Fleurs sans fruit : Kira et Vitali, un couple uni par le désir d’être parents, affrontent l’épreuve de la stérilité. Vitali, gynécologue à la maternité de la Pitié-Salpêtrière, ne ménage aucun effort pour soigner sa femme, l’emmène en cure thermale, consulte ses collègues… Mais les années passent, sans réussite. Petit à petit, leur relation se dégrade : Vitali s’investit davantage dans son travail, parle souvent de « sa petite infirmière », et lance à Kira le mot cruel de « fleur stérile ». Soupçonnant une liaison, Kira décide de lui rendre visite à l’hôpital, et assiste, impuissante, à la naissance d’un triangle amoureux. Abandonnée, elle doit se reconstruire, alors que Vitali devient père avec l’infirmière. Kira, blessée mais courageuse, s’ouvre à une nouvelle histoire d’amour et, après bien des obstacles et une confession bouleversante à son second mariage, voit son rêve de famille enfin exaucé – jusqu’à ce qu’un jour, dix ans plus tard, le passé remonte à la surface et qu’un secret bouleverse toutes les certitudes : et si la vraie « fleur stérile » n’était pas celle qu’on croyait ?

FLEUR SANS FRUIT

Chez Claire, son mari travaillait à la maternité de la Pitié-Salpêtrière. Gynécologue, évidemment.

Le couple rêvait dun bébé. Mais voilà, la cigogne semblait avoir perdu leur adresse.

Paul, son époux, simprovisait médecin pour Claire, lemmenait se faire soigner aux thermes de Vichy comme à la cure de boue de Dax, sollicitait tous ses confrères Rien ny faisait. Le corps de Claire restait dune tranquillité obstinée. Cinq années filèrent ainsi, ponctuées de soins, de bilans, de veines tentatives.

Dernièrement, Paul traînait plus tard au bureau, arborait un sourire taquin, lançait des petites piques à Claire, et, lair de rien, la traita un soir de « fleur sans fruit ». Plus de chaleur, juste une brise froide entre eux

Il parlait souvent de la nouvelle infirmière de son service. « Ma petite infirmière », disait Paul, façon de dire ma collègue chérie Ces changements navaient rien de rassurant pour Claire. Elle supposa que Paul se construisait une piste datterrissage de secours. Cétait décidé, elle irait voir ce qui se tramait à la maternité.

Il faut avouer que Claire naimait pas du tout lambiance maternité : des mamans aux visages épanouis, des nouveaux-nés hurleurs, des papas tout ébouriffés avec des bouquets énormes, la smala bruyante Pour elle, cétait un festival de frustrations. Elle se sentait, à jamais, exclue de ce bonheur-là.

Discrète, elle frappa à la porte du bureau de Paul : on ne sait jamais, mieux vaut ne pas débarquer comme une tornade.

« Entrez ! »
Elle ouvrit doucement.

« Tiens toi ici ? » sétonna Paul.
« Javais envie de te voir », fit Claire sur un ton faussement léger.
« Il tarrive quelque chose ? »
« Moi ? Rien du tout. Et toi, mon mari ? »
Mais soudain, la porte claqua à la volée. Une jeune femme entra, robe blanche immaculée, chapeau assorti, parfum suave à lappui. Sans un regard pour Claire, elle lança à Paul, complice :
« Paul-André, notre accord tient toujours ? Cest chez moi ce soir ? »
Paul la coupa net :
« Je te présente Claire, ma femme. »
« Oh ! Désolée ! Jai cru que cétait une patiente. Enchantée ! » bredouilla-t-elle avant de séclipser comme une fusée, laissant planer un sillage Chanel N°5.
« Alors, Paul-André ? » Claire était glacée.
« On en parlera à la maison, jai du boulot », coupa Paul, un brin coupable.
« Eh bien, tu ne vas même pas tenter de te justifier ? » lança Claire avec un calme acide.
Au fond delle, elle espérait presque quil lui mente, ne serait-ce quun petit peu, pour quelle y croit encore.

