Cadeau dun inconnu
Un message a surgi dans la discussion générale, flottant au-dessus des tableaux Excel et des courriels urgents comme une boule brillante tombée dans une pile de documents :
« Chers collègues, on lance le Secret Santa ! Échange anonyme de cadeaux à la fête dentreprise. Budget : 30 max. Le lien vers le formulaire est en bas. »
Jai relu le texte, jeté machinalement un œil à lhorloge dans le coin de lécran. Il restait dix jours ouvrés avant la fin dannée, deux semaines avant la clôture du trimestre, trois jours avant le prélèvement du crédit immobilier. Ma vie sétait depuis longtemps fractionnée en ces échéances.
Le fil de discussion sanimait déjà. Gif dun renne, commentaire « Encore ? », question sur le montant du budget. Camille, la RH, a aussitôt répliqué : « La participation nest pas obligatoire, mais fortement encouragée ! On veut instaurer lambiance de Noël. »
Jai avalé mon café devenu tiède, puis cliqué sur le lien. Le formulaire demandait nom, service, consentement sur les données. En bas, le bouton « Participer » clignotait. Jai hésité, imaginé une énième bougie ou tasse inutile ornant mon bureau déjà encombré. Puis jai visualisé ma case vide dans la liste des volontaires.
Jai appuyé.
Tu tes inscrit aussi à la loterie ? a demandé Pierre, du service commercial, passant la tête dans mon box. Jespère que je tomberai sur quelquun qui a de lhumour. Jai déjà lidée : le livre sur la gestion du temps pour le chef.
Mais cest anonyme, non ? ai-je rappelé.
Justement, cest plus marrant. Imagine sa tête quand il louvre Pierre a mimé une expression interloquée, hilare.
Jai souri poliment et replongé dans mon rapport. Les chiffres défilaient en un flot gris et monotone. À côté, on discutait des coffrets à offrir aux partenaires, hésitant entre chocolats haut de gamme ou économiser. À la pause clope du matin, on spéculait sur la prime : en espèces ou, pire, en coffrets.
Tout autour devenait toile de fond, comme chaque année : le sapin artificiel à laccueil, les boules en plastique, les cartes génériques « Cher partenaire, nous vous souhaitons ».
Cette année, javais deux objectifs : décrocher la prime de performance ; ne pas memporter contre mon fils à cause de ses notes. Autant dire : deux défis quasi équivalents.
Le soir, jai reçu un mail : « Votre Secret Santa ». Ouvert sur mon portable dans le RER, coincé entre manteaux et sacs.
« Bonjour, Antoine ! Votre bénéficiaire : Antoine Dubreuil, service analyse. »
Jai relu. Puis une deuxième fois.
Le wagon a brusquement ralenti, quelquun ma bousculé. Le chat senflammait déjà avec captures décran :
« Tout le monde sest auto-donné, cest quoi ce bug ? »
« Moi aussi je me suis tiré au sort ! »
« Éveil de soi version 2.0 ? »
Camille a vite clarifié : « Oui, bug technique. Impossible déchanger, IT dit que tout est calé sur les identifiants. Prenez ça comme une expérience, on fait comme si de rien nétait, limportant cest la surprise et lesprit. »
« Surprise ? On sait que cest nous ! »
« Imagine que cest un inconnu qui te connaît à la perfection », répondit Camille, avec emoji sapin.
Jai rangé mon téléphone. Quelquun au fond du wagon commentait bruyamment sa « clôture dexercice ». Je me suis regardé dans la vitre sombre. Quarante et un ans. Les cheveux tenaient encore, mais des mèches claires apparaissaient aux tempes. Visage fatigué, sans être vieux. Veste de chez Galeries Lafayette, montre payée en dix fois, téléphone acheté pour « ressembler au chef ».
Un cadeau de soi à soi, déguisé en geste dinconnu Quest-ce que cet inconnu me donnerait ?
