«Eh bien, tu es aveugle ? Rends-moi mon mari !» — s’est écrié ma sœur le jour de son mariage, où mon époux était… le marié. Ses provocations ont persisté jusqu’à ce que je retire lentement mes lunettes noires. Le secret que j’ai révélé à ce moment-là a figé toute la salle.

«Tu es aveugle, non? Rendsmoi ton mari!», sécria ma sœur le jour de son mariage, où mon époux était le fiancé. Ses provocations continuèrent jusquà ce que je retire lentement mes lunettes noires. Le secret que je dévoilai à cet instant fit figer toute la salle.

Je mappelle Laura, jai 29ans, et pendant tout mon âge conscient on na cessé de me répéter la même chose: «Pauvre Laura, si jolie mais aveugle », «Quel dommage pour elle», «Elle ne se mariera jamais», «Qui voudrait épouser une invalide?». Le plus fort était toujours la voix de ma sœur aînée, Caroline, qui se prenait pour la reine du monde, la beauté parfaite au regard impeccable et au caractère tout aussi irréprochable (du moins dans son imagination).

Caroline me harcelait depuis lenfance. Si je ratais quelque chose, elle me lançait: «Tu es aveugle, non?». Si je pleurais, elle me disait: «Ne joue pas la victime». Si je restais silencieuse, elle me traitait dincapable. Nos parents tentaient de la freiner, mais Caroline était leur chouchou: élève brillante, lauréate de concours de beauté, la fierté de la famille. Moi, je nétais quune petite souris grise aux lunettes sombres, toujours reléguée à lécart.

Il y a trois ans, jai rencontré Raphaël. Il était venu chez nous à Lyon pour réparer le toit après la tempête qui avait ravagé le quartier. Grand, calme, dune voix qui faisait fondre tout mon être. Il me parlait comme si jétais une simple fille, pas «la pauvre aveugle». Six mois plus tard, nous avons commencé à nous fréquenter. Un an après, il ma fait sa demande sur le même toit, sous un ciel étoilé. Jai dit «oui» et, pour la première fois, je me suis sentie réellement désirée.

Caroline, bien sûr, était hors delle. «Tu plaisantes? Tu vas te marier avant moi? Toi!», criaitelle à notre mère. Mais quand elle a vu Raphaël, ses yeux se sont embrasés dun feu nouveau. Elle a commencé à flirter ouvertement devant moi: rire plus fort à ses blagues, toucher son bras, «tomber» accidentellement pour quil la rattrape. Raphaël souriait poliment, mais chaque instant il revenait vers moi, serrant ma main plus fort.

Nous avons organisé un mariage sobre, seulement les proches. Caroline était demoiselle dhonneur, car notre mère implorait de ne pas alimenter le scandale familial. Toute la soirée, elle arpentait la salle avec un verre de champagne, lançant des piques: «Alors Laura, tu ne crains pas quil senfuie quand il verra ce que tu es vraiment?», «Raphaël, estu sûr? À ta place, je réfléchirais cent fois».

Le point culminant arriva lorsque Raphaël et moi partîmes pour notre première danse. Caroline, déjà bien éméchée, fonça vers nous, leva la voix pour que tout le monde entende et sécria:

«Tu es aveugle, non? Cet homme est trop beau pour toi! Donnemoi ton mari, il mérite une femme normale, pas une infirmité!»

Le silence sabattit. Notre mère couvrit son visage de ses mains. Notre père pâlit. Raphaël fit un pas en avant, mais je pressai doucement sa main: «Laissemoi».

Je levai lentement la main vers mon visage, enlevant les lunettes noires que je portais depuis toujours, parce quon mavait dit que «cest ainsi que les aveugles doivent vivre». Sous ces verres, mes yeux étaient ordinaires, sains, aux longs cils de la même teinte que ceux de Caroline. Je regardai ma sœur droit dans les yeux et, dune voix calme mais audible pour toute la salle, déclarai:

«Caroline, je nai jamais été aveugle. À douze ans, une méningite sévère ma privée de vue pendant trois mois. Les médecins ont dit quil y avait une chance de récupération si je ne forçais pas trop les yeux. Mes parents ont préféré que je porte des lunettes sombres et que je me comporte comme une déficiente, au cas où la vue ne reviendrait pas. Mais, six mois plus tard, ma vision est revenue, complètement. Je vois mieux que bien des personnes présentes. Je continuais à porter ces lunettes parce que cétait plus simple. Parce que tout le monde me plaignait. Parce que tu as construit ton «perfection» sur ma supposée «incomplétude», pendant des années, sans que je ne réponde. Jusquà aujourdhui.»

Le silence était tel quon aurait entendu une épingle tomber.

Je me tournai alors vers Raphaël, esquissai un sourire et ajoutai:

«Quant à ce quil serait «trop beau pour moi» Il a su la vérité dès le premier jour. Et il a choisi de rester sans regrets.».

Caroline resta bouche bée, son maquillage se dissolvant sous les larmes de colère ou dhumiliation, on ne saurait le dire. Les convives chuchotaient, certains ricanaient. Notre mère sapprocha et murmura doucement: «Caroline, il vaut mieux que tu partes». Elle séclipsa, claquant la porte avec fracas.

Raphaël et moi poursuivîmes la danse. Pour la première fois depuis des années, je dansais sans lunettes, le regard plongé dans le sien. La lumière de la salle était éclatante, son sourire chaleureux, mon cœur débordant. Jai compris alors que je voyais réellement.

Cette soirée ne ma pas seulement rendue épouse de Raphaël. Elle ma rendu moi-même: sans masques, sans regrets, sans étiquettes imposées.

Et Caroline? Un mois plus tard, elle a déménagé à Bordeaux. On raconte quelle ne me pardonne toujours pas davoir «trompé tout le monde». Quant à moi, je vis, je regarde chaque lever de soleil, le regard de mon mari, le sourire de nos futurs enfants. Et je ne remets plus jamais ces lunettes sombres.

Car la véritable lumière ne vient pas du regard des autres, mais de lacceptation de soi.

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