Un élève à l’arrêt de bus Le bus n’apparaissait toujours pas, tandis qu’un vent glacial venu de la Seine giflait les visages, s’insinuant sous les cols relevés. Pierre Serret passa d’un pied sur l’autre, tâta son pass Navigo dans la poche et releva les yeux vers la chaussée. Selon l’horaire, le bus devrait déjà être là, mais sur l’écran ne s’affichaient que l’heure et une publicité défilante. Autour de lui, les gens enfouissaient leur nez dans leurs écharpes, certains râlaient, d’autres fixaient silencieusement leurs téléphones.

Élève à larrêt de bus

Le bus narrivait toujours pas, et la bise qui venait de la Seine me fouettait le visage, sinsinuant sous mon écharpe. Pierre Ségur, les mains au fond des poches, tapota discrètement son passe Navigo, puis leva encore les yeux vers la rue. Daprès les horaires, le bus aurait déjà dû passer, mais le panneau daffichage se contentait de faire défiler lheure et une pub pour une lessive. Autour de moi, les gens enfouissaient leur nez dans leur écharpe ou râlaient à voix basse, certains lisaient sur leurs téléphones, dautres pestaient contre le gouvernement.

Je restais à lécart du petit abri de larrêt, histoire de ne pas subir les débats politiques. Mes doigts me tiraient sous les gants, des douleurs me lançaient dans le bas du dos. Ce matin, javais conduit mon petit-fils à la crèche, récupéré une ordonnance chez le médecin, et maintenant, direction ce magasin de bricolage où jaidais parfois à lentrepôt. Pas pour largent, la retraite me suffisait largement; cétait surtout pour occuper mes journées, ne pas tourner en rond chez moi. Les journées creuses pèsent plus lourd que le manque deuros, crois-moi.

Il fut un temps où jarrivais à lusine avec les pointes du jour, pour partir bien après la tombée de la nuit. Contremaître à latelier de mécanique, responsable des machines, des gars, du planning. À lépoque, javais limpression que tout pouvait sécrouler sans moi. Aujourdhui, à la place des ateliers, on monte un centre commercial tape-à-lœil, flambant neuf. On ne mappelle plus, on ne me consulte plus, jai cessé dêtre invité à la dernière célébration de lusine il y a dix ans. Depuis, plus de fêtes, plus dusine.

Je me surpris à ressasser tout ce «cétait mieux avant» qui me trottait dans la tête comme une rengaine. Jessayai darrêter, de me perdre plutôt dans les petites annonces scotchées sur la vitre de larrêt. Cours danglais, réparateur de lave-linge, déménageur Peut-être quun jour, joserais encore mettre mon nom pour donner des cours particuliers de tournage mais franchement, qui aurait besoin dun vieux manuel, à lère du tout numérique?

La porte de labri claqua dans mon dos, un homme sapprocha, soufflant fort, une brise froide accompagnée dune odeur de pharmacie envahit lair interrogateur.

Excusez-moi, le trente-deux est déjà passé? demanda-t-il, voix un peu éraillée.

Je me retournai. Un grand gaillard dune trentaine dannées, blouson sombre, bonnet ramené sur le front, les joues rougies par le vent, des cernes sous les yeux. Une sacoche noire lui barrait la poitrine. Il esquissa un sourire un peu gêné, laissant entrevoir une dent ébréchée.

Non, pas vu, répondis-je. Ça fait bien vingt minutes que jattends, rien.

Comme dhab, murmura-t-il, en scrutant la chaussée.

Il hésita à retourner sous labri, mais resta finalement près de moi. Jallais détourner mon regard quand japerçus sur sa sacoche un petit pins en acier en forme de burin. Le genre de badge quon décernait à lusine aux gars débrouillards. Dun coup, un souvenir vibra au fond de ma tête, presque un nom sur le bout de la langue.

Désolé, mais commença lhomme en plissant les yeux. Vous auriez pas bossé à la mécanique de lusine?

Je me redressai.

Si. Mais ça date. Comment ça se fait que?

Il rit brièvement.

Jai fait mon stage chez vous, au lycée pro. Promo 98, groupe M-3. Jétais un gamin, tout le temps en casquette. Cest Alexandre que jétais.

Le prénom semboîta dans ma mémoire comme un engrenage bien huilé. Je ne vis plus cet adulte, mais un ado maigrichon, veste élimée, oreilles décollées et ce même éclat entre les dents. Devant la machine, il coinçait loutil nimporte comment et sobstinait à faire à sa tête.

Alexandre Clément? tentai-je à voix basse.

Oui! répondit-il, large sourire aux lèvres. Jaurais pas cru que vous me reconnaîtriez.

