Je nai pas été invité au mariage de Chantal, même si nous étions assez proches. Un mois plus tard, je lui ai tout de même adressé mes félicitations et nous nous sommes retrouvés dans un salon de thé à Lyon, où je lui ai remis un petit cadeau. Évidemment, je lui ai demandé de me raconter comment sétait déroulée la cérémonie et la fête, mais je lai vite regretté. Lessentiel de son récit tournait autour du comportement des enfants de la sœur de son mari, quelle avait emmenés malgré la consigne donnée à tous les invités de ne pas venir avec leurs enfants.
Chantal estimait que les enfants navaient pas leur place lors de cette réception. Elle avait tout organisé dans les moindres détails, allant jusquà définir qui serait assis à côté de qui, et avait prévu une fête très adulte dans un joli restaurant du Vieux Lyon, sans penser aux plus jeunes.
Il faut préciser que la belle-sœur de Chantal était divorcée depuis à peine quelques mois. La pauvre, avec ses deux enfants à charge, devait trouver difficile de les laisser seuls pendant un si long moment. Leur grand-mère, la belle-mère de Chantal, était aussi invitée à la noce, et faire appel à une nounou coûtait cher et lui semblait trop risqué ; après tout, confier ses enfants à une inconnue nest pas simple.
Avant le mariage, Chantal avait pourtant rencontré sa future belle-sœur à plusieurs reprises pour discuter du sujet, expliquant quil fallait trouver une solution pour les enfants, sans vraiment sattarder sur le problème ni proposer dalternative. Finalement, la belle-sœur est arrivée avec ses deux enfants, qui, selon Chantal, se comportaient très mal même pendant la cérémonie à léglise. Sa belle-mère, voyant la gêne provoquée, a tenté tant bien que mal dapaiser la situation et a réussi à obtenir deux chaises supplémentaires auprès du responsable du restaurant.
Certains invités nont pas arrangé les choses en lançant, sur le ton de la plaisanterie ou parfois très sérieusement : « Et pourquoi tout le monde navait-il pas le droit de venir avec ses enfants ? » Des remarques qui ont sidéré Chantal et quelle a tenté de justifier tant bien que mal, tout en essayant de calmer le mécontentement des convives.
À mon avis, malgré toute sa créativité, Chantal na jamais envisagé de faire appel à un animateur pour occuper les enfants ou dinstaller un coin sucré avec des desserts où ils auraient pu se retrouver sans gêner personne.
Si une mariée souhaite faire plaisir non seulement à elle-même mais aussi à ses proches, elle doit aussi tenir compte de leurs contraintes et de leur situation familiale.
Pour ma part, je nai pas commenté le récit indigné de Chantal afin déviter de tendre notre relation, mais elle a bien compris à ma réaction que je napprouvais pas vraiment ses idées préconçues sur la présence denfants à son mariage.