« L’AMIE INTIME » Devenue Rivale : Quand le Mari s’en Va avec la Meilleure Amie de sa Femme – Histoire d’une Trahison Parmi les Proches, Entre Jolies Robes, Cafés Partagés et Anniversaires Oubliés, et Comment une Complice de Toujours Peut Faire Voler en Éclats un Bonheur Familial en France

« MON AMIE MAUDITE »

Les histoires où le mari finit dans les bras de la meilleure amie de sa femme ne manquent pas, surtout en France, il y a bien longtemps déjà. On pourrait presque expliquer la chose : votre amie est quasiment un membre de la famille. Elle entre chez vous comme chez elle, connaît les habitudes de la maison, les dates danniversaire de votre époux et de vos enfants. Elle a appris avec précision les goûts et les préférences de votre mari. Même si vous êtes différentes elle et vous, il y a toujours quelque chose qui vous unit, le fil silencieux de longues années de complicité. Et parfois, ce «quelque chose» suffit à ce que, soudainement, votre mari, celui que vous aimez, se lève un matin et quitte le foyer, dun geste de la main, vers cette amie…

Cest ce qui mest arrivé.

… Mireille était mon ancienne camarade de lycée, nous avions partagé tant dannées damitié. Jamais je ne lavais vue comme une rivale. Jaurais dû Elle répétait souvent, faussement détachée : « Ton Étienne ne mattire vraiment pas ». Je riais en secouant la tête : « Eh bien, tant mieux ! »

Je me suis mariée très jeune, à dix-sept ans, tout juste sortie du lycée, avec Étienne qui navait que dix-neuf ans. Les statistiques affirmant que les mariages précoces échouent ne nous effrayaient pas, pas du tout. On croyait naïvement finir nos jours ensemble, dans soixante-dix ans. Nous étions fous de jeunesse.

Mireille venait souvent nous rendre visite. Elle observait mon bonheur conjugal, le sourire tendre de mes enfants, le bonheur simple. Les années passèrent, deux enfants sont nés. Mireille, elle, restait célibataire. Quelques amourettes, mais jamais dengagement. Nombreux étaient les prétendants qui passaient, toujours sans lendemain.

Elle faisait presque partie de la famille. Toujours apprêtée, coiffure impeccable, maquillage vif, robe élégante au décolleté osé, elle imposait sa présence. À côté delle, moi, en tablier entre les casseroles et laspirateur, je paraissais bien fade, mais je ne le voyais pas alors. Aujourdhui, avec le recul, tout semble si évident.

Ma mère me mettait en garde, sur un ton grave : « Mireille te jalouse, tiens-la un peu à distance. Les amies célibataires sont des bombes à retardement, on ne sait jamais quand ça éclate. » Je répondais dun sourire las : « Allons maman, quy a-t-il à envier ? Je nai même pas le temps de regarder le ciel ! »

Mais ma mère avait raison, hélas.

Peu à peu, la présence de Mireille commença à exaspérer Étienne, qui séclipsait à chaque visite. Pensant le lasser avec nos bavardages de filles, je décidais despacer nos rencontres. La famille passait avant tout. Ce nest que plus tard que je compris : Étienne était déjà amoureux de Mireille-orange, et sa présence devenait calvaire pour lui. On dit bien, la voisine paraît toujours plus séduisante

Un été, je partis avec les enfants sur la côte dAzur. Étienne mavait promis de refaire la cuisine pendant notre absence. En rentrant, tout me sembla différent. Le citron, oublié dans son pot, était totalement desséchésigne que personne navait arrosé la plante, ni même vécu là récemment. Aucun signe de rénovation dans la cuisine.

Qui donc sétait attaqué à mon bonheur ? Je me mis à réfléchir à toutes mes connaissances féminines. Cest alors que je remarquai sur le rebord de la fenêtre, près du citron desséché, un tube de rouge à lèvres dun rouge éclatant. Je savais très bien à qui appartenait ce rouge-à-lèvres : à Mireille bien sûr ! Mes jambes ont flanché, je me suis assise, abasourdie. En me ressaisissant, je courus chez Mireille, croyant à une farce. Jespérais quelle rirait et me prouverait que ce nétait quun jeu, une blague.

Mais non. Elle mouvrit la porte sans minviter à entrer. Jéclatai : « Peux-tu mexpliquer ce que fait ton rouge à lèvres chez moi ? » Impassible, elle répliqua : « Tu nas donc pas compris ? Étienne et moi, nous nous aimons. Depuis longtemps. »

Je rentrai chez moi, le cœur en miettes, mimaginant Mireille sonnant à la porte, mon mari seul à la maison, elle complimentant sa barbe de plusieurs jours, sa main glissant sur la joue dÉtienne, ses doigts retenus, un baiser Ces images me dévoraient.

