Il est temps de prendre son envol — « Maman, on t’a amené Dasha, elle a voulu jouer dehors, surveille-la ! », appela Victor, son fils, à Lydie. « On est invités à un anniversaire avec ma femme. » « Et Dasha ? Elle a école demain ! », s’inquiéta Lydie. « J’avais aussi prévu d’aller à la campagne avec une amie ! » « Maman, tu exagères… On ne va tout de même pas rater la fête par caprice ? On a déjà acheté un cadeau. Dasha peut rater une journée de crèche. Restez à la maison devant les dessins animés. D’ailleurs, c’est samedi demain ! On la récupère dimanche ! À plus ! » Lydie n’eut pas le temps de rétorquer qu’elle avait prévu de voir une amie le dimanche aussi, que son fils raccrocha déjà. « Maman, tu me donnes de l’argent ? », demanda sa fille cadette en entrant. « On veut aller faire un escape game. » « Écoute, Lisa, je n’ai plus rien de côté, j’ai mis de côté pour mes médicaments. » « Comme toujours ! Tout le monde y va sauf moi ! », fit la moue Lisa. Lydie soupira, fit ses comptes, pensa à son arthrose et donna le peu qu’il lui restait à sa fille. « Tu as jeté un œil sur Dasha ? » « Oui, elle joue dehors. » C’est alors que la fillette tombe de la structure de jeux. Lisa regarde la scène, indifférente. Lydie dévale les escaliers en peignoir et pantoufles, s’occupe de sa petite-fille, direction les urgences. Bilan : contusion, pas de fracture. Lydie appelle son fils : « C’est une simple contusion, rien de grave. Elle est tombée de la structure. » « Mais enfin, maman ! On ne peut pas te confier un enfant ! Un jour qu’on s’offre une soirée. » Lydie doit aussi renoncer à voir son amie ce week-end. Nina, son amie, s’indigne au téléphone : « Ils te préviennent quand ils veulent, et toi, tu n’aurais pas ta vie aussi ? Ce n’est pas normal ! » Finalement, Nina les invite toutes les deux à la campagne pour souffler. Là-bas, entre confidences et franches discussions, Nina sermonne amicalement Lydie : « Tes enfants t’exploitent ! » Lydie réalise qu’elle s’est oubliée, qu’elle s’habille et prend soin d’elle comme si tout était secondaire, que seuls les besoins de ses enfants comptaient. Une réflexion s’amorce. Viennent ensuite les reproches de son fils et de sa belle-fille pour la virée à la campagne, l’ingratitude de sa fille qui préfère partir fêter son anniversaire avec ses copains, négligeant tous ses efforts, son cadeau, son repas maison. Enfin, après un énième « dépannage » imposé, Lydie décide qu’il est temps de penser à elle, qu’elle a assez donné. Nouvelle coupe, nouvelle allure, nouveaux projets — Dans le regard incrédule de sa fille, elle affirme : « Fini le temps du sacrifice. Ma mission est accomplie. Ma vie commence maintenant. » La jeune Lisa découvre alors une femme transformée, indépendante, prête à renaître, à savourer ses propres envies, à, enfin, déplier ses ailes. Il est temps de déplier ses ailes — L’histoire d’une mère française qui, après avoir tout sacrifié pour ses enfants, décide enfin de vivre pour elle.

LHEURE DE PRENDRE SON ENVOL

Maman, on ta amené Élodie, elle est restée jouer dehors, garde-la bien ! mon fils, Julien, appela Sylvie Lapierre. Avec ma femme, on est invités à un anniversaire important.
Et Élodie alors ?! Elle a école demain ! sinquiéta Sylvie. Et puis, je comptais aller passer le week-end avec mon amie à sa maison de campagne, on était convenues
Oh maman, tu ne vas pas recommencer ! Tu voudrais quon rate la fête à cause de ça ? Le cadeau est déjà acheté. Et Élodie peut rater lécole demain, regarde des dessins animés avec elle. Mon fils pianotait dimpatience sur son portable. En plus, il ny a même pas école demain, cest samedi ! Tu me fais douter pour rien ! Allez, on la récupère dimanche ! On se voit !
