy aussi, sans doute. — Merci… Avec la cadette, Sophie, tout fut plus simple. Plus sensible, elle déclara : — Papa, si tu es heureux, nous le serons aussi. Maman est stressée, mais ne l’écoute pas trop. Elle exagère aussi. Le divorce fut réglé rapidement. Maxime laissa la maison à Julie, il ne voulait pas la partager, et s’installa près de son atelier récemment loué. Pour ses connaissances, Maxime resta « le méchant ». — Tu te rends compte, vingt-cinq ans de mariage ! Et il l’a quittée ! — répétaient les amis. — Il ne voulait pas bosser, elle, pauvre, a fini à l’usine ! — s’apitoyaient les autres. Mais personne ne connaissait les mots de Julie. Ils n’avaient vu que la scène finale — jamais toute la pièce.
Il la quittée Incroyable tout de même, vingt-cinq ans de mariage ! Et il la larguée comme une vieille
Une amitié mise à l’épreuve : jalousie, trahison et secrets entre deux amies françaises face à l’amour et aux difficultés familiales
Amitié fidèle Je tenvie, vraiment, Clémence. Sincèrement. Je tenvie. Clémence reste bouche bée.
На улице женщина передала мне ребенка и чемодан с деньгами, а через шестнадцать лет я узнал, что он — наследник миллиардера.
На платформе станции я принимаю ребёнка и чемодан, полный денег, от женщины, которой уже шестнадцать
Il l’a quittée — Tu te rends compte, vingt-cinq ans de mariage ! Et il l’a quittée ! — murmuraient les amis. — Il ne voulait tout simplement pas travailler, alors qu’elle, la pauvre, s’est résolue à aller bosser à l’usine à son âge ! — s’apitoyaient d’autres. *** Dans leur petite ville, tout le monde se connaissait depuis la maternelle. Les retrouvailles d’anciens élèves étaient régulières, mais il s’agissait habituellement d’apéros improvisés dans un café ou de barbecues à la campagne. Cette fois-ci, Julie, portée par un petit groupe de femmes énergiques, insista pour organiser la soirée dans un restaurant bien trop cher. — Il faut montrer qu’on est aussi des gens qui ont réussi ! — lança-t-elle à son mari. Maxime, dont l’activité professionnelle, ces derniers mois, consistait surtout à tenter de démarcher des clients depuis son départ de l’usine, esquissa un sourire. Réussir… Leur table était dans un coin, ce qui convenait parfaitement à Maxime. Il n’en était qu’à la moitié de son verre de vin lorsqu’Yves, son ancien voisin de classe, s’approcha. Yves ne changeait jamais. — Max ! Ça faisait longtemps, hein, au moins un mois ! — plaisanta-t-il. — Julie, toujours aussi ravissante. Tu ne maltraites pas trop Max, j’espère ? Lui, c’est un bosseur. Alors, Max, tu deviens quoi depuis ton départ ? Vous allez bien tous les deux ? Maxime ouvrit la bouche, prêt à expliquer sincèrement qu’après avoir quitté l’usine, où il avait été pendant vingt ans l’un des meilleurs soudeurs avec un salaire qui aurait fait pâlir d’envie bien des gens ici, il ne préparait plus que son café le matin, en attendant les commandes. Il s’apprêtait à commencer : — Écoute, Yves, tu sais… Mais Julie fut plus rapide : — Oh, Yves, enfin ! Tu ne devines pas ? Du travail ? — Julie prit une gorgée de vin, s’appuya sur la table et, avec l’acoustique de la salle, sa voix porta bien au-delà d’Yves. — Pourquoi il irait bosser, hein ? Maxime reçut ses mots comme une gifle. — Mais qu’est-ce que tu racontes ? — siffla-t-il. — Maxime ne veut pas chercher de travail. Tu sais bien, Yves, de nos jours — Julie poussa un soupir théâtral — le business le plus lucratif, c’est de vivre aux crochets de sa femme ! À quoi bon se fatiguer ? Je travaille, je tire la barque, et lui, il se repose. Max, n’aie pas honte, c’est bien vrai, non ? Yves et tous ceux assis près de la table entendirent ce discours. — Ah… Je vois… — fit Yves, qui ne pouvait qu’avoir pitié pour Maxime. — Bon, excuse-moi, Max, il faut que j’aille retrouver Sylvie là-bas. Content de t’avoir vu. Yves s’éloigna, presque fuyant la table. Maxime se tourna vers Julie : — Tu te rends compte de ce que tu viens de dire devant tout le monde ? Julie s’enfila une autre gorgée de vin. — J’ai juste dit la vérité, chéri. Qu’est-ce qui te dérange ? — Tu