« Tu comptes dire quelque chose ? » lance-t-elle, plantée dans ma cuisine.
Cétait il y a un an et demi, en plein hiver. Mon fils avait tout juste cinq mois. Le frère de mon mari nous a demandé, avec sa copine, sils pouvaient rester chez nous une semaine. Comment refuser ? Je nétais pas franchement ravie, notre bébé venait à peine de naître, je ne dors pas, je ne mange pas, je nai pas une minute à moi, et la famille ne me laisse aucun répit. Mais bon, je me suis dit quils pourraient me donner un coup de main, que je pourrais au moins souffler un peu, discuter autour dun bon thé.
Ils sont arrivés les mains vides, sans même un petit cadeau pour le petit. Chez moi, aller chez quelquun qui vient davoir un enfant, les bras vides, ça ne se fait pas ma mère ma élevée autrement, mais là, cétait manifestement un autre genre déducation.
Ils disaient être à Paris « pour affaires », sans jamais vraiment expliquer de quoi il retournait.
Jai été une hôtesse exemplaire : je cuisinais, je faisais le ménage, je faisais tout pour les mettre à laise. Tout semblait se passer comme il faut, mais en plusieurs jours, jamais elle na proposé de maider, ni à préparer les repas, ni à tenir lappartement ou même à soccuper un instant du bébé pendant que je mactivais dans lappartement.
Tous les matins, elle sortait je ne sais où, son copain dormait jusquà midi, mon mari était au bureau, et moi, je courais partout avec mon petit dans les bras. Elle revenait, et jusquau soir, elle saffalait sur le canapé devant la télé, à se détendre, pendant que moi je lavais les sols lhiver, entre la neige fondue et la boue, on narrêtait pas de salir tout je préparais à manger, je nourrissais, je lavais mon fils.
Au bout de trois jours, jétais à bout. Jen ai parlé à mon mari ; il a simplement haussé les épaules pas question pour lui de sen mêler, ça regarde les femmes. Le quatrième jour, il est rentré tard, et ces deux chanceux sont partis au cinéma.
À quatre mains, on a vite préparé le dîner, mangé, puis ils sont revenus juste pour profiter du repas. Ils avaient acheté plein de bière, des cochonneries à grignoter, rien du tout pour une maman qui allaite Au moins un gâteau, çaurait été gentil.
La joyeuse petite amie a englouti le dîner, et hop, ils filent regarder un film, en appelant mon mari : « Viens avec nous ! » Javoue, ça mest resté en travers, alors jai fini par la prendre à part.
« Écoute, excuse-moi, mais tu pourrais au moins une fois me proposer ton aide, non ? Je viens davoir un bébé, je suis sur les rotules. Tu pourrais simplement éplucher quelques pommes de terre, ou au moins proposer »
« Tu comptes vraiment me faire la morale ? Ce nest pas approprié ! Je suis fatiguée aussi, tu sais ! » (Fatiguée de quoi ? De sêtre prélassée sur le canapé toute la journée ?)
« Enfin voyons, tu es chez moi. Je ne suis pas ton invitée, cest toi qui es mon invitée. »
« Je nai pas envie découter ça ! »
« Très bien ma chère, mets tes affaires dans ta valise et pars ! »
Ils ont alors plié bagage et sont partis. Jen ai pleuré longtemps, blessée par leur comportement.
Et vous, vous trouvez ça normal, ce genre dattitude ?