Je neus même pas le temps de mentionner ma sortie prévue dimanche que Julien raccrocha.

Maman, tu me donnes de largent ? demanda alors ma cadette, Capucine, en passant la tête dans lembrasure de la porte. On voudrait faire un escape game avec des copains.
Capucine, jai quasiment rien sur moi en ce moment je comptais de tête mes quelques billets, ce qui restait sur mon compte et combien de jours avant la prochaine paie. Jai mis de côté pour mes médicaments.
Comme dhab ! bougonna ma fille. Tout le monde y va, sauf moi, obligée de moisir ici
Bon, Capucine, attends Je me levai, puis je me souvins de ma petite-fille qui était toujours dehors. Va voir si Élodie est toujours en train de jouer dehors, sil te plaît !
Franchement Regarde-la toi-même ! Elle connaît le chemin, elle rentrera bien toute seule ! ricana Capucine.
Ne sois pas si dure, elle est encore petite. Bon, dis-moi combien il te faut ?
Elle annonça la somme. Je soupirai : cétait justement ce que javais réservé pour mes traitements mensuels dentretien, pris tous les trois mois. Tant pis, jattendrai. Les douleurs reviendront, jai lhabitude. Au moins ma fille sera contente
Tas regardé si Élodie va bien ? criai-je à Capucine.
Oui, oui, elle est là, ta petite Élodie, elle joue, pas de souci.
À cet instant, japerçus la fillette escalader léchelle du toboggan, glisser et chuter lourdement.
Oh, elle est tombée, Capucine lâcha, imperturbable, en la voyant pleurer.
Mais bon sang ! Je dévalai lescalier en peignoir et chaussons. Élodie pleurait, tenant son bras, visiblement souffrante. Jappelai immédiatement un taxi pour lhôpital. Heureusement, la radio ne montra rien de grave.
Contusion, affirma le médecin.
Au moins, ce nest pas cassé, je respirai. Mais, par précaution, jappelai mon fils.
Julien, ne tinquiète pas, je suis aux urgences avec Élodie, elle est tombée, mais cest juste un hématome.
Non mais cest pas vrai ! Tu ne peux vraiment pas toccuper delle ? Cest quand on sort une fois tous les siècles ! vociféra-t-il au téléphone.
Profitez de votre soirée, tout va bien, tentai-je, gênée, tandis que le médecin, entendant les cris, haussait les sourcils en sortant du couloir. On na même pas besoin de bandage.
Sois bien claire : à la maison, ni une minute dehors !
À nouveau, je neus pas le temps de dire que javais des places pour le théâtre : il raccrocha. Je ninsistai pas.
« Je trouverai une solution. Dici dimanche jai le temps », pensai-je.
En rentrant, Capucine était furieuse :
Tu naurais pas pu me donner largent avant de sortir ? Tout le monde nattend que ça, prends ! Cest urgent !
Je sortis précipitamment tous mes billets, elle les compta et fit la grimace :
Cest tout juste ! Si jai envie dun café ?
Capucine, ma puce, cest tout ce que jai. Ma carte, il me reste juste assez pour venir et repartir du boulot.
Tu pourrais marcher, cest la mode ! marmonna-t-elle en pivotant vers la porte.
Mamie, jai faim ! dit ma petite-fille.
Je pressai le pas, lui servis à manger. Pendant quelle dévorait, je la contemplais, la tête appuyée sur le poing. Je pensais : « Mes enfants étaient comme ça, eux aussi. Maintenant, voilà, ils ont grandi. Julien a déjà trente ans, ce n’est pas croyable ! Et Capucine va fêter ses dix-huit ans. Il va falloir une vraie fête ! »
Je repensai alors à la conversation téléphonique. « Se détendre une fois par siècle ! Ils déposent la petite tous les week-ends sans prévenir. Je ne vois même pas ma propre fille en semaine ! »
Jai tout sacrifié à mes enfants. Je me suis privée, nai jamais compté pour moi, chaque sou pour eux. Leur père nous a quittés quand Julien s’est marié.
Jen ai élevé un, mavait-il lancé, en préparant sa valise. La deuxième, tu ten sortiras bien. Je paierai la pension jusquà ses dix-huit ans.
