5 décembre 2025 Cette pommade ne coûte que quelques centimes d’euro, mais remet sur pied en une semaine ! Hondrofeuille. Éliminez ceci de votre alimentation, et les parasites quitteront votre organisme ! Détoxine. Je l’ai essayé et mon audition est revenue en quatre jours ! Conseillé par un médecin, Lorabion. Aujourd’hui je couche ces lignes pour exorciser une journée qui a commencé comme une douce tentative de surprise et qui s’est transformée en l’effondrement brutal de tout ce que j’ai cru tenir pour acquis : « Capucine, je te trompe depuis un bon moment », lui ai-je lâché d’un ton que je croyais froid et résolu, et ce sont mes mots qui ont déclenché la réaction qu’ensuite je n’ai su ni contrôler ni prévenir.
Je me souviens de chaque détail de ce rendezvous sur le quai où nous nous étions rencontrés la première fois, au bord de la Seine, parce que je pensais jouer un dernier acte avant de tourner la page j’avais imaginé me montrer romantique, elle s’était préparée comme pour un premier rendezvous en allant chez la coiffeuse et en choisissant une tenue élégante, Capucine ayant pris soin de chaque détail, tandis que moi je l’attendais près de la fontaine avec une arche, sans fleurs, glissant nerveusement la main dans ma poche ; nous avons traversé la place du Quai, franchi un pont, et nous sommes retrouvés devant un immeuble moderne où, sans expliquer grandchose, je lui ai donné les clefs d’un appartement au treizième étage que j’avais pris à son nomje croyais régler les choses à ma façon, la convaincre sans faire trop de bruit, mais quand elle a franchi le seuil, admirant le papier peint qu’elle aimait, le lustre semblable à celui qu’elle avait voulu pour notre chambre et le balcon donnant sur la ville, j’ai senti que le plan me glissait des mains ; je lui ai dit d’un ton pressé que je devais partir, que ses affaires seraient envoyées plus tard en voiture, que j’avais besoin d’aller à l’aéroport parce qu’Apolline allait arriver, et tout cela plus vite que le bon sens ne l’aurait permis, parce que je pensais que l’avenir que j’avais choisi était indiscutable je lui ai avoué mes infidélités en me persuadant que la franchise allait faciliter le départ, et elle, en silence, a encaissé comme si le monde s’effritait sous ses pieds, puis sans accepter un remerciement hypocrite a lu les documents où j’avais utilisé une procuration pour mettre l’appartement à son nom, s’est effondrée un instant sur le canapé avant de se relever plus claire et plus dure que je ne l’avais jamais vue auparavant. Elle s’était redressée avec une lenteur implacable, essuyant ses larmes d’un revers de main comme pour chasser les derniers camemberts d’une boîte qu’on jette ; et quand elle m’a regardé, ce regard n’avait plus rien du marié confiant qu’on aperçoit aux photos de mariage. J’ai senti pour la première fois le poids de ce que j’avais détruit.
La nuit qui a suivi fut sans sommeil pour elle comme pour moi ; chacun de nos souvenirs partagés tournait en boucle, mis à nu et interrogé. Le matin, elle est revenue à l’appartement que nous avions habité pendant des années. Je l’ai trouvée sur le palier, déterminée, et mue d’une calme certitude qui m’a frappé plus violemment que la colère. « Qu’estce que tu fais ici ? » aije demandé, tentant de masquer l’irritation que je ressentais à la pensée d’être démasqué. Elle a répondu simplement : « J’habite ici. » Et elle a franchi la porte comme si elle n’attendait plus d’autorisation.
J’ai essayé toutes les manœuvres : la supplique, la tentative d’explication, la colère contenue. Je lui ai rappelé l’appartement que je lui avais acheté, la reconnaissance supposée qu’elle devait avoir, l’illusion de la générosité que je croyais avoir démontrée. Elle m’a souri, mais sans chaleur. « Reconnaissante ? » atelle rétorqué. « Pour des mensonges ? Non. » Elle m’a dit qu’elle garderait notre logement commun et que le nouveau bien resterait à son nom. Quand je lui ai opposé des raisons pratiques, elle a sorti des arguments précis, juridiques et implacables ; elle savait mieux que moi quelles étaient ses options, et, pire encore, elle n’avait plus peur.
Les jours qui ont suivi ont pris un rythme étrange nous vivions tous les deux sous le même toit comme deux étrangers forcés de partager un même repas. Capucine a repris sa place à la table, a continué ses routines, a préparé le dîner aux heures où j’avais l’habitude de rentrer, comme si sa présence quotidienne était un rappel constant que je ne pouvais pas balayer ce qui avait été fait. Chaque fois que Lina, la femme que j’avais présentée comme la vérité nouvelle, faisait son apparition, Capucine restait là, discrètement souveraine, faisant valoir sa légitimité sans éclat, ses mots tranchant plus que mes propres confidences. J’ai senti la gêne me ronger : je voyais Lina se recroqueviller, incapable de soutenir mon regard, et j’entendais mes propres justifications tomber comme des feuilles mortes.