Le téléphone sonna ; Paul décrocha à la première sonnerie :
« Jarrive, jarrive ! »
Claire rentra chez elle à petits pas. Non, les larmes ne venaient pas. Juste un grand vide. « Voilà la fameuse concurrente. Jolie, forcément, Paul a bon goût. Et ces parfums coûteux sûrement un cadeau de Paul, elle ne pourrait pas se lacheter. Trop chic pour elle ! »

Ailée comme une mouette mazoutée, Claire regagna lappartement.

Le soir venu, Paul ne rentra quau petit matin. Elle ne lui demanda rien. Tout était limpide.

Dedans, Claire sentit tout seffondrer. « Cest la chute libre », pensa-t-elle.
Paul, muet, commença à bourrer quelques affaires dans sa valise. Puis, venant par derrière pour éviter son regard, il la serra brièvement :
« Clairette Pardon ! Notre vie, cest du gris souris. Les années filent, mais moi je veux des enfants ! »
« Oui, bon, inutile den faire des caisses. Je sais, je suis une fleur stérile. Je vous souhaite du bonheur et une tribu dhéritiers. Adieu, Paulo ! »

La porte claqua. Claire, figée à la fenêtre, vit Paul grimper dans un taxi. À côté de lui, la sirène. Et voilà.

Elle se fit un café, alluma une clope. Elle essaya de se convaincre que Paul avait tout tenté pauvre gars, il sétait même épuisé à chercher une vraie famille. Leur mariage était sans fondations. Elle ne pourrait jamais donner denfant à son mari. Et pourtant

Le bonheur semblait lavoir définitivement ignorée. Son amour pour Paul résistait, bien vivant. Rien ni personne naurait pu len débarrasser.

Quelques mois plus tard, par des amis communs, Claire apprit que Paul était papa. Linfirmière avait eu une petite.

« Il doit être fou de joie, Paul ! Enfin un bébé. Mon Dieu, jai 27 ans ! Y aurait-il donc une terre en jachère qui mest réservée ici-bas ? » soupirait Claire.

Elle sétait faite à son infertilité Que font les parisiennes dans ces cas-là ? Elles sinvestissent à fond dans leur carrière. Sauf Claire. Elle voulait adopter. Refusé : « foyer incomplet », quils ont dit.

Elle voulut entrer au couvent. Y passa un mois. Jusquau jour où une nonne senior lapprocha :
« Ma petite, tu nes pas à ta place ici. La vie tattend dehors. Ton bonheur nest pas loin »
Étonnamment, Claire y crut. Son cœur retrouva des couleurs. Ô temps qui guérit tout !

Sa vie sentimentale changea. Au théâtre du Châtelet (merci, la copine pour linvitation !), elle rencontra un homme.
Il sappelait Alexandre. Tout de suite, il inspira confiance. Elle voulait tout lui raconter, petit bout par petit bout. Il comprendrait, cest sûr un tel allié se fait rare.

Alexandre tomba raide amoureux. Ils ne multiplièrent pas les rendez-vous, à quoi bon ? Claire et Alexandre étaient mûrs depuis longtemps. Forte de son expérience morose, Claire avoua franchement son « défaut » à la veille de la noce. Rien de rédhibitoire pour Alexandre.

Le jour du mariage, il lui murmura :
« On y arrivera, je te le promets. Je crois en nous, ma Clairement tienne, dans la joie comme dans ladversité. »

Sept ans plus tard, Claire et Alexandre avaient trois enfants. Deux filles, un garçon.
Claire riait :
« Alex, on arrête là, non ? »
Il la regardait, amoureux :
« On verra bien, ma douce. »

Chez eux, le bonheur avait trouvé résidence pour de bon !

