J’ai mis à la porte les invités de mon mari lorsqu’ils ont commencé à critiquer ma maison et mes plats préparés.
Je me souviens, il y a bien longtemps, dun soir où jai dû chasser les invités de mon mari dès quils ont
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03
La liste sur le quartier Nadège Simon, l’infirmière, marchait dans le couloir du centre médical, une pile de dossiers sous le bras, son badge tirant sur son col, ses lunettes glissant sans cesse sur le nez. Les voix bourdonnaient, les chaises grinçaient, quelqu’un éternuait bruyamment, et par-dessus tout flottait une odeur persistante de Javel et de savon provenant des toilettes. — Madame l’infirmière, c’est encore long ? — interpella une femme en doudoune, collée contre le mur avec un sachet d’analyses sur la poitrine. — Chacun son tour, — répondit Nadège Simon sans regarder. — Vous avez donné vos dossiers ? Alors attendez. Elle entra dans la salle de soins, posa les dossiers, retira ses gants encore un peu collants, et poussa un soupir. Il restait trois jours avant le Nouvel An, qu’on ne sentait que par quelques guirlandes en papier accrochées aux portes, et les gens dans la file râlaient autant contre leur tension que contre les prix des magasins. — Nadège, tu tiens le coup ? — la docteure généraliste, menue, entra tête coiffée d’une queue-de-cheval. — Je t’ai remis deux visites à domicile, ne râle pas. C’est du quartier, des seniors. — Je vais bien, — dit simplement Nadège. — Passe le papier. Elle glissa le feuillet avec les adresses dans sa poche, vérifia son sac avec le tensiomètre et les seringues. Les visites étaient pour son secteur, ces immeubles en béton qu’elle connaissait par cœur, ascenseurs inclus, rien qu’au bruit. À midi, l’affluence s’estompa. Nadège enfila par-dessus sa blouse une parka épaisse, chaussa ses bottines fourrées qu’elle gardait sous la table, et sortit dehors. La neige crissait, les voitures dormaient dans la neige sale, roues dépassant. Elle serra son sac à outils sous le bras et fila vers l’arrêt de bus. Première visite, dans la cour voisine. Immeuble gris, porte lourde qu’il fallait pousser du bassin pour la fermer. À l’intérieur, odeur de croquettes et de serpillère mouillée. L’ampoule papillotait au plafond, la musique résonnait en haut. Appartement au cinquième, sans ascenseur. Nadège comptait les marches, s’arrêta au troisième pour souffler, adossée au mur, le cœur battant fort. Elle songea brièvement qu’elle aussi, bientôt, appellerait «la visite à domicile» plutôt que de courir chez les autres. La porte ouvrit sur une femme maigre de quarante ans au pull déformé. — Entrez, — dit-elle puis cria dans le salon : — Maman, c’est l’infirmière. Dans la pièce, la vieille dame était allongée en gilet tricoté sous la fenêtre. Sur le rebord, trois pots de fleurs, un vieux pompon brillant suspendu. — La tension monte et descend, et la toux… Le docteur a dit de vérifier, — expliqua sa fille. Routine : Nadège posa le brassard, la grand-mère la regardait avec ses yeux lavés et vifs. — Vous préparez le Nouvel An ? — demanda-t-elle alors que l’appareil siffla. — Oh, moi… — Nadège fit un geste. — Des gardes, des visites. Je brancherai la télé, ferai un petit plat, rien de plus. — Nous, — la vieille pivota vers la fenêtre, — on a accroché cette boule pour ne pas oublier la fête. Ma fille travaille, je serai seule. Mais voyez, j’y suis habituée. Elle le disait sans plainte, et Nadège en fut gênée. Elle revit son studio, l’étendoir encombrant la cuisine, l’aneth sec dans un verre. Le sapin n’était plus de mise depuis cinq ans, la boîte à boules prenait la poussière. — Votre tension est bonne, continuez les comprimés comme prévu. Je vais écouter la toux. Stéthoscope posé, souffle râpeux. La pièce laissait à peine entendre le tic-tac de l’horloge et la vaisselle chez les voisins. — Vous repasserez avant la fête ? — demanda la vieille. — Si on m’appelle, je viendrai. Autrement… On ne peut pas passer «juste comme ça». — Je comprends, — acquiesça la grand-mère, puis soudain : — Et chez vous, il y aura quelqu’un ? À minuit ? Pour trinquer ? Question toute simple, mais si directe. Nadège sentit un pincement. — Qui voudrez-vous que vienne… Les grands sont ailleurs. Ils appelleront, sûrement. La vieille la regarda avec une étrange chaleur. — Alors on regardera la télé ensemble, — dit-elle. — Chacune chez soi. En redescendant, Nadège rumina cette phrase. «Ensemble par écran interposé». Elle se rappela s’être assoupie pendant le réveillon précédent, lumières allumées, télé bruitant à la cuisine. Le lendemain, routine, sans grand écart entre fête et jour ordinaire. Deuxième visite, même immeuble, autre cage. «Patient grabataire», disait la fiche. Un homme seul après AVC, les aides se relayaient. Même décor : murs gris, boîtes aux lettres marquées au feutre. La porte ouvrit sur une aide-soignante. Dans la chambre, l’homme regardait le plafond, mains tombantes. La télé diffusait un vieux film. — Alors, notre champion ? — sourit Nadège. — La nuit, la toux et la tension… J’ai appelé le médecin, elle vous a envoyée. Il la regarda à peine. — Bonjour. Bientôt la fête, et vous êtes là… Ça ne se fait pas. Il eut un mince sourire. — Moi, la fête… Pourvu que la nuit passe. Nadège vérifia la perf, la tension, nota dans le cahier. Odeur de médicaments, de cuisine. On aurait dit que la bonbonnière sur le rebord attendait toujours des visites. — De la famille ? — murmura-t-elle à l’aide-soignante dans le couloir. — Une sœur, mais elle passe rarement. Pas de réveillon, elle a dit au téléphone. Moi, je suis là la nuit, c’est mon service. En descendant l’escalier, Nadège réalisa : même dans SA propre cage, il y avait des gens pour qui la fête rimerait avec silence allongé. Elle, voisine mur à mur, ne s’en souvenait que lors des visites médicales. Quand elle rapporta ses dossiers à la polyclinique, la nuit était tombée. Les flocons voltigeaient dehors sous les lampadaires. Quelqu’un mâchonnait un sandwich, la télé marmonnait les infos. — Nadège, t’es pas joyeuse ? — demanda la généraliste, un thé à la main. — Comme tout le monde… Dis, sur notre secteur, il y en a beaucoup des vraiment seuls ? — Tu voulais quoi… La moitié des dossiers. Pas vraiment de famille. Pourquoi ? Nadège regarda la liste des visites accrochée au mur. «Je passerai seule», «C’est quoi la fête pour moi»… Les phrases tournaient. — Je me demandé… On ne pourrait pas… Je sais pas. Les féliciter ? Un sachet de mandarines, du thé, juste dire bonjour… La médecin leva les yeux, surprise. — Tu vas te faire taper sur les doigts ! Pas de cadeaux, pas d’initiatives personnelles, tu le sais bien. — Je sais, — coupa Nadège. — Pas au nom du centre, juste personnellement. Je les connais en tant qu’infirmière, mais je pensais… La