UN BONHEUR INATTENDU À la faculté de l’université, aucun collègue n’aurait soupçonné, ni même cru, que le mari de Valérie Martin, discrète chef de département et enseignante respectée, était un alcoolique invétéré. C’était là son douloureux secret et son lourd fardeau. … Valérie Martin, brillante spécialisée et réputée irréprochable, incarnait, aux yeux de tous, la femme accomplie sous toutes ses formes. Son mari, élégant, venait souvent l’attendre devant l’université, et le couple rentrait ensemble, main dans la main. « Quelle chance vous avez, Madame Martin ! Votre époux est si attentionné, distingué, charmant… » gloussaient les jeunes collègues. — Ne m’enviez pas les filles… répondait toujours, évasive, Valérie. Car elle seule savait le revers du décor : Victor, son « homme raffiné », s’abandonnait chez eux à la boisson, sombrant parfois au point de ramper ivre-mort jusqu’au pas de la porte, réveillant tout l’immeuble d’un « Valérie, de l’eau ! » en pleine nuit. Après l’avoir tiré à l’intérieur et couvert d’une couverture, elle se replongeait, sans bruit, dans l’écriture de sa thèse, puis de sa soutenance d’habilitation. Au travail, elle rayonnait, éclipsant ses souffrances domestiques. Ainsi allait leur vie, mois après mois… … Victor et Valérie étaient mariés depuis vingt-huit ans. Leur amour, intense et réciproque, s’était dissipé comme un oreiller éventré, impossible à rassembler. D’abord le couple avait vainement espéré un enfant. À la naissance de Dimitri, le bonheur de Valérie fut total, mais Victor ne s’investit jamais dans les tâches domestiques, préférant cacher une bouteille quelque part et boire en cachette. Au fil des années, Victor perdit travail après travail, sa dépendance rendant tout espoir vain. Mais, fidèle à la maxime maternelle — “On ne se marie qu’une fois !” — Valérie n’envisagea jamais le divorce. Elle s’était résignée à n’attendre que d’elle-même et à gravir seule les échelons de sa carrière. Son unique joie : son fils, Dimitri. Mais même cette relation lui échappa. Dimitri multipliant les amours, éphémères ou moins, dont la plus durable, Anna, vécut cinq ans sous leur toit. Valérie rêvait déjà petits-enfants. Mais Anna disparut du jour au lendemain, remplacée par une nouvelle conquête. Les années passèrent, Victor mourut d’une cirrhose, et Valérie, déchirée, reconnut à son fils : “J’endurerais tout à nouveau, juste pour entendre Vitou à nouveau franchir ce seuil. L’amour, c’est étrange…” … À l’université, on plaignait Valérie et sa solitude sur fond de retraite. Arriva un nouvel an, nuit solitaire, espoir d’un coup de fil du fils. Un coup de sonnette. Anna, soudain sur le pas de la porte, une petite fille à la main. “C’est… ta petite-fille, Valérie…” souffla Anna, suppliant que la vieille dame garde la petite, le temps qu’elle remette de l’ordre dans sa vie. Au matin, Anna avait disparu. Sur la table, une lettre d’adieu et, dans la valise, le certificat de naissance : Véronique Dimitrievna. “La famille continue… adieu Victor, bienvenue Véronique”, pensa Valérie en embrassant le front de l’enfant endormie. “Tu es ma joie inattendue !” Aujourd’hui, Véronique est rentrée au CP, Valérie qu’elle appelle ‘Mamie’, Dimitri son “Papa”, et Anna n’a jamais reparu…

LA JOIE INATTENDUE

À la faculté de la Sorbonne, personne naurait soupçonné et encore moins cru que lépoux de Madame Laurence Desmoulins fût un alcoolique impénitent. Cétait son triste secret, sa douleur amère, jalousement gardée.

Laurence Desmoulins, professeure, maître de conférences et responsable du département, était très estimée à luniversité, tant pour son expertise que sa rigueur. Sa réputation était irréprochable. Chacun la considérait comme une femme accomplie, épanouie à tous points de vue. Comment en aurait-il pu être autrement ? Son mari venait souvent lattendre devant lentrée principale, pour rentrer à la maison à son bras.

Quelle chanceuse vous êtes, Madame Desmoulins ! Votre mari est si élégant, attentionné, distingué sexclamaient les jeunes collègues dun ton admiratif.

Oh, mes chères, ne soyez pas envieuses, répondait Laurence avec un sourire évasif.