Il paraît quon quitte aussi bien les mauvaises que les bonnes épouses. Même les mariages célébrés à léglise ne sont pas à labri. Cest la vie. Les hommes ont lâme aventureuse, ils croient toujours que lherbe est plus verte ailleurs, que lépouse dautrui est cygne blanc alors que la leur ressemble à une plante amère. Mais il est dautant plus douloureux quand cest avec votre amie, cette amie proche, presque sœur.

Un jour, il marriva de croiser Julie, une connaissance de longue date. Elle sétait mariée tard, vers vingt-huit ans, et avait eu un fils. Son mari adorait cet enfant, jusquà en délaisser sa femme. Lhomme était dun naturel volage. Il partait, puis revenait pour son fils. Julie supportait ses frasques, trouvant refuge dans la couture, son métier, ses clientes. Nous nous croisions de loin en loin et chaque fois je lui demandais :

Julie, tu nas pas refait ta vie ?
Non, et je ne cherche pas

Mais lors de notre dernière rencontre, à ma question habituelle, Julie sourit enfin : « Figure-toi, mon Jean est revenu ! Il a laissé toutes ses femmes et il est rentré, après seize ans derrance ! Jai accepté ce mari prodigue. Qui voudrait encore de lui, et de moi ? Il y aura toujours quelquun pour tendre un verre deau Ce qui compte, cest la famille ! À quoi bon ces passions folles, ces larmes sucrées ? »

Peut-être quelle a raison. Depuis sept ans, ils ne se quittent plus.

Ce qui est vécu est comme leau répandue : on ne la ramasse pas. Une amitié rompue ne se raccommode pas.

Aujourdhui, jai un second mari, et une amie « profondément mariée » ; cela me suffit. Étienne et Mireille nont pas tenu un an. Il a vite trouvé le réconfort dans les bras dune autre femme, chez qui il vit toujours. Bien sûr, il faut des amies, des confidences, des moments entre femmes pour lâme. Mais il faut aussi rester vigilante, surtout avec les meilleures Ne confiez pas sans filtre tous les bonheurs de votre foyer, de peur dinviter le malheur.

Quant à Mireille, elle na jamais fondé sa propre famille et poursuit solitaire le fil de sa vieDepuis, jai appris à préserver un petit jardin secret, à ne plus tout offrir, même à celles que jaime. La confiance est devenue plus lente à accorder, mais plus profonde aussi, car forgée dans la cendre des illusions perdues. Il marrive de croiser Mireille, parfois dans une rue bondée ou au marché. Nous nous saluons, sans chaleur, mais sans haine non plus ; la vie a bien assez tourné la page.

La nuit, avant de dormir, je repense souvent à ces années envolées, à cette naïveté blessée. J’ai compris quon ne perd jamais vraiment une amie maudite : on gagne, à la place, une force nouvelle, faite de discernement, damour-propre retrouvé et dun étrange apaisement. Dans le miroir, je ne cherche plus à comparer, ni à retrouver ce que jai perdu. Je vois, avec un demi-sourire, la femme que je suis devenue et, pour la première fois, je me trouve bien.