Aucune réponse.
Le lendemain, à la pause fumeurs, cétait LE sujet.
Pour moi, faut tout annuler, plaidait Paul, le juriste, tapotant son mégot. Secret Santa sans le secret, cest absurde.
Moi, jaime bien, contrait Lise du marketing. Enfin, on peut soffrir quelque chose de correct, pas un énième foulard à rennes.
Tu tachètes déjà tout, non ? a lancé quelquun.
Pas tout. Il y a toujours des choses quon nose pas se payer, Lise sourit. Cest là que ça devient intéressant.
Jai écouté, silencieux. Dans ma tête : écouteurs, batterie externe, nouvelle souris. Tout achetable nimporte quel soir. Mais rien de tout ça ne ressemblait à un cadeau, juste des accessoires de plus pour mon bureau.
Tu te ferais quoi comme cadeau ? Pierre ma demandé dans lascenseur.
Franchement, je sais pas.
Tes fort, toi. Perso, je me prendrais la PlayStation. Mais le budget est trop serré, alors ça sera kit bière artisanale, signé Santa.
Et moi ? me suis-je demandé en regagnant mon siège. Quest-ce que jaimerais recevoir, si quelquun me voyait vraiment ? Pas comme salarié, ni payeur de crédit, ni père quon blâme pour ne pas passer assez de temps mais comme quoi, au fait ? Comme personne ?
Impossible de mettre un mot.
Le soir, au centre commercial, lumières partout, musique festive, vitrines criant « Idées cadeaux », « Pour lui », « Pour lhomme accompli ». Dans chaque affiche, ces hommes en manteaux élégants, lair assuré. Aucun navait la mine fatiguée ni de crédits plein le dos.
Jai testé le rayon high-tech. Des écouteurs sans fil « best seller » suspendus au présentoir. Un vendeur expliquait à un type les subtilités des modèles.
Pratique, les écouteurs. Musique, podcasts, ça fait genre « je prends soin de moi », ai-je réfléchi. Jai pris la boîte, considéré le prix. Ça passait dans le budget, sauf le haut de gamme.
Mais je me les achète déjà quand jen ai besoin. Où est lintérêt ? Ce nest pas un cadeau, juste un nouveau truc « dhomme raisonnable ». Téléphone, montre, chaussures correctes, manteau pas décati. Vraiment, ça compte comme cadeau ?
Jai reposé et quitté le magasin.
La librairie offrait une chaleur feutrée. À lentrée, piles de livres « Devenez la meilleure version de vous-même », « Comment tout gérer », « Le bonheur planifié ». Jen ai feuilleté un et refermé, lassé des slogans de « zone de confort » et « efficacité ».
Au fond, la littérature. Jai caressé des tranches des noms connus. Autrefois, javalais les romans dune nuit. Luniversité, les yeux rouges au matin. Puis boulot, crédit, naissance du fils la lecture devenue un « devrait ».
Un livre, peut-être ? Mais quel titre, et cet inconnu men offrirait-il, sachant que je ne trouve jamais le temps ?
Je suis ressorti sans rien. La tête résonnait du tintamarre publicitaire.
À la maison, Justine ma accueilli :
Tu as lair sombre, tout va bien ?
Oui, ça va, jai dit en ôtant mes chaussures, On fait une animation au boulot. Échange de cadeaux.
Encore les bougies et les mugs ?
Cette fois, chacun soffre à soi-même. La machine est tombée en panne.
Eh bien, cest génial, elle a servi les pâtes. Prends-toi ce que tu noses jamais acheter.
Quoi, par exemple ?
Tu sais mieux que personne
Je me suis tu. Notre fils feuilletait un manuel, simulant les révisions.
Alors ? a insisté Justine. Tu veux toujours une nouveauté : téléphone, montre, sac à dos Tu aimes les gadgets.
Je les achète au besoin, tout simplement.
