L’amitié mise à l’épreuve : Entre jalousie, soupçons et trahisons dans l’intimité de Milla et Sonia

Tu sais, parfois je tenvie, vraiment. Jen parle sérieusement.

Clémence en resta bouche bée. Que Juliette la jalouse, ça lui paraissait tiré par les cheveux

Tes sérieuse ? demanda Clémence. Quest-ce que tu menvies au juste ? Tas oublié ce qui sest passé avec mes précédentes histoires damour ? Dailleurs, même celle-ci cest pas la gloire Jamais de chance avec les mecs ! Franchement, ya rien à envier.

Juliette secoua la tête et ses cheveux bruns captèrent la lumière.

Mais cest pas de tes histoires, que je parle. Clémence, tes parents sont en or. Ils ne tont jamais crié dessus. Jamais complètement ivres à te foutre la honte dans la rue. Et maintenant, regarde : ils tont offert un appartement.

Juliette

Mais Juliette était partie dans ses pensées.

Les miens Juliette hésita, choisissant ses mots Les miens ont toujours picolé. Au début cétait juste pour décompresser après le boulot, ensuite cest le stress, et maintenant cest juste devenu la routine. Et en plus cest moi qui me tape leurs dettes, tu vois ? Plein de microcrédits pour arranger la situation, ouais, ils arrangent rien du tout. Et quand je vois ta mère qui tappelle juste pour te demander comment tu vas Je me dis que jai pas eu de bol à la naissance

Et franchement, jaurais voulu la plaindre, mais cette jalousie, jen avais un goût amer. Cest pas censé exister, ça, entre amis.

Bah écoute lâcha Clémence, On choisit pas sa famille.

Clémence, elle aussi, navait pas la vie parfaite.

Clémence, pas de bol en amour.

Son premier vrai copain, Thibaut, celui qui lui répétait quils étaient âme sœur, la larguée après trois ans. Et pas élégamment : il sest carrément marié avec quelquun dautre.

Après Thibaut, Clémence sest dit quelle allait juste vivre, et lamour viendrait bien tout seul si on arrête de courir après. Elle na pas cherché et hop ! Voilà Gaëtan. Même scénario : super au début, mais au final, un vrai boulet égoïste.

Il oubliait tout le temps de fermer la porte de lappart ! Les baskets traînaient dans le couloir, une paire jetée nimporte où, lautre au pied de la salle de bain.

Salut, dit Clémence.

Gaëtan secoua la tête, essayant de dompter ses cheveux en bataille.

Ah, enfin ! grogna-t-il. Jai besoin que tu me fasses un virement tout de suite. Tu peux ? Je te rembourse dès que jai ma paie.

Classique. Clémence posa son sac, déjà blasée.

Gaëtan, on avait dit quoi ? Je dois payer la box internet, et javais prévu dacheter du bon bœuf, pas tes saucisses qui servent à peine de souvenir de viande.

Laisse tomber la viande ! Juste quatre-vingt euros, ça passe non ? Je te rembourse dès que possible.

Ok Mais cest tout ce qui me reste avant ta paie. Et pour linternet, faudra te débrouiller après.

Puis Clémence commença à avoir des doutes.

Dabord, sa bague disparut. Pas lanneau de fiançailles (ça, cest une autre histoire), mais la jolie bague en or avec un améthyste pâle. Toujours à la même place.

Ju, tu te rappelles où jai mis ma bague la dernière fois ? lui demanda-t-elle un soir, devant une tasse de thé.

Non Aucune idée Tas regardé partout ? Tu las pas perdue dehors ?

Je lai vue le week-end dernier. Gaëtan a fouillé le placard, peut-être il la déplacée

Gaëtan fouille dans ton placard ? Juliette plissa les yeux.

Ben, il vit là aussi, maintenant.

Le second truc qui a disparu, cétait plus embêtant : son vieux téléphone. Elle lutilisait comme secours, surtout pour les inscriptions bizarres en ligne ou pour donner un numéro au livreur. Il était toujours dans le tiroir.

Clémence a fouillé trois fois.

Gaëtan, tas pas vu mon vieux portable ?

Mais ten fais quoi ? il na même pas décroché les yeux. Tu ten sers jamais. Tas dû le balancer sans faire gaffe.