viens de me ridiculiser ! Tu m’as traîné dans la boue devant tout le monde ! Julie, vexée par le fait qu’elle avait dû se mettre à travailler, répliqua : — Tu voulais que je colle qu’il traîne à la maison en jouant au pseudo-artisan, alors que personne n’a besoin de ses services ? Max, tu ne bosses pas, moi si. Forcément, tu vis à mes frais. Pour Maxime, la soirée s’achevait déjà. — On s’en va. Tout de suite. — Mais c’est la soirée ! — protesta Julie. — Quelle soirée ? On part ! Julie, bien entendu, lâcha à la cantonade en quittant la salle : — Ah, désolée, des urgences nous rappellent ! Ne vous ennuyez pas trop sans nous ! Le taxi, réservé après leur précipité départ, filait sur les rues désertes de la nuit. — Julie, — commença Maxime, pendant que le chauffeur discutait dans son oreillette — Tu te rends compte de ce que tu as balancé devant tous ? Tu mesures l’impact de tes mots ? Il avait déjà posé la question au restaurant, sans trouver de réponse claire. — Je répète : j’ai dit la vérité, Max. Tu ne trouves pas que c’est mieux, la vérité, plutôt que ta petite comédie pour masquer ta fainéantise ? — Ma fainéantise ? — Maxime se tourna brusquement vers elle. — Ça fait vingt-deux ans que je subvient seul à tous tes besoins ! Tu n’as jamais eu à travailler ! On a emmené les enfants en vacances, payé leurs études… Tu vas nier tout ça ? Julie remarqua que le chauffeur avait arrêté de parler, probablement pour écouter leur dispute, mais n’en tint pas compte. — Bah, c’est du passé, Maxime. Aujourd’hui, c’est moi qui bosse. Je t’entretiens pendant que tu attends les bras croisés. — Je suis parti contraint, Julie. Je suis ouvrier, pas un larbin ! — dit-il. Maxime avait été le meilleur soudeur de l’usine. Il savait tout faire, là où les autres n’osaient même pas essayer. Mais le nouveau chef ne jurait que par les insultes, Maxime n’avait pas supporté. — À quoi bon en parler si tu n’as pas de boulot ? — rétorqua-t-elle. — J’ai passé des annonces partout ! — insista-t-il. — En attendant, — martelait Julie — tu traînes à la maison, scotché à ton téléphone, pendant que moi, je bosse à l’usine pour payer les charges. Et tes histoires de vacances, c’est du passé. Ils finirent la course dans un silence pesant. Chez eux, Maxime passa devant Julie, qui commençait à ranger les sacs restés de la soirée, et se dirigea tout droit vers la chambre. Sans se changer, il se coucha sur le lit, sans penser à rien. Un peu plus tard, Julie entrouvrit la porte. — Tu comptes rester allongé comme ça ? Et qui va faire la vaisselle, moi toute seule ? — Je n’ai pas la tête à ça, Julie. — On n’en veut pas à la vérité. Ce furent les derniers mots qu’il entendit avant d’essayer de s’endormir. Il repensa à tout : les nuits blanches à accumuler petits boulots pour économiser pour leur maison. Les réparations de la vieille voiture, faites par ses propres mains pour ne pas dépenser. Julie qui jadis le portait aux nues… Et aujourd’hui, un mois sans salaire, et il devenait un poids mort. Il s’installa dans le salon, loin de Julie. *** Vers midi, le téléphone sonna. — Allô ? — Bonjour, je m’appelle Jean. J’ai vu votre annonce sur Internet. Vous êtes bien soudeur ? On aurait besoin que vous veniez voir sur place notre châssis à refaire… Si vous êtes disponible, je vous donne les détails. — Oui, Jean, j’arrive tout de suite. Après cet appel, d’autres suivirent. L’un se rappelait qu’un jour, Maxime lui avait réparé sa clôture ; un autre cherchait quelqu’un pour son chauffage ; un autre encore pour des structures métalliques sur son toit. Trois semaines plus tard, Maxime avait retrouvé la forme. Les chantiers s’enchaînaient. Il bossait jusqu’à quatorze heures par jour, c’était son travail, son argent. Bonus appréciable : sans patron sur le dos. — Tu as l’air… comme avant — observa Julie quand il rentra tard d’une journée chargée. — J’ai du boulot — répondit simplement Maxime. — Tant mieux — fit-elle. — Alors, je peux arrêter l’usine ? Maxime attendait cette question depuis que son premier client avait confirmé la commande. — Quitter l’usine ? — il