Chaque soir, il court à l’hôpital, monte la garde sous les fenêtres, attend que son maître l’appelle et lui fasse signe de la main. Puis, par le dernier tramway, il repart chez lui. Tous à l’hôpital le connaissent déjà, cela fait deux ans qu’il vient… Le tramway avançait calmement sur les avenues parisiennes au crépuscule, ses roues crissant sur les rails comme de doux grognements, tandis que la ville s’apaisait et que le vacarme quotidien fondait dans la douceur du soir. Épuisé, Victor somnolait après une interminable journée à la Cinémathèque, responsable des animaux sur les tournages. Dès le matin, les ennuis s’étaient succédé : panne de voiture, longues heures chez le garagiste, puis lors d’un tournage en extérieur, l’artiste principal s’était échappé — un pointer fougueux nommé Tyson, qu’il avait fallu rattraper à plusieurs. La journée enfin terminée, Victor avait délaissé le métro et pris le tramway pour rentrer à Montreuil, la tête envahie de soucis professionnels. Depuis deux semaines, il cherchait en vain le chien idéal pour la nouvelle série d’un célèbre réalisateur. Des dizaines de chiens avaient défilé, tous écartés par le maître exigent. Où trouver la perle rare ? À une station, un passager insolite monta tranquillement. D’un bond souple, il s’installa devant la vitre, le regard rêveur fixé sur la rue. C’était un terrier au pelage roux, oreilles et dos charbonnés, doté d’une moustache imposante. D’apparence ébouriffée mais au collier de cuir soigné et à l’allure fière, il était évident qu’il n’était pas un simple chien errant mais un véritable compagnon de famille. Intrigué, Victor s’assit près de lui pour tenter de sympathiser. — Salut, tu veux être mon ami ? chuchota-t-il en tendant la main. Le chien le considéra longuement avant, du bout de sa patte fournie, de lui toucher la paume une seconde, puis se détourna pour continuer à contempler le dédale parisien. Victor s’adressa au conducteur : — Ce chien, il appartient à quelqu’un ici ? — Je ne sais pas, répondit le chauffeur, mais il fait ce trajet tous les soirs : de l’arrêt de l’hôpital à celui du terminus, toujours sur le dernier tramway. C’est un habitué, il accompagnait autrefois une dame âgée en fauteuil. Maintenant il rentre seul. Il est sage, ne dérange personne, alors je le laisse monter, glissa le conducteur, amusé. L’idée germait déjà dans l’esprit de Victor. Il descendit à la même station que le terrier, qui prit la direction d’une barre d’immeubles, jeta un œil au digicode puis s’assit devant l’entrée. Victor se posta à distance, attentif. Le chien surveillait : ce n’était pas un voisin connu, mais il attendit. Bientôt une voiture arriva, une femme ouvrit l’entrée avec son badge. Le chien monta les escaliers, ignora l’ascenseur, et s’arrêta devant une porte du cinquième. Il leva la patte, appuya sur la sonnette. — Mais tu es un vrai champion ! s’exclama Victor. Un aboiement bref, puis la voix d’une vieille dame résonna : — Patrick, c’est toi ? Derrière la porte, une frêle silhouette apparut sur ses béquilles, stupéfaite de découvrir Victor. — Bonsoir, souffla-t-elle. Vous accompagnez Patrick ? Merci, mais il rentre seul d’habitude… il s’est passé quelque chose ? Victor se présenta, expliqua vouloir discuter du chien. Patrick s’installa entre lui et sa maîtresse, attentif au moindre mot. Autour d’un thé, Madame Martin débuta son récit… Un chiot retrouvé transi près de la Porte de Vincennes, sauvé de justesse par son mari, soigné et éduqué grâce à l’aide d’un vieil ami éducateur canin. Patrick devint l’âme de leur foyer, malicieux, attentionné, toujours prêt à rendre service. Jusqu’au jour où son mari tomba malade, puis dut être hospitalisé. Patrick attendit, tous les soirs, sous les fenêtres de l’hôpital Saint-Antoine, espérant l’apercevoir. Il rentrait par le dernier tramway, inlassablement, depuis près de deux ans. Marquée par tant de fidélité, Victor osa demander : — Madame Martin, si Patrick tournait dans une série, qu’en penseriez-vous ? — Dans une série… vous croyez qu’il pourrait ? Vous ne me le prendriez pas ? — Jamais, c’est une clause du contrat : chaque soir, Patrick rentrera chez vous. Un beau cachet vous aidera, lui assurera aussi d’excellents soins. La décision fut prise. Le tournage fut un succès : Patrick s’imposa, à la première scène, comme la star parfaite que recherchait le réalisateur. Son jeu, sa sensibilité, sa fidélité en firent le chien préféré du public français. Grâce à la série, Madame Martin put financer ses soins, retrouver peu à peu la forme, promener Patrick chaque matin autour de Nation, une canne à la main. Patrick cessa d’aller à l’hôpital. Non par oubli, mais parce qu’il savait : son maître n’était plus là, mais il vivrait toujours pour lui et pour Madame Martin. Avec le cachet, Victor et elle firent ériger une stèle en granit noir au Père Lachaise : « À la mémoire éternelle d’Alexandre, de la part de son épouse et de Patrick ». Plus tard, Patrick tourna d’autres films, accompagna Victor dans de nombreux festivals, et finit ses jours aimé et choyé dans la maison de campagne des parents de Victor.

