Aujourdhui, jai décidé décrire quelques lignes dans mon journal pour essayer de mettre un peu dordre dans mes pensées suite à tout ce qui vient de se passer. Les relations entre belles-mères et belles-filles, tout comme celles entre parents et enfants, sont éternelles sources démotions et de conflits. On choisit son mari, rarement sa belle-famille. Voilà bien une vérité universelle, et qui résonne particulièrement dans mon histoire avec ma belle-mère.
Jai rencontré mon mari pendant mes études à la Sorbonne, à Paris. Il était un étudiant brillante, réservé et sérieux, tandis que moi jétais pleine de vie, enjouée, toujours entourée damis. Comme le dit le proverbe français, Les opposés sattirent. Je crois que cest ce qui nous a réunis.
Un an après notre rencontre, il ma demandé en mariage. Il voulait que tout soit parfait, alors il sest chargé de toutes les dépenses du mariage. Il a jonglé entre cours et boulot, sacrifiant tous ses weekends pour que ce jour soit mémorable, comme un conte de fées. Javais toujours beaucoup dadmirateurs autour de moi, mais cétait lui que jai choisi : il me semblait être lhomme idéal. Pourtant, un détail minquiétait : sa mère, Géraldine. Dès le début, elle était froide et cinglante avec moi.
Après notre mariage, notre relation a vite été mise à lépreuve, principalement à cause de Géraldine. Elle passait son temps à me critiquer, à mobserver, jamais contente, toujours à souligner mes défauts. Jai essayé de prendre sur moi, pensant quavec le temps, elle finirait par maccepter.
Lorsque notre fille, Églantine, est née, la situation sest empirée. Un jour, devant moi, Géraldine a lancé : Églantine nest pas la fille de mon fils, elle est aussi bête que sa mère. Ces mots mont blessée profondément. À partir de ce jour, jai décidé de couper les ponts avec elle. Mais elle ne sest pas arrêtée là.
Quelques semaines plus tard, elle a débarqué à la maison, une feuille à la main, sûre delle. Elle prétendait avoir fait un test ADN prouvant quÉglantine nétait pas la fille de mon mari, Clément. Mon mari et moi étions abasourdis, mais nous savions que cétait impossible. Pour blanchir tout doute, nous avons décidé, le lendemain, de faire un test ADN dans un laboratoire à Paris.
Les résultats sont revenus, et ce fut une révélation inattendue. Le labo indiquait que Géraldine nétait pas biologiquement la mère de Clément. Le test affichait 0% de probabilité de maternité. Lhistoire, longtemps enfouie, est ressortie : Clément avait été adopté. Géraldine ne pouvait pas avoir denfants, et son mari désirait absolument fonder une famille.
Ce jour-là, la vérité a éclaté. Je me suis rendu compte combien les blessures peuvent être profondes, et comment parfois le mal quon souhaite à autrui nous revient en pleine figure. Éclairée par cet événement, jai pris le temps de réfléchir à la vie, à la famille et au pardon.



