Elle veut peut-être me reconquérir. Elle a commencé à m’envoyer notre fille chaque week-end. Avec mon ex-femme, nous avons vécu ensemble pendant environ neuf ans, dont quatre ans mariés officiellement. Nous nous sommes rencontrés à la fac. Après six mois de relation, je lui ai proposé qu’on emménage ensemble. Je ne me suis pas précipité pour lui demander sa main, car elle avait un caractère compliqué. Nous n’avons officialisé notre union qu’au moment où nous nous sommes dits qu’il était temps de penser à fonder une famille. J’espérais que la maternité adoucirait son tempérament, qu’elle deviendrait plus tolérante et douce. Je croyais qu’elle rêvait de vivre toute sa vie à mes côtés. Mais tous mes espoirs ne se sont pas réalisés. Après la naissance de notre fille, son caractère s’est encore assombri. Peu importait que je sois le seul soutien financier du foyer : chaque jour, elle m’appelait au travail, prétextant qu’elle n’arrivait pas à s’occuper seule de l’enfant ou qu’il y avait une urgence. Nous manquions cruellement d’argent, mais elle insistait pour que je passe toutes les soirées avec elle alors que j’aurais pu prendre un boulot à mi-temps pour améliorer notre quotidien. Quand notre fille a eu deux ans, mon épouse a tenté de me quitter pour la première fois. Pendant que j’étais au bureau, elle a fait ses valises et est partie chez ses parents. J’ai dû beaucoup lutter pour la reconquérir. Nous avons vécu encore ensemble un an. Lorsque notre fille est entrée à la maternelle, mon épouse a demandé le divorce. Il m’a fallu une année pour me remettre. Dans ma famille, on se marie une fois, pour la vie. Au début, je ne voulais pas fréquenter d’autres femmes… puis la nature a repris le dessus. J’ai recommencé à sortir avec des filles. Au début c’était juste agréable. Les rendez-vous se faisaient le week-end. Mais après que mon ex a appris que je cherchais vraiment une nouvelle compagne, elle a commencé à m’envoyer notre fille chaque week-end. Elle sait que je n’ai pas le temps pour rencontrer des femmes en semaine, alors je suis persuadé qu’elle le fait exprès. Avant, je passais voir ma fille après le travail ; désormais, elle exige que je la prenne tout le week-end, sinon elle m’interdit de la voir. Je ne comprends vraiment pas pourquoi mon ex m’empêche de refaire ma vie alors que c’est elle qui a demandé le divorce. Peut-être veut-elle se réconcilier ? Mais mes sentiments se sont éteints, et malgré notre fille, je préférerais trouver une autre femme avec qui vivre…

Peut-être quelle me veut à nouveau. Voilà quelle menvoie notre fille tous les weekends.

Avec mon ex-femme, nous avons partagé le même toit pendant neuf ans. Quatre de ces années ont été agrémentées du statut officiel de mari et femme. On sest rencontrés sur les bancs de la fac à Paris, un peu par hasard. Au bout de six mois de sorties, je lui ai proposé quon vive ensemble. Pas question de me précipiter sur une demande en mariage, hein, car ma chère Amélie avait la réputation davoir un caractère, disons tempétueux.

On a signé les papiers seulement le jour où on a commencé à penser à la parentalité. Jespérais que la maternité la transformerait, la rendrait plus patiente, plus douce, un vrai petit ange. Je métais mis dans la tête quelle voulait finir ses jours à mes côtés, comme Brigitte Bardot et ses chats.

Mais bon, tous mes rêves ne se sont pas réalisés. Après la naissance de notre fille, son tempérament sest euh corsé, pour rester poli. Ce détail ne la gênait pas du tout : cest moi qui faisais bouillir la marmite, mais elle mappelait à tout bout de champ au bureau parce quelle narrivait pas à gérer seule ou il y avait soi-disant une urgence nationale (genre, la tétine est tombée par terre).

Niveau finances, notre compte en banque semblait participer aux soldes en continu : aucune réserve. Pourtant, elle exigeait quon passe toutes les soirées ensemble, même si je pouvais prendre un petit boulot supplémentaire pour améliorer notre quotidien mais non, « ce serait manquer à la famille », parait-il.

Quand notre Chloé a soufflé ses deux bougies, ma femme a tenté sa première échappée. Profitant que jétais au travail, elle a plié bagage et filé chez ses parents à Lyon. Jai dû déployer tout un arsenal darguments et de bouquets de fleurs pour la convaincre de revenir. Résultat, on a persisté ensemble une année de plus. Mais à la rentrée à la maternelle de Chloé, hop, Amélie a dégainé la demande de divorce.

Il ma fallu une bonne année pour retrouver une existence à peu près normale. Chez les Lemoine, on a pour habitude de se marier une fois et de saccrocher coûte que coûte, alors autant vous dire que la rupture, cétait sport ! Au début, jétais allergique à toute présence féminine, mais la nature a horreur du vide. Très vite, jai recommencé à fréquenter les femmes.