Seule elle savait les abîmes où senfonçait son « intellectuel » de mari dans la sphère privée. Maurice, à la maison, sombrait dans livresse profonde, rentrant ou plutôt rampant dans un état lamentable. Il nétait plus alors quune ombre dhomme, méconnaissable et sale. Incapable même denfiler la clé dans la serrure, il sonnait, seffondrait sur le paillasson et sendormait immédiatement, inerte. Laurence, soupirant (« Ma pauvre pomme Vraiment, tu ne tarrêteras donc jamais ? Je nen peux plus »), le traînait jusque dans lentrée, le recouvrait dun vieux plaid pour quil ne prenne pas froid pendant la nuit, puis retournait à sa thèse dabord de doctorat, ensuite dhabilitation. Toujours, elle laissait à son mari une grande tasse deau auprès de lui ; autrement il hurlait, émergeant de son ivresse, en pleine nuit :

Laurie ! De leaauuu, de leaauuuu !

Le matin venu, Laurence enjambait le corps de son mari endormi dans le couloir, quittait la maison et refermait la porte dentrée derrière elle. À la Sorbonne, elle semait la graine du savoir, cultivait lesprit et les cœurs. Ainsi passait la semaine, parfois un mois entier

Et, soudain, un matin, Maurice attendait à nouveau devant luniversité, tout sourire, rasé de frais et bien mis, lair de rien. Lorsque Laurence sortait parmi ses collègues, Maurice accourait humblement vers sa femme, lui baisait la joue, demandait :

Ta journée sest bien passée, Lauriane ma chérie ?

Tout va bien, Maurice. Rentrons, soupirait-elle discrètement.

Les collègues suivaient le couple attendri du regard. « Madame Desmoulins a bien de la chance », marmonnaient-ils.

Dès le seuil de lappartement franchi, Laurence senfermait dans un silence implacable, une vengeance bien sentie elle savait la force de cette arme. Maurice en souffrait terriblement, mais au fil des années, il avait appris à esquiver ce châtiment muet. Il raccompagnait sa femme chez eux, puis repartait aussitôt, prétextant quelque « course », retrouvant, bien sûr, les verres levés.

Vingt-huit ans quils étaient mariés. Leur amour, dabord réciproque, ardent et, semblait-il, indestructible, sétait éparpillé comme duvet au vent. Impossible de rassembler ces plumes légères, envolées à tout jamais.

Leur début de vie commune fut assombri par lattente douloureuse dun enfant longtemps en vain, ce qui désolait Laurence. À ses yeux, un foyer sans enfants nétait ni complet, ni heureux. Enfin, un fils naquit : Paul, qui devint sa raison de vivre.

Les besoins du bébé se multipliaient, mais largent manquait cruellement. Maurice laissait donc à Laurence la charge intégrale de la maison et de lenfant, ne soccupant de rien dautre que dissimuler habilement de lalcool derrière les pots à fleurs du balcon ou dans la buanderie.

Epuisée, Laurence mit du temps à découvrir ses forfaits. Encore jeune et ingénue, elle navait aucune expérience de la vie. Ce nest quen découvrant une bouteille de pastis cachée sous un sac de pommes de terre quelle interrogea, surprise :

Maurice à qui est-ce ?

Devine donc ! répondit-il en plaisantant.

Le scandale éclata. Dautres suivirent. Larmes, supplications, menaces Rien ny fit ; un scénario connu.

Les années filaient. Maurice trouvait parfois un emploi quil perdait aussitôt, lalcool en étant toujours la cause évidente. Aucune illusion à nourrir. Laurence ne songea jamais au divorce sa mère lui avait répété :

Ma fille, un mariage, ça ne se défait pas. Le premier mari, cest cadeau du Bon Dieu ; le deuxième, cest du diable. Mieux vaut pauvre type que pas de père du tout. Un enfant ne trouvera jamais un père au hasard.

Laurence ne voulait pas dun « mari du diable », alors elle fit son chemin, seule, gravissant à force de travail les échelons universitaires. Elle connaissait par cœur la comédie des « rechutes » de Maurice. Encore, elle en avait pitié, sans plus. Son cœur, lui, sétait tari.

Seule la réjouissait Paul, leur fils. Il grandit en jeune homme prometteur. À quatorze ans, il connut son premier amour ; puis une autre à dix-neuf ans Puis une suivante. Paul était décidément trop sentimental, ce qui inquiétait Laurence : Dès quelle shabituait à lune de ses belles, Paul en amenait une autre. Une seule, Aline, demeura cinq ans à la maison. Laurence en vint à laimer comme une fille, la présentait à la famille comme lépouse de Paul. Tous vécurent ensemble : Maurice, Laurence, Paul et Aline. Laurence évoquait souvent larrivée de petits-enfants : « Il est temps de penser à la descendance ça ne se fait pas autrement. » Aline haussait les épaules :

Moi, je suis daccord depuis longtemps Paul est plus slow à la détente

Laurence, à son fils :

Paul ! Je pars bientôt à la retraite, tu sais Jaimerais bien pouponner un peu !

Paul restait muet ; peu après, Aline disparut. Laurence trouva lappartement désert des affaires de sa « bru ».