ricana. — Oui. Tu vois bien que ça roule pour toi. Quel intérêt d’y aller encore ? Dès que tu recommenceras à gagner autant qu’avant, je retourne à la maison, non ? C’était notre deal. Mais Maxime avait d’autres plans. — Julie — son prénom sonna étrangement — Tes projets de démission ne me regardent pas. Julie ne comprit pas tout de suite. — Qu’est-ce que tu veux dire ? — Que tu n’as pas à quitter ton boulot. Tu as voulu bosser, tu continues. On sépare les finances. Mon argent reste à moi. Le tien, c’est le tien. Ce n’est pas uniquement par vengeance, mais par lassitude. Si Julie le considérait comme un poids, il ferait de même. — Comptes séparés ? Tu es dingue ? On est mariés depuis vingt-cinq ans ! — Et alors ? Tu n’as pas arrêté de dire que je profitais de toi. Désormais, chacun pour soi. Ton choix de travailler, c’est ton affaire. Il passa ses nuits dans le salon. Julie ne dormait plus du tout. Au matin, elle fit ses sacs, prit ses affaires, quelques vêtements, et des photos des enfants. Elle laissa un mot sur la table, juste sous son carnet de commandes : « Je vais chez maman pour l’instant. Réfléchis à ton comportement. » Maxime ne chercha pas à la faire revenir. Les sentiments ne disparaissent pas en un jour, mais les paroles blessantes restent aussi. Même seul à Noël, il n’appela pas Julie. Il craignait cependant le coup de fil des filles. L’aînée, Clara, fut la première. — Papa, bonne année ! Ça va ? — Salut, Clara. Tout va bien. — Je viendrais volontiers, mais j’ai des exams le 3 janvier. L’horreur. Je sais que ça ne va pas trop avec maman… Tu ne songes pas à vous réconcilier ? C’était sa crainte. Surtout Clara, qui serait du côté de Julie, il le savait bien. — Je ne sais pas, honnêtement ? Ça va sûrement finir en divorce. Il s’attendait à se faire descendre. — Papa… Tu ne crois pas qu’on te juge ? Maxime en resta muet. — Vraiment ? — On a grandi, papa. On se souvient de ton travail acharné. Et j’ai entendu ce que maman t’a fait subir récemment… Fais ce que tu penses juste. On te soutient, on t’aime. Maxime comprit alors que ses craintes n’étaient pas fondées. Il pleura au téléphone, et Clara aussi, sans doute. — Merci… Avec la petite, Anna, ce fut plus simple. Plus sensible, elle dit juste : — Papa, si tu es heureux, nous aussi. Maman s’inquiète, mais ne l’écoute pas trop. Elle exagère parfois. Le divorce fut vite réglé. Maxime laissa la maison à Julie, ne voulant pas empiéter, et se prit un petit appartement près de son atelier nouvellement loué. Pour les proches, Maxime passa pour le méchant. — Tu te rends compte, vingt-cinq ans de mariage ! Et il l’a quittée ! — répétaient les amis. — Il refusait de travailler, et la pauvre a dû aller trimer à l’usine ! — s’apitoyaient d’autres. Personne ne connaissait les paroles de Julie. Ils n’ont vu que la fin de la pièce, pas toute l’histoire.
Il la quittée Tu te rends compte, vingt-cinq ans de mariage ! Et il la plaquée ! murmuraient les amis
Une jeune femme modeste offre l’hospitalité à un homme et son fils… sans se douter qu’il était millionnaire et…
Je me souviens du jour où une jeune fille modeste a ouvert la porte de son petit chalet à un homme et
«Поезжай к маме насовсем, Руслан: когда семейные роли рушатся, и жить под одной крышей становится невыносимо — реальная история о любви, деревне и разводе по-русски»
Если сейчас поедешь, тихо сказала Лола, можешь больше не возвращаться. Совсем. Забирай свои канистры
Может, она хочет меня вернуть? Бывшая жена теперь отправляет ко мне дочь на каждый уик-энд
Слушай, друг, хочу с тобой поделиться своей историей, потому что сам не понимаю, что происходит.
«Поезжай к маме насовсем: реальная история о разводе, деревенском доме и женщинах, которые больше не готовы терпеть»
Если сейчас уедешь, тихо сказала Мария, можешь не возвращаться. Забирай свои канистры, инструменты, каталоги
«Слушай! Я теперь богат, и пришло время для развода,» – с самодовольством заявил муж. Он и не подозревал о последствиях.
Слушай, я теперь крут, и нам пора развод! грохнул Андрей Петров, будто в театре, не веря, что его слова