Une rencontre inattendue sur la route : Nikita et son grand frère Artiom rentrent de Paris, deux célibataires aux caractères bien différents, quand leur aide à une jeune femme élégante en panne de voiture bouleverse le destin de Nikita — entre rivalité fraternelle, charme débordant et timidité touchante, l’amour se manifeste là où on ne l’attend pas, avant qu’une mésaventure avec un chien errant ne les mène à des retrouvailles surprenantes à la clinique avec la mystérieuse Lila, offrant à Nikita enfin sa chance au bonheur.

Un heureux hasard

Aujourd’hui, mon frère aîné, Antoine, et moi, Clément, sommes rentrés de Lyon où nous étions partis tôt le matin pour régler quelques affaires professionnelles. Tout était terminé avant midi et, comme dhabitude, cest Antoine qui gérait les négociations les plus complexes. Lui, il a vingt-six ans, et moi vingt-trois. Aucun de nous nest encore marié. Antoine, dans son rôle daîné, est énergique et volubile ; à côté de lui, je parais bien réservé.

On a vraiment bien mené notre affaire, tu ten es sorti comme un chef avec les clients, ma lancé Antoine en riant. Tu sais parler aux gens, tu les mets en confiance, alors que moi, je veux toujours tout tout de suite.

Oui, cest vrai je lui ai répondu tu fonces tête baissée, mais il faut sadapter aux gens. Ils sont tous différents, il faut une approche

Ah, tu joues au psychologue maintenant ? Petit frère qui veut éduquer laîné, sest-il moqué avec son sourire éclatant.

Pas te donner de leçons, simplement texpliquer, ai-je répondu en fixant la route devant moi. Cest Antoine qui conduisait, bien entendu.

Nous avons des caractères bien distincts. Antoine est bien plus vif, charmant, il attire la sympathie, alors que moi, je suis plus discret, plus observateur. Je ne sais pas briller en société, ni conquérir les cœurs ; peut-être parce que cela ne mattire pas vraiment. Je suis plus doux, plus calme, mais pas non plus un simplet. Si une femme me fait sentir que je lui importe vraiment, je pourrais tout donner pour elle. Sauf que je nai pas encore rencontré celle qui ferait chavirer mon cœur.

Antoine et moi, toujours célibataires. Lui avait presque organisé son mariage, les discussions avec sa copine étaient avancées, et soudain, à la dernière minute, il a tout annulé sans explications. Il est donc de nouveau sur le marché, entouré de prétendantes.

Antoine est grand, élégant, il plaît beaucoup. Pour ma part, jai croisé la plupart des filles quil fréquente. Dailleurs, il pourrait même me piquer mes rencontres juste pour le plaisir de flirter.

Moi, je nai quune règle : ne jamais forcer les choses. Peut-être que cela me joue des tours, mais si une fille sintéresse à moi, je sais quon peut construire quelque chose de bien. Pour linstant, je nai pas encore connu ce coup de foudre qui bouleverse tout

Antoine connaît cette règle et aime bien la taquiner, ça lamuse. Mais je nen démords pas.

Alors quon approchait de Grenoble, mon regard sest arrêté sur la gauche : une voiture rouge était garée sur le bas-côté. À côté, une jeune femme agitait la main.

Antoine, regarde, une voiture arrêtée, une fille qui fait signe.

Je vois, je marrête, a-t-il déclaré en souriant. On ne laisse pas tomber un automobiliste dans le besoin !

Nous sommes sortis de la voiture.

Merci beaucoup de vous être arrêtés, a dit la jeune femme avec un sourire. Jai un souci avec ma roue

On comprend très bien la interrompue Antoine, toujours aussi charmeur et même si ce nétait pas la roue, on doit venir au secours dune conductrice aussi ravissante.

Elle a ri, flattée par le compliment, pendant que je soupirais intérieurement. Jai trouvé cette fille tout de suite jolie, mais évidemment Antoine avait déjà enclenché son mode charme. À côté de lui, je me sens transparent.

Donc, vous ne dépannez que les jolies conductrices, les autres non ? a-t-elle répliqué.

Jai bien aimé sa question, bravo, maintenant Antoine va devoir ramer ! Elle était mince et gracieuse, avec de beaux cheveux blonds et un sourire lumineux. Antoine na pas perdu le Nord :

Mais non ! On aide tout le monde, absolument tout le monde dès quil y a besoin ! Ça me rappelle une fois, on a même aidé un chauffeur de bus : son bus crachait une telle fumée quon ne voyait plus rien. On a guidé les passagers dehors avec mon frère ! Nest-ce pas, Clément ? Il ma lancé un regard, moi jai baissé les yeux parce que la scène, il venait de linventer de toutes pièces

Elle nous observait, visiblement amusée.