Le soir venu, Paul présenta à ses parents Léa une adolescente à peine majeure :

Léa va vivre ici, maman. On saime.

Et Aline ? Paul, je naccepterai jamais Léa ici ! Ramène Aline ! se récria Laurence, bouleversée.

Vexés, Paul et Léa partirent.

Laurence se rendit compte alors combien Aline lui était précieuse. Cinq ans de vie commune, un attachement profond. Aline aimait sincèrement Paul, ça crevait les yeux Que demander de plus à une mère ? Et voilà que tout seffondrait.

« Comment Paul a-t-il présenté cette fillette ? Lisa ? Laure ? Peu importe, jamais je nouvrirai ma porte à ces gamines ! » pensait Laurence, errant, perdue. « Mon Paul, quel tombeur Mais au moins, il ne boit pas comme son père, Dieu merci, » essayait-elle de se rassurer.

Un mois plus tard, Paul rentra enfin, seul. Laurence, soulagée, senquit tout de même :

Eh bien, mon grand, et ta dernière conquête ?

Elle ma dit : « Tu nes pas le champ pour ma fleur, vieux ! » Je suis trop vieux pour elle, rit Paul avant de poursuivre :
Tu mas fait des reproches sur Aline. Mais tu ignores quelle a deux enfants ! Tu ne le savais pas ? Moi non plus Elle partait chaque mois à la campagne, tu te souviens « pour aider maman à la ferme » Elle allait en fait voir ses enfants ! Cest son ex-mari qui me la révélé, venu me voir au bureau. Un type bien, dailleurs. Il élève seul les enfants, espère le retour dAline. Imagine ! Elle ne ma rien dit pendant cinq ans Que pensait-elle faire ?

Calme-toi, mon chéri Lamour, ça ne se commande pas. Malheureux sont les enfants pris là-dedans Les adultes se perdent ; les petits ont besoin damour, voilà tout. Je nai jamais oublié Aline : cétait une bonne fille, soupira Laurence.

Mais oui, maman, elle reste adorable, répondit Paul en riant.

Une année passa encore. Maurice séteignit, emporté par une cirrhose après de longs mois de souffrance. À lenterrement, Laurence confia à Paul :

Sais-tu combien ton père ma rongée, Paul ? Tu las vu comme moi À chaque verre, une de mes larmes. Mais, avoue-le, je supporterais encore tout cela si seulement Maurice pouvait ressusciter Voilà ce quest lamour.

Et elle éclata en sanglots, sans honte, déposant des fleurs fraîches sur la terre humide. Paul prit le bras de sa mère, et tous deux rentrèrent lentement à la maison, muets de douleur.

À la faculté, on plaignait Laurence. Pour la première fois, elle avouait : « Je suis seule. Paul a sa vie sentimentale agitée Si seulement il me donnait une petite-fille ! Ce serait plus facile Comment continuer ? Où trouver la force ? »

Le temps passa ; bientôt, Laurence prit une retraite méritée. Il lui était pénible de songer à lépoque où Maurice lattendait aux marches de luniversité. Jamais, croyait-elle, le passé ne reviendrait.

Arriva la fin décembre, une période dagitation et despérance Tout le monde petits et grands attendait le miracle de la Saint-Sylvestre.

Ce soir-là, Laurence, seule, regardait la télévision. Le sapin brillait ; salade piémontaise, clémentines, champagne sur la table. « Peut-être que Paul passera Il a sûrement une énième amoureuse. Trouvera-t-il, un jour, lidéal quil cherche tant ? »

Soudain, la sonnette retentit. Laurence sursauta ; Paul avait ses propres clés Qui venir troubler ainsi la nuit ?

Elle sapprocha de la porte, jeta un œil dans le judas.

« Ciel ! Aline ! » Laurence ouvrit précipitamment, étreignant sa visiteuse inattendue avant de remarquer, à ses côtés, une toute petite fille. Laurence saffaira aussitôt pour les installer et offrir à chacune un dîner improvisé. On prit le thé ; Aline lui demanda timidement si la petite pouvait dormir.

Une fois lenfant endormie, Laurence, observant le visage de la fillette, y reconnut Paul en miniature.

Alors, raconte-moi, Aline. Quel bon vent tamène ? demandait-elle dans un bonheur tout en retenue.

Madame Desmoulins, je viens pour me confesser commença Aline dune voix tremblante.

Je sais tout, mon enfant, Paul ma raconté. Allons droit au but lencouragea Laurence.

Voilà, cest votre petite-fille, acheva Aline dans un souffle.

Jen étais sûre La fille de Paul, nest-ce pas ? Mais quadvient-il à présent ? sinquiéta Laurence.

Puis-je laisser ma fille chez vous, juste pour un temps ? Je me suis réconciliée avec mon mari. Mais il naccepte pas Véronique ; il se concentre sur ses propres enfants Je me suis engluée dans une situation sans issue. Sil vous plaît, aidez-moi ! supplia Aline.