Le premier round était plutôt sympathique. Quelques rendez-vous galants par-ci, par-là, les samedis ou dimanches. Mais dès quAmélie a appris que je cherchais activement la femme idéale, elle sest mise à menvoyer Chloé pour tout le week-end, toute fière de son organisation. Elle sait très bien que la semaine, entre le boulot et la cuisine (oui, oui, jai découvert la ratatouille maison !), je nai pas une minute pour faire la cour. Je suis quasi sûr quelle le fait exprès, la coquine. Avant, je passais en coup de vent voir ma fille après le travail, et désormais, cest : « soit tu prends Chloé tout le week-end, soit tu ne la vois plus du tout ! »

Je vous avoue que je ne pige pas trop pourquoi mon ex veut à tout prix mempêcher de rencontrer quelquun. Cest elle qui a voulu le divorce, non ? À croire quelle a décidé de faire la paix Ou alors elle aime voir mes tentatives échouer lamentablement ? Mes sentiments pour Amélie sont froids comme une barquette de frites oubliée au frigo ; certes, on partage une merveilleuse petite Chloé, mais franchement, moi, je rêverais de trouver une autre compagne avec qui refaire ma viedans la cour de la vie. Peut-être quAmélie, dans le fond, tient encore un peu à ce quon reste liés, même par les aspects les plus ordinaires. Ou peut-être quelle soccupe à me rappeler quon néchappe jamais vraiment à sa première famille, quon la porte toujours quelque part, même quand on croit lavoir déposée au vestiaire.

Le paradoxe, cest que pendant ces week-ends où je me retrouve avec Chloé, tout change. Entre les puzzles éparpillés et les histoires du soir, je me surprends à rire et à retrouver une forme de bonheur sans fioriture. Je ne croise pas la femme idéale décrite dans les romans, mais Chloé a cette habitude de venir se coller contre moi et de chuchoter : « Papa, tes le meilleur ! » Sans le vouloir, Amélie aura réussi à me rappeler quici, lessentiel se construit dans ces instants simples.

Alors le samedi soir, au lieu de swiper sur mon téléphone ou de ressasser ce que je crois avoir perdu, je minstalle sur le tapis, je fais semblant de ne rien comprendre aux règles du jeu de société, et Chloé glousse, impatiente de gagner. Peut-être que la vraie reconquête, cest celle de moi-même. Que la nouvelle vie que je cherchais, cest celle où je peux dire : jai trouvé la paix. Peut-être pas celle dont javais rêvé, mais celle qui me convient vraiment.

Le dimanche, quand je ramène Chloé chez sa mère, Amélie me lance toujours ce regard mi-amusé mi-interrogatif. Je souris, je lui tends la main, et pour la première fois, je sens que nos batailles laissent place à du respect. Peut-être quon ne saimera plus jamais comme avant, mais on saura saimer autrement.

Après tout, parfois, ce nest pas lamour qui recommence, cest juste la vie.

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Elle veut peut-être me reconquérir. Elle a commencé à m’envoyer notre fille chaque week-end. Avec mon ex-femme, nous avons vécu ensemble pendant environ neuf ans, dont quatre ans mariés officiellement. Nous nous sommes rencontrés à la fac. Après six mois de relation, je lui ai proposé qu’on emménage ensemble. Je ne me suis pas précipité pour lui demander sa main, car elle avait un caractère compliqué. Nous n’avons officialisé notre union qu’au moment où nous nous sommes dits qu’il était temps de penser à fonder une famille. J’espérais que la maternité adoucirait son tempérament, qu’elle deviendrait plus tolérante et douce. Je croyais qu’elle rêvait de vivre toute sa vie à mes côtés. Mais tous mes espoirs ne se sont pas réalisés. Après la naissance de notre fille, son caractère s’est encore assombri. Peu importait que je sois le seul soutien financier du foyer : chaque jour, elle m’appelait au travail, prétextant qu’elle n’arrivait pas à s’occuper seule de l’enfant ou qu’il y avait une urgence. Nous manquions cruellement d’argent, mais elle insistait pour que je passe toutes les soirées avec elle alors que j’aurais pu prendre un boulot à mi-temps pour améliorer notre quotidien. Quand notre fille a eu deux ans, mon épouse a tenté de me quitter pour la première fois. Pendant que j’étais au bureau, elle a fait ses valises et est partie chez ses parents. J’ai dû beaucoup lutter pour la reconquérir. Nous avons vécu encore ensemble un an. Lorsque notre fille est entrée à la maternelle, mon épouse a demandé le divorce. Il m’a fallu une année pour me remettre. Dans ma famille, on se marie une fois, pour la vie. Au début, je ne voulais pas fréquenter d’autres femmes… puis la nature a repris le dessus. J’ai recommencé à sortir avec des filles. Au début c’était juste agréable. Les rendez-vous se faisaient le week-end. Mais après que mon ex a appris que je cherchais vraiment une nouvelle compagne, elle a commencé à m’envoyer notre fille chaque week-end. Elle sait que je n’ai pas le temps pour rencontrer des femmes en semaine, alors je suis persuadé qu’elle le fait exprès. Avant, je passais voir ma fille après le travail ; désormais, elle exige que je la prenne tout le week-end, sinon elle m’interdit de la voir. Je ne comprends vraiment pas pourquoi mon ex m’empêche de refaire ma vie alors que c’est elle qui a demandé le divorce. Peut-être veut-elle se réconcilier ? Mais mes sentiments se sont éteints, et malgré notre fille, je préférerais trouver une autre femme avec qui vivre…
Je ne me marierais jamais avec un homme comme ça !» s’exclama soudain une petite fille devant la mariée à la sortie du bar.