Olesya et Vadim organisent leur mariage…

Perrine Dupont et Vincent Lefèvre se préparaient à se marier. Ils sortaient ensemble depuis un an et demi, et Vincent avait finalement trouvé le courage de la demander en mariage. Perrine, sans la moindre hésitation, accepta aussitôt. Les préparatifs du grand jour débutèrent.

«Notre témoin sera Pierre, mon ami denfance,» déclara fermement Vincent. «Et qui choisirastu comme demoiselle dhonneur? Il faut que ce soit la plus jolie; Pierre naime pas les laids.»

Perrine ne saisit pas lhumour de son futur époux et répliqua sur le même ton: «Et si je prenais Jean comme demoiselle dhonneur?»

Vincent sétouffa un morceau de fromage, lair surpris: «Tu as perdu la tête? Un homme comme témoin?» «Cest mon meilleur ami, pas besoin damies,» rétorqua Perrine avec défi.

Jean Moreau était pour Vincent comme une toile rouge jetée devant un taureau. «Il ne pouvait pas se trouver dautre amie féminine; il traîne partout avec ce Jean: au marché, à la fac, même aux révisions.»

Perrine et Jean sétaient rencontrés à la première année de luniversité. Mais jamais Perrine ne lavait vu comme un amant. Lui, de son côté, lui rappelait toujours quelle nétait pour lui quune amie. Tous les connaissances taquinaient en disant : «Perrine et Jean, meilleures copines.»

Dès que Perrine présenta Jean à Vincent, ce dernier le détesta instantanément. Jean restait toujours poli avec Vincent, ne montrant aucune hostilité. En revanche, Vincent pouvait parfois se montrer grossier et lancer des plaisanteries acerbes. Perrine devait souvent rappeler à son fiancé les limites du convenable, mais elle laimait à la folie et lui pardonnait tout.

Pendant les préparatifs, Jean était constamment aux côtés de Perrine. Il laidait à choisir le bouquet, laccompagnait aux essayages chez le couturier. «Quoi? Le futur mari ne doit pas voir la robe avant le jour J, mais lui, il peut», plaisantait-elle plus tard avec ses amies.

Finalement, la demoiselle dhonneur fut Anne Bernard, amie depuis la première année. Mais Anne ne pouvait laider dans les préparatifs, car elle soccupait de sa mère malade. Les deux amies discutaient pendant des heures, mais le temps dAnne était trop limité pour accompagner Perrine.

À une semaine du mariage, le capricieux Vincent annonça à Perrine quil avait trouvé une nouvelle flamme et quil ne voulait plus dunion. Perrine tenta de le raisonner: tout était prêt, les invitations déjà envoyées. «Comment vaisje regarder les proches en face?» sanglotatelle. Vincent resta inflexible, lui souhaita du bonheur et bloque aussitôt son numéro.

Toute la journée, Perrine sanglota sur lépaule de Jean. «Comment atil pu? Que vaisje faire maintenant?» sanglotatelle entre deux sanglots. Jean la caressa, la serra dans ses bras et la consola. «Jai une idée!» souritil. «Je pourrais devenir ton mari.»

Perrine, étonnée, stoppa ses larmes et fixa Jean. «Toi? Mais nous ne sommes que des amis.»

«Et alors? Je suis ton ami du cœur, je ne te ferai jamais de mal. Reste avec moi comme derrière un mur de pierre,» promitil, ajoutant pour la forme: «Et Vincent, sil apprend, mourra de jalousie.»

«Comment organiser le registre civil? Le mariage est dans cinq jours seulement,» sinquiétatelle. «Ne ten fais pas, je moccupe de tout. Ma mère a une amie qui travaille à la mairie,» rassuratil.

Le mariage se déroula à la perfection, exactement comme Perrine lavait rêvé. Le seul petit désagrément fut que les invités confondaient souvent Jean avec Vincent. Il corrigeait les erreurs avec un sourire bienveillant. La première nuit nuptiale ne se concrétisa pas: Jean était doux, mais Perrine navait aucune intention daller plus loin. «Ce nest rien, je men occuperai,» pensa Jean, en berçant sa femme endormie.