Sa décontraction lui a mis la puce à loreille. Trop détendu pour être honnête.

Clémence commença à flairer que parfois, il manquait des sous dans son portefeuille. Dautres trucs disparaissaient, aussi. Des piles rechargeables quelle avait achetées pour la balance, des petits trucs, rien de complètement vital, mais mis bout à bout, ça commençait à faire mauvais genre.

Ju, lança Clémence, touillant la mousse de son café, tu sais comme cest facile de perdre un truc dans le rush

Je sais, Juliette sirota son thé, grimaçant, La semaine dernière jai cherché mon parapluie trois jours, il était sur la chaise

Voilà Mais toi, imaginons tes vraiment dans la galère, taurais déjà pris un petit truc chez une amie, en te disant que tu lui rendras plus tard ?

Juliette la regarda, interloquée.

Attends Tu parles de toi, là ? Tas piqué un truc ?

Non, cest une situation hypothétique. Imagine, tu dois acheter un billet de concert mais tu manques de sous, et ta pote a une petite bague dans sa boîte à bijoux quelle ne met jamais.

Juliette réfléchit longuement

Théoriquement ? Bah, jirais bosser, je vendrais mes propres trucs. Prendre dans les affaires des autres, même juste pour dépanner, cest du vol. Même si cest temporaire.

Et si cest ton mec ? poursuivit Clémence, en scrutant sa réaction.

Juliette, pas très à laise, répondit :

Sil commence à me piquer des trucs, cest plus un mec. Et sil vole, il est un voleur, point. Voler ses proches, cest la honte absolue. Attends Gaëtan te vole ?

Clémence avoua ses soupçons.

Demande-lui cash, proposa Juliette. Tu verras sa tête.

Comme ça, direct ?

Bah, quest-ce que tas à perdre ? Sil est honnête, il va être vexé et tout texpliquer. Sil ment ben, à mon avis, tu le sens. Vaut mieux savoir direct.

Ouais, fallait oser. Si Gaëtan mentait, ça se verrait. Clémence, en essayant dêtre la plus douce possible, lui posait la question, mais il a explosé :

Non mais tes sérieuse ? Tu crois que je pique tes trucs ? Super, voilà que tu pètes un câble, cest moi le voleur maintenant ? Gaëtan nié, hurlait, fouillait spectaculairement dans ses sacs pour prouver son innocence. Mais na rien avoué.

Le soir, il est parti chez un pote, boire et râler sur Clémence. Le lendemain, Clémence se dit quil était temps de parler à Juliette.

Elle lappela vers midi.

Juliette, salut. Je peux passer ? Jen ai marre, faut que je parle de Gaëtan. Il

Clémence, désolée, coupa Juliette, Jai pas le temps là. On se parle ce soir ?

Juste cinq minutes, pitié !

Ok, cinq minutes.

Clémence sen voulut : elle avait blessé Gaëtan. Il reviendra ou il va me détester ? Est-ce que ça se pardonne ? Juliette lécoutait sans rien dire, hochait la tête, mais avait lair préoccupée. Enfin, Clémence termina son récit, attendant des mots dempathie.

Et il est parti ! Tu vois ?

Juliette, habillée pour sortir avant larrivée de Clémence, répondit :

Bravo, Clémence. Sil sest barré, cest quil a quelque chose à se reprocher.

Merci pour le soutien ironisait Clémence. Mais tes ailleurs ou quoi ?

Juliette ne lui avait rien dit sur le mec quelle voyait au boulot, et là elle était pressée, mata discrètement sa montre, mais Clémence vit son bracelet : exactement le même que celui quelle avait perdu.

Sérieux ? sétrangla Clémence. Cest toi qui la pris ?

Quoi, moi ? Juliette recula.

Tu vas me dire que cest ta cousine qui ta offert ce bracelet, hein ? Tu mas jalousée et tu as commencé à me piquer mes trucs, en accusant Gaëtan ! Quelle amie Même pas honte de le porter devant moi !

Juliette passa du visage de Clémence au bracelet et bredouilla :

Cest pas le tien complètement paumée. On se connaît depuis la maternelle, Clémence ! Je te jure, cest pas ton bracelet. Il ma été offert, tu veux que je te montre ?

Inutile de prouver quoi que ce soit. Garde-le. Ça te fera une maigre consolation dêtre une ratée.

