Le hall d’immeuble sous contrôle : chronique ordinaire d’un voisinage solidaire à Paris

Le vestibule selon lhorloge

La touche de linterphone collait si on lappuyait trop fort, et les résidents connaissaient ce détail dinstinct. Un effleurement bref, un bip discret, la porte massive à ressort grinçait, puis le sas étroit, et une autre porte à franchir. Lascenseur démarrait dans un fracas sourd, et ralentissait toujours un peu entre le troisième et le quatrième étage. Les nouveaux agrippaient alors la rambarde, roulaient des yeux, pris dune angoisse muette.

La lumière de la cage descalier sallumait au capteur, mais les ampoules rendaient vite lâme. Alors, sur le groupe WhatsApp de la résidence, quelquun écrivait : « Noir au deuxième, les enfants ont peur. » Ladministrateur du groupe, un homme maigre à léternel air las, prénommé Cyril, mettait une coche, promettait décrire au syndic, et lampoule était remplacée dans les jours suivants. Parfois non.

Cyril vivait au cinquième. Sur sa table de cuisine traînait un ordinateur portable, deux mugs, un canapé élimé, et son fils ado, qui débarquait le week-end. Les voisins, pour lui, cétaient des pseudos dans le groupe : « Éléonore 3ème », « Famille Blanchard », « Voisin du dessus », « Solange du 4ème ». Dans lascenseur, ils se croisaient sans aisance, hochaient la tête, lançaient un « bonsoir » poli avant de se plonger dans leur téléphone.

Aujourdhui, Cyril rentrait du boulot avec un sac de lait et de baguette. Lascenseur fit sa pause habituelle entre les étages, tressauta, et au moment où les portes allaient se refermer, une chaise roulante apparut dans le vestibule.

Attendez ! une voix féminine claqua.

Cyril appuya machinalement sur « ouvrir ». Les portes sécartèrent dociles. La chaise roulante, lourde, fut poussée par une petite femme dans une doudoune bleue. Dessus, un homme aux cheveux courts, veste de sport, sec, environ quarante-cinq ans, la jambe droite dans une orthèse rigide, lautre posée sur le marche-pied.

Quel étage ? demanda Cyril, se reculant.

Le troisième, merci répondit lhomme calmement, la voix un peu rauque.

La femme poussa un soupir, planta le pied pour stabiliser la chaise.

Désolée, souffla-t-elle, sans croiser le regard de Cyril. Ici, cest laventure.

Ce nest rien, répondit-il. Lascenseur tiendra.

Ils montèrent, Cyril sortit au cinquième et sarrêta, guettant le bruit de la porte en bas. Elle ne claqua pas. Longtemps, il nentendit que des bruits sourds, puis un rire, des pas qui séloignaient.

Trente minutes plus tard, un message surgit sur le groupe, inconnu : « Bonjour, on vient demménager au 3ème, apart 37. Je m’appelle Adèle, voilà mon frère Étienne. Il sort dopération, temporairement en fauteuil. Si on gêne avec lascenseur ou autre chose, dites-le. On veut déranger personne. »

Et aussitôt, les réponses déferlèrent.

« Bienvenue ! » écrit « Solange du 4ème ».

« Bon rétablissement » signée « Éléonore, 3ème ».

« Si besoin daide pour courses, faites-moi signe, je suis souvent chez moi » cest Cyril, qui peaufina sa phrase longtemps avant denvoyer.

Éléonore habitait en face de lascenseur, au troisième. Deux enfants : Margaux, sept ans, et Théo, quatre ans. Son compagnon travaillait en déplacements, revenait rarement mais bruyamment. Éléonore bossait à distance, rédigeait des textes, et sa journée navait ni fin ni début : petit déj, école, garderie, puis visio, devoirs, activités, crises de Théo.

Première à noter que les portes de lascenseur restaient ouvertes plus longtemps. Elle entendait la chaise manœuvrer, le crissement des freins.

