Après la fin de mon congé maternité, devrai-je rembourser à mon époux les frais engagés pour lentretien de mon fils ?
Tout a commencé un matin pluvieux à Lyon, quand par hasard, jai trouvé le carnet de mon mari dans le tiroir de son bureau. À lintérieur, méthodiquement, étaient notées les dépenses pour mon fils de sept ans, Arthur… Arthur vient de commencer le CP. Son père et moi sommes divorcés depuis longtemps. Quand Arthur avait quatre ans, jai rencontré un homme. Il ma dit quil maimait, que, par amour pour moi, il aimerait aussi mon petit garçon comme le sien. Je croyais alors que tout irait bien.
Mais la réalité était autre. Mon époux, Jérôme, na jamais souhaité être père pour Arthur. Son attention, ses efforts pour respecter Arthur ont suffi à me convaincre, à me rassurer un temps. Un an après notre mariage, notre fille est née. Nous lavons appelée Camille. Dès ses premiers jours, Jérôme sest entièrement consacré à elle. Cétait sa fille, son sang.
Actuellement, je suis en congé maternité. Jérôme, le seul à travailler, subvenait à nos besoins. Lors des promenades au Parc de la Tête dOr ou sur laire de jeux de notre quartier, Jérôme ne manquait jamais doffrir à Arthur une figurine ou une glace.
Mais la découverte de ce carnet ma bouleversée. Je tremblais. À louverture, jai vu un tableau, divisé en trois : date, prénom, montant. Voiture miniature 40 euros, glace 40 euros, tour de manège 30 euros.
Je lai confronté, ce carnet entre les mains. Jérôme na même pas sourcillé. Pour lui, cétait une simple formalité. Il ma répondu, sereinement : oui, à la fin de ton congé, tu devras me rembourser toutes les dépenses concernant Arthur. Il ma conseillé dentamer une procédure contre mon ex-mari afin dobtenir une pension alimentaire pour Arthur, ce dû serait ainsi plus simple à régler. Il a conclu sans détour que, désormais, il ne voulait plus sinvestir que pour sa propre fille.
Jai fondu en larmes. Le quitter mest impossible ; nous avons Camille, et malgré tout, je laime de tout mon cœur. Mais cette bassesse, ce manque de solidarité, je ne pourrai jamais lui pardonner. Lavenir me paraît opaque Je ne sais pas ce quil adviendra.