À force d’entêtement et de remises en question, Lina n’a finalement pas tenu. Un matin, ses affaires ont disparu ; elle est partie sans prévenir, sans hurler, juste un silence qui s’est installé à la place de sa chaise vide. Je l’ai accusée aussitôt, reprochant à Capucine d’avoir tout fait capoter. Elle, cependant, est restée étonnamment froide, réfléchie ; elle n’a pas cédé à l’amertume spectacle. C’est à ce moment précis que j’ai commencé à percevoir le prix réel de mes choix : la nouveauté que je croyais saisie s’est révélée fragile et vaincue par la solidité tranquille d’une femme qui refusait d’être écartée.
Les semaines ont fini par me contraindre à revoir mes prétentions. Un soir, rentrant plus las que d’habitude, je l’ai surprise en train de préparer le dîner. La scène m’a frappé. Assis sur le bord de la table, j’ai balbutié : « Je renonce au divorce. » C’était un aveu plus pour calmer ma propre conscience que par conviction. Elle a levé les yeux, et j’ai vu qu’elle n’avait plus envie de reculer. « Tu renonces ? » atelle répété, comme si elle testait la solidité de ma parole. Quand je lui ai proposé de revenir à la situation d’avant, comme si l’on pouvait effacer ce que j’avais brisé, elle a souri, mais ce sourire ne portait plus d’illusion. « Effacer ? » atelle demandé. « Non. »
C’est elle qui a posé la condition : elle restait dans notre appartement principal et me proposerait en échange le nouveau logement que j’avais acquis à son nom. Mon orgueil a résisté d’abord, mais la réalité financière m’a rattrapé : vendre cet appartement commun m’aurait laissé très peu, et la nouvelle acquisition bien qu’à son nom restait ma meilleure issue. J’ai exigé que tout soit fait en simultané, par sécurité ; elle a accepté sans joie, et nous avons convenu d’aller chez le notaire ensemble pour mettre un terme propre à ce chapitre.
Le jour chez le notaire fut une longue formalité salée d’une atmosphère presque cérémonieuse. Les signatures ont claqué sur le papier comme des verdicts ; les clés ont changé de main, non pas en signe de triomphe mais avec la neutralité d’un acte administratif. Chacun a obtenu sa part : je suis parti avec une promesse de recommencer ailleurs, et elle a recouvré sa liberté concrète et symbolique d’un logement à elle. En sortant de l’étude, je l’ai vue allonger le pas, l’air plus léger qu’à mon arrivée ; j’ai senti une culpabilité froide m’envahir, accompagnée d’une étrange admiration pour sa dignité.
Les premiers mois qui ont suivi n’ont pas été ce que j’avais imaginé de mon « nouveau départ ». La réalité de la solitude après la rupture de vies communes est plus terne que les fantasmes qui m’avaient poussé à trahir. Mes journées, d’abord pleines de petites victoires éphémères, se sont peu à peu vidées ; j’ai compris que la passion que j’avais recherchée n’effaçait pas l’importance d’un soutien quotidien, des habitudes partagées, des silences entendus. Capucine, de son côté, a pris de l’avance : elle marchait droit, rassemblant ses affaires, retrouvant des amis, redécouvrant des endroits qu’elle aimait, comme si la ville ellemême lui rendait quelque chose qu’elle avait cru perdu.
Je me souviens du soir où je l’ai croisée par hasard, quelques semaines après les actes notariés, sur le pont où tout avait commencé. Elle tenait une tasse de thé chaud entre les mains et regardait la Seine s’écouler. Nous nous sommes arrêtés, avons échangé quelques banalités, puis elle a dit : « Je vais bien. » Ce n’était pas une plainte, ni une victoire ; c’était une constatation sereine. J’ai senti alors que ce que j’avais pris pour une liberté était en réalité la conséquence de mes propres désirs égoïstes, et que ce que j’avais cru être une acquisition n’était qu’une perte.
Aujourd’hui, alors que je couche ces lignes, je ressens un mélange d’amertume et d’humilité. J’ai appris à mes dépens que la sincérité n’est pas un fusil que l’on déclenche pour justifier une faute, et que la bonté ne consiste pas à acheter le pardon par des biens matériels. La leçon la plus profonde est pourtant simple : la fidélité n’est pas seulement une question de corps, mais de constance quotidienne, d’attention aux gestes minuscules qui tissent la confiance. Perdre cela, ce n’est pas seulement perdre un foyer c’est perdre une part de soi-même.