Dans ce cas, pense à autre chose quun objet suggéra-t-elle, Un bon pour un massage, une sortie, ou
« Sortie », je la prends sans coupon, jai tranché. Il me faudrait juste un chef qui ne mécrive pas le dimanche.
Elle sourit.
Voilà : demande ça à ton Santa.
Hors budget, ai-je plaisanté.
Cette nuit-là, jai tourné longtemps. Dans ma tête passaient les vitrines, les slogans, les vœux formatés : « progression », « nouvelles réussites », « réussite financière ». Tout ce qui compte, certes, mais ne dure guère plus quune guirlande rangée début janvier.
Que voudrais-je si personne ne me juge ni collègues, ni famille, ni banque ?
Toujours pas de réponse.
À une semaine de la fête, le bureau bourdonnait. Premiers paquets posés sur les bureaux, certains cachés dans les tiroirs, dautres bien en vue. On débattait tenue, menu, jeux. Camille annonça un animateur, un DJ, et un « moment spécial Secret Santa ».
Toujours sans idée, je trainais.
Tu vas finir par te retrouver avec rien, me lança Pierre. Faut se décider, sinon ce sera du réchauffé.
Jy réfléchis.
Pas besoin de réfléchir, Pierre haussa les épaules. Prends quelque chose de pratique. Moi, jai commandé un kit barbecue. Je me disais toujours « plus tard », ben voilà, cest fait.
À midi, au café du rez-de-chaussée, la file serpentinait. On parlait boulot, enfants, bouchons. Au-dessus du comptoir, pub : « Faites-vous plaisir ! Coffrets de fête ».
Installé à la fenêtre, jai pris mon téléphone, cherché « cadeau homme quarante ans ». Résultats flamboyants : montres, portefeuilles, gadgets, alcools, bons coiffure.
Tout axé sur limage de lhomme, pas sur son ressenti.
Jai fermé la page, ouvert la boîte personnelle : notifications de sites délaissés, promos aguichantes, « commencez lannée avec votre version améliorée ».
Parmi le lot, un courriel dune plateforme éducative oubliée : « Nouvelle session : cours de photographie. Inscrivez-vous avant la fin de semaine. »
La photographie.
Je me suis souvenu du vieux reflex, acheté à lépoque où ni enfant ni crédit navaient encore envahi ma vie. Jarpentais Paris les samedis, capturant façades, passants, vitrines. Puis lappareil sest fait oublier dans un placard. Dabord par manque de temps, puis dénergie, puis par autocritique : tout ça, ça ne sert à rien.
Cliché souffla aussitôt mon critique intérieur. Un quadra qui redécouvre sa passion délaissée, va finir par plaquer tout pour devenir artiste Ridicule.
Jai repoussé mon plateau. Un pincement intérieur, souvenir de gêne subite.
Je ne veux pas tout quitter. Juste
Pensée inachevée, interrompue par une vibration : le chef voulait des chiffres avant la soirée.
Jai soupiré, me suis levé.
Le soir, jai fouillé le placard de lentrée, tiré le vieux sac. Le reflex attendait, lourd, froid. Je lallume : batterie morte. Après un fouille dans le tiroir, jai extirpé le chargeur.
Justine, les sourcils relevés :
Tu vas te remettre à la photo ?
Juste vérifier sil marche encore.
Batterie chargée, je sors sur le balcon, prends deux photos de la cour. Rien dextraordinaire : voitures, fenêtres, neige, lampadaires. Mais en regardant par le viseur, le brouhaha mental sest atténué.
Respiration enfin apaisée.
Peut-être, cest ça le cadeau : non lappareil, mais lautorisation de sy consacrer. Une heure, deux, sans se juger.
Ça semblait à la fois simple et effrayant. Mon critique intérieur en rajouta : Bah, prends ton cours photo ! Comme si ça changeait tout.
Mais une voix plus douce souffla : Et pourquoi pas ? Tu dépenses bien des sous pour des choses vite oubliées. Au moins là, il y a une part qui résonne.
