Maman ma demandé de faire un test de paternité et jai accepté, même si je nai jamais douté que Léontine était bien ma fille.
Je mappelle Victor, jai trentesept ans. Malgré une carrière confortable, un beau poste dingénieur à Paris et un salaire de 3500, il me manquait un truc : une vraie famille. Depuis le décès de mon père, il y a six ans, je partage un deuxpièces avec ma mère. Je ne voulais pas la décevoir, alors jai fini mes études avec une bonne spécialité, trouvé un boulot stable et réalisé ses espérances. Elle guettait le jour où je lui annoncerais que javais trouvé «la moitié», histoire quelle puisse jouer aux grandsparents.
Un jour, jai fait la connaissance dAngéline, venue du petit village de SaintAubinlesElbeuf et alors étudiante. Sa famille nétait pas aisée, mais cela ne me dérangeait pas. Ma mère, elle, napprouvait pas du tout ce choix, prétendant quAngéline ne me convenait pas. Jai décidé, pour la première fois, de suivre mon cœur et je me suis mis à la fréquenter. Quelques mois plus tard, je lai présentée à la maison, en annonçant que nous allions vivre ensemble et quelle attendait mon bébé. Ma mère a immédiatement soupçonné Angéline de vouloir saccrocher à la ville par un coup de théâtre.
Malgré les réserves de ma mère, Angéline a emménagé chez nous, et ma mère la accueillie à contrecœur. Au début, elle nétait pas très enthousiaste, mais avec le temps, elle a fini par la tolérer. Angéline sest révélée une excellente gouvernante, et ma mère a semblé se calmer, même si elle attendait toujours un petit conflit à lhorizon.
Après un moment, notre petite fille est née, nous lavons appelée Léontine. Maman a insisté pour faire un test de paternité ; jai accepté, même si je navais aucun doute que Léontine était bien la mienne. Le test a confirmé que jétais bien le papa, mais ma mère a quand même refusé daccepter Angéline dans notre petite tribu. Elle a même suggéré que je quitte Angéline et que je garde la petite fille.
Jai craché mon venin et jai quitté le domicile de ma mère, Angéline et Léontine à la clé. Depuis, je ne parle plus presque du tout avec ma mère, la jugeant égoïste et indifférente à mes sentiments. Cest dommage quelle nait pas pu intégrer Angéline comme membre de la famille, mais je ne compte pas me plier à ses caprices.