médecin soupira. — Tu es gentille, mais ne prends pas tout sur toi. On se tue déjà à la tâche. Va voir, si tu veux, mais seule — pas au nom de la polyclinique, ni avec nous. Sinon, tu risques une plainte ! Mot «plainte» comme une douche froide. Nadège connaissait la peur des signalements : enquête, justifications, remontrances. Le soir, elle rentra à pied dans la nuit mordante. Ses courses pesaient plus lourd. Derrière les vitres, quelques sapins électriques brillaient, au rez-de-chaussée, les enfants riaient. Dans son hall d’immeuble, silence; une mini-sapin et un pot sec sur le rebord. Affichette d’alerte à l’eau chaude, scotchée sur le mur. Chez elle, lumière et table froide. Elle mit l’eau à bouillir, la théière prête, puis s’assit, ouvrit le carnet dans son sac. Premier titre : «À qui ça fait mal». Elle pensa à la vieille à la boule, à l’homme grabataire, à la patiente du bâtiment d’en face toujours en plainte de «n’avoir personne». Elle nota les noms, les adresses. Une petite liste, dix lignes. Elle la contempla, fatiguée. Les objections surgissent : «C’est pas ton rôle», «Tu ne dois pas», «Tu es épuisée». Elle se massa le front. Si j’achetais juste un peu de mandarines, que je distribue… Sans discours, ni tralala. Juste frapper, dire «bonne année». Ceux qui veulent, prendront. Ce qui l’effrayait, c’était moins le refus des gens que la démarche elle-même. Dans le cabinet, tout est clair — perfusions, tension, dossiers. Mais ici, il fallait entrer dans la vie des autres, ne serait-ce qu’une minute. Quand la théière siffla, elle s’assit, carnet devant elle. En bas de la liste, presque sans réfléchir, elle ajouta : «Appartement 87, la voisine du dessus, grabataire». Elle ne la connaissait que par le bruit des béquilles de l’aide-soignante dans le hall et l’odeur de soupe. Le lendemain, arrivée plus tôt, cabinet désert. Un balai, un bruit dans le couloir, Nadège accrocha sa blouse, posa son carnet sur la table. Bientôt la jeune aide-soignante à coupe courte franchit la porte. — Bonjour ! Il va y avoir foule aujourd’hui, on s’en souviendra longtemps ! — Dis, — fit Nadège avant que la fille puisse enfiler ses gants, — Tu sais, il y a des patients vraiment seuls. Si on mettait chacun 2 euros, on achète des mandarines, du thé. Je les distribuerai. La fille sursauta. — Et si on se fait… — elle se tut, mais le sens était clair. — Pas au nom du centre, — Nadège précisa vite. — Juste de nous. Pas de liste, pas de nom. Personne ne saura. C’est juste… pour qu’il y ait quelque chose. La fille fouilla sa poche, sortit un billet. — D’accord, — dit-elle. — Mais ne dis pas que je participe. Sinon, on dira que je bosse mal. À midi, le carnet de Nadège s’est garni de quelques billets — vingt euros là, cinq ici, et certains refus. Une médecin siffla : — Tu crois que tes mandarines vont leur changer la vie ? Tu ferais mieux de militer pour des ordonnances gratuites. Nadège répondit d’un haussement — les médicaments, oui, mais ce n’est pas son domaine. Les mandarines, si. Après le service, virée à l’Intermarché du centre-ville. La foule, les chariots, les disputes devant le mousseux. Nadège achète deux kilos de mandarines, du thé, des biscuits. À la caisse, la vendeuse demande, mécanique : — Vous faites les courses pour la fête ? — Presque, — sourit Nadège. Chez elle, elle répartit les achats dans des sachets — mandarines, une boîte de thé, quelques biscuits, neuf paquets. Elle les contemple, un peu fébrile, comme avant un oral. — Je débloque, — murmure-t-elle mais ne range pas les paquets. Le soir, bien emmitouflée, elle prend trois paquets dans chaque main, les autres suivront. Elle commence avec ses voisins du hall : le patient grabataire et la dame du dessus. Chez l’homme AVC, cœur battant, Nadège sonne. L’aide ouvre, surprise. — Encore un souci ? — Non, — dit Nadège, — juste ceci, pour les fêtes. Mandarines, thé. Vous acceptez ? L’aide hésite. — C’est de la part de qui ? — Des voisins, — souffle Nadège. — Juste pour que ce ne soit pas trop vide. Dans la chambre, le patient entend : — Qui c’est ? — Des cadeaux, — répond l’aide. — Quels cadeaux ? Je veux rien ! Nadège se penche. — C’est l’infirmière, rien d’extra. Je laisse les mandarines, vous en ferez ce que vous voulez. Son regard s’adoucit un instant. — Bonne année, — dit-elle, un peu gauche. — À vous aussi, — grommelle-t-il. Dans l’escalier, elle respire : au moins, pas jetée à la rue. Chez la voisine du dessus, elle attend longtemps, puis la porte s’ouvre. Dame âgée, robe de chambre, foulard. — Oui ? — Je suis du palier en dessous, — explique Nadège. — On se connaît à peine, sauf pour les soins. Voilà un petit rien pour la fête : mandarines, thé. Vous acceptez ? La femme semble gênée : — Faut payer ? — Non, juste comme ça. Bonne année. Elle prend le paquet, ému. — Merci. Je me disais : qu’il vienne au moins quelqu’un frapper. N’importe qui. Le mot la frappe. Nadège acquiesce, sans répondre. — Si besoin, je suis un étage plus bas. N’hésitez pas. — C’est gênant… Vous travaillez, vous avez vos problèmes. — On sait jamais, — sourit Nadège. — Bon, je file. Avec les restes, direction la vieille à la boule, à cinq minutes à pied. Là, elle lève les yeux au troisième étage, silhouettes des pots sur le rebord. Elle monte, compte les marches. La fille ouvre, surprise. — Un problème ? — Non, — dit Nadège, — je passais… Voilà, pour la fête, mandarines, thé. Rien d’extra. La vieille tend la main, doigts tremblants. — Merci, je n’ai rien à vous offrir. — Je n’attends rien. — Alors laissez-moi dire : vous êtes gentille. Ça se dit ? Un nœud à la gorge. Elle détourne le regard vers les fleurs. — Vous pouvez, mais à dose raisonnable. Petit rire. Quelques minutes pour causer météo et films ringards. Elle repart. Les visites suivantes, aléa : une femme refuse tout net, une autre s’excuse du désordre chez elle, un homme sur béquilles soupçonne une opération pub. Certains sourient, d’autres sont gênés ou râlent contre «les routes à refaire». À chaque descente d’escalier, Nadège se sent mi-idiote, mi-soulagée. Elle ne sauve personne, ne règle rien. Mais sur le pas de la porte, le temps d’une poignée de minutes, il y a entre ces gens un «quelque chose» inconnu. La veille du réveillon, elle continue à galoper en cabinet. Les patients affluent «pour éviter de traîner pendant les fêtes», déposent des boîtes de chocolats discrètement. Des paquets de biscuits et de chocolats traînent, puis un panneau interdit les cadeaux… que personne ne lit. — Nadège, — glisse l’aide, — t’as tout distribué ? Faudrait pas qu’ils soient tristes ! — Ceux que j’ai vus, — répond-elle. — Les autres, la prochaine fois. — T’es un héros, — dit la jeune — mais garde le secret. Le soir, les couloirs sont déserts, la femme de ménage laisse des traces