Jai rouvert le mail du cours. Module sur la lumière, la composition, le paysage urbain. Deux soirs par semaine, en ligne. Le prix passait dans les 30 du Secret Santa, hors options.
Cadeau de soi à soi, offert par un inconnu qui sait ce que tu aimes, qui ne trouve pas ça stupide.
Jai payé.
Reste la mise en forme pour léchange festif. Le règlement exige un objet à offrir. Pas question darriver en disant « Jai le cours », il fallait quelque chose à glisser dans une boîte.
Jai pris un carnet bleu nuit, simple, sans motifs, et une enveloppe. À la maison, jai imprimé lattestation du cours, soigneusement pliée. Sur la première page du carnet : « Pour les clichés qui restent à prendre. » Mon écriture tremblait mais restait lisible.
Ensuite, la carte daccompagnement. Je voulais un ton personnel, pas un message « coaching » daffiche publicitaire.
Après plusieurs brouillons, jai abouti à :
« Antoine,
Parfois, il est bon de se rappeler que tu nes pas seulement des rapports et des réunions. Accorde-toi du temps pour observer le monde autrement que par des tableurs. Profites-en.
Ton Santa. »
Jai relu, un léger pincement au cœur. Aucun pathos, juste précisément ce dont javais besoin.
Un Santa plus bienveillant que je ne létais envers moi-même.
Jai glissé lattestation du cours dans lenveloppe, rangée dans le carnet, emballé le tout dans du papier kraft brun, noué dun ruban rouge.
Ça faisait modeste. Pas de marque, pas de slogan.
La soirée se déroulait dans la salle du rez-de-chaussée du centre daffaires. Grandes nappes blanches, guirlandes, DJ aux classiques. Chacun arrive, certains en robe à paillettes, dautres en chemise ordinaire, juste sans badge de service.
Les cadeaux, regroupés sur une table, chacun étiqueté. Jai déposé mon paquet, regardé le tas. Papier coloré, boîtes à ruban, formes insolites emballées de papier alu.
Prêt pour lauto-découverte ? lance Camille en passant.
Autant que faire se peut.
À mi-soirée, lanimateur annonce le « moment spécial ». Musique en fond, lumière tamisée, la salle déjà animée : rires, débats au bar.
Chers amis, cette année le Secret Santa est plus secret que jamais car chacun est son propre magicien ! Faisons comme si de rien nétait, nest-ce pas ?
Rires dans lassistance.
Chacun se lève, prend son paquet à son nom, louvre ici, et souvenez-vous : le principal nest pas ce qui est dedans, mais ce que vous découvrez sur vous-même.
Encore un qui ne parle quen punchlines, ai-je pensé.
À mon tour, jai senti une drôle démotion me serrer la gorge. Jai attrapé mon paquet étiqueté « Antoine Dubreuil », regagné ma chaise.
Quest-ce que tas reçu ? demande Pierre, Jespère pas des chaussettes !
Jai défait le ruban, déballé le papier. Un carnet, une enveloppe à mon nom. Mes mains tremblaient un peu.
Pas de barbecue, Pierre constata.
Jai ouvert lenveloppe, déployé la fiche. Autour, on exultait : « Best spa certificate ! », « Jeu de société ! », la comptable Élodie cachait sa gêne devant un livre de yoga, Camille éclatait devant un mug « Employée de lannée ».
Jai lu la note. Relu encore. Les mots écrits par moi-même résonnaient autrement maintenant, comme si linconnu avait vraiment existé.
Tu nes pas que rapport et réunion.
Un mélange de honte, comme surpris dans sa vulnérabilité, et un soulagement, parce quaucun jugement ne laccompagne.
Alors ? Pierre ne lâchait rien.
Un cours de photo. Et un carnet.
Pas mal ! Cest sûrement un créatif du bureau On a le droit de garder le mystère ?