Chaque jour, il file à lhôpital, monte la garde sous les fenêtres, attendant que son maître apparaisse, lui fasse un petit signe de la main Puis, il repart sur le tout dernier tramway, direction la maison. Là-bas, tout le personnel le connaît : cela fait deux ans quil sacquitte ainsi de sa mission sans faute, sans retard.

Le tram parcourait lentement les rues du soir parisien, grinçant de toutes ses roues sur les rails comme un vieux monsieur ronchonnant contre ses passagers fatigués. La capitale sapaisait, peu à peu, le brouhaha des voitures et les éclats de voix des passants sincurvaient doucement vers le calme du crépuscule.

Épuisé, Victor piquait du nez après une interminable journée de travail. Responsable des animaux sur un plateau de cinéma, il navait pas eu une minute de répit : voiture en panne le matin, galère chez le garagiste du coin, et ensuite

Lors dun tournage en extérieur, lacteur vedette un pointer tricolore et remuant, Gustave de son prénom sétait carapaté, obligeant toute léquipe à courir après lui dans tout le Bois de Vincennes pour le faire revenir.

Enfin, la journée touchait à sa fin. Victor avait délibérément zappé le métro, préférant le tramway pour rentrer à son appartement du 19e. Dans sa tête, le souci qui le taraudait ne le quittait pas : on lui avait commandé de toute urgence un chien charismatique pour une nouvelle série à la demande dun réalisateur célèbre rien ne convenait !

Des dizaines de chiens proposés par lagence Le maître les refusait tous. Langoisse montait Où donc trouver la perle rare ?

À une station, un passager sortant du commun monta tranquillement à bord. Sans bousculer quiconque, il grimpa sur la banquette avant, lair fort absorbé par la contemplation de la ville. Cétait un terrier fauve, oreilles brunes et poil hirsute, une vraie gueule daventurier.

Le cabot avait un air un peu dépenaillé, mais son collier de cuir impeccable et son attitude digne en disaient long : ce nétait pas un chien errant, mais bel et bien un animal de compagnie.

Le baroudeur ne bronchait guère, si ce nétait cet infime frémissement doreille lorsquon annonçait les arrêts. Intrigué, Victor sassit non loin et tenta une approche :

Salut, copain, ça te dirait quon fasse connaissance ? dit-il dune voix douce, main tendue.

Le chien le regarda gravement, daigna poser une patte sur sa paume puis retourna, stoïque, à la méditation de la nuit tombante.