Une semaine de silence sinstalla. Gaëtan ne revint pas. Pour le trouver et lui demander pardon, Clémence a fallu quelle mette sa fierté sous le tapis Mais elle aurait tout fait pour quil ne la regarde pas avec dégoût.

Le matin, alors que Gaëtan était sous la douche, Clémence décida de tout nettoyer dans le salon. Elle alla sur le balcon, cherchant son vieux sac militaire que Gaëtan navait jamais jeté. Clémence tira le sac, et là, la poche latérale craqua.

Le contenu se répandit : vieux tickets, médiators, et plein de petits objets que Clémence prit dabord pour des déchets.

Mais cétait pas des déchets.

Il y avait ses boucles doreilles en topaze bleue, quelle croyait perdues à jamais. Et surtout, ce bracelet LE bracelet quelle pensait que Juliette lui avait volé.

Gaë…

Je vais texpliquer, il était déjà derrière elle.

Texpliquer quoi ? Que tétais prêt à piquer, ou que tas pas eu le temps de vendre ?

Je comptais te rendre

Inutile de préciser que Gaëtan a été viré sur-le-champ. Pourtant, cétait pas ça qui tracassait le plus Clémence. Ce qui la rongeait, cétait que Juliette ne répondait plus à ses appels, et il fallait sexcuser.

Clémence débarqua chez elle, un soir.

Je sais que tas pas envie de me voir, dit-elle. Mais je dois te parler.

Juliette était en pyjama.

Je ne tai jamais rien volé.

Je sais, et je me sens hyper mal, Ju. Cétait Gaëtan. Jai retrouvé le bracelet dans ses affaires, il voulait le vendre. La bague aussi, cest lui. Il la avoué. Ju… comment jai pu croire à une coïncidence pareille, que tas eu un bracelet identique ??

Taurais pu me croire, pas croire aux coïncidences. Gaëtan, tu lui as cru, direct. Et moi, jétais moins crédible parce que je suis moins riche, cest ça ? Je veux plus de cette amitié. Demain tu portes plainte, ça va mavancer à quoi ? Aller, rentre chez toiClémence sentit le poids de tous ses mots malheureux, ses suspicions, ses blindages, ses excuses maladroites. Le silence entre elles faisait trembler lair.

Alors, de cette voix fêlée qui navait rien dhéroïque, elle lâcha :

Jai été nulle. Si tu veux me détester tas le droit. Mais je voudrais rattraper. Je sais pas comment. Jai cru à mes peurs au lieu de croire en toi.

Juliette la fixa, longtemps, les traits tirés. Ses doigts tournaient le bracelet, absent, puis elle souffla, fatiguée :

Cest pas juste une histoire de bijoux. Cest ce truc, là, qui sinstalle, cette idée quon devient nos parents, quon mérite ce regard-là, ce doute, cette jalousie. Tas vu ce que cétait, toi aussi. On est amies, oui ou non ?

Clémence se mit à pleurer, tout doucement, la tête baissée, les épaules secouées. Deux larmes sécrasèrent sur le parquet de Juliette. Et dans ce moment de honte, Juliette sapprocha, attrapa la main de Clémence. Elles restèrent un instant, silencieuses, les deux poignets liés par tout ce qui aurait pu briser leur amitié mais qui, finalement, ne lavait pas fait.

On est amies, souffla Juliette. Pas parfaites, mais amies. Et ça, ça vaut plus quun appartement ou un bracelet.

Mais alors comment on recommence ?

Juliette esquissa un sourire, timide :

Avec du thé pas trop chaud et des pancakes cramés.

Cette nuit-là, cest le goût du pardon pas celui des regrets qui resta. Et quand la vie leur reprit la main, aucune ne chercha plus à comparer ce quelle avait avec celle de lautre. Parce quau fond, lamitié, cest accepter quon soit même un peu jalouse, parfois, sans jamais laisser le doute prendre toute la place.