Un matin, elle sortait les enfants. Lascenseur sarrêta, les portes coulissèrent, et elle vit Étienne. Seul sur sa chaise, un sac de courses en main, le front humide, une besace autour du cou.

Bonjour, dit-il, un peu gêné. Je vous ai déjà vue, vous êtes Éléonore ?

Oui, acquiesça-t-elle. Et vous, Étienne, on a lu dans le groupe.

Théo courut saccrocher à la chaise.

Cest comme une voiture ? demanda-t-il.

Presque, répondit Étienne. Mais sans moteur.

Un mélange de compassion et de malaise gagna Éléonore. Où poser les yeux : sur lorthèse ? les mains ? le visage ?

Je peux vous aider ? lâcha-t-elle. Porter le sac, ou

Volontiers, il lui tendit le sac, bien plus lourd que prévu.

Et Adèle ? demanda-t-elle.

Au travail. Jai tenté seul. Aller, ça sest bien passé, retour… moins.

Ils sortirent ensemble. Elle tint la porte, Étienne pivota sa chaise vers son appartement. La serrure cliqueta, il ouvrit par lépaule.

Merci, dit-il. Désolé de vous avoir retardée.

Ce nest rien, dit Éléonore, calculant déjà quils seraient en retard à la garderie.

Margaux tira son manteau.

Maman, on va être en retard, murmura-t-elle.

Éléonore hocha la tête, salua et fila en bas avec les enfants.

Toute la journée, elle repensa au visage dÉtienne. Obstiné, pas plaintif, pas quémandeur. Elle sen voulait tant pour sa gêne davoir proposé son aide sans savoir comment.

Le soir, elle posta : « Les voisins, si jamais lun va au supermarché, signalez-le ici. On pourrait se rendre service, éviter à chacun de porter seul du lourd ? »

À peine une minute, Cyril répondit : « Bonne idée. Je peux faire un tableau, quon sache qui est dispo quand. »

Solange du quatrième était retraitée, mais ça ne collait pas à son allure. Elle donnait des cours danglais sur Zoom, portait des foulards éclatants, toujours pressée. Elle vivait dans limmeuble depuis des lustres, entendait chaque claquement de porte, chaque dispute dans la cour.

À larrivée dÉtienne, elle observait dabord, voyait Adèle pousser la chaise, un livreur coincé avec un gros colis devant lascenseur. Un jour, elle trouva le livreur furibard, pestant au téléphone sur le palier.

Jeune homme, lança-t-elle sèchement, soit vous montez, soit vous partez. Ce résident a besoin daide.

Le livreur maugréa, mais monta le colis. Solange tint la porte, aida à tourner la chaise.

Merci, souffla Étienne.

Ne remerciez pas, balaya Solange. Vous nous rendrez service bientôt : traduire les courriels pour le syndic, cest du charabia sans dictionnaire.

Il sourit, et Solange nota quil navait rien de lhomme désolé.

Le soir, elle découvrit le tableau de Cyril sur le groupe : colonne jours, cases « courses », « pharmacie », « balade », « médecins ». Les gens sinscrivaient peu à peu, un plus ici, un « après 18h », un « week-end seulement », un « en matinée ».

Solange regarda longtemps le tableau, puis sajouta aux « balades » du mercredi et vendredi. En bas, elle rajouta : « Je peux dépanner en journée si Adèle travaille ».

La solidarité prit racine sans bruit. Au marché, lun demandait « qui veut quelque chose ? ». Cyril, chaque semaine, ramenait pour plusieurs appartements depuis lhypermarché. Éléonore réceptionnait des colis, Solange accompagna deux fois Étienne à la clinique, disputant au bureau des admissions et sen vantant sur le groupe : « Rendez-vous obtenu pour mardi, victoire ».

Bientôt, cétait lordre du jour. Plusieurs onglets ajoutés au tableau : « régulier », « ponctuel », « médecins ». Cyril le vérifiait chaque soir, modifiait, répondait.