Un jour, alors quelle se promenait au jardin du Luxembourg avec ses enfants, Claire aperçut Paul. Dix ans sans sêtre vus. Elle lappela. Paul mit quelques secondes à la reconnaître, puis il sillumina :
« Cest bien toi, Claire ? Quelle allure ! Ravi de cette rencontre On parle beaucoup de ta jolie famille ! Ton fils a ta tête. Tes filles sont sûrement à leur papa, non ? » bredouilla Paul, gêné.
« Ah, mon mari est formidable ! Il maime et je ladore, le cœur tout entier ! » répondit Claire, fière.
« Et toi, Paul ? Ta fille doit être grande, jimagine ? »
« Non, Clairette, pas de fille » Son sourire disparut.
« Comment ça ? » sétonna Claire.
« Je tai menti, Claire. Tu sais, dans la vie, il y a des mirages et des mensonges. Ma seconde épouse, celle-là même linfirmière a eu une petite qui nest pas de moi. Nous deux, on est tous les deux aux yeux bleus, et la gamine les a bruns Même pas besoin dêtre gynéco pour piger. Tous les nouveaux-nés ont les yeux bleus, mais au fil des mois Tout séclaircit. La vérité éclata, ma femme la reconnu ; elle voulait un père pour sa fille, lautre sest défilé, et moi, jétais là, facile à attraper On sest séparés. On ne construit rien sur un mensonge.

Je suis retourné chez ma mère. Elle a tout deviné, et ma parlé de cette fichue oreillon que jai eu gamin : impossible davoir des enfants. Complètement stérile, le fils à sa maman. Tant dannées à te faire porter le chapeau alors que le fleur sans fruit cétait moi ! »

« Paul, ne ten fais pas. En tant que médecin, tu aides les femmes à devenir mamans, tu fais naître des bébés tous les jours ! Ce nest pas rien ! » le consola Claire.

« Merci, Claire ! Tu sais, jai finalement rencontré quelquun. Dans mon service, une jeune femme a accouché dun petit garçon. Aucun papa à lhorizon. Ce bout de chou ma bouleversé. Je ne saurais te dire pourquoi, mais jai tout de suite eu envie de men occuper. On a fait connaissance, elle sappelle Aline Figure-toi, cest dabord son fils que jai aimé, et puis Aline, tout naturellement. Je lui ai raconté ma stérilité, elle la accepté. On sest mariés, et nous voilà une famille de trois. Tu comprends ? »

« Je comprends, Paul. Plus que tu ne crois »Paul sourit, un peu ému, puis, dune voix douce, reprit :

« On fait des familles avec ce quon reçoit, nest-ce pas ? Parfois pas comme on voulait et pourtant, justement à cause de ça, ils deviennent à nos yeux les plus beaux cadeaux du monde. »

Un léger silence sinstalla, traversé par les rires des enfants. Claire sentit la paix grandir en elle, comme si toutes les blessures dhier nétaient plus que de tendres cicatrices, dorées par le soleil du Luxembourg.

Elle lança à Paul un dernier regard complice celui de deux vieux amis qui se sont tout pardonné. Puis, prise dune soudaine impulsion, elle alla rejoindre ses enfants qui jouaient à cache-cache dans les allées ; elle se retourna une ultime fois, salua Paul dun sourire radieux, puis sélança vers sa tribu.

La vie, songea-t-elle, finissait toujours par fleurir, même là où lon croyait la terre stérile. Au loin, le carrousel tournait, la lumière dorée filtrait à travers les marronniers et, portée par la joie de ses enfants, Claire se sentit pleinement vivante, infiniment riche.

Sous les arbres en fête, dans le cœur battant de Paris, la fleur sans fruit exultait : elle avait, envers et contre tout, fait éclore un jardin.