Jme souviens, oui, dis-je, lentement. Tas pété trois outils daffilée, ce jour-là. Je tai engueulé comme du poisson pourri.

Alexandre éclata de rire.

Jmen souviens! Vous maviez dit quun bon tourneur penserait moins à la pause clope et plus à comment ne pas casser ses outils.

Je sentis le rouge me monter aux joues. À lépoque, pressé par la cadence, les inspections, ça me faisait sortir des mots durs. Pour moi, cétait du vent, mais aujourdhui, sur ce trottoir gelé, chaque phrase me semblait grave et regrettable.

Bah, marmonnai-je, fallait bien dire quelque chose.

Alexandre secoua la tête.

Vous savez, ça ma marqué: jsuis resté après la fin du poste, ce soir-là, pour piger pourquoi je cassais mes outils. Vous partiez déjà, vous vous rappelez? Jétais là tout seul, et vous êtes revenu.

Latelier, la lumière jaune, le bruit, lodeur de lhuile, tout refit surface. Les autres rangeaient leurs affaires, mais moi, jétais revenu chercher mon cartable, et là, lui, Alexandre, tête baissée sur la machine.

Jsuis revenu, ouais, lui répondis-je doucement. Je tai montré le réglage de lavance, cest tout.

Il me regarda, comme sil ne comprenait pas ma simplicité.

Vous ne mavez pas juste montré Vous êtes resté une heure avec moi, jusquà lextinction des lumières. Vous vous souvenez, le chef déquipe râlait? Et vous lui aviez dit: «Faut bien quil comprenne, sinon y reviendra pour des rebuts»

Il sourit tendrement.

Ce jour-là, pour la première fois, je me suis dit que je pouvais y arriver, moi aussi.

Jhaussai les épaules, mais en moi, quelque chose bougeait.

Cétait mon boulot, tu sais. Si tu rates tes pièces, on me tombait dessus.

Peut-être. Mais y en a dautres qui mauraient fichu dehors.

Il détourna les yeux vers la rue.

À cause de ce soir-là, jsuis pas parti du lycée pro, ajouta-t-il comme si de rien nétait.

Comment ça?

Je voulais arrêter, admit-il. Aller décharger des camions, cest plus simple; lécole, ras-le-bol, disputes à la maison, pas un rond. Mais après ça, je me suis dit jai peut-être pas tout raté. Jsuis allé au bout, jsuis entré à lusine. Vous étiez déjà passé à un autre atelier, on se croisait à peine.

La rafale se renforça, faisant danser un vieux ticket de caisse à nos pieds. Je fixai Alexandre, cherchant à associer le gamin en bleu de travail et lhomme posé à mes côtés.

Tu es resté à lusine jusquà la fermeture? demandai-je.

Oui, puis jai rejoint une PME. On fait des pièces pour le médical maintenant. Je gère latelier.

Il sourit, presque gêné de dire «patron» de craindre de fanfaronner.

Les ptits jeunes, cest tout informatique. Mais moi, je leur montre encore les gestes à la main. Comme vous. Au début, ils rigolent, puis ils pigent.

Un bus surgit, puis il savéra que ce nétait pas le bon. Lassistance soupira, chacun retourna à son smartphone. Un drôle de sentiment me réchauffait la poitrine, entre douceur et une sorte de nostalgie.

Tu vois, lapprentissage na pas servi à rien, lui dis-je.

Au contraire! poursuivit Alexandre, sérieux. On a parlé de vous plusieurs fois avec danciens collègues. Jai cherché votre nom sur Internet: que dalle, juste des vieux règlements.

Linformatique, ce nest pas pour moi, plaisantai-je. Jai encore un vieux portable à touches. Mon petit-fils se moque bien!

Mon père aussi, sourit Alexandre. Il refuse de changer.

On resta quelques minutes muets. Le vent mollit un peu, quelquun éternua derrière. Je sentais la vieille rancœur accumulée ces dernières années se dissoudre, remplacée par la conscience davoir laissé trace.

Et maintenant? Tu travailles toujours?

Je suis retraité, lui répondis-je. Je rends service à lentrepôt du magasin de bricolage, à larrêt suivant. Plus des papiers que du port de cartons.

Ça préserve le dos, cest mieux, acquiesça-t-il.

Un silence revint, puis il reprit dun ton soudain :

Ça vous dirait un café? Il y a un bistrot sympa à deux pas, et puis, jsuis déjà en retard à mon rendez-vous, ils nen mourront pas.

Je consultai ma montre: javais près dune heure et demie avant ma prise de service de quoi discuter tranquillement.

Pourquoi pas. Allons-y, dis-je.

Quelques minutes plus tard, notre bus entra en gare. Nous montâmes, coinçâmes tant bien que mal dans la cohue. Alexandre valida sa carte et, voyant mon hésitation, ajouta:

Je vous invite.