Il se découvrit chef dorchestre de palier. Sensation étrange dutilité. Depuis son divorce, peu de contacts. Maintenant, son téléphone vibrait souvent : « Cyril, check qui est dispo demain pour la clinique », « Cyril, je suis malade, tu me remplaces ? »

Au début, ça le réjouissait. Ensuite, il sépuisa.

Un soir, tandis quil reformulait le tableau, son fils arriva, assiette de gnocchis.

Papa, tu regardes un film avec moi ?

Dans dix minutes, murmura Cyril, tapant « Demain 10h il faut quelquun pour accompagner chez le traumatologue ».

Trente minutes plus tard, son fils languissait sur le canapé, portable en main. Pas de film.

Tu es encore sur ton groupe grogna-t-il sans lever les yeux.

Cyril voulait expliquer, cest important, les gens comptent sur lui. Mais les mots restèrent bloqués. Il acquiesça, vérifia la case pour demain.

La fatigue gagnait tout le monde. Un jour, Éléonore se surprit à sagacer du livreur qui frappait encore pour Étienne.

Vous pourriez descendre parfois ? lâcha-t-elle au téléphone, avant de réaliser quelle parlait à Adèle.

Désolée, répondit celle-ci. Aujourdhui, jai fini tard. Je ne demanderai plus.

Sa voix épuisée. Éléonore culpabilisa aussitôt.

Mais non, ça va, bafouilla-t-elle. Les enfants Jai craqué, je viens le chercher.

Le soir, elle veilla longtemps, écoutant la chaise dÉtienne heurter les murs. Elle crut quil bruyait exprès, pour rappeler sa présence. Puis elle se réprimanda.

Solange, dhabitude si disponible, écrivit à Cyril : « Semaine off pour moi. Dos coincé, cours toute la journée. Faut que quelquun dautre prenne le relais ». Cyril consulta le tableau : aucune « balade » mercredi.

Il posta : « Besoin daide pour balader Étienne mercredi. Qui peut ? »

Message lu, peu de réponses : « Je bosse », « Enfant en bas âge, pas possible ». Les autres, silence.

Cyril soupira et sajouta, même avec un rapport important et une réunion mercredi.

Premier vrai couac, un lundi. Étienne devait voir le médecin, Adèle avait prévenu quelle serait au bureau, besoin daide. Table : « Cyril » sur le créneau.

Mais Cyril fut coincé en réunion. Collègue malade, tout tomba sur lui. Il regardait la montre, guettait le portable. 10h : message dÉtienne « Tu peux venir ? RDV à 11h30 ».

Cyril pianota : « Désolé, je suis pris. Jessaie de me libérer, sinon je lance lalerte sur le groupe ».

Il posta : « Urgent, quelquun pour accompagner Étienne 3ème étage, clinique à 11h30, impossible pour moi ».

Silence. Des coches vertes, rien de plus.

10h40, Cyril nécoutait plus. 10h50, reposté : « Besoin urgent. Mon chef est à côté, coinçé ».

Solange répondit : « Jai cours, dispo seulement après midi ».

Éléonore ajouta un emoji triste, puis privé à Cyril : « Je suis seule avec Théo, je peux pas faire laller-retour assez vite ».

11h05, nouveau message dAdèle : « On nest pas allés. Étienne na pas voulu partir seul. RDV raté ».

Cyril serra les dents. Il imagina Étienne, prêt devant la porte, sac documents sur les genoux, scrutant lheure avant de se résigner.

Le soir, une vague résignée sur le groupe.

« Désolée Adèle, écrivit Solange. Trois leçons d’affilée, impossible dannuler ».

« Cest pour moi, admit Cyril. Jaurais dû demander du renfort à temps. »

Long silence, puis Étienne répondit lui-même.

« Soyons honnête. Je suis adulte, pas un môme. Ce nest pas votre devoir de memmener chez le médecin. Je suis tellement reconnaissant, mais si ce nest pas possible, dites-le. Je peux louper le rendez-vous. Ce qui mest insupportable, cest de vous voir tracas derrière. »

Éléonore relut plusieurs fois le message. Elle se sentit mal. Elle écrivit à Adèle : « Je peux assurer les affaires du matin mercredi et vendredi, en emmenant les enfants. Je peux déposer quelque chose en passant. »

Adèle répondit une heure plus tard : « Merci. Réfléchissons pour que ça soit supportable pour tous ».

