«Телефон подруги: неожиданная встреча с голосом мужа»

После долгого рабочего дня я мечтала поскорее оказаться дома, обнять дочурку, сварить ароматный борщ. Но в последний момент решила зайти к подруге Светлане — мы дружили с первого класса, а видеться стали редко. Год назад Светлана пережила ужасный развод и долго приходила в себя. Я поддерживала её, как могла, и тогда искренне верила, что именно мои слова помогли ей снова стать счастливой.

Но в последнее время Светлана странно себя вела. Отдалялась. Смотрела куда-то сквозь меня, будто я была стеклянной. Отказывалась от встреч. Я думала — усталость, может, новый роман. Но правда оказалась гораздо ближе, чем я могла представить.

Когда она открыла дверь, её улыбка была фальшивой, как три рубля медью.

— Заходи, — бросила она нехотя и сразу отвернулась.

Я знала этот взгляд. Мой приход ей не обрадовал. Сняла пальто, села на диван, вдохнула запах жареной картошки и спросила:

— Ого, пахнет вкусно! Гости будут?

— Да нет… просто решила ужин сделать, — она потупилась, будто пойманная на преступлении.

— Ну да, просто так, на троих, — сорвалось у меня.

Светлана смущённо засмеялась и бросилась к плите. В этот момент зазвонил мой телефон — муж. Он предупредил, что задерживается на работе. Я сунула телефон в сумку, и тут же раздался звонок её смартфона, лежащего на диване.

На экране — фото моего мужа.

Руки задрожали. Не раздумывая, я взяла трубку.

— Светочка, родная, уже выезжаю, скоро буду, — услышала его голос, знакомый до боли.

Через мгновение в комнату вошла Светлана. Мы посмотрели друг на друга. И ей не нужно было ничего объяснять — всё было написано у меня на лице.

Я не кричала. Не орала. Не швыряла телефон об стены.

Просто выдохнула и спокойно сказала:

— Он не подарок. Скоро сама поймёшь, с кем связалась. Но если он тебе нужен — забирай. Только не жди, что я за него буду драться. Пусть собирает вещи и идёт к тебе. Я свободна.

Светлана не проронила ни слова. Даже не попыталась оправдаться.

Когда я вышла из её квартиры, сердце колотилось так, будто хотело выпрыгнуть из груди. Двое самых близких предали меня. Дорога домой заняла целый час. Но в какой-то момент я осознала: а ведь мне больше некуда спешить.

Дочка у бабушки, ужин мужу готовить не нужно — его уже кормят Светкиными котлетами.

Я не врала: муж и правда был далёк от идеала. Ничего не умел, ничего не хотел. Приходил, падал на диван с бутылкой «Балтики», и так — каждый вечер. Зарплата — гроши, помощи по дому — ноль. Я пробовала уговаривать, ругаться, молчать. Ничего не помогало.

На следующий день он собрал вещи и ушёл. К Светлане.

Интересно, думала я, сколько она продержится.

Ответ пришёл через полгода. Осознав, во что вляпалась, Светлана выставила его за дверь. И вот он снова стоит у меня на пороге — помятый, потрёпанный, с виноватой ухмылкой:

— Может, попробуем заново?

— Нет, — ответила я твёрдо. — Возврата нет. Я поняла, как хорошо без тебя.

Со Светланой мы больше не общаемся. Ни звонков, ни сообщений. Иногда вижу её в городе. Однажды столкнулись в «Пятёрочке». Она остановилась, посмотрела мне в глаза и вдруг выдавила:

— Прости. Жаль, что мы больше не подруги.

Я лишь улыбнулась. И прошла мимо.