Vingt ans plus tard, Jean, cheveux légèrement argentés, prenait son petitdéjeuner sur la terrasse du chalet quils avaient construit à Lyon. Il aimait se lever tôt pour respirer lair frais et observer le jardin. Dans un coin, les pivoines plantées par Perrine éclataient en fleurs. Dans un autre, un pommier, planté par Jean des années auparavant, était chargé de jeunes pommes. Le chant des oiseaux résonnait, le soleil dété sintensifiait.

Au même moment, les bruits de la maison se faisaient entendre. Perrine faisait du yoga dans la chambre, au son dune douce musique. Leur fille de quinze ans, Clara, réactivait les chansons de son idole dans la salle de bains, chantonnant à tuetête. Leur fils de dixneuf ans, Lucas, sortit sur la terrasse et sassit à côté de son père pour prendre le petitdéjeuner.

«Pourquoi tu es si morose, papa? Tu ne te lèves jamais avant onze heures à la campagne,» demanda Lucas, étudiant.

«Eh bien, mon fils, jai passé toute la nuit sans dormir. Une fille de ma classe me plaît beaucoup, mais elle ma dit quon ne pouvait rester que des amis.»

«Estce que cest vraiment impossible?» sexclama Lucas.

«Ce nest pas vrai, mon garçon. Ça arrive parfois différemment. Laissemoi te raconter ma petite technique: le «cœur dami». Jai moimême été amoureux sans retour à luniversité»

Et cest ainsi que lon comprend que lamitié sincère, le respect de soi et la capacité à écouter son cœur sont les véritables fondations dune vie heureuse.

