Après 25 ans d’absence, un père se présente au mariage de sa fille… mais on le refuse à l’entrée. Et soudain, les larmes ont gagné tous les invités.

**Journal Intime**

Après vingt-cinq ans, le père est venu au mariage de sa fille mais on la chassé. Et quelques instants plus tard, les larmes ont gagné tous les invités.

Un vieil homme sapprocha avec hésitation de lentrée majestueuse dun restaurant chic. Son costume était bien repassé, mais visiblement usé un vestige dune époque lointaine, quil avait ressorti pour loccasion. Ses cheveux gris, clairsemés, semblaient hésiter entre lordre et le désordre. Arrêté devant la porte, il se regarda dans le reflet du vitrage teinté, redressa son col, inspira profondément, et entra.

À peine franchi le seuil, il heurta un vigile. Celui-ci le fixa comme sil venait de croiser un fantôme.

« Qui êtes-vous ? gronda-t-il. Vous croyez que cest un repas de charité ici ? »

« Je suis venu pour un mariage répondit doucement le vieil homme. Ma fille se marie aujourdhui » Un sourire amer effleura ses lèvres.

Le vigile fronça les sourcils, murmura quelque chose dans son talkie-walkie tout en lobservant avec méfiance. Lhomme, sentant langoisse monter, tenta dapercevoir la salle à travers les cloisons vitrées, en vain la noce devait se tenir dans une autre aile du restaurant.

Une minute plus tard, deux hommes en costume vinrent à sa rencontre. Sans un mot, ils le prirent par les bras et lemmenèrent dans une petite salle de service.

« Quest-ce que vous faites ici ? sexclama une femme en le repoussant comme un objet encombrant. Partez ! Vous navez rien à faire ici ! »

« Pardon Je voulais simplement voir ma fille »

Il comprit alors quil avait affaire aux parents du marié. Impossible pour eux dimaginer que cet homme puisse être lié à la mariée.

« Nous sommes des gens connus ici, déclara-t-elle froidement en ajustant sa veste de luxe. Et vous, qui êtes-vous ? »

« Bonne question », murmura-t-il.

« Mais totalement inutile, rétorqua-t-elle. Regardez autour de vous : ces gens sont là pour célébrer, pas pour compatir. Allez-vous-en avant de gâcher lambiance. »

Elle avait visiblement lhabitude de contrôler la situation, et plus elle parlait, plus sa colère samplifiait.

« François Lefèvre, se présenta-t-il en tendant la main.

Elle ignora son geste, recula même, comme sil risquait de lui transmettre sa pauvreté.

Comprenant quil ne serait pas admis à la fête, François tenta dexpliquer :

« Je ne suis pas venu pour manger Le voyage a été long, le trajet pénible. Jai dépensé presque toute ma retraite pour le billet »

Cela ne fit quaccroître leur méfiance.

« Attendez alors, dit-elle soudain, plus douce. Nous allons vous préparer un panier avec les restes. Vous pourrez manger sur le chemin du retour. »

« Ce nest pas pour ça que je suis venu, répondit-il avec dignité. Je ne veux rien Juste voir Élodie. »

« «Juste voir», se moqua le père du marié. Nous avons tout payé, tout organisé, et lui, il débarque comme un mendiant ! »

« Elle fait partie de notre famille maintenant ! sécria la femme. Elle épouse notre fils ! Et vous croyez pouvoir vous incruster comme ça ? Personne ne vous connaît ! »

Elle lui lança un regard méprisant, sattardant sur ses vêtements.

« Peut-être nêtes-vous même pas son père ? Vous voulez juste profiter du repas ? »

François baissa les yeux, cacha ses mains ridées entre ses genoux. Il regarda ses chaussures, cirées mais vieillottes, puis les mocassins impeccables de lhomme en face de lui. Avec un soupir résigné, il accepta le panier.

Les parents du marié échangèrent un regard satisfait. La femme hocha la tête, et ils partirent vers la cuisine, le laissant seul.

Pourtant, Élodie était bien sa fille. Et il ne lavait pas vue depuis vingt-cinq ans.

Non, il ne niait pas sa culpabilité. Il comprenait leur jugement. Mais le passé ne pouvait être effacé.

« Si les gens savaient les conséquences de leurs choix, peut-être agiraient-ils différemment », songea-t-il. Comme on dit : « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait. »

Vingt-cinq ans plus tôt, quand il avait fait ses adieux à la petite Élodie, il ne pensait pas que ce serait pour toujours. Il avait alors 48 ans, sa femme, 46. Leur enfant était arrivée tard, après des années dattente. Mais la vie en avait décidé autrement. Sa femme fut diagnostiquée dun cancer. Les traitements épuisèrent leurs économies. Après sa mort, il se retrouva seul avec lenfant.

Son travail était dur et mal payé. La maison nécessitait des réparations, sa fille réclamait de lattention. Il avait lu que les conditions pour les enfants en Suisse étaient idéales. Aides sociales, protection garantie. Mais lui ? Qui soccuperait dÉlodie sil partait travailler à létranger ?