humides. Dans la salle, seulement le frigo à vaccins qui bourdonne. — Rentrez, — ordonne la chef de service, — demain c’est congé. Pas de visites sauf urgence. Nadège retire soigneusement sa blouse, pose sa sacoche, ferme la lumière. Aux guichets, une collègue fait du tricot, le panneau de dépistage trône, là où la queue d’habitude s’étire. Dehors les pétards commencent, fuse rouge au loin. Sous ses pieds, la neige craque. En arrivant au hall, une jeune voisine l’arrête. — Nadège, c’était vous chez ma grand-mère hier ? Elle m’a parlé du «Père Noël» toute la soirée ! — Quel Père Noël ? J’ai juste apporté des mandarines. — Ben voyez, ça l’a rendue heureuse. Elles plaisantent un instant, puis Nadège monte chez elle, lumière allumée. Silence, horloge tic-tac. Elle dépose sa sacoche, file à la cuisine, soupe froide de ce matin. Elle se sert, rajoute un zeste de citron. La télé est muette. Elle attend. Dehors, quelques feux d’artifice se reflètent au verre. Elle repense aux visages : la vieille à la boule, l’homme à la perf, la voisine au sac comme un trésor. Une femme, recevant le sachet, a soufflé : «Je croyais qu’on m’avait oubliée». Moi non plus, on ne m’a pas oubliée, pense-t-elle. Ce n’est pas qu’on lui ait offert quelque chose, c’est que, ce jour-là, on lui a ouvert les portes — et derrière, il y avait des personnes qui la voyaient autrement que comme une infirmière au tensiomètre. Elle finit son thé, va au salon. Sur l’armoire, la boîte à décorations. Elle la sort, soulève le couvercle, les boules de verre et les guirlandes brillent dans des vieux journaux. Pas de sapin, mais elle pend une boule près de la fenêtre, à la place des clés. La sphère capte la lumière, reflète la cuisine et elle-même. À ce reflet, elle sent un peu de légèreté. Pas de miracle. Demain, d’autres visites, des files d’attente, des plaintes. Toujours la fatigue, toujours le papier. Mais elle a ce carnet avec sa liste, ses petits signes discrets — pas comme un rapport, juste comme un rappel : il y a des gens à qui on peut rendre visite, non plus avec une seringue, mais juste une mandarine et un bonjour. Dehors, une explosion, le verre tremble. Elle sourit. Elle regarde les enfants jouer au bas, les parents emmitouflés. Quelques minutes, puis chez elle, elle éteint la cuisine, va au salon, allume la télé où le spectacle commence. Assise dans le fauteuil, son portable en main, elle écrit à sa fille : «Bonne année, tout va bien ici», puis à la voisine du dessus : «Si besoin, je suis là». Les réponses tardent. La fille promet d’appeler avant minuit. La voisine écrit simplement : «Merci». Nadège pose le téléphone, s’alonge. Des bruits de toast résonnent chez les voisins, rires filtrent. Chez elle, c’est calme, mais ce calme ne lui semble plus vide. Elle ferme les yeux, écoute les bruits de la maison, les pétards lointains, son souffle régulier. Elle est fatiguée, mais moins seule qu’avant. Ce sentiment, discret mais têtu, lui paraît être le plus beau bilan de l’année écoulée.
Carnet dune infirmière sur mon secteur Je traverse le couloir du centre médical, la pile de dossiers
Journal de santé : le quotidien de Nathalie face à l’hypertension, entre habitudes familiales, régime, défis au travail et quête de stabilité, dans une banlieue française où le carnet, les petits déjeuners à la baguette et les promenades deviennent les outils d’un équilibre retrouvé
Journal de santé Les matins se ressemblent : lalarme du téléphone, un défilement rapide des actualités
DEUX AILES
DEUX AILES Je me souviens, comme si cétait hier, de Romain et Violette, qui vécurent ensemble sept années
Тайна Черного кота: Как Ольга из шумной Москвы отправилась на поиски покоя в глухую деревню, сняла дом с темным прошлым и обрела не только тишину, но и верного спутника
Городская суета выбивала меня из равновесия больше обычного. Живу в центре Москвы, десятый этаж, сплошной
Живите так, как хотите: Найдите радость в каждой минуте своей жизни
Колёса чёрного лимузина плавно касаются бордюра Тверской в Москве. Машина не просто средство передвижения
ВРЕМЯ РАСПРАВИТЬ КРЫЛЬЯ — Мама, мы тебе Дашу привели, на улице осталась гулять, присмотри за ней! – сын Виктор позвонил Лидии Николаевне. – Мы с женой на юбилей приглашены. — А как же Даша? Ей в садик завтра! – всполошилась Лидия Николаевна. – Да и я собиралась с подругой на дачу съездить. Договорились уже. — Мама, ну ты что, серьезно?! Нам из-за твоих заморочек на юбилей не идти? Подарок уже купили. А Дашу не обязательно вести в садик. Посидите дома, мультики посмотрите, – сын нервно постукивал по телефону. – Хотя какой садик? Завтра ж суббота! Сбиваешь меня с толку! Точно! Мы в воскресенье её заберём! Всё, пока! Не успела мать сказать, что в воскресенье встречается с приятельницей, как сын бросил трубку. — Мама, дай денег! – в комнату заглянула младшая дочь. – Мы на квест хотим сходить. — Лиза, у меня сейчас нет свободных денег, – мать прикидывала, сколько налички в кошельке, сколько осталось на карте и сколько ждать до зарплаты. – Я на лекарства отложила. — Ну как всегда! – фыркнула дочь. – Все пойдут, а я дома киснуть буду. — Лизонька, – мать встала, потом вспомнила о внучке, что осталась на улице. – Доча, выгляни в окно, там Дашенька гуляет. Проверь. — Вот еще, что за ней смотреть?! Не маленькая, дорогу знает, сама придёт, – огрызнулась дочь. — Ну зачем ты так? Она же маленькая еще! А я пока посмотрю, хватит ли мне тебе на квест. Сколько нужно? Лиза назвала сумму. Мать вздохнула — это как раз та сумма, что она отложила себе на медикаменты. Раз в три месяца принимала для профилактики. Придётся отложить приём. Ну, ничего, поболят суставы — не привыкать. Зато дочь будет довольна. — Ты посмотрела на Дашу? – крикнула Лидия Николаевна Лизе. — Да посмотрела, – отозвалась та. – Вон гуляет твоя Даша. В это время девочка залезла на железную горку и, оступившись, полетела вниз. — Ой, кажется, она упала, – Лиза спокойно смотрела, как племянница плачет под горкой. — Ну что же это такое?! – Лидия Николаевна, в халате и тапочках, помчалась через две ступеньки на улицу. Даша держала руку и плакала от боли. Срочно вызвали такси. В травмпункте, к счастью, ничего серьёзного не обнаружили. — Ушиб, – поставил диагноз врач. — Ну хоть не перелом, – с облегчением вздохнула Лидия Николаевна, но на всякий случай позвонила сыну. — Витя, сынок, мы с Дашей в травмпункте, но не волнуйтесь, ушиб. Она упала с горки. — Мама, ну что за ерунда?! – закричал сын. – Тебе совсем нельзя доверять ребенка? Раз в сто лет выбрались отдохнуть. — Всё нормально, отдыхайте. – Матери было неловко – сын так кричал, что врач, выйдя в коридор, покачал головой. – Нам даже бинтовать не стали. — Ладно, – снизил тон Виктор, – из дома больше ни шагу. Лидия Николаевна снова не успела сказать, что у неё билеты в театр — сын опять бросил трубку. Перезванивать она не решилась. «Что-нибудь придумаю. До воскресенья далеко», – подумала она. Дома ждала сердитая дочь. — Ты не могла бы мне деньги оставить, а потом ехать куда хочешь? – набросилась она на мать. – Все только меня ждут. Давай! Я спешу! – потребовала наличку. Мать поспешно достала всё, что было, и отдала Лизе. Та пересчитала и скривилась: — Копейка в копейку! А вдруг кофе захочу?! — Лиза, доченька, это всё! На карте на проезд только, – развела руками мать. — Могла бы и пешком прогуляться, – пробурчала Лиза и выскочила из дома. — Бабушка, я кушать хочу! – напомнила о себе внучка, и бабушка поспешила её накормить. Пока Даша ела, Лидия Николаевна задумалась: «Вот и мои были такими же маленькими. А теперь — выросли. Витюше тридцать лет уже! С ума сойти. И Лизе скоро восемнадцать. Надо устроить праздник!» Потом вспомнила разговор с сыном — стало обидно. Раз в сто лет отдохнуть решили? Каждый выходной ребёнка подкидывают! И всё без предупреждения. Лидия Николаевна всю жизнь отдала детям. Себя всегда обделяла. Муж ушёл к другой женщине, когда сын женился. — Одного я на ноги поставил, — сказал он, собирая вещи. — Со второй сама справишься. Алименты буду платить до восемнадцати лет. Он ушёл, хлопнув дверью. Она так и не поняла, что сделала не так. В субботу Лидии Николаевне пришлось извиняться перед подругой. — Нина, прости, внучку привезли без предупреждения, не смогу приехать, как обещала. — Лида, не поняла, как без предупреждения? У тебя что, своих дел нет? Это что за эгоизм? — Они подарок купили, на юбилей собрались… — А ты? Ты же мне обещала. Мясо на шашлыки купила, бутылку! Что теперь делать? Всё, такси вам заказываю. Через 15 минут приедет. Жду! Подруга сбросила вызов. Пришлось Лидии Николаевне быстро собираться, брать внучку и выходить. На даче у Нины было здорово. Даша забыла про руку, играла с кошками и в саду. — Лида, — нанизывая мясо на шампур, журила подруга — твои дети сели тебе на шею. Лизке семнадцать, а запросы — ого! Ты когда последний раз была у парикмахера? — А зачем? — пожала плечами Лида. — Сама подстригаюсь. И краска есть. Нина показала «рука-лицо». — А когда себе что-то покупала? — Да есть что носить… — То, что до замужества купила? В общем, подруга, пора пересмотреть свою жизнь. Давай, за нас! Они налили напитки, потом накормили Даринку, укладывали, а сами посидели, вспомнили молодость, мечты… Всё, что у Лиды сбылось — дети. Да и то, от семьи только название. Провожая утром Лиду, Нина обняла её: — Не предавай мечты! Дома их встречали разъярённые родители Даши. — Мама, ты с ума сошла? Таскать больного ребёнка куда попало?! — Виктор был в ярости. — Почему куда попало? На дачу к Нине. — спокойно оправдывалась Лидия Николаевна. — Папа, мама, там так классно! — пыталась вставить Даша, но родители игнорировали. — Лидия Николаевна, это безответственно! — Невестка тоже упрекала свекровь. — А что волноваться? Позвонила бы, если что случилось. — Мама, мы от тебя не ожидали! — Сын с невесткой забрали дочку и ушли. — Странные, — вышла Лиза, — вчера мало волновались за дочь, а сегодня что? Лида посмотрела на дочь. Сказала всё, что и сама думала, но сказать не осмелилась. — Как вчера сходила? — Нормально, — фыркнула та, — все потом в кафе пошли, а я одна домой. Тебе же папа алименты платит. Куда они деваются? — Как куда? А репетиторы? А новый телефон? А одежда из фирменных магазинов? Я и не знала, что футболка может стоить как велосипед! — Ты ничего не понимаешь в брендах! — махнула Лиза и ушла. Проходя мимо, Лида услышала, как дочь по телефону жалуется подруге на неё. — Выглядит как бомж. Свитера растянутые, юбки без формы, волосы ужас. Позор. Я не удивляюсь, что папа ушёл. Видела его с новой женой — красавица! У меня днюха скоро. Не знаю, как к ней подступиться… Лида больше слушать не стала. Лишь о дне рождения дочери задумалась: «Я её не подведу! Займу денег, но праздник будет!» День рождения скоро. Лида заняла у подруги, не сказав зачем. Купила цветы, заказала дорогой торт, приготовила салаты, курицу, в конверт — три тысячи. Утром Лиза вышла — мать встречает с цветами и конвертом. — Доченька, поздравляю… — О, конвертик! Сколько там? — не дала договорить Лиза. — Это всё?! Хорошо, что папа ещё дал, а то опозорилась бы перед друзьями… Цветы в вазу поставь. Я пошла. — Лиза, а я тут накрыла стол, думала, ты с друзьями… — Я просила? Народу тусить надо! Лучше бы эти деньги мне дала. Именинница ушла. Лида смотрела на стол и в ней закипало. Вспомнила разговор дочери, упрёки сына, наглость невестки, слова Нины. Встала перед зеркалом: — Мне 52. А выгляжу как?.. Фигура-то неплохая, а одежда как у бабки. Ни макияжа. Лицо уставшее, синяки. Волосы как мочалка… Баба Яга лучше выглядела. Ради чего всё? Ради претензий и неблагодарности?! Никто не спросил, чего я хочу! Она ходила по квартире, буря внутри. Вся жизнь — ради детей! Мужа — мало внимания, про себя забыла, всё детям. Вот и ушёл. — Я бы тоже ушла, — вслух усмехнулась. Взяла телефон. — Нина, дай номер твоей парикмахерши. И в магазин со мной пойдёшь? Но после зарплаты, я ведь ещё в долгу за праздник, — горько усмехнулась Лида. — Считай, это мой подарок твоей дочери, — хмыкнула Нина. — А с тобой я всё лично схожу! Сегодня праздник не только у неё, но и у тебя. Только договорили — звонок от сына: — Мама, мы Дашку привезём. Нас Лизка в кафе позвала. — Меня нет дома и не будет, — ответила Лида и повесила трубку. — Вот так! Мать не зовут! Деньги давай, с внучкой посиди, а праздновать — без мамы! Звонок снова. — Мама, ты что? Куда собралась? Мы подъехали! Не везти же её назад? — Везите куда хотите! Вы спросили, свободна ли я? С этого дня — минимум за два дня предупреждайте! Против Даши ничего не имею, но у меня есть своя жизнь. Ты понял? Сын молчал, ошарашен. — Я не слышу! — Понял, — тихо сказал Витя. Мать отключила вызов, а Витя долго смотрел на экран. На следующий день Лиза не узнала мать. Вернулась поздно, а утром увидела за столом красивую женщину. — Здравствуйте! А мама где? — Нигде, — ответила Лида. — Мама?! — Нет, голограмма. Ну что, с совершеннолетием! Теперь алименты закончились. Я была обязана до восемнадцати — свою миссию выполнила. Если учиться дальше будешь — помогу. Но не содержу. Если работать — не препятствую. Можно даже снимать квартиру. Пора учиться самостоятельности. Лиза глазам и ушам не верила. — А я на работу. Посуду помоешь. Еда на три дня. Торт можешь съесть. После работы — к тёте Нине на дачу. У меня праздник — дети выросли. Свободная жизнь с чистого листа! Лиза смотрела в окно — из подъезда вышла стройная женщина в модном костюме, на каблуках легко перепрыгнула лужу и исчезла за углом. Дочь надеялась, что мама снова будет прежней, но Лидии Николаевне больше понравился образ гордой орлицы, расправившей крылья навстречу ветру перемен.