Le lendemain, Cyril proposa un débat collectif. Il rédigea :

« Voisins, hier pétard mouillé avec Étienne, personne ne pouvait. On est tous à bout, ça repose trop sur la bonne volonté et le hasard. Discutons organisation. Répartir par zones, réduire la liste, clarifier les engagements, éviter que lun porte tout. »

Il sattendait à un nouveau silence, mais Solange répondit vite :

« Daccord. Deux balades fixes par semaine pour moi, un médecin de temps en temps, pas plus. Et pas de culpabilité. Quon le mentionne noir sur blanc. »

« Je prends les courses et les colis, renchérit Éléonore. Cest mon rythme naturel, mais pas les médecins, trop compliqué avec les enfants. »

« Je reste dispatcher, proposa Cyril, mais jai besoin dun binôme pour le tableau sinon je coule. »

Puis le « voisin du dessus » dhabitude muet surgit :

« Je peux aider pour porter du lourd. Je travaille en horaires décalés, parfois à la maison. Eau, fauteuil, je gère. Mais je fuis les cabinets médicaux. »

Peu à peu, chacun avoua ses capacités et ses limites. Certains admettaient craindre la chaise, peur de mal faire. Dautres déclaraient préférer aider financièrement, en taxi, plutôt que chez le médecin.

Quelques jours après, Cyril publia un nouveau tableau. Trois blocs : « réguliers » (balades, courses), « médecins » (volontaires), « ponctuel ». Il ajouta une colonne « réserve ». Ceux qui pouvaient dépanner, de temps à autre.

Étienne, de son côté, méditait. Depuis son hospitalisation après laccident, le retour promis à la marche se fit attendre. Un an passé, il se déplaçait en se tenant aux murs, mais impossible de descendre sans ascenseur. Chaque sortie médicale était une opération commando.

Au début, laide des voisins était miraculeuse. Courses, démarches, tout était pris en charge. Mais avec le temps, il sentit la lassitude. Les détours de regard, le souffle retenu quand il demandait.

Après le raté avec le médecin, il décida de ne plus être le centre orbital du palier.

Il posta :

« Je peux aider aussi. Je suis là, jai internet, du temps. Je peux gérer les démarches en ligne, les inscriptions chez le médecin, les réclamations au syndic. Si quelquun veut, contactez-moi. Et surtout, dites non si jamais je demande trop. Je peux lencaisser. »

Réponses immédiates.

« Parfait ! Solange. Je galère toujours avec lenregistrement en ligne. »

« Joublie tout, surtout pour les gamins, Éléonore. Un coup de pouce serait bienvenu. »

« Tu pourrais aider pour une lettre commune au syndic ? propose Cyril. On veut demander une rampe correcte et réparer lascenseur. »

Étienne sourit. Pour la première fois, ce nétait pas juste de la gratitude, mais une vraie utilité.

Une semaine plus tard, une annonce apparut près du sas : feuille blanche scotchée sur le mur :

« Voisins, on prépare une lettre collective au syndic pour améliorer laccessibilité de lentrée et lascenseur. Pour signer, passez chez Cyril, apart 53, ou commentez sur le groupe. Test à lire au même endroit. Étienne, apart 37 ».

Le mot « concierge » rayé dun trait, « Cyril » ajouté à la main, ce qui fit rire tout le monde.

On allait voir Cyril dans lascenseur, sur lescalier, on frappait à sa porte. Signature sur sa table, quelques mots échangés.

Tu penses que ça changera quelque chose ? demanda le voisin du dessus, grand type en sweat.

Je ne sais pas, haussa Cyril. Mais rien ne change si on ne fait rien.