Le climat y était rude. Et si elle ne le supportait pas ? Il ne voulait pas quelle grandisse dans la solitude et la pauvreté. Alors, dans un état de profonde détresse, il signa les papiers, la confiant à un orphelinat. Tout sétait déroulé dans un brouillard son esprit éparpillé, son cœur brisé.

Le jour où il lavait quittée, son cœur sétait déchiré. Chaque nuit, il revoyait les larmes de sa fille, ses petites mains tendues, son cri : « Papa, ne pars pas ! » Il ne voulait pas la laisser pas une seconde. Il avait prévu de revenir dans six mois. Juste le temps de gagner un peu dargent lui offrir des cadeaux, des vêtements, rénover la maison. Il se disait : « Je reviendrai, je la reprendrai, et nous recommencerons. Ensemble. »

Mais à son retour, la terrible vérité lattendait. Lorphelinat avait fermé, les enfants dispersés dans dautres villes. Incrédule, il visita des dizaines dinstitutions. On lui répondait : « Vous lavez abandonnée ? Vous avez signé ? Alors nous navons rien à vous dire. » On laccusait, on le méprisait, sans lui laisser despoir. Il était devenu un étranger pour sa propre fille.

Largent gagné avait servi à des réparations inutiles. Il avait gardé les cadeaux, se convainquant quun jour, tout sarrangerait. Mais les années passèrent, et Élodie resta un souvenir flou.

Il consulta des avocats, mais la plupart étaient des escrocs. Internet nexistait pas encore pas de réseaux sociaux, pas de moteurs de recherche. Seulement ses jambes, sa patience, et ses tentatives désespérées. Lespoir sétiolait.

Puis, un quart de siècle plus tard, un miracle se produisit. Par hasard, il apprit que sa fille était vivante. Et même sur le point de se marier. Comment ? Une histoire digne dun conte.

Tout commença par un téléphone perdu. François possédait un vieux portable, difficile à identifier. Pourtant, il voulut aider. Lappareil nétait pas verrouillé. En parcourant lécran, il tomba sur une photo celle dune jeune femme Le portrait craché de sa défunte épouse. Son cœur sarrêta.

Il contacta la propriétaire du téléphone. Elle accepta de le rencontrer pour le remercier, mais il ne demanda quune chose : savoir qui était la fille sur la photo. Par un coup du sort