Oui.
Pierre se détourne pour son kit barbecue. Tu pourras faire les photos de la prochaine fête. Voilà qui servira.
Jai remis le carnet en place. Sur scène, ça blaguait, certains dansaient. Bruyant autour, mais soudain plus calme en moi.
Jai croisé le regard de Justine dans mon téléphone, texto en attente : « Ça sest bien passé ? » Jai écrit : « Oui, ambiance marrante. Je me suis offert un atelier photo » puis effacé, réécrit : « Je raconterai plus tard. »
Je suis rentré presque à minuit. Limmeuble silencieux, une porte claque à létage. Lappart baignait dans une lumière chaude et odeur de clémentines. Justine lisait à la table, notre fils dormait.
Alors, quel cadeau ?
Jai posé le carnet et lenveloppe.
Cest tout ?
Il y a autre chose dedans.
Elle a lu la note, ma regardé.
Cest toi qui as écrit ?
Oui, ai-je avoué. Et jai payé le cours. Photo.
Elle a hoché la tête, sans plaisanter ni ironie.
Beau cadeau. Tu aimais ça, avant.
Cétait il y a longtemps.
Et alors. Le goût, ça ne disparaît pas.
Jai haussé les épaules, mais au fond, une chose semblait bouger un meuble quon ose enfin déplacer.
On verra bien.
Le 1er janvier, je me suis levé sans réveil. Dehors, matin gris, voitures enchevêtrées, quelques plaques de neige subsistantes. Tête lourde, mais pas douloureuse. Justine et notre fils étaient partis chez ses parents la veille, je devais les rejoindre le lendemain.
Lappartement résonnait dun silence inhabituel. Jai fait mon café, ouvert le carnet. Première page : « Pour les clichés qui restent à prendre ».
Jai lancé lordi, retrouvé le mail daccès au cours. Première séance dans une semaine, mais déjà le module dintro accessible. Un formateur calme, qui parlait dobserver lumière et ombres, pas dautoperfectionnement.
Je me suis surpris à ne pas checker ma boîte pro simultanément. Mon portable restait dans lautre pièce, sans envie daller le chercher.
Après la vidéo, jai saisi le reflex, descendu dans la cour. Air frais, sans être glacial. Quelques voisins sortaient les poubelles, dautres promenaient leur chien. Sur le terrain de jeu, un reste de pétard fêtard.
Jai relevé lappareil, visé. Branches, fils, balcons dans le cadre. Rien dextraordinaire. Mais en appuyant, un drôle de sentiment minuscule, mais précieux.
Pas pour un rapport, pas pour des objectifs, juste pour moi.
Jai pris plusieurs photos, remonté, transféré les images à lordi. Certaines ratées, dautres banales. Mais une, où la vitre de voiture reflétait les fenêtres den face, ma arrêté.
Je lai agrandie, cherché les détails. Et mon ombre, appareil à la main, dans le reflet.
Un cadeau dinconnu qui se révélait être moi-même. Et ça semblait normal, finalement.
Jai fermé le logiciel, bu le café refroidi. Le boulot attendait, les mails et échéances. Mais aussi le cours, et ce créneau réservé juste pour moi.
Jai ouvert le carnet, noté la date. Puis : « Cour, matin, reflet sur vitre ». Sobre, mais cétait moi.
Jai déposé mon stylo, et pour la première fois depuis longtemps, je pensais à lavenir autrement quen tableaux et paiements. Il sy ouvrait une minuscule place destinée à lenvie, au choix à moi.
Cétait peu, mais suffisant pour respirer plus librement.
Jai rempli ma tasse, ouvert le planning du cours. Un encadré « notes ». Jy ai écrit : « À ne pas annuler pour le travail. » Sourire en coin, sachant que la vie me corrigerait probablement. Mais au moins, javais gagné le droit dessayer.
Et cétait aussi un vrai cadeau.