Ok, le voisin signa. Mets-moi réserve pour les portages. Tu mappelles si besoin.

Solange apporta des copies à Cyril, Étienne soigna les formulations, ajouta les lois en annexe. Éléonore envoya des photos montrant la chaise coincée dans lentrée, pour illustrer.

Cyril se surprit à ne plus se sentir seul responsable. Chacun prenait sa part, le tout ne sécroulait pas.

Un soir doux dété, la cour rassembla presque tout le monde. Les enfants jouaient au ballon, certains grillaient des saucisses sur un mini-barbecue, dautres papotaient sur le banc. Adèle descendit Étienne, qui sinstalla près dune table garnie de verres de jus.

Cyril passa avec la poubelle, hésita puis sapprocha. Les rassemblements le mettaient mal à laise. Solange linterpella, son foulard vif virevoltant :

Allez viens. On célèbre une petite victoire.

Quelle victoire ? demanda Cyril.

Le syndic a répondu, dit Adèle, tendant le portable. Ils promettent détudier la rampe et la main courante dans lascenseur. Pas garanti vite, mais ce nest plus une fuite en touche.

Étienne eut un sourire :

Je leur ai rédigé une telle lettre quils doivent se dire que cest moins pénible de la faire que de repartir dans les enjeux juridiques.

Cest toi ça ? étonné, le voisin du dessus. Bravo.

Sans fanfaronner, Solange trancha. On a tous contribué.

Éléonore rejoignit, ses enfants dans les jambes. Théo courut vers le fauteuil dÉtienne.

Monsieur Étienne, tu viendras courir avec nous ? demanda-t-il naïvement.

Éléonore voulut réprimander, mais Étienne sourit.

Je ne sais pas, dit-il. Peut-être jamais. Mais je peux être arbitre ! Je compte les buts et je râle si vous trichez.

Trop bien ! Théo sauta Alors tu es le chef du terrain.

Cyril sassit au bout du banc, près de Solange, qui arrangea son foulard.

Ça va toi ? demanda-t-elle.

Oui, répondit-il. Plus facile. Quand ce nest pas tout sur mon dos.

Tu vois, acquiesça-t-elle. Tu craignais que tout seffondre.

Il observa Étienne expliquant le ballon, Adèle surveillant du coin de lœil, le voisin du dessus argumentant sur les règles, Éléonore racontant à Solange comment Théo avait tenté de nourrir le chat au soja.

Ce nétait pas limage dÉpinal. Cyril savait que demain on oublierait un tour, que quelquun lâcherait, sépuiserait. Que le syndic traînerait, quÉtienne aurait encore besoin daide. Mais dans ce brouhaha, dans le joyeux bazar aux abords de la résidence, il y avait quelque chose dinédit.

Pas de héroïsme, pas dexploit. Juste des voisins ayant élargi leur frontière, un peu, pour rendre la vie plus vivable à tous.

Son portable vibra doucement. Cyril consulta et vit : « Quelquun va au Franprix demain ? Il faudrait du pain et du lait. Étienne, apart 37 ».

Cyril sapprêta à répondre « moi », mais sarrêta. Attendit. Le voisin du dessus : « Jy vais, liste-moi ce quil faut ». Éléonore : « Je peux prendre du lourd aussi ».

Cyril sourit et rangea le portable.

Pourquoi tu souris ? demanda Solange.

Rien, dit-il. Juste, cest bien.

Il se leva, rejoignit Étienne et les enfants.

Alors, chef arbitre, lança-t-il, jintègre léquipe ? Je peux compter les corners.

Accepté, approuva Étienne Mais attention, nos règles sont strictes.

Parfaitement mon domaine, affirma Cyril.

Des rires dans la cour, quelquun rappela les enfants. Au-dessus, la lumière clignota, lascenseur grinça et repartit pour un nouveau détour entre les étages. La vie coulait dans limmeuble, avec maintenant un peu dorganisation, une routine dentraide, moins pesante, juste présente.

Et le vestibule paraissait soudain moins étranger.

Оцените статью