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Olesya et Vadim organisent leur mariage…
Tout ne se réglera qu’avec un test ADN : « On ne veut pas d’enfants qui ne sont pas des nôtres ! » s’exclame la belle-mère — Cent mille euros seulement ? ricane Élisabeth. — Tu ne mets pas bien cher la liberté de ton fiston ! Tu pourrais peut-être en trouver deux cent mille ? — S’il le faut, je les trouverai, marmonne Marie. — Alors, tu acceptes ? Si ce n’est qu’une question de prix… — Marie, dis-moi franchement, t’as mis longtemps à réfléchir avant de proposer ça ? demande Élisabeth. — On met de côté la question d’argent, tu m’expliques comme femme à femme ! — Évitons les leçons de morale, grimaça Marie, personne n’est tout blanc ! Et toi, en tant que mère de famille nombreuse, tu sais ce que c’est, se battre pour son enfant… — Donc, tu veux tout simplement m’acheter ? réplique Élisabeth. — Ou acheter ma Dasha ? Parce qu’on galère, tu crois que tu vas juste jeter de l’argent et tout ira bien, comme par magie ? Surtout que ton Ivan à ma Dasha, il a d’abord raconté des balivernes, l’a engrossée, et maintenant… Je ne sais même pas comment dire. Il se cache dans les buissons ou sous les jupes de sa mère ! Pour qu’on ramasse derrière ses bêtises ! — Élisabeth, soyons franches, dit Marie. — Mon Ivan n’a que dix-huit ans ! Il est trop jeune pour une famille et un enfant. Il doit étudier ! Se trouver un travail ! Mais avec les chaînes d’une famille et d’un bébé, où ira-t-il ? — Il n’y pensait pas, ton Ivan, quand il courait après ma Dasha ? s’amuse Élisabeth. — Il faut qu’il apprenne ce qu’est la vie adulte et responsable ! Il a fait un enfant, eh bien, qu’il assume ! Sinon, il y a beaucoup d’autres options : tribunaux, pensions alimentaires… Marie en est bouche bée. — Fais attention : tu vas gober une pie ! souffle Élisabeth. — Que je m’échine du matin au soir, ça veut pas dire que je ne sais rien ! — Je ne suis pas venue pour me battre, mais pour régler ça calmement, reprend Marie après s’être maîtrisée. — Et je suis prête à payer, pour la tranquillité ! — Payer pour quoi, au juste ? demande Élisabeth. — Parce que ton Ivan a mis ma Dasha enceinte ? Ou parce qu’il la fuit depuis deux mois ? Ou pour qu’elle aille avorter ? Ou c’est un acompte pour les pensions quand elle accouchera ? Marie n’aime clairement pas le dernier scénario… N’importe quand, on pourrait s’en prendre à son fils et exiger des comptes ! — Ne me mélange pas tout ! menace Marie du doigt. — Je t’offre du vrai argent pour que ce problème soit réglé une fois pour toutes ! Tu gères comme tu veux : avorter, garder, donner à l’ASE, ça m’est égal ! Il suffit qu’Ivan ne soit mêlé à rien ! Si c’est pas assez, arrête ton cinéma et dis combien tu veux ! Au pire, je prends un crédit au nom de mon mari ! — Marie, va donc te faire voir ! dit Élisabeth. — En tant que femme honorable, je n’ose pas dire où exactement. En tout cas, avec ce genre de proposition, il est clair que tu n’as jamais entendu parler d’honneur ! Tu sais donc où aller, combien de temps, et où fourrer ton argent ! — Élisabeth, mettons-nous d’accord, dit Marie énervée. — Va en paix ! conclut Élisabeth. — Ou je lâche mon chien ! Il n’était jamais certain que Marie protégerait son fils, mais tant qu’Élisabeth était furieuse, elle garderait sa fille loin d’Ivan. Il aurait donc du temps pour se ressaisir et poursuivre ses études tranquillement. Et si Élisabeth changeait d’avis, Ivan aurait déjà disparu dans la ville, inscrit à la fac. À la ville, on peut se cacher : on ne le retrouvera pas en cent ans ! Marie se contint pour ne pas arracher les tresses d’Élisabeth : — Quelle fière ! Elle snobe l’argent ! Je suis venue gentiment ! Et elle menace de lâcher le chien ! Avec des gens comme elle, mieux vaut ne pas partager le champ… Mais Marie ignorait que cette histoire ne faisait que commencer. Car elle avait commencé bien plus tôt. Les parents découvrent rarement les problèmes de leurs enfants à temps. C’est presque toujours trop tard. On peut juste espérer qu’il ne soit pas trop tard pour réparer. Quand le bruit est arrivé aux oreilles de Marie, elle a presque eu une attaque : Ivan a mis enceinte Dasha, la fille d’Élisabeth ! — Que mon Ivan se soit intéressé à Dasha ? Pourtant… — pour ne pas dire une bêtise, elle change de ton, — elle vient d’une famille nombreuse ! Elle n’a rien à offrir ! Ivan n’aurait jamais regardé une fille comme elle ! — Je le tiens de la source, — dit Ignatienne. — Si tu ne me crois pas, demande à n’importe qui au village ! Tout le monde est au courant, sauf toi ! Marie se réfugia chez elle, troublée. Ni mari ni fils à la maison, ils étaient partis à la forêt, et ne rentreraient que le soir. Impossible de faire quoi que ce soit