Оцените статью
L’amitié mise à l’épreuve : Entre jalousie, soupçons et trahisons dans l’intimité de Milla et Sonia
La belle-fille intrépide : — Grégoire, j’aurais pu partir il y a une demi-heure, dit-elle. Et si tu essaies de m’attaquer, c’est toi que j’enterre ici ! — Alors pourquoi tu t’es laissée ligoter ? demanda-t-il en se redressant d’un bond. — J’étais curieuse de voir jusqu’où irait ton cirque, répondit Dasha en jetant au loin la barre de fer. Là où j’ai survécu, toi tu te serais roulé en boule en appelant ta maman ! — Tu comptes me garder ici longtemps ? demanda Dasha, imperturbable. Tu sais, ça s’appelle un enlèvement, au cas où tu l’ignorerais. — Je peux te garder ici autant que je veux, ricana Grégoire. Et il faudra le prouver, l’enlèvement ! — On va me chercher ! remarqua Dasha. — Non, personne ne va te chercher ! Le seul truc que l’enquête pourra établir, c’est que tu t’es enfuie de ton plein gré ! — Qu’est-ce que tu veux dire ? demanda Dasha, perplexe. — Tu as retiré de l’argent au distributeur ? — Mais c’est toi qui m’as fait un virement pour que je retire sans frais ! protesta Dasha. — Qui est au courant ? Tu étais seule devant le distributeur, à prendre de l’argent ! Et puis la station-service à la sortie de la ville… il y a des caméras partout ! T’as pas seulement fait le plein, t’as rempli trois jerricans ! Et dans ton coffre, il y avait tes valises ! — Mais ils te poseront des questions à toi aussi : tu étais avec moi, fit remarquer Dasha. — Je dirai que tu m’as déposé à la sortie de la ville et que je suis rentré chez moi, répondit Grégoire. Toutes les preuves disent que tu as pris tes affaires, de l’argent, du carburant, et tu as disparu ! — Et tu comptes me garder encore combien de temps ? demanda Dasha, moins sereine. — Aussi longtemps que j’en aurai envie, haussa les épaules Grégoire. Tant que le monde tourne, ou que tu respires ! Cette phrase aurait dû l’effrayer, mais elle ne broncha pas. — Une question, dit-elle en le fixant dans les yeux : pourquoi tu fais ça ? — Quel sang-froid, s’étonna Grégoire. J’ai comme un doute, tu es aussi indifférente à mon frère ? Tu restes avec lui pour son argent ! Et tu te donnes un genre de sainte pour mieux le plumer le jour où il sera devenu faible ! — Donc tu veux défendre ton frère ? Tu veux démasquer la belle-fille perfide ? — Dasha, soyons honnêtes, dit-il en s’accroupissant devant elle, personne ne peut encaisser autant de critiques de la belle-famille et traverser tous ces problèmes tout en gardant le sourire. On dirait que rien ne te touche, que tu gères tout… Ce n’est pas humain, tu caches forcément un grand but ! Et Ivan a appartement, maison de campagne, garage, deux voitures, une société… D’accord, le grand-père était généreux, et tout le monde lui en veut pour ça. Mais Ivan, ce n’est pas son grand-père ! Et lui, ce serait facile de le rouler ! Pour toi, c’est le jackpot ! Alors tu encaisses tout, de lui, de moi, des parents ! — Tu m’as séquestrée pour comprendre mes motivations ou juste pour m’enterrer là ? demanda calmement Dasha. — Voilà ! Même là tu ne paniques pas ! s’écria Grégoire. Une autre à ta place aurait déjà fait une crise ! T’es une psychopathe ou quoi ? Tu ressens rien ? — Grégoire, j’en ai vécu des choses : tes histoires, à côté, c’est du pipi de chat, répondit Dasha. Tout ce que tu as dit n’a rien à voir avec ce que j’ai traversé ! — Mensonge ! s’offusqua Grégoire. Tu veux m’amadouer ! — Tu veux que je me confesse ? réfléchit Dasha. Tu veux écouter mon histoire ? Toi, le ravisseur ? — Je t’écoute, grogna Grégoire, adossé au mur de la maison en ruine où il l’avait emmenée. — Je n’ai jamais tout raconté à personne… commença Dasha. On va partir du début… *** Dasha est née ni à la maternité ni à la maison, mais dans un autocar qui emmenait des ouvriers à l’usine. Papa s’est enfin décidé à emmener maman à l’hôpital pour stopper ses