Tu nexagères pas, tentai-je.

Considérez ça comme des intérêts, souffla-t-il.

On se serra dans la chaleur, ça sentait la sueur, le plastique, la vieille eau de toilette cheap. Je tenais la barre du bus, regardant défiler ces rues qui jadis voyaient passer toute une armée de stagiaires en blouse grise, cartouche à dessins sous le bras. Aujourdhui, dautres visages, dautres voix

Le bistrot faisait langle, baigné de lumière, grand vitrage sur les platanes. À lintérieur, ambiance feutrée et musique jazz. On sinstalla près de la vitre, on ôta nos vestes. Alexandre commanda deux expressos et des petits choux.

Je me gave de sucre quand je suis nerveux, mavoua-t-il. Là jsuis un peu ému, je crois.

Ya pas à lêtre, marmonnai-je, même si au fond, je sentais ce même nœud. Revoir un élève après vingt ans, cest comme feuilleter un vieux cahier de bord où quelquun aurait ajouté de nouvelles lignes.

Dites-moi: comment on se retrouvait à lusine, à votre époque?

Je haussai les épaules.

Comme tout le monde Après les classes, jai fait la formation, directement à latelier. Dabord à la machine, puis promu chef. Jean-Christophe, le grand chef, mappelait «Monsieur Solution», tu parles. Pas grand-chose de plus.

Jy crois pas, objecta Alexandre en souriant. Vous donniez limpression de tout savoir.

Ah, ça, cest du bluff, répondis-je, en riant. Moi aussi, je bousillais des outils au début, tu parles. Mais cétait une autre époque: si tu plantais une pièce, le quota sautait, tout le monde trinquait. Faut être solide, jouer au pro.

Je bus mon café, lamertume piqua agréablement ma langue. Le chou me parut trop sucré, mais je croquai dedans tout de même, la confiture me rappela mon enfance.

Tu as gardé contact avec dautres gars de la promo? demandai-je.

Quelques-uns, oui. Nicolas bosse en intérim dans le bassin minier, Julien est en Allemagne, toujours sur tours numériques. La moitié de la promo sest envolée à létranger, mais tous ceux qui sont restés nont pas oublié vos leçons.

Je haussai un sourcil.

Pourquoi donc?

Vous nous traitiez comme des hommes, pas juste comme de la main-dœuvre. Vous vous souvenez du vieux fraiseur, André, la tremblote?

André Petit, tu veux dire? Il avait loreille pour entendre mourir un roulement.

Voilà! Vous disiez: «Regardez-le bosser, le savoir ne reste pas dans les livres.» Depuis, quand un ancien part, je fais venir mes gars voir comment il travaille, pour ne rien perdre.

Il esquissa un sourire en coin.

Parfois, je me surprends à reprendre vos expressions. Surtout quand faut hausser le ton!

Ah, pas la peine dimiter mon mauvais caractère! grommelai-je, mi-amusé, mi-gêné.

Mais on savait que ça cachait une vraie attention, répondit calmement Alexandre. Quand vous corrigiez ma main sur le levier Cétait pile au moment où mon père était à lhôpital, jétais à cran. Vous ne mavez rien demandé, vous étiez juste là, à me répéter: «Doucement. Prends ton temps. La pièce ne partira pas sans toi.» Jy repense souvent.

Je détournai le regard vers lavenue, les voitures, les passants pressés. Impossible de me rappeler du père dAlexandre, pour moi cétait un jour ordinaire, et ce geste, je lavais fait des centaines de fois.

Je savais pas que ton père était malade, glissai-je.

Je lai dit à personne, répondit-il. Javais honte. Mais ce qui importait, c’est que vous mavez traité en adulte. Ça marque.

Un silence, le temps de finir nos choux.

Vous savez, sans vous, jaurais été viré, fit-il soudain. Je lai frôlé: javais séché la semaine de stage pour bosser sur le marché. Le prof voulait mexclure. Vous lavez convaincu de me donner un second essai.

Je revis la scène: son dossier entre mes mains, le proviseur râleur, moi qui suggérais une sanction, mais pas lexclusion, quitte à le faire venir balayer latelier.

Je men souviens. Tu men voulais, hein?

Grave! rigola-t-il. Mais avec le temps, jai compris que sans ce coup de pouce, jaurais lâché laffaire.

Il vida son café, posa sa tasse, planta ses yeux dans les miens.

Je voulais vous dire merci, Pierre. Pas de mavoir sauvé, non ma vie, cest moi qui la construis. Mais davoir fait votre boulot proprement. Finalement, ça compte tellement.