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« L’AMIE INTIME » Devenue Rivale : Quand le Mari s’en Va avec la Meilleure Amie de sa Femme – Histoire d’une Trahison Parmi les Proches, Entre Jolies Robes, Cafés Partagés et Anniversaires Oubliés, et Comment une Complice de Toujours Peut Faire Voler en Éclats un Bonheur Familial en France
— Apparemment, j’ai perdu mon temps, déclara la mère de mon mari avec dépit. — C’est Dieu qui te punit d’avoir détruit le foyer d’autrui ! s’emporta ma belle-mère. Voilà, désormais tu en paies le prix ! — Je n’ai rien détruit, murmura enfin Véra. Vadim comptait déjà divorcer. — Bien sûr ! Il ne voulait pas, il voulait, n’empêche qu’il a vécu presque quinze ans avec Zoé ! Mais il l’a quittée à cause de toi et elle a sombré, elle est morte. À trente ans, Véra avait déjà un mariage raté derrière elle et quelques liaisons malheureuses, alors qu’elle rêvait d’une vraie famille, d’un enfant. Quand elle s’est lancée dans une histoire d’amour avec Vadim, elle a repris espoir. De cinq ans son aîné, grand, solide, chauffeur-livreur, il lui paraissait ce compagnon fiable derrière lequel rien ne pouvait l’atteindre. Dès la deuxième semaine, il évoquait leur avenir à deux, répétant qu’il rêvait d’avoir un fils. Véra priait intérieurement pour que tous leurs projets se réalisent. Ce à quoi elle ne s’attendait vraiment pas, c’était d’apprendre, quatre mois plus tard, que son aimé était marié. — Ne prends pas cet air-là, déclara Vadim en la voyant blêmir. J’ai déjà prévu de divorcer depuis longtemps, mais je n’avais ni raison de partir, ni où aller. Je ne vais quand même pas retourner vivre chez maman, à mon âge ? — Tous les hommes mariés disent ça, répondit Véra à voix basse, retenant ses larmes de déception. — Je ne suis pas “tous”, trancha-t-il. Et il ne mentait pas. Deux mois plus tard, il lui montrait l’acte de divorce. Deux mois encore et ils se mariaient. Même s’il avait déjà une fille de son premier mariage, restée vivre chez sa mère, il encourageait ardemment Véra à vouloir un enfant. Mais sur ce plan, ça coinçait. Deux ans à essayer, en vain, avant que Véra décide de consulter. Elle n’avait jamais eu de problème médical, aussi fut-elle très surprise quand la gynécologue identifia des soucis. — Vous n’êtes ni la première ni la dernière. Un traitement, et tout rentrera dans l’ordre — rassura-t-elle. Le traitement fut pénible pour Véra. Les hormones la rendaient irritable, lui ouvraient un appétit féroce, puis la rendaient malade. Vadim remarquait ses changements, demandait ce qui se passait. Pourquoi elle s’emportait sans raison, pourquoi elle criait ? Mais Véra refusa de lui dire la vérité. Et s’il la quittait ? Elle ne s’en remettrait pas ! Et personne ne devait être au courant. Un jour, Vadim rentra avec une adolescente. — Je te présente Daria, ma fille, fit-il. Et voici ma femme Véra. La mère de Daria est décédée, alors elle vivra avec nous, lâcha Vadim. — Comment ça ? balbutia Véra, effarée, mais se retint d’en dire plus devant l’enfant. Entrez, je vous en prie. Étonnamment, Véra n’avait jamais vu la fille de Vadim. Il la voyait très peu et jamais à la maison, payait la pension : c’est tout ce qu’elle savait. Treize ans, plus de mère… Mais Véra n’avait aucune envie d’élever l’enfant d’une autre. Elle le dit à Vadim dès qu’ils furent seuls. — Tu veux qu’on la mette à la DDASS ? demanda Vadim, furieux. — Pas à la DDASS ! Elle pourrait aller chez ta mère. Tu as dit toi-même que Marie-Alexandrine adore sa petite-fille. — Ma mère est une femme âgée, avec des soucis de santé. Elle ne peut pas s’en occuper ! Véra et sa belle-mère n’entretenaient quasiment aucune relation. Vues à peine dix fois, polies mais distantes, et rien dans la santé de Marie-Alexandrine, 58 ans, ne paraissait trop fragile. — Et moi donc, je suis en pleine forme ? répliqua Véra sur la défensive, avant de se rappeler de ne pas offrir de raison de douter. — Je crois oui, juste un peu nerveuse… Peut-être devrais-tu voir un médecin ? — Vadim, Daria et moi ne nous connaissons pas du tout ! — C’est une fille adorable. Vous allez vous entendre. Et puis, on va en rester là, je travaille tôt demain. Véra ravala sa colère. Elle ne voulait pas se disputer. Le lendemain, elle tenta d’appeler sa belle-mère, qui la remit à sa place. — Tu as épousé un homme avec un enfant. Pourquoi te plains-tu maintenant ? Et elle raccrocha. Le soir, Vadim se mit à lui crier dessus, insensible à la présence de Daria dans