Antoine a rapidement demandé :

Au fait, quel est votre prénom ? Moi cest Antoine, et lui cest mon frère Clément.

Enchantée, je mappelle Églantine. Jai tout le matériel dans le coffre, mais en robe et talons, cest compliqué, a-t-elle plaisanté.

Aucun souci, Églantine ! Clément, montre donc ton talent, appelons ça un excès de galanterie.

Pendant quAntoine divertissait Églantine avec ses histoires et ses blagues, je changeais sa roue, un peu bougonnant. Il ne sarrêtait pas une seconde, ses récits devenaient de plus en plus loufoques, et je me demandais : Croira-t-elle à toutes ses fables ? Mon frère sait embrouiller tout le monde Toujours pareil : si une fille me remarque quand Antoine est avec moi, son attention finit vite par lui être dédiée et je redeviens invisible. Il est doué pour sortir les compliments dignes dun roman.

Églantine écoutait, fascinée.

Il exagère tellement, pensai-je. Mais bon, les femmes aiment ça, visiblement. Je surveillais du coin de lœil ses réactions.

Elle me plaisait de plus en plus, malgré Antoine. Jai surpris quelques coups dœil dans ma direction, jai senti un peu despoir. Mais tout était déjà terminé.

Voilà Églantine, tout est réglé, a poursuivi Antoine. Vous me donnez votre numéro ?

Églantine lui a souri malicieusement : Antoine, vous êtes plein de ressources, non ? Je suis sûre que vous naurez aucun mal à trouver mon numéro. Merci beaucoup à vous, Clément, cest vous qui mavez vraiment dépannée.

Après quil ait insisté, elle sest installée dans sa voiture, en madressant un sourire doux avant de repartir.

Antoine, tu abuses, Églantine me plaît beaucoup et tu ne mas même pas laissé en placer une.

Mais voyons, je faisais ça pour toi ! a-t-il répondu en riant, toujours aussi effronté.

Comme dhabitude ai-je marmonné en regagnant la voiture.

En entrant dans la ville, jai demandé à nous arrêter à une petite épicerie du quartier pour acheter des cigarettes.

Arrête-toi, jai plus de clopes. Tu veux quelque chose ?

Une bouteille de Badoit, en verre, trancha Antoine.

En sortant de lépicerie, une énorme chien errant est sorti brusquement dun coin et ma mordu à la jambe en agrippant mon jean. Jai senti ses crocs, heureusement cétait superficiel. Tout est allé très vite, Antoine na pas eu le temps de bouger. Le chien a filé dans les buissons.

Cest quoi ce délire ? sétonna Antoine en voyant mon pantalon déchiré.

Ce chien sest jeté sur moi, je comprends pas, répondis-je en inspectant ma blessure où le sang perlait.

Nous sommes rentrés. À la maison, ma mère sest préoccupée de suite :

Clément ! Quest-ce qui tes arrivé ? Tes jeans sont en lambeaux !

Cest un chien qui ma attaqué devant lépicerie, rien de grave, juste une petite plaie, je vais désinfecter avec du Mercryl.

Avec du Mercryl ? allons donc ! File à la clinique pour un vaccin contre la rage. Un chien errant, on ne plaisante pas ! salarma ma mère.

Elle a raison, dit Antoine. Je temmène.

Arrivés au centre médical, Antoine est resté dans la voiture. Jai suivi les indications vers le bon cabinet, où un garçon attendait. Je suis entré ensuite et là, surprise, Églantine était là ! Je suis resté figé, elle aussi.

Salut, ai-je lancé, ravi. On ne sétait pas revus depuis mille ans ! On a ri tous les deux. Tu es docteure, alors ?

Églantine était installée derrière son ordinateur, lair surprise aussi.

Oui, docteure ! Vous me retrouvez déjà ? Jai regretté après coup de ne pas tavoir laissé mon numéro. Mais ton frère ma totalement déstabilisée

Pour être honnête, je ne tai pas recherchée, cest un pur hasard. Et puis je pensais que cétait perdu davance Je lui ai montré la morsure. Cest ce chien

Jai reçu linjection. Jai osé demander son numéro, et elle me la donné avec un sourire.

Depuis, on se voit régulièrement Églantine et moi. Un jour, elle ma avoué :

Tu mas plu dès le premier regard, mais Antoine je lai démasqué tout de suite.

Je suis heureux, je le sens : entre nous, tout va rouler.

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« «Ta place est à mes pieds, servante ! » disait ma belle-mère. Après son AVC, je lui ai engagé une aide-soignante : la femme qu’elle a détestée toute sa vie. »