Mon mari et moi avons un seul enfant, un fils adulte. Il a déjà fondé sa propre famille, nous sommes même devenus grands-parents.
Jai grandi sous la République, à une époque où il y avait encore beaucoup de traditions. Je me suis mariée tard, après mes trente ans, ce qui à lépoque faisait de moi une « vieille fille ». Naturellement, tout le monde sattendait rapidement à voir arriver des enfants. Ne pas en avoir, cétait presque comme avoir une maladie contagieuse.
Bref, nous avons eu un fils, et nous avons estimé que cela suffisait. En tant que personnes instruites, nous comprenons que soccuper dun enfant coûte énormément dargent. Plus il y a denfants, plus il faut de moyens.
Ce nest pas pour rien que nous avons décidé de nen avoir quun. Cela nous a permis délever notre fils dans de bonnes conditions, de lui offrir une excellente éducation, et de construire une vie stable.
Mais mon fils voit les choses autrement. À peine marié, sa femme tombe enceinte et très vite, notre petit-fils arrive. Ils navaient pas de logement à eux et ont donc contracté un prêt. Évidemment, ils doivent le rembourser chaque mois. Puis, japprends que ma belle-fille est de nouveau enceinte. Je leur ai demandé comment ils comptaient élever deux enfants tout en remboursant leur prêt immobilier. Ils lont mal pris, assurant quils sen sortiraient. Jai répondu que tant mieux sils y parvenaient.
Au début, ils géraient plutôt bien. Mais ensuite, ma belle-fille na pas pu reprendre le travail, et mon fils a été licencié. Que faire ? Ils ont alors décidé de venir sinstaller dans notre appartement que nous louions auparavant. Mon mari a proposé de les aider à payer le prêt. Nous avons donc, pendant un an, pris en charge leurs mensualités du crédit immobilier. Je pensais sincèrement que cétait la meilleure façon daider nos enfants. Mais il nen fut rien.
Il y a peu, jai découvert quils avaient accumulé six mois de retard sur le prêt. Où sont passés tout cet argent ? Mon mari est furieux, il dit quil nen peut plus. Moi, je suis abasourdie. Je ne sais même plus quoi penser, ni quoi faire. Nous avons aidé nos enfants, et ils se sont contentés de vivre à nos crochets sans rien faire. Et maintenant, que faut-il faire ?