Les mots flottaient entre nous, simples. Jeus limpression que tout mon métier se résumait à ça: une suite de gens croisés sur ma route, certains perdus de vue, dautres qui avaient gardé une trace de moi.

Bon, ça suffit! Jdois combien pour le café?

Rien, coupât-il. Cest à moi de payer. Vous me devez rien, Pierre, rien du tout.

On resta là à bavarder encore. Les vieilles machines, le grillage qui remplaça le portail, son atelier et ces jeunes apeurés par la moindre responsabilité Javais repris mon rôle de vieux conseiller, sans men rendre compte.

En sortant, la neige commençait à tomber, fine, piquante. On avança dun pas tranquille, croisant ceux qui rentraient déjà chez eux, Alexandre me parlant de son fils accro aux briques en plastique, mais fâché avec les maths. Je revoyais mon petit-fils, greffé à sa tablette

Amène-le un jour chez moi, proposai-je sans réfléchir. Je lui montrerai comment façonner un burin sur létau, dans la cuisine, sur mon vieux touret. Quil sente ce que cest, le vrai métal. Sil veut, bien sûr.

Avec plaisir, répondit Alexandre en souriant. Laissez-moi juste votre adresse.

Arrivés devant le magasin, grande enseigne, portes vitrées, les habitués avec leurs caddies. Je me sentais toujours un peu étranger à ce monde de promo permanente.

Bon, jy suis. Toi, cest pas ton chemin, non?

Je vais par là, mais je pourrais vous appeler de temps en temps? Un conseil, ou juste pour discuter

Appelle, dis-je, surpris moi-même de la facilité des mots. Sauf le soir: le ptit regarde ses dessins animés et fait tout péter.

On échangea nos numéros. Alexandre menregistra «Pierre Ségur Usine», me montra lécran comme pour confirmer.

Cest bon, approuvai-je.

On se serra la main, solide, franche. Lespace dun instant, jétais redevenu maître datelier, confiant un gars à ses premières vraies responsabilités.

Merci encore pour tout, Pierre, lâcha-t-il.

File, ou tu vas louper ton rendez-vous, blaguai-je.

Alexandre séloigna, leva la main. Je répondis dun signe identique, le regardant tourner au coin.

Dedans, cétait le calme. Pas damertume, plus cette sensation de temps perdu. Juste une chaleur tranquille. Comme linstant que tu ressens quand tu termines une belle pièce: le travail est bien fait, la pièce à sa place, on peut éteindre.

Je saluai la fille de laccueil, traversai les rayons perceuses neuves, niveau à bulles, marteaux chromés. Dans un coin, quelques vieux rabots à main prenaient la poussière. Jeus un petit sourire: des compagnons de longue date.

Au vestiaire, jenfilai ma blouse, attrapai mon antique cartable. Une photo froissée traînait dans une poche: latelier, les tours, les jeunes en combinaison, moi au centre, chevelure alors bien fournie. Je lavais rarement sortie, histoire de ne pas trop ressasser. Mais là, mes doigts la cherchaient seuls.

Je massis sur le banc, redéployai la photo, reconnaissant certains visages. Celui qui a fini à Lille, celui toujours en retard et dans le fond, ce fameux Alexandre à la casquette, sourire effronté et yeux vifs.

Te voilà retrouvé, marmonnai-je avec un léger rire.

La photo vibrait entre mes mains. Mais ce nétait plus de la faiblesse, cétait comme une lumière intérieure. Je la rangeai soigneusement près du vieux carnet où figuraient des notes, des arrangements, des prénoms danciens élèves.

Avant de fermer mon casier, je posai le front sur la tôle froide, juste une seconde. Plus de griefs qui tournent en boucle. Juste des souvenirs: des regards, des rires, des cris dans latelier. Et la conviction apaisée que mon boulot continue à vivre dans les mains des autres, dans leurs mots, dans lenvie de transmettre, même à lère des machines automatisées.

Jajustai ma blouse, rejoignis le hall pour trier les bons de livraison. En passant près dun rayon, je pris un petit coffret de limes aiguilles, le retournai pour voir le prix.

Ça vous intéresse? me lança le vendeur.

Plus tard, répondis-je. Jy réfléchis.

Mais en moi, lidée mûrissait déjà. Ce soir, quand mon petit-fils rentrerait, je sortirais le vieux touret du balcon, je le dépoussiérerais, je vérifierais la prise. Je lui montrerais que le métal cède, si tu ne précipites rien et que ta main est sûre. Pas pour en faire un ouvrier. Pour passer le relais, comme on me lavait donné.

Pensée qui me réchauffa plus que le thé brûlant. Je souris dans ma barbe, sentant mon pas, tout dun coup, un rien plus léger que ce matin.

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Cœur de Maman