ВРЕМЯ РАСПРАВИТЬ КРЫЛЬЯ Мам, мы тебе Машу привели, она во дворе гуляет, присмотри за ней, ладно?
Mon mari a invité son ex-femme et ses enfants pour le réveillon du Nouvel An, alors j’ai fait ma valise et suis partie chez ma meilleure amie – Oleg, tu plaisantes j’espère ? Dis-moi que c’est une blague, ou bien j’ai mal compris à cause de l’eau… Natalia ferma le robinet, s’essuya les mains et se tourna lentement vers son époux. L’odeur des légumes cuits, de l’aneth frais et des mandarines flottait dans la cuisine, annonçant la fête à venir. Il restait six heures avant minuit. Sur la table, la montagne d’ingrédients pour la salade russe attendait, le canard aux pommes caramélisait au four et la terrine maison refroidissait au frigo après une nuit de cuisson. Oleg, gêné, restait planté dans l’embrasure de la porte, triturant le bouton de sa chemise – signe d’embarras, mais il ne comptait pas reculer. – Natalia, ne commence pas, s’il te plaît, implora-t-il. Les tuyaux de Larissa ont lâché – enfin, pas cramés, mais il n’y a plus d’eau ni de chauffage. Tu imagines, passer la Saint-Sylvestre dans le froid, avec les enfants ? Je ne pouvais pas refuser. Ce sont mes fils, tout de même. – Les enfants, oui, mais Larissa ? Elle n’est pas ta fille… Elle peut aller chez sa mère ou ses copines… ou même à l’hôtel – tu lui verses assez d’argent pour s’offrir une suite ! – Sa mère est au sanatorium, ses amies sont parties, répondit Oleg, évitant le regard de son épouse. Et puis, c’est une fête de famille ; les garçons seraient contents d’avoir leur père ce soir. On mangera, on regardera les feux d’artifice… Notre appart est grand, il y a de la place pour tout le monde. Natalia balaya la cuisine du regard. Oui, l’appartement était spacieux… mais c’était leur espace. Elle avait passé la semaine à nettoyer, décorer le sapin, choisir des serviettes assorties aux rideaux, offrir à Oleg le parfum dont il rêvait. Elle imaginait cette soirée autrement : des bougies, le scintillement doux des guirlandes, de la musique… une soirée à deux. Le premier Nouvel An de leur mariage – trois ans – sans invités ni déplacements. Et voilà que tout s’effondrait comme un château de cartes. – On avait convenu, murmura-t-elle. Qu’on fêterait Noël en amoureux. Tes fils, je les accueille volontiers le week-end, tu le sais. Mais inviter ton ex-femme à notre table ? Tu te rends compte comment ça me fait passer ? – Tu exagères, tenta Oleg, cherchant à se donner de l’assurance. On est civilisés. Larissa est une femme comme les autres, juste la mère de mes enfants. Ne sois pas égoïste, Natalia. Il ne faut pas être si dure durant les fêtes ! Ils arrivent dans une heure. Il disparut dans le couloir, comme s’il craignait un jet d’objet. Natalia resta debout contre le plan de travail. De la cuisine montait la chaleur du four… mais elle n’avait plus faim. Ne sois pas égoïste – cette phrase lui transperça le cœur. Depuis trois ans, elle s’efforçait d’être l’épouse idéale. Elle ne s’opposait jamais à la venue des enfants, répondait gentiment aux demandes pressantes de Larissa à toute heure – réparer le robinet ou récupérer le chat chez le vétérinaire… voilà la reconnaissance. Natalia reprit la préparation du dîner d’un geste mécanique. Peut-être rien de grave ? Si Larissa restait correcte… Après tout, le Nouvel An est une nuit de miracles et de réconciliation. Mais le miracle n’eut pas lieu. Moins d’une heure plus tard, la sonnette de l’entrée retentit. Natalia fila s’habiller, attrapa sa robe et un peu de maquillage. Oleg se précipita ouvrir, rayonnant comme un samovar fraîchement lustré. Dans le vestibule déboula la procession bruyante : les garçons – Artem et Denis, dix et sept ans – foncèrent vers le salon sans retirer leurs chaussures, traçant des empreintes sur le sol. Larissa arriva dans une robe rouge voyante et décolletée, son parfum sucré envahissant l’espace. – Enfin ! railla-t-elle en secouant la neige de sa manteau sur le sol. Oleg, prends les sacs, il y a des cadeaux et du vrai champagne, pas ce que tu achètes d’habitude. Natalia afficha un sourire poli. – Bonsoir Larissa. Salut les garçons. Larissa la jaugea, fixant sa robe simple mais élégante. – Coucou Natalia, lâcha-t-elle, distraite. Qu’est-ce qu’il fait chaud… On devrait ouvrir les fenêtres. Oleg, où sont mes pantoufles roses – celles que j’ai laissées la dernière fois, en venant chercher mon virement ? – J’arrive, Larissa, répondit-il, plongeant dans le meuble à chaussures. Pantoufles personnelles pour l’ex-femme… Natalia sentit une tension s’enrouler en elle. Oleg savait donc où les trouver ? Les invités s’installèrent. Les enfants bondirent sur le canapé tout neuf. Natalia grimaça. – Artem, Denis, attention s’il vous plaît, demanda-t-elle gentiment. – Laisse-les ! s’exclama Larissa, s’affalant dans un fauteuil. C’est des gamins, faut qu’ils bougent. Oleg, apporte-moi un verre d’eau ! Le théâtre commença. Larissa partout : inspectant le sapin (« Ces décos sont tristounettes, nous faisions bien mieux »), critiquant la table (« Pourquoi autant de fourchettes, on n’est pas au Ritz »), tancant les enfants puis s’enflammant avec eux. Oleg trottait autour d’elle, obéissant, évitant Natalia. Natalia dressa la table, se sentant réduire à un rôle