Quand mon mari a été arrêté, ma belle-mère venait chez moi pour m’accuser et me rendre responsable de ce qui lui était arrivé

Mon nom est Émilien. Je me souviens encore très nettement de ces années avec mon ex-femme, Aurélie. À force de ne plus supporter son comportement, javais fini par faire ses valises encore une fois et lui demander de partir. Quelle retourne chez sa mère à Lyon pour lui donner des migraines à elle, au lieu de me rendre la vie impossible.

Nous avions vécu ensemble deux ans. Ce nétait pas la première fois que je la mettais dehors elle avait déjà passé plusieurs séjours chez sa mère, où elle se transformait soudainement en fille modèle. Elle arrêtait de boire, ne criait plus, et semblait presque douce et attentionnée. Puis inévitablement, elle revenait me supplier, demandant pardon, promettant quelle allait changer, surtout pour notre fils Lucas.

Ma belle-mère, Mme Dubois, venait toujours me voir pour remettre la faute sur moi. « Tu es le mari ! Tu dois savoir comment gérer ta femme ! » criait-elle dans lescalier de limmeuble, tout le quartier de Villeurbanne devait nous entendre. Mais moi, je trouvais ça injuste. Aurélie devait aussi faire des efforts ! Je nai jamais manqué de rien : jai hérité de lappartement de ma tante, jai un bon poste dans une entreprise dimport-export, même une petite Peugeot. Aurélie travaille dans la vente, mais gagne bien moins que moi. Cependant, quand elle est sobre, elle est charmante, drôle, gentille Je laimais sincèrement dans ces moments-là.

Lucas, mon fils, lui aussi adore sa mère. Mais elle avait un gros défaut : lalcool. Une fois ivre, elle se croyait invincible, voyait des ennemis partout et commençait à casser tout ce qui passait à portée de main : le mobilier, les arbres, même les bancs du square en bas.

À cause de ses excès, elle sest retrouvée plusieurs fois au commissariat. Amendes, blâme au travail, mais jamais de licenciement. Après la première grosse mésaventure, Aurélie a été docile quelques semaines : plus dalcool, elle réparait les dégâts, jetait même ce qui ne se réparait pas, et rachetait du neuf. Mais je nen pouvais plus. Jétais épuisé. Un soir, me sentant au bout du rouleau, jai ramassé ses affaires, je les ai mis dans un sac Elle, furieuse, a balancé son sac par la fenêtre, qui a heureusement juste frôlé le voisin M. Moreau en balade. Il est sorti indemne, mais furieux. Évidemment, Aurélie est descendue, sest battue avec lui sous les yeux des passants. Les policiers sont arrivés et les ont tous emmenés au commissariat. Elle est partie à lhôpital, puis pour un an en prison.

Après cela, je vivais plus tranquillement, mais chaque samedi, Mme Dubois débarquait chez moi pour maccuser davoir fait enfermer sa fille, prétendant que pendant quAurélie purgeait sa peine, je menais la belle vie, fréquentais dautres femmes. Elle promettait de se venger pour « sauver lhonneur » de sa fille !

Cétait infernal, et ça a continué même après le divorce officiel. Ma belle-mère tentait ensuite de susciter ma compassion, puis sest mise à me dénoncer auprès de toutes les autorités possibles, affirmant que javais « délibérément écarté Aurélie pour fréquenter dautres femmes ».

Ces absurdités ont vraiment cassé mon image dans le quartier. Les voisins se mettaient à chuchoter dans mon dos, à me dévisager dun air méfiant. Cétait très pénible à vivre.

Heureusement, jai été promu quelques mois plus tard, on ma offert un poste à Bordeaux. Jai accepté sans hésiter. Un mois et demi plus tard, jai déménagé, soulagé et excité par ce nouveau départ.

Aujourdhui, vingt ans ont passé. Jamais je nai regretté ce choix. À Bordeaux, jai rencontré une femme formidable, avons eu deux autres enfants. Quand je repense à mon premier mariage, à Aurélie et à sa mère, jen ai des frissons Ce chapitre de ma vie appartient au passé, et je ne peux que me réjouir de lavoir refermé.

Jai compris que le vrai bonheur vient parfois du courage de recommencer ailleurs et de ne plus regarder en arrière.

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Ma belle-mère a lavé mon passeport avec mes jeans !