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Fleurs sans fruit : Kira et Vitali, un couple uni par le désir d’être parents, affrontent l’épreuve de la stérilité. Vitali, gynécologue à la maternité de la Pitié-Salpêtrière, ne ménage aucun effort pour soigner sa femme, l’emmène en cure thermale, consulte ses collègues… Mais les années passent, sans réussite. Petit à petit, leur relation se dégrade : Vitali s’investit davantage dans son travail, parle souvent de « sa petite infirmière », et lance à Kira le mot cruel de « fleur stérile ». Soupçonnant une liaison, Kira décide de lui rendre visite à l’hôpital, et assiste, impuissante, à la naissance d’un triangle amoureux. Abandonnée, elle doit se reconstruire, alors que Vitali devient père avec l’infirmière. Kira, blessée mais courageuse, s’ouvre à une nouvelle histoire d’amour et, après bien des obstacles et une confession bouleversante à son second mariage, voit son rêve de famille enfin exaucé – jusqu’à ce qu’un jour, dix ans plus tard, le passé remonte à la surface et qu’un secret bouleverse toutes les certitudes : et si la vraie « fleur stérile » n’était pas celle qu’on croyait ?
Je le récupérerai — Maman, regarde cette fille là-bas ! — Quelle fille ? De quoi tu parles, Alice ? — Mais si, celle dont la maman rend visite à papa. Tu te souviens, je t’en ai déjà parlé ? Karine tourna la tête vers les enfants qui jouaient dans le bac à sable. Son cœur se serra, puis tomba au fond d’elle… Mais bien sûr, elle ne laissa rien paraître. Elle sourit même à sa fille. — Ma chérie, et alors ? Papa a beaucoup de clientes, tu sais qu’il est artiste… — Oui, mais cette fille m’a dit qu’elle allait bientôt nous prendre notre papa ! — sanglota Alice. Karine s’accroupit pour être à la hauteur de la petite. — Personne ne prendra notre papa ! Laisse-moi parler avec elle, je vais comprendre pourquoi elle dit ça, d’accord ? — D’accord ! — Tu me montres qui c’est ? Alice montra une fille en veste bleue, un peu plus âgée que les autres, tenant à l’écart. — Bonjour ! — Karine s’assit au bord du bac à sable, adressant un sourire à la fille. — Comment tu t’appelles, ma grande ? La fille fut d’abord déconcertée, puis prit un air important. — Je ne suis pas “ma grande” pour vous ! Que voulez-vous ? Je vais appeler ma maman ! — Ne t’inquiète pas. Je voulais juste te parler. Comme à une grande, face à face, tu comprends ? La fille, intriguée, détourna les yeux et hocha la tête. — Dolly… Je m’appelle Dolly. — Dolly ? — s’étonna Karine. — C’est original ! — Tout le monde le dit… Qu’est-ce que vous voulez ? — Alice est très triste à cause de ce que tu lui dis. Tu peux m’expliquer pour que je comprenne ? Peut-être qu’elle a mal compris… — Mais bien sûr ! — hurla soudain la fillette. — Ma maman va bientôt prendre votre mari ! Moi j’aurai enfin un papa, alors qu’Alice non ! Nous serons heureux ensemble, et vous vous serez toute seule à pleurer ! Compris ?! Karine resta bouche bée. Les cris avaient attiré les regards de tous. — Dolly, mais pourquoi tu dis ça ? — Parce que votre mari aime ma mère ! Et elle l’aime ! Voilà ! Karine perdit tout contrôle. “Elle ne ment pas, pourquoi mentirait-elle ? Mon Dieu, Timothée… Comment j’ai pu ne pas voir ce qui se passait…” Les pensées la submergeaient. Se levant, elle s’éloigna, puis s’arrêta. — J’ai compris, Dolly. Excuse-moi de t’avoir dérangée. — Alors maman, papa ne partira pas, hein ? Il ne va pas se faire “prendre” par la vilaine fille ? Tu pleures, maman ? Karine porta le dos de sa main à sa joue : elle sentit une trace humide. — Non, mon cœur… J’ai