d’employée. – Natalia ! lança Larissa depuis le salon. Tu fais la salade russe avec de la saucisse ? Pouah, c’est démodé. Oleg préfère avec du bœuf, tu ne savais pas ? Nous on n’a toujours fait comme ça. – Oleg mange ma salade russe depuis trois ans sans rien dire, répondit Natalia. – Il est juste poli, ricana Larissa. Pauvre Oleg, il avale par gentillesse ! Oleg sourit, gêné, sans rien dire. Il ne défendit pas sa femme. Premier avertissement. Le deuxième vint quand Natalia sortit le canard du four – doré, parfait, son chef-d’œuvre. Avec fierté, elle la plaça au centre. – Voilà, canard à l’Antoine et aux pruneaux ! Les garçons arrivèrent, grimaçant. – Beurk, c’est cramé ! On veut de la pizza ! – Ce n’est pas brûlé, c’est la croûte, tenta-t-elle d’expliquer. – Mais enfin, les enfants ne mangent pas ça ! intervint Larissa, piquant la cuisse du canard. Trop gras, ce truc ! Et les pruneaux, qui met ça dans la viande ? Oleg, commande une pizza. Pour moi aussi, mon estomac est fragile. Oleg regarda Natalia, coupable. – Natalia, si on commandait la pizza ? C’est Noël, pour les enfants… – Tu es sérieux ? murmura-t-elle, la voix brisée. J’ai mis quatre heures à cuisiner… – Ne sois pas vexée, tenta-t-il, voulant la réconforter. Chacun ses goûts… On aura le choix, c’est plus festif. Il commença à composer un numéro, consultant Larissa pour la garniture. Natalia s’assit, abasourdie. Son chez-elle, sa cuisine, sa fête, et son mari débattait pizza avec son ex… qui critiquait son plat. – Oleg, tu te souviens du Nouvel An 2015 ? lança soudain Larissa. La fois à la ferme : tu t’étais déguisé en Père Noël, et ta barbe avait glissé ! – Oui ! Tu faisais la Fée des Neiges, et t’as cassé ton talon dans la neige ! Ils se mirent à évoquer leurs souvenirs, entre rires et anecdotes, sans aucune place pour Natalia. Sa belle table n’était plus qu’un décor. Invisible. Les enfants couraient autour ; un d’eux renversa un verre de vin rouge sur la nappe immaculée – celle que Natalia avait repassée. La tache s’étalait comme une blessure. – Oh là là, soupira Larissa. Oleg, nettoie-moi ça ! Et puis, pourquoi tu mets les verres au bord du… Natalia, tu as du sel ? Il faut saupoudrer, sinon ça ne partira pas. Enfin, ta nappe n’était pas bien précieuse… Le brouhaha couvrait tout. Oleg obéissait aux ordres de Larissa sans même regarder Natalia, absorbé par son souci de rendre l’ex-famille heureuse. C’est là que Natalia comprit : elle n’existait plus, sauf comme décors, bonne à servir et à s’effacer. Elle quitta le salon sans bruit. Personne ne remarqua son départ. Larissa continuait ses histoires, Oleg riait. Dans la chambre, elle prit sa valise, les gestes précis. Un jean, un pull, le nécessaire ; son passeport. Elle se changea, abandonna sa robe sur le lit, enfila ses bottines et croisa son reflet : fatiguée, mais décidée. Au moment de sortir, la pizza arrivait – cris de joie, tumulte. Oleg payait le livreur, dos tourné. Natalia en profita pour glisser dehors sans bruit. Dehors, la neige tombait, la ville s’excitait pour minuit. Elle sortit son téléphone, appela sa meilleure amie : – Svet’, tu dors ? – Tu rigoles ? Dix heures, c’est la fête ! Qu’est-ce qui t’arrive ? T’as une voix de fantôme. – Je quitte Oleg. Je peux venir ? – Bien sûr ! Je t’attends. On sort les couverts, Natalia arrive ! Quarante minutes plus tard, Natalia était au chaud dans la cuisine de Svetlana, thé à la main, réconfort, confidence. Elle raconta tout, et Svetlana acquiesça : il a voulu être parfait pour tous, mais finalement il t’a piétinée. Tu as eu raison de partir. Le téléphone de Natalia se mit à sonner plus tard : appels, messages… Oleg s’inquiétait pour les invités, mais pas pour sa femme humiliée. – Ne réponds pas, dit Svetlana. Qu’il se débrouille avec sa « Larissa »… Natalia coupa le téléphone. Pas de vœux sous les douze coups : elle trinqua avec sa meilleure amie devant « Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain »… et sentit enfin la légèreté. Le matin du 1er janvier, le soleil brilla sur Paris. Natalia se réveilla au café, constata la panique d’Oleg dans ses cinquante appels – le ton passait de l’exigeant au désespéré : les enfants avaient cassé son vase préféré, la fête était gâchée, tout était sens dessus dessous. Vers midi, Oleg sonna chez Svetlana, débraillé, fatigué, rosier à la main – sans succès. – J’ai tout compris, Natalia ! Je me suis laissé piétiner et j’ai oublié l’essentiel : tu es ma famille. Je te demande pardon, reviens… Je bloque Larissa, les enfants seulement au parc, plus jamais ça. Natalia vit qu’il était sincère mais avait besoin de réfléchir. – Je ne reviens pas tout de suite, déclara-t-elle. Je reste ici encore quelques jours. Et toi… pense à pourquoi tu m’as fait passer après ton ex. – Je t’attendrai… toujours. Il déposa les fleurs et s’en alla. De retour en cuisine, Svetlana demanda : Tu vas lui pardonner ? – Peut-être. Mais mes règles changent à jamais. Plus question d’être reléguée… Natalia contempla la ville sous la neige, résolue. L’avenir serait entre ses mains, désormais – et non dans celles des fantômes du passé. Si cette histoire vous a touché, n’oubliez pas de liker et de vous abonner à la chaîne – votre soutien et vos commentaires comptent pour moi.