Il avait claqué la porte. Je nai jamais réellement compris ce qui nallait pas. Jamais de dispute. Je moccupais des enfants, lui de ses affaires. On vivait parallèlement.
Le samedi matin, jai dû appeler mon amie pour annuler.
Nicole, je suis désolée, jai eu la petite à limproviste, impossible de venir.
Pardon ? À limproviste, tu dis ? Sa voix révélait sa surprise et sa colère. Et toi alors ? Tu nas pas le droit davoir une vie ? Quel égoïsme de leur part !
Ils avaient acheté un cadeau, cétait prévu, tentai-je de justifier.
Et moi dans tout ça ? Javais acheté lentrecôte, le vin ! Je vais manger seule, cest ça ? Écoute, tu viens avec ta petite ! Elle jouera avec mes chats, et nous, on profitera ! Je tenvoie un taxi, dans quinze minutes. Cest réglé !
Elle raccrocha. Je me suis dépêchée de préparer un sac et de partir avec Élodie.
Chez Nicole, à la campagne, cétait génial. Élodie oublia même son bras. Elle avait un chat et des chatons à disposition, tout un jardin pour courir, poursuivre les papillons, faire des couronnes de pissenlits.
Sylvie, lança Nicole en piquant la viande, excuse-moi, mais tes enfants ten demandent trop. Capucine na que dix-sept ans, mais elle nest jamais à court de demandes, cest affolant ! Tu ne vas plus chez le coiffeur ?
Pour quoi faire ? souris-je tristement. Je me coupe la frange, je me colore moi-même.
La main sur le front, Nicole me lança un regard affligé.
Et tu ne tachètes jamais un truc pour toi ?
Jai de quoi mettre Jai larmoire pleine, répondis-je.
Larmoire davant ton mariage ? Non mais, il faut te réveiller. Chérie, il est temps de réfléchir à ta vie, de faire le point. Allez, à nous !
Elle servit du vin. Ensuite, on nourrit la petite, on la coucha. Nous sommes restées à papoter longuement, à se souvenir de nos rêves de jeunesse, réalisées ou non. Hélas, pour moi, rien dautre que famille et enfants. Et encore, il ne restait quun mot : famille.
En me ramenant chez moi le lendemain, Nicole me serra fort et murmura :
Nabandonne jamais tes rêves !
Jacquiesçai.
À la maison, nous attendaient les parents dÉlodie, furieux :
Maman, mais tes folle ? Emmener une enfant malade nimporte où ?! Julien hurlait.
Mais pas nimporte où ! On était chez Nicole, tentai-je de tempérer, gênée.
Papa, maman, cétait trop chouette ! essaya dexpliquer Élodie, mais ses parents nécoutaient pas.
Sylvie, cest irresponsable, ajouta ma belle-fille. On a frôlé la crise en ne trouvant personne à la maison !
Pourquoi paniquer ? Je vous aurais prévenus sil y avait eu un problème.
On ne sattendait pas à ça ! et ils repartirent, Élodie sous le bras, en claquant la porte.
Ils exagèrent, admit Capucine, sextirpant de sa chambre. Hier, ils navaient pas lair si soucieux en sortant. Aujourdhui ils font tout un drame.
Ma fille avait mis le doigt sur ce que je nosais dire.
Tu tes bien amusée, hier ? je demandai.
Bof, tout le monde après est allé au café, jétais la seule à rentrer. Dis, tu touches encore la pension de papa, alors tu les mets où, ces sous ?
Comment ça, ma chérie médusée, et les cours particuliers ? Le portable neuf ? Les vêtements de marque ? Jamais je naurais cru quun tee-shirt pouvait coûter aussi cher quun vélo !
Tu ne comprends rien à la mode, maman ! et elle se réfugia dans sa chambre.
En passant devant sa porte, je lentendis chuchoter au téléphone. Elle parlait de moi :
Je te jure, elle a lair dune SDF. Des pulls informes, de vieilles jupes, les cheveux cest lhorreur, franchement. Une frange ratée, un chignon triste. Jai honte de sortir avec elle. Je comprends que papa ait refait sa vie avec une belle femme Et mon anniv approche, je ne sais pas comment lui demander, elle va encore pleurnicher quelle a pas dargent
Je nécoutai plus. Je ne retins qu’une chose : son anniversaire.