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«Телефон подруги: неожиданная встреча с голосом мужа»
Le gène du risque Un dimanche matin tranquille à Paris, fin novembre : ciel gris, branches nues derrière la fenêtre. Dans la cuisine, le réfrigérateur bourdonne, une bouilloire refroidit sur la table, des assiettes sales témoignent du dîner de la veille. Serge, la quarantaine, ingénieur dans une petite société de ventilation, épluche une orange méthodiquement, déposant la peau dans le cendrier. Sa femme, Tatiana, comptable dans une école, farfouille dans le placard, cherchant des filtres à café. Sur la chaise près de la fenêtre, la veste de leur fils Daniel, étudiant, traîne à côté de son sac de sport. Leur fille, Anne, travaille dans une agence de publicité et a promis de passer pour déjeuner, accompagnée de son nouveau petit ami, que les parents n’ont encore jamais vu. — Tu sais quel âge il a, son copain ? demande Tatiana sans se retourner. — Va savoir, répond Serge en haussant les épaules. Il a une voix d’adulte, au téléphone… Tatiana soupire. Elle soupire souvent ces derniers temps. À quarante-six ans, la routine familiale est bien rodée : travail, maison, quelques sorties. Les parents de Serge sont décédés depuis longtemps. Ne reste que la mère de Tatiana, Madame Valentin, une septuagénaire qui habite dans l’immeuble voisin. — Je passerai voir Maman après le déjeuner, annonce Tatiana. Elle se plaint encore de ses jambes… Cette plainte revient depuis des années entre arthrose, varices et cachets à prendre comme une horloge. Parfois, Serge l’accompagne à la polyclinique — toujours sans agacement, mais avec une tendresse lasse : la vieillesse, voilà tout. La porte claque dans l’entrée. Daniel, grand, mince, pénétré dans ses écouteurs, enlève ses baskets. — M’man, je mangerai plus tard, d’accord ? On file à la salle. — À la salle… répète Tatiana. Et les partiels, ils se passent tout seuls, peut-être ? — Tout va bien, M’man, répond Daniel, s’écartant du passage. Il ne lui reste plus que deux validations à passer. Serge regarde son fils et pense à la rapidité du temps : hier encore il le tirait sur une trottinette dans la cour, aujourd’hui, Daniel a des biceps, un tatouage et sa propre vie. Une famille française comme tant d’autres : un prêt immobilier, un séjour par an — Bretagne, parfois Turquie —, des disputes pour les finances, la poubelle ou les appels à belle-maman. Rien d’exceptionnel. Récemment, Tatiana est plus souvent fatiguée. Le soir, elle s’affale sur le canapé, jambes repliées, à se plaindre de douleurs. Serge met ça sur le compte du travail et du temps froid. Elle reste assise toute la journée devant un écran. Ce jour-là, tout a commencé non par ses jambes, mais par sa mère. Mme Valentin a appelé en début d’après-midi, alors qu’Anne et son copain étaient déjà là, avec un buffet prêt : salade piémontaise, hareng sous manteau de betteraves, poulet au four. La voix de la vieille dame tremble : — Ma Tatianouchka, ma main vient encore de tressauter… Et la jambe… J’ai eu peur. Tatiana blêmit, repousse son assiette. — J’arrive, Maman. Serge se lève aussi. — J’accompagne. — Reste ici, tranche-t-elle. Anne, occupe-toi de ton invité. Je reviens vite. Il enfile malgré tout sa veste. Ensemble, ils descendent, traversent la cour. L’odeur du palier chez la belle-mère : eau de javel et chou bouilli. Madame Valentin ouvre elle-même, s’agrippant à la porte. — Montre-moi, exige Tatiana. La main ? — Là… peut-être la tension, essaie d’en plaisanter la vieille dame. Un malaise confus serre Serge. Active jusqu’alors, habituée de la paroisse, Madame Valentin s’est dispersée ces dernières semaines ; elle oublie parfois d’éteindre le gaz. — On appelle le SAMU, tranche Serge. — Oh, ce n’est rien, répond Madame Valentin. Ça passera. Mais cela ne passe pas. Une heure plus tard, ils patientent aux urgences de l’hôpital de quartier, pris dans l’atmosphère surchauffée, entre effluves d’antiseptique et de lessive. Madame Valentin part sur une civière pour des examens. Tatiana tourne en rond ; Serge tente de joindre Anne pour prévenir, en vain. — Sans doute les nerfs, murmure-t-il pour rassurer, sans savoir vraiment qui. Tatiana hoche la tête, les yeux agrandis d’inquiétude. Le diagnostic tombe dans la soirée, énoncé par un médecin fatigué dans un cabinet exigu. — Votre mère présente des signes d’une maladie neurologique. Nous avons pratiqué un scanner : rien d’aigu, pas d’AVC, mais suspicion d’un processus dégénératif. — C’est-à-dire ? — Tatiana ne saisit pas immédiatement. — On observe des modifications cérébrales. Il faudra des examens supplémentaires, chez un neurologue, et même un généticien. Ce mot, Serge n’y avait jamais attaché d’importance pour sa propre famille : génétique ? — Ça pourrait être héréditaire ? s’inquiète-t-il. — Il est trop tôt pour l’affirmer. Certaines maladies peuvent avoir un facteur génétique. D’autres, non. On va approfondir. Dans le couloir qu’une odeur de chlore imprègne, on ramène Mme Valentin dans sa chambre. Elle essaie de plaisanter : — Alors, je survis encore ? — Maman, ce n’est pas drôle, proteste Tatiana. Serge regarde par la fenêtre la cour plongée dans la nuit ; son cerveau rumine un seul mot : héréditaire. La semaine suivante, ils se rendent au CHU. L’ambiance diffère : portes vitrées, files numérisées, grands écrans. Mme Valentin subit IRM, bilans et un long examen neurologique. Puis, tout le monde est convoqué devant une généticienne : — Les résultats font suspecter une maladie neurodégénérative héréditaire, la maladie de Huntington. Vous en avez entendu parler ? Personne ne connaît. Tandis que la spécialiste explique la mutation en cause, la transmission à 50% aux enfants, Serge sent le froid le gagner. Peut-être Tatiana porte-t-elle aussi ce « gène du risque » : leurs enfants, Anne et Daniel, seraient alors concernés eux aussi. Soudain, la vie de tous bascule. Tatiana ne pense qu’à la bouleversante loterie du sort : « Cinquante pour cent, une pièce lancée dans l’air…». Faut-il passer le test ? Préférer l’incertitude cruelle ou la vérité, quelle qu’elle soit ? Les questions les assaillent, la honte, la culpabilité, la peur de l’avenir, du regard, le fardeau à transmettre. Les décisions déchirent la famille : Anne renonce au test, Daniel veut absolument savoir. Tatiana hésite encore. Le résultat viendra, tranchant, mettant fin à des nuits d’angoisse. Il n’y a pas de mutation chez Tatiana : la malédiction s’arrête à la génération précédente. La famille respire — mais elle ne sera plus jamais tout à fait la même. Leur histoire n’a rien d’exceptionnel. C’est celle d’une famille française confrontée à la génétique, au choix de savoir ou de ne pas savoir, à l’angoisse de transmettre. C’est la crainte du lendemain, mais aussi l’art de savourer la force des gestes quotidiens et la chaleur d’être ensemble, malgré le risque, avec ou sans gène invisible. Chacun porte son fardeau, sa peur, ses choix, mais au cœur de l’incertitude la famille continue — aimante, fragile, courageuse. — Encore un peu de thé ? demande Serge. — Sers-moi, répond Tatiana. Et, dans le silence du soir, ce geste simple contient déjà la promesse de tout l’avenir.