juste du vent dans l’œil, c’est rien. — Tu pleures ! — cria Alice. — Donc papa va partir, elle avait raison ! Dis-le, maman ! Dis-le !!! Alice fondit en larmes et courut vers l’immeuble. Karine la suivit, effaçant mascara et larmes… *** — Je déteste peindre à l’atelier ! — lança un homme d’âge mûr en ôtant sa veste. — Être à la maison, dans mon atelier, là oui, je me sens vivre, plein d’énergie… Karine laissa échapper l’assiette qu’elle lavait. Elle se brisa en deux dans l’évier. — Karine, ça va ? Tu t’es coupée ? — Ça va… Elle tenta de sourire, sans réussir à croiser ses yeux. — Bon… Je suis fatigué. J’ai bossé avec des enfants aujourd’hui, tu sais ce que c’est. Et demain, j’ai encore des clientes. — Qui ? — Celle qui vient de l’étranger. Je peins son portrait, style classique. — Une grande blonde à la taille impeccable ? Timothée la dévisagea, surpris. Karine se raidit, mais sa voix la trahissait. — Je sais plus comment est sa taille. Je peins juste son visage ! Oui, elle est blonde… Enfin, peu importe. L’essentiel, c’est qu’elle paie bien, ne parle pas trop et ne m’ennuie pas. Elle est très passive… — Passive… — souffla Karine. — Oui, je crois qu’elle déprime. Elle a pris des médicaments en séance, j’ai vérifié le nom sur Internet, c’est sur ordonnance… — Tu disais que tu ne savais rien d’elle. — J’étais juste curieux. Timothée vint vers elle et la prit dans ses bras, murmurant : — Ne sois pas triste parce qu’on ne passe plus trop de temps ensemble… Dès que j’ai fini ce portrait, on part en vacances, promis. — Promis ? — demanda Karine, perdue mais heureuse qu’il la serre. — Bien sûr, ma petite Karine. Ma fille chérie, si suspicieuse mais que j’aime tant, — répondit Timothée, la serrant fort… Le lendemain, Karine resta à la maison pour enfin voir la fameuse cliente. Lorsque la sonnette retentit, son cœur battit la chamade. “Allez, calme-toi…” — Bonjour ! Je m’appelle Karine, je suis la femme de Timothée. Entrez ! La cliente entra, puis une petite fille apparut derrière elle. La même que celle de la veille, au parc. — Elle sera sage. Elle ne dérangera personne. — dit la femme en ôtant son manteau. — N’est-ce pas, Dolly ? La fillette hocha la tête, sans regarder sa mère. La femme traversa le salon et alla directement à l’atelier de Timothée. “On dirait qu’elle est chez elle”, pensa Karine, mal à l’aise mais tentant de rester polie. — Alors Dolly, on fait connaissance ? Tu as faim ? Mets-toi à l’aise, je vais préparer du thé. Mais la fille s’assit tristement sur le banc à chaussures et fixa le sol. — Il fait chaud pourtant… Tu veux que je t’aide ? Pas de réponse. Karine se pencha, posa délicatement sa main sur l’épaule de la fillette. — Quelque chose ne va pas, Dolly ? Tu veux en parler ? Toujours le silence. Mais en croisant ses yeux, Karine vit qu’ils étaient inondés de larmes. — Excusez-moi… — murmura la fillette. — Je vous ai menti. — Dolly, ma puce… De quoi parles-tu ? — Personne ne veut prendre votre mari. Je voulais juste… Je voulais avoir un papa, moi aussi… La petite fondit en larmes, secouée. — Ma maman est malade. Toujours malade. Elle m’a appelée comme sa maladie. Je déteste ce prénom ! Dolores — tristesse, chagrin… Elle n’est jamais joyeuse ! Mais monsieur Timothée, lui, il m’a donné à manger, m’a fait voir ses couleurs… Je l’ai vu jouer avec Alice au parc ! Et moi… Je suis toujours seule. Toujours ! Karine fut bouleversée. “Pauvre enfant… Si elle s’ouvre ainsi, c’est qu’elle ne se sent pas en danger avec nous… Mon Dieu, que ce monde est dur…” pensa-t-elle, en prenant Dolores dans ses bras en pleurs.