« Je ne peux pas la décevoir ! Je trouverai de largent, elle aura une fête inoubliable ! »
La date approchait. Jempruntai de largent à Nicole, sans lui dire pourquoi. Jachetai des fleurs, commandai un énorme gâteau, préparai mille salades, des cuisses de poulet aux légumes. Trois mille euros dans une enveloppe.
Le matin, Capucine entra dans la cuisine. Je la saluai avec les fleurs et lenveloppe :
Ma chérie, joyeux anniversaire
Oh, une enveloppe ! Fais voir ? Cest tout ? Non mais tu te fiches de moi ? Heureusement que papa men a aussi donné, sinon quelle honte devant mes amis sil avait fallu tout annuler ! Mets les fleurs dans un vase, je sors.
Elle partit, le téléphone collé à loreille :
Ouais, rendez-vous au café à 17h, on va fêter ça !
Capucine, javais préparé à manger, tu ne veux pas inviter tes amis ici ? tentai-je, la gorge serrée.
Je tai rien demandé ! Qui veut de tes poulets rôtis et tes salades vieillottes ? Je préfère largent, va
Elle rangea les billets, laissa lenveloppe vide et sen alla.
Je regardais le festin préparé avec amour, et la colère monta en moi. Je repensai aux reproches, à mon fils, à ma belle-fille, à Nicole. Japprochai du miroir.
Cinquante-deux ans. Mais à quoi je ressemble ? Pour la première fois depuis des lustres, je me détaillai : de jolies formes sous des vêtements démodés, pas de maquillage, le visage épuisé, des cernes, des cheveux ternes. Même la sorcière ferait plus moderne À quoi bon ? Pour tant dingratitude et de reproches, alors quon ne ma jamais demandé ce que JE voulais ?
Je tournais en rond. Toute ma vie pour les autres ! Pas assez présente pour mon mari, jamais pour moi. Pas de surprise quil soit parti.
Jaurais fait pareil, ris-je tristement.
Je saisis mon téléphone :
Nicole, passe-moi le contact de ta coiffeuse. Et tu viens avec moi faire les boutiques ? Mais pas tout de suite, je dois encore te rembourser lanniversaire, dis-je, le cœur lourd, lui racontant la scène du matin.
Ce cadeau, considère que cest de moi, sourit mon amie. Je temmène partout, ne change pas davis. Aujourdhui, cest TA fête aussi.
À peine avions-nous raccroché que le téléphone sonna.
Maman, on te ramène Élodie. Capucine a invité tout le monde au café.
Je ne suis pas là, et je ne serai pas là aujourdhui, répondis-je, les larmes aux yeux.
Voilà On ne minvite jamais. Je ne sers quà garder les enfants, donner de largent. Mais pour la fête, je ne compte pas
Le téléphone sonna de nouveau, cétait Julien :
Maman, tu fais quoi ? On arrive tu ne vas pas la garder alors la petite ? On repart avec ?
Faites comme vous voulez ! Vous ne mavez même pas demandé si jétais libre ! À lavenir, prévenez au moins deux jours à lavance ! Ce nest pas contre Élodie, mais jai ma vie aussi. Tu as compris ?
Silence sidéré.
Tu as compris ? repris-je, ferme.
Oui murmurait-il, complètement décontenancé.
Je raccrochai et imaginai mon fils, interdit, regardant lécran noir.
Le lendemain, Capucine ne reconnut pas sa mère. Elle rentra tard, alors que je dormais. Le matin, entrant dans la cuisine, elle questionna la femme élégante assise devant un café :
Bonjour Où est maman ?
Nulle part, répondis-je.
Maman ?!
Non, un hologramme ! souris-je. Bon, joyeux anniversaire, Capucine. Cest fini la pension, jétais obligée de subvenir à tes besoins jusquà dix-huit ans, mais maintenant, jai rempli ma mission. Si tu poursuis tes études, je taiderai, mais pas question que tu comptes sur moi indéfiniment. Si tu veux bosser, je ny vois aucun inconvénient, si tu veux prendre ton appart, vas-y. Il est temps dapprendre la vraie vie.