Victor interrogea le conducteur :

Vous savez à qui est ce chien ? Pourquoi il voyage toujours seul ?

Aucune idée, répondit le conducteur en haussant les épaules. Ça fait belle lurette quil fait laller-retour entre lhôpital Tenon et le terminus, toujours le dernier tram. À lépoque, il accompagnait une vieille dame handicapée Maintenant il circule en solo. Il est sage, dérange personne et bon, à cette heure-ci, il risque pas dêtre contrôlé, lança-t-il dans un clin dœil amusé.

Il ma tapé dans lœil : sacrément intelligent, très spécial. Javais envie de savoir, expliqua Victor, un début didée germait déjà dans sa tête.

Il laissa passer son arrêt et descendit au terminus avec le terrier. Lanimal marcha dun pas décidé jusquà lentrée dun immeuble, jeta un regard au digicode puis sassit patiemment devant la porte. Victor resta à côté, tentant de paraître naturel.

Le chien se montrait sur ses gardes cet inconnu à ses côtés, il ne le connaissait pas. Dhabitude, ce coin de trottoir, il le partageait seulement avec les voisins ou le facteur. Là, pas question de relâcher la vigilance.

Ils neurent pas longtemps à attendre : une voiture débarqua, une femme salua Victor et ouvrit la porte de limmeuble. Le chien entra le premier, dédaignant lascenseur pour grimper bravement lescalier.

Arrivé au cinquième, il sarrêta devant une porte et tourna la tête vers Victor, visiblement perplexe. Puis, avec un sérieux parfait, il se redressa sur ses pattes arrière et appuya sur la sonnette dune pression maîtrisée.

Quel champion, murmura Victor, bluffé.

Le chien recommença lopération, genre : « Tu vois, je maîtrise mon sujet ».

Derrière la porte, on entendit une voix, hésitante :

Oscar, cest toi ?

Un bref aboiement de la part du héros. La serrure tourna, la porte souvrit et apparut une toute petite dame, élégante malgré ses béquilles, qui lança à Victor un regard sidéré. Oscar remua la queue, plein dallégresse.

Bonsoir, lança Victor.

Bonsoir, jeune homme. Vous raccompagnez Oscar ? Merci Il rentre dordinaire seul. Il lui est arrivé quelque chose ?

Victor se présenta et lui expliqua quil voulait parler du chien. Oscar resta entre eux, lœil vif, comme un agent de sécurité dévoué. Victor savait comment parler aux terriers : il gardait un ton posé, respectueux.

Installés autour dun thé dans la minuscule cuisine, Victor questionna la maîtresse du chien. Madame Marie Dubois soupira douloureusement et se lança dans son récit.

Cétait son défunt mari, Georges, qui avait trouvé Oscar chiot famélique dans une ruelle un soir glacial, derrière la boulangerie. Ils lavaient nourri, soigné, cajolé. Plus tard, Georges sétait improvisé éducateur canin, aidé dun ancien collègue danimalerie. Oscar était devenu un vrai petit génie du quotidien : rapporter le journal, aller chercher les chaussons, trouver les lunettes. Il leur avait offert mille joies insoupçonnées.

Puis Georges tomba malade, résista longtemps à lidée de lhôpital. Quand il sy résolut enfin, il était déjà trop tard. Madame Dubois en parla dune voix brisée, les yeux pleins de larmes.

Pendant presque six mois, Oscar se pointait tous les jours à lhôpital. Il patientait sous la fenêtre, espérant un signe de Georges, un vague geste de la main, puis repartait par le dernier tram. Ça faisait maintenant deux ans que cela durait.

Désormais, cest Oscar qui veille sur moi Je ne vis que grâce à lui, soupira-t-elle.

Victor se lança :

Madame Dubois, et si Oscar devenait la star dune série télé ? Quen penseriez-vous ?

