Nous avons vécu ensemble pendant trente-cinq ans. Jai aujourdhui cinquante-cinq ans et lui cinquante-sept. Au cours de toutes ces années, nous avons eu un fils et deux filles exceptionnelles. De lextérieur, notre mariage paraissait irréprochable, mais la vérité était tout autre.
Mon mari, François, ne travaillait presque pas. Il donnait parfois un coup de main à un ami garagiste, mais le reste du temps il restait affalé devant la télévision, râlant contre tout ce qui lentourait : le gouvernement, la dernière voiture de nos voisins, et même sur moi parce que le ménage nétait jamais assez fait selon ses critères.
Ses reproches étaient devenus une routine, une sorte de bruit de fond auquel je ne prêtais plus attention. Le jour où il est parti pour une autre femme, bien plus jeune elle navait même pas quarante ans cela a été un bouleversement pour notre famille entière. La douleur était immense, mais contre toute attente aussi bien la mienne que celle de ceux autour de moi jai fait quelque chose qui a radicalement changé le cours de ma vie.
Malgré la souffrance, jai rapidement compris que son départ était, au fond, une délivrance.
Désormais, je vis seule. Et, pour la première fois, je me sens vraiment libre. Je me sens paix, et je nai aucune envie de me lancer dans une nouvelle relation. Jai compris maintenant ce qui compte : dans le couple, on se préoccupe souvent trop de lautre, soubliant soi-même.
Jai passé ma vie à vivre pour François et pour nos enfants, mais je métais mise de côté. Aujourdhui, jai pleinement conscience quil est essentiel de prendre soin de soi, autant que du partenaire. Pendant toutes ces années, il tenait pour acquis que je serais toujours présente ; mais au moment où javais besoin de lui, il sest détourné et a continué ses plaintes comme si de rien nétait.
Après le divorce, mes filles, Camille et Élodie, sont devenues mon plus grand soutien. Elles mont rappelé que la vie continue, quoi quil arrive. À présent, jai plus de temps pour moi, pour faire ce que jaime. Jai découvert le plaisir de vivre pour moi-même, et jai compris que le bonheur ne dépendait pas de la présence dun mari à mes côtés.
Jai pris une décision ferme : jamais je ne lui pardonnerai, et il ne reviendra plus jamais auprès de moi.
