Suis-je tenue de rembourser à mon époux les frais engagés pour l’entretien de mon fils après la fin de mon congé maternité ?

Après la fin de mon congé maternité, serai-je obligée de rembourser à mon époux les frais quil a engagés pour mon enfant ?

Dernièrement, alors que les lampes du salon semblaient flotter comme des méduses, jai découvert par hasard un vieux carnet de mon mari posé sur la cheminée, juste à côté du vase où dormaient les rêves en papier plié de notre famille. Dans ce carnet, étaient notées toutes les dépenses concernant mon fils de sept ans. Mon fils, Clément, vient tout juste de débuter le CP. Son père et moi nous sommes séparés il y a longtemps, lors dun automne où les feuilles ressemblaient à des lettres jamais envoyées.

Lorsque Clément avait quatre ans, jai croisé la route dun homme nommé Vincent. Il ma murmuré quil maimait et quil aimerait mon enfant comme si cétait le sien. Cette promesse me suffisait, comme une goutte de miel sur la langue dans un rêve étrange où les mots ne prennent pas forme.

En vérité, Vincent ne voulait pas vraiment être le père de Clément. Pourtant, à lépoque, lattention quil portait à mon fils me réchauffait comme un soleil miniature enfermé dans une montre gousset. Un an après notre mariage, notre fille est née : elle sappelle Florine. Vincent la enveloppée daffection cétait, après tout, son propre enfant, un morceau de lui dans le vaste univers.

Je suis en congé maternité, flottant dans ce temps suspendu comme une feuille au-dessus de leau. Vincent est le seul à travailler, à ramener des euros à la maison. Quand nous sillonnons les allées du Jardin du Luxembourg, mêlés à la foule denfants et de pigeons, il achète sans compter des jouets et des glaces pour Clément. Parfois même un ticket de manège surmonté dun cheval bleu.

Mais la découverte du carnet a été comme ouvrir une boîte à musique dont la mélodie me fait vaciller. Les pages sont organisées en trois colonnes, soigneuses et intranquilles, inscrites en lettres fines : « date », « prénom », « montant ». Voiture miniature 40, glace à la vanille 40, tour de balançoire 30.

Je lui ai demandé ce que tout cela signifiait, la voix tremblante comme une plume au vent. Vincent, impassible, ma répondu sans la moindre ride sur le visage : cétait évident pour lui, simple comme un calcul arithmétique dans un rêve de marchand de sable. Oui, à la fin de mon congé maternité, je devrais lui rembourser chaque dépense faite pour Clément. Et, ma-t-il conseillé, autant que jaille de suite au tribunal demander une pension alimentaire à mon ex-mari, pour laider à rembourser cette « dette » un peu absurde qui me colle à la peau. Vincent a ajouté, dans une voix quon aurait dite sortie dun puits, que désormais seul lentretien de sa propre fille comptait à ses yeux.

Je me suis mise à pleurer, les larmes coulant comme des perles de cristal dans une nuit sans fin. Je ne peux pas songer au divorce, nous avons Florine, ce rayon de lune entre nous, et jaime Vincent dun amour vaste comme la Seine au printemps. Mais je ne peux pas lui pardonner sa petitesse, ce calcul froid au cœur de nos songes. Personne ne sait ce que lavenir nous réserve dans ce rêve étrange qui ne finit jamais.

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La femme sage et son choix insensé