Tu plaisantes, Julien ? Dis-moi que cest juste une blague de mauvais goût, ou alors les bruits deau mont
Le carnet des oubliés du quartier : chroniques d’une infirmière de Bordeaux au seuil du Nouvel An
La liste dans le quartier Françoise Martin avance dans le couloir du centre de santé, retenant du coude
J’ai refusé de laver la montagne de vaisselle laissée après le départ de la famille de mon mari et j’ai tout laissé tel quel jusqu’à ce qu’il se réveille — Marie, enfin… c’est ma mère ! On ne s’est pas vus depuis une éternité, et ils viennent juste avec Sylvie pour une soirée, vite fait. On partagera un bon moment, je prends de la viande, je l’assaisonne… — Vadim regardait sa femme comme un chien battu qui sait très bien où est caché l’os, mais compte sur elle pour le lui donner. Marina poussa un gros soupir en déposant ses sacs de courses sur le sol. C’était un vendredi soir. Derrière elle : une semaine de boulot intense, des bilans, des yeux du chef comptable qui tressautent et des conciliations interminables. Devant : un week-end qu’elle prévoyait de passer dans les bras d’un bon roman et du silence. Mais Vadim, comme toujours, avait ses propres projets pour son temps libre. — Vadim, “vite fait” avec ta famille, ça veut dire grand banquet, trois services, compote maison et danse tribale autour de leur attention sacrée, répondit-elle, épuisée, en retirant son manteau. — Je suis crevée. Je veux juste m’allonger et fixer le plafond. — Je t’aiderai à fond ! — promit Vadim en emportant les sacs vers la cuisine. — Je passe l’aspirateur, je mets la table, je fais les courses s’il faut… Il te reste juste à couper les salades et à préparer le plat chaud au four. Marie, on peut pas dire non, ils sont déjà en route. Marina s’arrêta net sur le seuil de la cuisine. — En route ? Tu les as déjà invités ? Vadim se gratta la tête, coupable. — Ben, maman a appelé ce matin, elle était avec Sylvie et les neveux en ville, un peu crevées après les magasins… Elle m’a demandé si elles pouvaient passer. Fallait que je refuse ? A ma propre mère ? — Et demander mon avis, ça t’a effleuré ? — J’ai pas oublié, je savais juste que tu étais gentille et accueillante. Marie, s’il-te-plaît. Je jure, je t’aide. On fait tout rapido, et après je range tout, parole ! Marina le fixa. À trente-cinq ans, il avait encore l’âme du gamin persuadé que les galères fondent d’elles-mêmes, si on sourit assez large. Inutile de discuter : les invités étaient déjà en route. — Bon… sors la viande. Mais Vadim, cette fois, le ménage c’est pour toi. Sérieux. Je cuisine, je mets la table, je gère l’ambiance, mais la vaisselle, non. — Deal ! — jubila-t-il, déjà dans le tintamarre des casseroles. — Aucun souci ! Tu es mon trésor ! Deux heures plus tard, l’appart était envahi d’odeurs d’oignon frit, de porc au four et de vanille. Marina jonglait entre cuisine et table comme une pro. Vadim passa l’aspirateur (seulement au centre du tapis…) et déploya la table à rallonge, puis s’affala devant la télé, “en attente de feu vert”. À 19h pile, la sonnette résonna. Sur le palier : Anne, la belle-mère, grande, tonitruante et intransigeante, suivie de Sylvie (la sœur de Vadim, perpétuellement boudeuse) et de deux tornades de sept ans, Paul et Simon, qui s’engouffrèrent dans l’appart sans même retirer leurs chaussures. — Ah, enfin ! — Anne entra, tendant la joue pour un bise, mais enchaîna aussitôt, scrutant Marina d’un œil critique. — Marina, t’as pas dormi ? T’as des cernes de concurrente agricole. Tu bosses trop, pense à ta famille ! — Bonsoir Anne. Entrez — répondit Marina, impassible. — Salut Sylvie. Sylvie acquiesça en enlevant ses bottines tendance. — Salut. Franchement, chez vous il fait une chaleur… Le clim marche pas ? J’ai ruisselé rien qu’en montant. Vadim ! Tu nous accueilles ou quoi ? Vadim déboula, tel un samovar rutilant. Sur place : embrassades, éclats de voix, blagues. Marina, pendant ce temps, retourna à la cuisine : vérifier la viande, couper le pain, sortir les cornichons. Personne ne proposa d’aide, évidemment. Le dîner attaque fort. Anne s’installe en bout de table (“faut que je surveille tout le monde !”), Sylvie près du saladier, et les gamins sur le canapé (mais courant partout, grappillant sur la table et semant la pagaille). — La viande est sèche, — tranche la belle-mère, après la première bouchée. — Marina, tu as dépassé la cuisson ? Ou t’as ignoré le kéfir pour mariner ? J’avais dit, Vadim adore le kéfir ! — J’ai mis les herbes et l’huile d’olive, — répond Marina, stoïque, s’entassant une cuillère de macédoine. — Voilà, tu fais à ta tête ! Faut respecter la tradition, — moralisa Anne, fourchette levée. — Vadim, chéri, le vin pour maman ! J’ai les jambes en compote, on a arpenté la ville pour des bottes pour Sylvie… Y’a que du chinois bon marché, une horreur. — Chez vous c’est cosy, — glissa Sylvie, relevant la déco. — Faut changer les rideaux, la couleur est ringarde. La tendance c’est le rose poussière, pas ce vert marécageux… — C’est olive, Sylvie. — Bah… à chacun ses goûts. Maman, passe-moi les champignons. Marina, encore une salade à la mayo ? J’avais dit, je fais régime. Tu aurais pu couper du grec, ça prend 5 minutes ! Marina sentit la colère monter. Elle avait passé trois heures à préparer ce repas, acheté des produits chers, mis du cœur… Mais bon. — Il y a une assiette légumes. Tomate, concombre, poivron, nature. — Croquer des légumes à sec, c’est tristounet, — râla Sylvie, avant de se servir grosse portion de hareng à la russe. — Tant pis, cheat meal, hein ! Vadim, lui, semblait porté par l’ambiance, versant du vin, riant aux blagues d’Anne, partageant ses anecdotes de boulot. — Marie ! Les serviettes, Paul est couvert de sauce ! — hurla-t-il. Marina s’exécuta. Puis : — Marie, plus de pain ! Coupe-en encore ! — Anne. Marina, docile… Coupe du pain. — Tatie Marie, j’ai renversé mon jus ! — s’extasia un des jumeaux. Tache rouge sur la nappe neuve. Marina va chercher la serpillière, Vadim continue à deviser potager avec Anne. — Pas grave, — Anne hausse les épaules, — ce sont des enfants. Les tâches, ça part, je t’enverrai le nom du bon produit, tu achètes toujours des trucs bidon, les chemises de Vadim restent ternes. La soirée paraissait interminable. La montagne de vaisselle grandissait à vue d’œil : assiettes d’entrées, soupière (Anne voulait un bouillon “pour le ventre”), plats principaux, saladiers, plats gras… Vers 23h, la famille se lève. — On était bien ici ! — Anne s’extirpe, — Vadim, accompagne-nous au taxi, avec nos sacs de courses, on a craqué au supermarché. — Bien sûr, maman ! — Merci Marina, t’as assuré — lance Sylvie, — mais le gâteau, c’était du commerce ? Ça sent la chimie… La prochaine fois, fais maison ! — Au revoir… — lâcha Marina. La porte se referma. Marina sur la cuisine : c’est Waterloo. Table jonchée de restes, miettes, serviettes froissées, sol collant, mais surtout, évier et plan de travail croulant sous la vaisselle : mayonnaise figée, liant jaunâtre, fonds de poêle, verres tachés, tasses au thé froid garni de noyaux d’olive (Anne, impériale, les y a entassés). Marina, exsangue, regarde l’heure : 23h30. Mal au dos, jambes fourbues comme Anne. Elle veut pleurer d’épuisement et de rancœur. La porte