Une star ? Vous croyez quil pourrait ? Et vous nallez pas me lenlever ? sinquiéta-t-elle.

Jamais ! Ce serait dans le contrat. On lemmène sur le tournage, on vous le ramène chaque soir. Et il y aurait un cachet, assura-t-il.

Et on serait payées? chuchota-t-elle, mi-incrédule, mi-joyeuse.

Oui, et pas quun peu, confirma Victor. Ce cachet-là pourra vous couvrir les courses, les médicaments, peut-être même une future opération.

La décision fut prise. Victor savait déjà quil saurait convaincre même le réalisateur le plus têtu. Il venait de sengager non seulement pour un job, mais pour le sort de deux âmes.

Le casting ? Un sans-faute : dès la première prise, le metteur en scène valida Oscar pour le rôle du clochard canin qui gagne le cœur dune famille aisée.

Oscar tourna durant toute lannée, donnant le meilleur de lui-même comme sil avait compris limportance du moment pour son avenir et celui de sa maîtresse.

Le jour où la série sortit, ce fut un triomphe. Oscar devint une vraie vedette grâce à son intelligence, son caractère attendrissant, et la bonne étoile de Victor.

Peu après, Madame Dubois put subir son opération et sortit bientôt appuyée sur sa canne, Oscar trottinant à ses côtés dans le square du quartier.

Mon sauveur, mon trésor murmurait-elle à loreille dOscar au retour.

Il ne se rendait plus à lhôpital. Pas parce quil oubliait Georges mais parce quil savait désormais que son maître ny était plus. Mais Georges vivait désormais dans son cœur de chien.

Avec son premier cachet, que lui avait assuré Victor et que Marie versa rubis sur longle à la compagnie funéraire, ils firent ériger une stèle de granit noir sur la tombe de Georges, avec une épitaphe :

« À la mémoire éternelle de son épouse et dOscar. »

Oscar eut ensuite de petits rôles dans plusieurs films, fit des apparitions lors de festivals, toujours escorté de Victor. Ce dernier devint son plus grand ami, son deuxième humain préféré.

Les dernières années du vieux terrier se passèrent dans la maison de campagne des parents de Victor en Provence dorloté, bien nourri, entouré damour et de bonne humeur.