cris, mais ils étaient dans un état… Bref, ils étaient à peine conscients après neuf mois de grossesse que le bébé allait arriver ! Son arrivée a perturbé une vingtaine d’ouvriers fatigués. Papa s’est pris une raclée, mais maman a eu la compassion du groupe – elle venait d’accoucher ! Le bus fonça à l’hôpital. Les médecins redoutaient le pire, mais elle était en parfaite santé. L’assistante sociale a été appelée. C’est la grand-mère, Zoé, qui est venue chercher Dasha à la maternité. Elle a pris la petite, posé la mère, et partie. Des rumeurs disaient que ses parents n’étaient pas si tristes de ne pas l’avoir. Dasha n’est revenue chez ses parents qu’à cinq ans, dans des circonstances épouvantables… Zoé s’était mise en congé pour s’occuper de sa petite-fille, mais elle n’avait plus la force ni la santé… Après cinq ans, Zoé est morte brutalement. Dasha a passé cinq jours enfermée avec le corps, survivant tant bien que mal, jusqu’à ce qu’on vienne vérifier ce qui avait pu arriver. «On espère qu’elle ne gardera pas de traces…» disait le psy… Mais tout cela forgea son caractère. Après la mort de grand-mère, la mère de Dasha a fait le nécessaire pour récupérer sa fille. Le père a essayé lui aussi de s’améliorer pendant un temps… Une année presque normale. Dasha alla à l’école, accompagnée par ses parents. Mais les vieilles habitudes reprirent vite le dessus : l’alcool, le chaos, la misère… Dasha, petite fille maigre, traînait ses parents ivres dans la neige, de peur qu’ils ne meurent de froid : «Si maman n’est plus là, tu es perdue !» À douze ans, Dasha fut placée en foyer. Cela la sauva de ses parents, mais pas de la cruauté d’autres enfants. Là-bas, c’était la loi du plus fort. Il a fallu se battre chaque jour… Mais elle a survécu. Et elle a compris que le monde «normal» fonctionnait autrement. Plus tard, elle rencontra Ivan. Elle tomba amoureuse d’un homme bon, qui se fichait de son passé difficile. Mais sa belle-famille ne l’acceptait pas et la persécutait. Dix ans à tout encaisser dans le silence, à organiser la maison, s’occuper de sa fille, soutenir Ivan, travailler… Et Grégoire qui l’observait, persuadé qu’il y avait un plan derrière sa docilité. C’est pour ça qu’il avait monté ce coup d’enlèvement : pour la tester. *** — Grégoire, tout ce que j’ai vécu avant n’a rien à voir avec ma vie d’aujourd’hui, disait calmement Dasha. Le boulot, la maison, la petite, les critiques de ta mère… c’est rien pour moi ! Même ton kidnapping, c’est presque une blague ! — Mais je peux te laisser ici ! répliqua Grégoire. — Sérieusement ? ricana Dasha. Essaie voir. Elle retira les liens et se dressa, brandissant sa barre de fer. — Grégoire, j’aurais pu m’en aller depuis une demi-heure. T’essaies de m’attaquer, je t’enterre ici. — Alors pourquoi t’es restée attachée ? bondit-il. — J’étais curieuse de voir ton cirque, répondit-elle en jetant la barre. Là où j’ai survécu, toi tu pleurerais ta maman. Les problèmes que tu trouves insurmontables, moi ça ne me fait même pas sourciller ! J’aime juste ton frère. J’aime ma famille ! Et si tu t’opposes à notre bonheur, tu disparaîtras. Même pas besoin de ce cinéma. Sa voix était froide et tranchante. Grégoire eut des frissons. — Ramène-moi chez moi, ravisseur ! dit-elle en souriant. En la déposant, Grégoire risqua : — Je dois quitter la ville ? Tu vas me dénoncer ? — Fais moins de bêtises, répondit-elle avec un sourire. Et ne jugez pas les autres à votre image ! Grégoire quitta la ville. Dasha ne dit rien à son mari. Elle prit simplement rendez-vous pour une manucure — en se débattant avec les liens, elle avait cassé trois ongles. Voilà, ça, c’était un vrai problème ! LA BELLE-FILLE INTRÉPIDE : De l’autocar de l’usine aux épreuves d’une famille française, le destin extraordinaire de Dasha – entre drames, secrets et kidnapping raté dans la campagne, une femme sur qui l’adversité n’aura jamais le dernier mot