avec cette nouvelle en tête. L’angoisse l’a rongée toute la journée. Quand son fils est rentré, elle s’est jetée sur lui : — Tu étais pressé ? Tu n’as pas trouvé de filles normales au village ? Ivan dut avouer. Il pensait cacher la vérité jusqu’à la fin des vacances et filer au bourg pour son apprentissage ! Il aurait échappé au scandale… Mais pas à la colère de sa mère. Il pleure, confesse, tente d’attendrir. Ivan n’était ni joli garçon ni particulièrement malin, pas franchement populaire. Mais, à son âge, les hormones… Impossible, la pression des copains, la peur de rester seul. — Et Dasha était d’accord ! — Dasha, elle dirait oui au diable ! — fulmine Marie. — Dix-neuf ans et les garçons la fuient comme la peste ! Peu d’imbéciles oseraient se lier avec une famille pareille ! Pauvreté, enfants à la pelle, père malade… Prends Dasha, tu vas trimer pour sa famille toute ta vie ! — Mais elle est gentille ! Elle est douce ! — pleure Ivan. — Et le fait qu’elle soit vilaine, ça ne t’a pas gêné ? — crie Marie. — Mais comment as-tu… Ivan rougit, baisse la tête. — Mon Dieu, quelle tuile ! — Marie se prend la tête. — Il s’est passé deux fois, — murmure Ivan. — Pas besoin de plus ! — réplique Marie. — Tu vas voir le résultat bientôt ! Et tu veux entrer à la fac l’an prochain ! Avec un bébé, tu seras obligé de payer les pensions ! — Peut-être que l’enfant n’est pas de moi ? — propose Ivan. — On aimerait y croire, mais qui voudrait d’elle ? — soupire Marie. — De toute façon, si on n’arrive pas à s’arranger, seulement un test ADN ! On ne veut pas d’enfants qui ne sont pas les nôtres ! — Elle a promis de rester fidèle, — dit Ivan. — Prie pour qu’elle t’ait menti ! — grogne Marie, prenant la boîte à économies. — Gricha ! Le père, lui, préfère quitter la pièce… — Gricha, c’est pas folichon dans la boîte ! — crie Marie. — C’est sur le livret, — répond Gricha. — Dans une semaine, ça tombe. Tu te souviens plus ? — Comment oublier ! Je vais finir par perdre la tête ! — Marie se laisse tomber, boîte en main. — Tu as entendu ce qu’a fait Ivan ? — Il a grandi ! — sourit Gricha. — On prépare le mariage ? — T’es fou ? Quel mariage ? Avec qui ? — s’étouffe Marie. — Jamais de la vie ! On va payer pour s’en débarrasser ! Cent mille, ça suffirait ? — Comment savoir ? — hausse les épaules Gricha. — Élisabeth accepterait même dix centimes ! — Non, faut plus que ça, — pense Marie. Elle compte la trésorerie, pense au livret. — On a deux cent mille. Je propose d’abord cent. Si elle négocie, je donnerai deux cent. Au pire, dans une semaine, j’aurai cinq cent. Marie approuve son propre calcul. — Tu viens avec moi ? — demande Gricha. — T’aurais dû surveiller ton fils, on n’en serait pas là ! — peste Marie. — J’irai seule ! *** Élisabeth ne donne pas de réponse claire. Dasha ne compte pas, elle ne décide rien. Mais Ivan passe ses vacances tranquillou, puis file au bourg pour son apprentissage, interdit de revenir avant l’été suivant. Le héros parti, plus rien à en dire. On bavarde surtout sur Dasha, qui déambule enceinte et accouche. Et sur Élisabeth, la mère. — Même pas fichue de lui soutirer des pensions ! Ils vont devoir se serrer la ceinture ! Élisabeth, ça lui passe au-dessus. — On ne veut rien de vous ! On s’en sortirai, coûte que coûte ! Fin juin, Ivan revient au village. Les parents le gardent enfermé. Il repartira bientôt à la ville si les examens passent. Mais Ivan plante ses exams. — Gricha, va négocier au bureau militaire ! — exige Marie. — S’il part à l’armée, il oubliera tout ! Peut-être pourra-t-il retenter sa chance l’an prochain ! Ça ne marche pas, et Gricha se fait casser la figure et embarquer par les gendarmes. De retour, il raconte comment Ivan pourrait être dispensé : — Il doit épouser Dasha et reconnaître l’enfant ! Il aura une exemption tant que l’enfant a moins de trois ans ! Après, il en fera un autre à Dasha, et encore une exemption ! Et à force, il ne sera plus appelé ! — T’as perdu la tête ? — s’écrie Marie. — Je ne souhaite pas ça à mon pire ennemi ! — Alors il partira ! — conclut Gricha. Marie préfère tout sauf l’armée à son fils. Mais il n’y a plus d’alternatives. — Prends la boîte, on va supplier, — capitule Marie. — Gricha, prends l’argent ! Peut-être qu’elle acceptera… — Après qu’elle t’a envoyée bouler ? — sourit Gricha. — Et ce qu’elle a entendu sur nous tout le long de l’année ? Peut-être mieux de le laisser partir ! Il n’a pas besoin qu’Élisabeth nous fasse courir partout au village ! — On s’agenouillera ! On suppliera ! — ajoute Marie. — Je ne crois pas qu’elle acceptera. Jamais de la vie ! Même contre la torture ! — secoue la tête Gricha. — Mieux vaut envoyer Ivan au bois jusqu’à ses vingt-sept ans ! — Prends la boîte et suis-moi ! — ordonne Marie.