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Chaque soir, il court à l’hôpital, monte la garde sous les fenêtres, attend que son maître l’appelle et lui fasse signe de la main. Puis, par le dernier tramway, il repart chez lui. Tous à l’hôpital le connaissent déjà, cela fait deux ans qu’il vient… Le tramway avançait calmement sur les avenues parisiennes au crépuscule, ses roues crissant sur les rails comme de doux grognements, tandis que la ville s’apaisait et que le vacarme quotidien fondait dans la douceur du soir. Épuisé, Victor somnolait après une interminable journée à la Cinémathèque, responsable des animaux sur les tournages. Dès le matin, les ennuis s’étaient succédé : panne de voiture, longues heures chez le garagiste, puis lors d’un tournage en extérieur, l’artiste principal s’était échappé — un pointer fougueux nommé Tyson, qu’il avait fallu rattraper à plusieurs. La journée enfin terminée, Victor avait délaissé le métro et pris le tramway pour rentrer à Montreuil, la tête envahie de soucis professionnels. Depuis deux semaines, il cherchait en vain le chien idéal pour la nouvelle série d’un célèbre réalisateur. Des dizaines de chiens avaient défilé, tous écartés par le maître exigent. Où trouver la perle rare ? À une station, un passager insolite monta tranquillement. D’un bond souple, il s’installa devant la vitre, le regard rêveur fixé sur la rue. C’était un terrier au pelage roux, oreilles et dos charbonnés, doté d’une moustache imposante. D’apparence ébouriffée mais au collier de cuir soigné et à l’allure fière, il était évident qu’il n’était pas un simple chien errant mais un véritable compagnon de famille. Intrigué, Victor s’assit près de lui pour tenter de sympathiser. — Salut, tu veux être mon ami ? chuchota-t-il en tendant la main. Le chien le considéra longuement avant, du bout de sa patte fournie, de lui toucher la paume une seconde, puis se détourna pour continuer à contempler le dédale parisien. Victor s’adressa au conducteur : — Ce chien, il appartient à quelqu’un ici ? — Je ne sais pas, répondit le chauffeur, mais il fait ce trajet tous les soirs : de l’arrêt de l’hôpital à celui du terminus, toujours sur le dernier tramway. C’est un habitué, il accompagnait autrefois une dame âgée en fauteuil. Maintenant il rentre seul. Il est sage, ne dérange personne, alors je le laisse monter, glissa le conducteur, amusé. L’idée germait déjà dans l’esprit de Victor. Il descendit à la même station que le terrier, qui prit la direction d’une barre d’immeubles, jeta un œil au digicode puis s’assit devant l’entrée. Victor se posta à distance, attentif. Le chien surveillait : ce n’était pas un voisin connu, mais il attendit. Bientôt une voiture arriva, une femme ouvrit l’entrée avec son badge. Le chien monta les escaliers, ignora l’ascenseur, et s’arrêta devant une porte du cinquième. Il leva la patte, appuya sur la sonnette. — Mais tu es un vrai champion ! s’exclama Victor. Un aboiement bref, puis la voix d’une vieille dame résonna : — Patrick, c’est toi ? Derrière la porte, une frêle silhouette apparut sur ses béquilles, stupéfaite de découvrir Victor. — Bonsoir, souffla-t-elle. Vous accompagnez Patrick ? Merci, mais il rentre seul d’habitude… il s’est passé quelque chose ? Victor se présenta, expliqua vouloir discuter du chien. Patrick s’installa entre lui et sa maîtresse, attentif au moindre mot. Autour d’un thé, Madame Martin débuta son récit… Un chiot retrouvé transi près de la Porte de Vincennes, sauvé de justesse par son mari, soigné et éduqué grâce à l’aide d’un vieil ami éducateur canin. Patrick devint l’âme de leur foyer, malicieux, attentionné, toujours prêt à rendre service. Jusqu’au jour où son mari tomba malade, puis dut être hospitalisé. Patrick attendit, tous les soirs, sous les fenêtres de l’hôpital Saint-Antoine, espérant l’apercevoir. Il rentrait par le dernier tramway, inlassablement, depuis près de deux ans. Marquée par tant de fidélité, Victor osa demander : — Madame Martin, si Patrick tournait dans une série, qu’en penseriez-vous ? — Dans une série… vous croyez qu’il pourrait ? Vous ne me le prendriez pas ? — Jamais, c’est une clause du contrat : chaque soir, Patrick rentrera chez vous. Un beau cachet vous aidera, lui assurera aussi d’excellents soins. La décision fut prise. Le tournage fut un succès : Patrick s’imposa, à la première scène, comme la star parfaite que recherchait le réalisateur. Son jeu, sa sensibilité, sa fidélité en firent le chien préféré du public français. Grâce à la série, Madame Martin put financer ses soins, retrouver peu à peu la forme, promener Patrick chaque matin autour de Nation, une canne à la main. Patrick cessa d’aller à l’hôpital. Non par oubli, mais parce qu’il savait : son maître n’était plus là, mais il vivrait toujours pour lui et pour Madame Martin. Avec le cachet, Victor et elle firent ériger une stèle en granit noir au Père Lachaise : « À la mémoire éternelle d’Alexandre, de la part de son épouse et de Patrick ». Plus tard, Patrick tourna d’autres films, accompagna Victor dans de nombreux festivals, et finit ses jours aimé et choyé dans la maison de campagne des parents de Victor.
Pavel n’est pas revenu. Ses affaires ont disparu. Dans l’armoire, des cintres vides. Sur la table de nuit, un mot griffonné sur un bout de papier : «Je n’ai pas tenu le coup. Pardonne-moi.