«Ses enfants ont tout gâché à notre mariage !» se plaignait autrefois mon amie
De nombreuses années sont passées depuis ce fameux mariage de Claire. À lépoque, notre amitié était plutôt forte, pourtant, je navais pas reçu dinvitation pour assister à la cérémonie. Un mois plus tard, je lavais félicitée et nous avions convenu de nous retrouver dans un petit salon de thé au cœur de Lyon, où je lui avais remis mon cadeau. Bien entendu, je navais pas résisté à la tentation de lui demander comment sétait déroulé ce grand jour. Par la suite, je lavais presque regretté. Claire navait parlé que dun seul sujet: le comportement des enfants de la sœur de son mari, quelle avait ramenés malgré la consigne adressée à tous les invités de venir sans leur progéniture.
Pour une raison qui échappe encore aujourdhui à ma compréhension, Claire tenait absolument à ce que la cérémonie se déroule sans la présence denfants. Elle avait minutieusement tout préparé, allant jusquà décider précisément du placement de chaque convive à table. Selon elle, la fête ne pouvait souffrir aucune place pour des enfants, qui auraient troublé lharmonie recherchée.
Il faut rappeler que la sœur du mari de Claire, Éloïse, venait tout juste de divorcer quelques mois auparavant. Laisser ses deux enfants seuls pour si longtemps nétait pas chose simple pour elle. Leur grand-mère la belle-mère de Claire, bien sûr assistait elle aussi à la noce; quant à engager une nourrice, la dépense aurait pesé lourd pour Éloïse, en plus de linquiétude de confier ses petits à une étrangère.
À plusieurs reprises avant la cérémonie, Claire avait discuté avec sa future belle-sœur, lui affirmant quil faudrait trouver une solution pour les enfants. Pourtant, elle navait jamais proposé dalternative concrète et nen parlait presque jamais. Finalement, Éloïse était venue à léglise accompagnée de ses enfants; selon Claire, les petits sétaient montrés turbulents dès la messe. La belle-mère, voyant Claire à bout, sétait aussitôt efforcée dapaiser les tensions, allant même négocier deux places supplémentaires auprès du maître dhôtel de la salle de réception.
Les réactions des autres invités navaient rien arrangé: les uns, dun ton distant, les autres, sans détour, demandaient: «Pourquoi na-t-on pas tous pu venir avec nos enfants?» Pareilles questions avaient mis Claire dans lembarras, lobligeant à trouver des explications improvisées pour calmer la grogne des convives.
Avec le recul, je me dis que Claire, à force de vouloir tout contrôler, avait négligé une chose: embaucher un animateur pour les enfants ou offrir un buffet de douceurs pour quils samusent sans troubler la fête aurait sûrement fait toute la différence.
Quand une mariée organise une réception non seulement pour elle-même, mais aussi pour ses proches, il convient de prendre en compte les besoins et les réalités de chacun.
Je navais rien rétorqué à lindignation de Claire, pour ne pas raviver une situation tendue entre nous. Elle avait bien compris à mon attitude que, contrairement à elle, je ne partageais pas sa sévérité à légard des enfants lors des noces.