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Après 25 ans d’absence, un père se présente au mariage de sa fille… mais on le refuse à l’entrée. Et soudain, les larmes ont gagné tous les invités.
MON MALHEUR, MON BONHEUR — Anne, jusqu’à quand comptes-tu boire ? Je suis épuisé de te sauver. Que dois-je faire pour que tu dis adieu à la bouteille, une bonne fois pour toutes ? Regarde-toi : tu ressembles à un arbre desséché, — je suppliais, une fois de plus, ma femme de retrouver la raison. Mais est-ce que cela a déjà arrêté quelqu’un ? Je savais que mes paroles ne servaient à rien. Anne va jurer, une fois de plus, qu’elle ne touchera plus une goutte d’alcool. Et la semaine d’après, tout recommencera… — Éric ! Ne t’inquiète pas pour moi. Ce n’est rien. Mon amie m’a appelée, on a bavardé. On s’est vues… — bredouillait ma femme. — Tu tiens à peine debout, Anne ! Va dormir. Anne a failli m’embrasser, a raté sa cible. Je me suis écarté, gêné par son haleine. Résignée, elle est allée se coucher sans même se changer. …Parfois, je portais ma femme jusqu’au lit comme une sirène inerte, ramassée à même le sol. Quel tableau… Je passais la journée suivante à errer seul dans notre appartement. Quand Anne se réveillait, elle venait vers moi d’un pas hésitant, les yeux baissés : — Pardonne-moi, Éric. Je n’ai pas tenu le coup. C’est la faute de mon amie, elle inventait des toasts absurdes et m’obligeait à boire cul sec. Je restais silencieux et agacé. Anne se mettait alors à faire le ménage frénétiquement, à nettoyer la vaisselle, à lessiver le linge… — Éric, qu’est-ce que tu veux pour déjeuner ? Dis-moi, je ferai tout ! — Anne retrouvait des accents charmants, presque enfantins. Le déjeuner se déroulait dans une ambiance pleine d’humour, la cuisine était délicieuse, généreuse. Ensuite, nous allions nous promener, acheter des douceurs. On essayait de savourer la vie. La nuit était à nous : passionnée, douce, brûlante. J’avais le temps de me languir de ses caresses, de ses mots tendres… L’idylle durait une à deux semaines, puis Anne redevenait irritable, imprévisible, rancunière. Je savais que le moment approchait où elle allait replonger et boire comme un trou. Les crises reprenaient, les accusations, les larmes. Ce scénario familial se répétait depuis des années. …Anne et moi, nous nous sommes rencontrés à l’âge de sept ans. Nous étions à l’école ensemble. En première, je lui ai avoué mon amour fou. Elle m’a répondu avec la même intensité. Nous aurions pu avoir un enfant. Mais Anne a préféré poursuivre ses études. Et moi, à vrai dire, je n’étais pas pressé de devenir papa. J’ai même été soulagé quand Anne m’a annoncé en revenant de la clinique : — C’est fini. Je ne veux pas m’encombrer, ni t’encombrer, avec des couches et des biberons. On a la vie devant nous ! Nos chemins se sont alors séparés pendant dix ans. Anne s’est mariée, j’ai pris femme aussi. Cinq ans plus tard, nous nous sommes retrouvés à une réunion d’anciens élèves. J’ai littéralement perdu la tête pour Anne. Elle était exquise. Une déferlante de souvenirs sucrés m’a envahi. J’aurais voulu la prendre dans mes bras, ne jamais la lâcher. Mais la soirée s’est vite terminée. Nous avons échangé nos numéros, puis nous nous sommes à nouveau séparés pour cinq ans. Je n’ai jamais cessé de penser à Anne, de la jalouser en secret. Mais j’avais une femme, une fille. La vie suivait son cours. Un jour, Anne m’appelle, bouleversée : — Éric, il faut qu’on se voie. J’ai foncé la rejoindre, sans poser de questions. Anne était déjà assise sur un banc du parc, elle regardait nerveusement autour d’elle. Je suis arrivé par derrière, lui couvrant les yeux. — Éric ? — Anne a deviné, plaçant ses mains sur les miennes. — Bravo — je lui ai offert un bouquet — Anne, que se passe-t-il ? — Elle semblait sur le point de pleurer. — J’ai divorcé. Mon mari me reprochait de ne pas avoir d’enfants. Il disait que j’étais stérile, comme un désert. Il voulait des héritiers… — et Anne s’est effondrée en larmes. Je l’ai rassurée tant bien que mal. D’une certaine façon, c’était aussi mon histoire si elle était « un désert ». …Bref, peu après, nous nous sommes mariés, Anne et moi. J’ai quitté ma famille. Ce n’était pas parfait de toute façon. Mon riche beau-père ne cessait de me rabaisser et de rappeler que j’étais un bon à rien. Il disait : — Mon garçon, il te faut une autre compagne. Je ne tolérerai pas que ma petite-fille mange des glaces bas de gamme ou porte des vêtements d’occasion ! Prends femme à ta mesure. Il râlait, comme une mouche insupportable. On dit souvent en France : il faut se méfier d’un beau-père trop riche, pire qu’un démon. Ma première femme s’est rangée du côté de son père. Elle n’était jamais satisfaite. …J’ai réuni mes quelques affaires et suis parti vivre dans un studio meublé de peu. Il y avait une armoire, un lit, une table, une chaise. Ça me suffisait. Quand Anne est entrée dans ma vie, j’ai voulu l’habiller, la gâter comme une reine. J’ai eu la chance de trouver un emploi bien rémunéré. Peu à peu, nous avons acheté un appartement, choisi avec soin chaque meuble, acquis une belle voiture étrangère. Je rendais souvent visite à ma fille de mon premier mariage, lui apportant des vêtements exclusifs, des jouets haut de gamme venus de l’étranger. Mon ex-beau-père ricana : — Le pauvre devenu prince… Ma première femme ne s’est jamais remariée. Il faut croire que la crème des prétendants était partie… Je n’ai pas laissé Anne travailler. À elle la maison, à moi le reste. Anne cuisinait divinement, présentait ses plats avec goût. Elle se consacrait beaucoup à elle-même : coiffeur, manucure, esthéticienne. J’encourageais toujours ces attentions. J’adorais quand les hommes se retournaient sur notre passage. Je me sentais fier de ma femme élégante. Je lui déroulais le tapis rouge. Mais ce bonheur n’a pas duré. Anne a commencé à boire. Elle était souvent joyeuse, mais je sentais qu’il y avait un malaise. Pour la distraire, je lui ai trouvé un emploi. Au bout d’un mois, Anne a dû partir — personne ne voulait d’une collègue ivre. Anne n’avait pas besoin de compagnons de beuverie. Elle buvait seule, jusqu’à perdre la raison. Son jeune frère est même décédé devant chez lui — overdose. Après le travail, je traînais pour ne pas rentrer. Je n’avais pas envie de retrouver ma femme saoule. Mes supplications n’avaient aucun effet. Anne refusait toute aide médicale : — Ne fais pas de moi une alcoolique ! Tu ne comprends pas, Éric ! Je suis en prison psychiatrique, sans enfant ! Toi au moins, tu as une fille… Ce jeu dangereux commençait à me lasser. J’ai fini par me réfugier dans les bras d’une jeune femme. 25 ans, fraîche, belle, éperdument amoureuse de moi. J’ai quitté Anne pour elle. Pendant deux ans, j’ai observé la descente aux enfers d’Anne. Elle touchait le fond. Personne pour l’arrêter. Personne, sauf moi. Comme on dit chez nous, quand on se noie, personne n’est là pour prendre la main. Mon chemin est lié à celui d’Anne, qu’il soit droit ou tortueux, nul ne le sait. Séparé d’elle, je me suis morfondu, rongé par la culpabilité. Car je l’aime toujours, cette femme tourmentée. Après un dernier baiser à ma belle compagne, je suis revenu auprès de mon Anne perdue. Elle est mon malheur, mon bonheur…