la chambre d’à côté. — Tu sais quoi ? J’en ai marre ! On divorce. Daria reste avec toi, je vais louer un appart et je la récupère après, conclut-il. Il rassembla quelques affaires et claque la porte. Véra resta figée, terrorisée d’être quittée. Vadim reviendrait forcément… En attendant, il allait bien falloir vivre avec Daria. La fille se montra remarquable : calme, gentille, réservée. Elle aidait spontanément Véra dans les tâches ménagères, tenait sa chambre en parfaite ordre, ne rechignait jamais et souriait. Après une semaine, Véra découvrit avec étonnement qu’elle l’aimait bien et qu’elles s’entendaient à merveille. Passionnée de cuisine, Daria apprenait volontiers les secrets culinaires que lui transmettait sa belle-mère. Le soir, elles regardaient des films et faisaient des plans ensemble. Vadim ne revenait pas, mais Marie-Alexandrine appelait sa petite-fille souvent. Véra comprit vite que la belle-mère cherchait à savoir si elle maltraitait l’adolescente, mais celle-ci ne cessait de vanter leur vie commune. Outre l’absence du mari, Véra s’inquiétait de la scolarité de Daria. Avant, elle allait à l’école près de l’ancienne location, désormais trop loin. Véra tenta d’appeler Vadim, qui ne répondit pas. Pourtant, le soir même, il entra et fit un scandale. — Alors, tu ne peux pas me donner un enfant et tu mens en plus ? Je ne m’y attendais pas… — Vadim, de quoi tu parles ? — Fais pas l’innocente ! Ma mère m’a tout dit ! La stérilité, les traitements inutiles ! Et tu m’as fait des crises… Je ne peux plus te voir ! — Laisse-moi t’expliquer ! criait presque Véra. Heureusement, Daria était au magasin, elle ne vit rien. — Où sont les affaires de Daria ? On s’en va ! Je vais demander le divorce, cette fois c’est sûr. J’ai cru bêtement que tu aimerais ma fille, que tout s’arrangerait, que tu m’aimais… — Mais je t’aime ! — Arrête, Véra… arrête tout ça ! Vadim fourrait en vrac les vêtements de sa fille dans des sacs. Véra sanglotait. C’est alors que Daria réapparut. — C’est toi ? C’est toi qui as raconté tout ça à mamie ? Demanda Véra en pleurant. Je croyais qu’on était amies… — J’ai rien dit ! s’effraya Daria. Puis d’ailleurs, de quoi parlez-vous ? — Allez, ma chérie, va dans la voiture, lança Marie-Alexandrine, apparue sur le seuil. Je t’ai bien dit de ne pas venir ici. C’est Véra qui t’a appris à ne pas obéir ? — Mamie ! Mais qu’est-ce que tu racontes ? — Ça suffit, intervint Vadim, attends-nous dehors. Daria obéit docilement. — Pourquoi t’en prendre à l’enfant ? s’énerva la belle-mère. Elle n’est pour rien là-dedans ! Je suis simplement venue lui apporter un pull et j’ai vu la montagne de boîtes de médicaments. J’ai pris la peine de me renseigner… Clairement, Marie-Alexandrine avait fouillé chez sa belle-fille. Mais qu’importe ? — C’est Dieu qui te punit d’avoir brisé le foyer de ma famille ! Voilà ta punition ! — Je n’ai rien brisé. Vadim voulait divorcer déjà, se défendit enfin Véra. — Tu parles ! Il est resté quinze ans avec Zoé ! Il l’a quittée à cause de toi, elle a sombré, et voilà le résultat. Ma petite-fille est orpheline, et tu as brisé sa vie ! Vadim ne savait que dire. Mais Daria intervint. — Arrête de mentir, mamie ! hurla-t-elle soudain. Tu sais très bien que maman buvait depuis longtemps ! C’est à cause de ça qu’ils se disputaient ! Papa voulait divorcer ! — Ma chérie, mais qu’est-ce que tu racontes ? tenta Marie-Alexandrine. C’est le chagrin… — Non ! Tu comprends rien ! Papa a bien fait de partir, c’était invivable ! Toujours saoûle, agressive avec nous deux. Moi, je pouvais pas partir, c’était ma mère… Et tata Véra est gentille ! Elle me parle, m’écoute, m’apprend plein de choses… sanglota Daria. Les adultes se précipitèrent vers elle. — Oui, tata Véra est malade — reniflait la fille — mais elle va guérir, j’en suis sûre ! Papa, pourquoi tu es parti ? Véra t’aime, et moi aussi… — Apparemment, j’ai perdu mon temps, soupira la belle-mère. J’ai même refusé de prendre Daria chez moi, espérant que tu n’en pourrais plus et que tu divorcerais d’avec Vadim. Et j’ai mené mon enquête sur tes médocs. Mais regarde comme ma petite-fille est malheureuse… — Eh bien, fallait s’y attendre, balbutia Véra, en enlaçant Daria pour l’entraîner à se laver le visage. Vadim se taisait. Les époux se sont réconciliés, Daria est restée avec eux, refusant de partir chez sa grand-mère, ce qui soulagea Véra. Le contact avec Marie-Alexandrine reste rare, même si elle rêve toujours de se rapprocher d’eux.