Capucine nen croyait ni ses yeux ni ses oreilles. Maigrie, superbe coupe, maquillage léger, tailleur tendance, boucles doreilles élégantes.
Je pars bosser. Tu feras la vaisselle. Je tai laissé à manger pour trois jours. Le gâteau, il est à toi. Jirai chez Nicole après le boulot. Jai enfin droit à ma fête : mes enfants sont grands, à moi la vraie vie.
Capucine observa depuis sa fenêtre la femme mince et sûre delle qui franchissait dun pas léger le trottoir en talons aiguilles, sautait une flaque et disparaissait dans la lumière dune nouvelle journée. Elle espérait que sa mère redeviendrait comme avant, mais Sylvie Lapierre avait compris quelle préférait, enfin, prendre son envol et déployer fièrement ses ailes dans le vent du changement.

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Il est temps de prendre son envol — « Maman, on t’a amené Dasha, elle a voulu jouer dehors, surveille-la ! », appela Victor, son fils, à Lydie. « On est invités à un anniversaire avec ma femme. » « Et Dasha ? Elle a école demain ! », s’inquiéta Lydie. « J’avais aussi prévu d’aller à la campagne avec une amie ! » « Maman, tu exagères… On ne va tout de même pas rater la fête par caprice ? On a déjà acheté un cadeau. Dasha peut rater une journée de crèche. Restez à la maison devant les dessins animés. D’ailleurs, c’est samedi demain ! On la récupère dimanche ! À plus ! » Lydie n’eut pas le temps de rétorquer qu’elle avait prévu de voir une amie le dimanche aussi, que son fils raccrocha déjà. « Maman, tu me donnes de l’argent ? », demanda sa fille cadette en entrant. « On veut aller faire un escape game. » « Écoute, Lisa, je n’ai plus rien de côté, j’ai mis de côté pour mes médicaments. » « Comme toujours ! Tout le monde y va sauf moi ! », fit la moue Lisa. Lydie soupira, fit ses comptes, pensa à son arthrose et donna le peu qu’il lui restait à sa fille. « Tu as jeté un œil sur Dasha ? » « Oui, elle joue dehors. » C’est alors que la fillette tombe de la structure de jeux. Lisa regarde la scène, indifférente. Lydie dévale les escaliers en peignoir et pantoufles, s’occupe de sa petite-fille, direction les urgences. Bilan : contusion, pas de fracture. Lydie appelle son fils : « C’est une simple contusion, rien de grave. Elle est tombée de la structure. » « Mais enfin, maman ! On ne peut pas te confier un enfant ! Un jour qu’on s’offre une soirée. » Lydie doit aussi renoncer à voir son amie ce week-end. Nina, son amie, s’indigne au téléphone : « Ils te préviennent quand ils veulent, et toi, tu n’aurais pas ta vie aussi ? Ce n’est pas normal ! » Finalement, Nina les invite toutes les deux à la campagne pour souffler. Là-bas, entre confidences et franches discussions, Nina sermonne amicalement Lydie : « Tes enfants t’exploitent ! » Lydie réalise qu’elle s’est oubliée, qu’elle s’habille et prend soin d’elle comme si tout était secondaire, que seuls les besoins de ses enfants comptaient. Une réflexion s’amorce. Viennent ensuite les reproches de son fils et de sa belle-fille pour la virée à la campagne, l’ingratitude de sa fille qui préfère partir fêter son anniversaire avec ses copains, négligeant tous ses efforts, son cadeau, son repas maison. Enfin, après un énième « dépannage » imposé, Lydie décide qu’il est temps de penser à elle, qu’elle a assez donné. Nouvelle coupe, nouvelle allure, nouveaux projets — Dans le regard incrédule de sa fille, elle affirme : « Fini le temps du sacrifice. Ma mission est accomplie. Ma vie commence maintenant. » La jeune Lisa découvre alors une femme transformée, indépendante, prête à renaître, à savourer ses propres envies, à, enfin, déplier ses ailes. Il est temps de déplier ses ailes — L’histoire d’une mère française qui, après avoir tout sacrifié pour ses enfants, décide enfin de vivre pour elle.
La Fille.