claque. Vadim revient, jovial, légèrement éméché. — Ouf, c’est fait ! Belle soirée, hein Marie ? Maman ravie, Sylvie aussi, bon, elle râle toujours. Et les petits, quelle énergie ! On s’est marrés. Il tente de la prendre dans ses bras, elle esquive. — Vadim, regarde autour. — Hein ? — Il capte la montagne de vaisselle, sourire fané. — Ah oui, ça a donné… Écoute Marie, crevé. Le vin m’a assommé. On fait ça demain ? On se lève et on range vite fait. — Tu avais promis, — murmure-t-elle. — “Je ferai tout.” — Je refuse pas ! Juste là, je peux pas, je tombe de fatigue. Franchement, ça change quoi, ce soir ou demain ? La vaisselle va pas fuguer. Je file à la douche. Repose-toi, ne fais pas de zèle. Il lui pose un bisou sur la tête, baille à s’en déboîter la mâchoire, file dans la salle de bain. Quinze minutes plus tard, gros ronflement depuis la chambre. Marina seule au milieu du chaos. Sa main cherche la lavette — réflexe pavlovien : “faut ranger, pas laisser traîner, sinon cafards, sinon horrible au réveil”. Elle ouvre l’eau chaude sur la casserole. Et… stop. Elle repense : “ma viande trop sèche”, “légumes tristes”, la nonchalance de Vadim. “Demain”, ça voulait dire : “Tu craques avant moi, tu nettoies, je me réveille au propre et je dis merci”. Comme d’habitude. Des années. Ce soir, c’est terminé. Fatigue, mépris… quelque chose s’est brisé. Elle coupe l’eau, laisse la lavette, prend sa carafe et son verre encore pur, éteint la lumière, abandonne le carnage à la nuit. Direction la chambre. Vadim, étalé façon étoile. Marina s’installe tout au bord, sous la couette, s’endort sans remords. Le matin arrive, radieux. Soleil à travers les rideaux. 8h. Vadim ronfle. Habituellement, le samedi à 9h, elle prépare crêpes ou fromage blanc pour monsieur, puis ménage, linge, repassage. Au lieu de ça : elle s’étire, enfile son kimono de soie (celui des grandes occasions), va à la salle de bain, douche parfumée, soin du visage, brushing impeccable, petit make-up. 9h30, elle débarque dans la cuisine. Au grand jour, l’apocalypse est pire : mayonnaise figée, odeur de vin froid, oignon vieilli, moucherons dans les verres. Marina repousse le plat plein de gras, pénètre jusqu’à la machine à café — ouf, ce coin est sauf. Café onctueux, chocolat de cachette, elle emmène son tabouret sur le balcon, ferme la porte (barrière anti-odeurs), s’installe dans la chaise tressée. Chant des oiseaux, Paris s’éveille. Café chaud, sentiment de reine en exil. 10h, bruit dans la cuisine. Vadim, bougon, mal coiffé, en slip, émerge. Ouvre le balcon. — Marie, t’es là ? Fallait me réveiller ! Crève de faim… Reste des crêpes ? Tu me fais des œufs ? La tête en vrac, le vin était bizarre. Marina, sereine, sirote son café, sourire éclatant : — Bonjour chéri. Pas de crêpes. Plus d’œufs non plus, tout parti hier soir. Tu peux fouiller… Vadim, interloqué, inspecte la cuisine. Il fige. De la porte-fenêtre, c’est un festival de vaisselle sale, plan de travail souillé, plaque graisseuse. — Euh… Marie… pourquoi tout est comme ça ? Tu as… pas fait le ménage ? — Non, — rétorque-t-elle. — Je l’ai dit : la vaisselle, ce n’est pas pour moi. C’est toi qui as promis. Hier, tu n’avais plus de force. J’ai donc respecté ton choix. — Mais… je pensais que… Pendant que je dormais… — bredouille-t-il, sentant le malaise. — Marie, tu abuses, non ? On va y passer la matinée ! J’ai faim ! Comment cuisiner là-dedans ? Même pas une tasse propre ! — Exactement, — acquiesce Marina. — Situation complexe. Pour manger, faut courir la vaisselle. — Tu te fous de moi ? — voix vexée, — J’ai la gueule de bois, tu me punis à cause de maman ? Bon, elle est rude, mais c’est pas une raison pour semer le chaos ! Marina pose sa tasse. — Vadim, c’est pas moi le chaos : ni les invités, ni la promesse. Tu es adulte. Ton mot, c’est ton action. J’ai passé quatre heures derrière les fourneaux après le taf. Satisfait ta famille, encaissé les caprices et critiques. Ma tournée s’est finie hier à 23h. Maintenant, c’est ton tour. — Je sais pas comment nettoyer ce gras ! — gémit-il. — Le plat est cramé ! — Google est ton ami. Ou maman, elle vante son produit miracle hier. — Mais Marina ! Tu pousses ! — Arrête, hier c’était pire. Elle se tourne vers la fenêtre. Fin du débat. Vadim hésite, choqué. Il croyait qu’elle allait céder, murmurer “bon, mon pauvre”, sauver la situation. Mais Marina, impassible, régale sa vue sur le parc. Placard qui grince, verres qui tintent : Vadim fouille. Puis bruit d’eau. — Zut, y’a pas d’eau chaude ! — hurle-t-il. — Ah oui, — dit Marina, — c’est coupé pour travaux. Le chauffe-eau est pas branché, à toi de voir, une heure d’attente. — On aura tout eu… — grogne Vadim. Bruits de bouilloire. Vadim chauffe l’eau, débarque le lavabo, méthode rusticité. Marina lit, arrose ses plantes, commande des sushis, qu’elle savoure au balcon (propose à Vadim juste un maki concombre, “quand t’auras fini, tu verras”). À 13h, la cuisine est à peu près sauvée. Vadim, épuisé, assis sur le tabouret, face à la table propre, les mains ravagées. — Voilà, — dit-il quand Marina entre, — tu es satisfaite ? J’ai tout nettoyé. Chaque fourchette. Heureuse ? Marina inspecte du doigt. — Très bien, — sérieux, — bravo. Je savais que tu pouvais. — J’ai failli y rester, — avoue-t-il, — Marina, c’est l’enfer. Comment ils salissent autant ? On était cinq adultes et deux gosses ! — Voilà ce que c’est recevoir chez soi. Je le vis à chaque fois que ta famille débarque “sur un coup de tête”. Sauf que tu ne remarques jamais : tu papotes, puis tu dors. Vadim regarde ses mains fripées. — Tu veux dire… ils font ça à chaque fois ? J’avais pas capté… — Sylvie essuie ses doigts sur la nappe, Anne met les noyaux dans le thé, et les petits balancent le pain. Vadim grimace. — Rude… — Rude. Et tu sais quoi ? — Quoi ? — La prochaine fois que maman appelle “on est tout près”, tu te rappelleras ces trois heures, ce plat carbonisé, cette eau froide… Et tu diras : “Maman, désolé, on est pas là”. Ou tu les invites au café. Vadim éclate d’un rire nerveux. — Au café ? Avec leur appétit ? Je vais finir ruiné. — Mais ma sérénité et ton manucure y survivront. À toi de choisir. Vadim se lève, se penche sur son épouse, parfumé au citron du liquide vaisselle. — Pardon Marie. J’ai été un idiot. Je croyais que c’était… simple. Basta, c’est fait. — Facile, quand c’est l’autre qui le fait, — elle caresse sa tête. — Faim ? — Énormément. Je mangerais un bœuf. — J’ai des raviolis du commerce. — Parfait — opine-t-il. — Et tu sais quoi ? — Quoi ? — On les mange direct dans la casserole ? Pour économiser la vaisselle ? Marina rit. Enfin, la tension s’estompe pour de bon. — Non, comme des gens civilisés, dans des assiettes. Mais toi au lavage. On consolide l’apprentissage. Vadim, résigné, ne proteste pas. Il prépare la marmite. Leçon assimilée. Au moins, pour quelques mois, Anne et Sylvie n’auront pas droit à “l’accueil maison”. Et si jamais… la vaisselle jetable est déjà sur la liste de courses. Abonnez-vous pour ne rien manquer des prochaines histoires, et mettez un like si vous pensez que le mari méritait sa leçon. Donnez votre avis en commentaires !
Je refusai de laver cette montagne de vaisselle après le départ de la famille de mon mari, et laissai