Voilà un drôle de cadeau pour le Nouvel An songea Laurence à voix haute.

Vous êtes à la retraite, vous ne vous ennuierez pas, je vous le garantis ! Je viendrai souvent. Ma fille sappelle Véronique, elle a un an et trois mois, insista Aline.

Au petit matin, Laurence découvrit que sa protégée avait filé. Sur la table, une note : « Je vous aime, Madame Desmoulins ! Bonne année ! Embrassez Paul pour moi. »

À côté, le sac de la petite, quelques effets et documents. Laurence lut « Véronique Pauline » sur lacte de naissance.

« Notre lignée continue Maurice parti, cest Véronique qui est arrivée, » pensa-t-elle en souriant tristement.

Laurence sapprocha de sa petite-fille endormie, lui baisa tendrement le front : « Tu es ma joie inattendue. »

Les années passèrent. Véronique entra à lécole primaire, appelant sa grand-mère « mamie » et Paul « papa ». Il la chérissait et poursuivait toujours le mirage du bonheur absolu.

Aline, elle, ne revint jamais.

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UN BONHEUR INATTENDU À la faculté de l’université, aucun collègue n’aurait soupçonné, ni même cru, que le mari de Valérie Martin, discrète chef de département et enseignante respectée, était un alcoolique invétéré. C’était là son douloureux secret et son lourd fardeau. … Valérie Martin, brillante spécialisée et réputée irréprochable, incarnait, aux yeux de tous, la femme accomplie sous toutes ses formes. Son mari, élégant, venait souvent l’attendre devant l’université, et le couple rentrait ensemble, main dans la main. « Quelle chance vous avez, Madame Martin ! Votre époux est si attentionné, distingué, charmant… » gloussaient les jeunes collègues. — Ne m’enviez pas les filles… répondait toujours, évasive, Valérie. Car elle seule savait le revers du décor : Victor, son « homme raffiné », s’abandonnait chez eux à la boisson, sombrant parfois au point de ramper ivre-mort jusqu’au pas de la porte, réveillant tout l’immeuble d’un « Valérie, de l’eau ! » en pleine nuit. Après l’avoir tiré à l’intérieur et couvert d’une couverture, elle se replongeait, sans bruit, dans l’écriture de sa thèse, puis de sa soutenance d’habilitation. Au travail, elle rayonnait, éclipsant ses souffrances domestiques. Ainsi allait leur vie, mois après mois… … Victor et Valérie étaient mariés depuis vingt-huit ans. Leur amour, intense et réciproque, s’était dissipé comme un oreiller éventré, impossible à rassembler. D’abord le couple avait vainement espéré un enfant. À la naissance de Dimitri, le bonheur de Valérie fut total, mais Victor ne s’investit jamais dans les tâches domestiques, préférant cacher une bouteille quelque part et boire en cachette. Au fil des années, Victor perdit travail après travail, sa dépendance rendant tout espoir vain. Mais, fidèle à la maxime maternelle — “On ne se marie qu’une fois !” — Valérie n’envisagea jamais le divorce. Elle s’était résignée à n’attendre que d’elle-même et à gravir seule les échelons de sa carrière. Son unique joie : son fils, Dimitri. Mais même cette relation lui échappa. Dimitri multipliant les amours, éphémères ou moins, dont la plus durable, Anna, vécut cinq ans sous leur toit. Valérie rêvait déjà petits-enfants. Mais Anna disparut du jour au lendemain, remplacée par une nouvelle conquête. Les années passèrent, Victor mourut d’une cirrhose, et Valérie, déchirée, reconnut à son fils : “J’endurerais tout à nouveau, juste pour entendre Vitou à nouveau franchir ce seuil. L’amour, c’est étrange…” … À l’université, on plaignait Valérie et sa solitude sur fond de retraite. Arriva un nouvel an, nuit solitaire, espoir d’un coup de fil du fils. Un coup de sonnette. Anna, soudain sur le pas de la porte, une petite fille à la main. “C’est… ta petite-fille, Valérie…” souffla Anna, suppliant que la vieille dame garde la petite, le temps qu’elle remette de l’ordre dans sa vie. Au matin, Anna avait disparu. Sur la table, une lettre d’adieu et, dans la valise, le certificat de naissance : Véronique Dimitrievna. “La famille continue… adieu Victor, bienvenue Véronique”, pensa Valérie en embrassant le front de l’enfant endormie. “Tu es ma joie inattendue !” Aujourd’hui, Véronique est rentrée au CP, Valérie qu’elle appelle ‘Mamie’, Dimitri son “Papa”, et Anna n’a jamais reparu…
Vivre sa vie, ce n’est pas traverser un champ : le défi de l’existence à la française.