Ma famille a coupé les liens avec moi à cause dun prêt
Je me souviens, il y a déjà plusieurs années, jai divorcé de mon mari. La cause de notre rupture était son infidélité. Je ne gagne pas beaucoup, mais avec ma fille nous avons de quoi vivre dignement, simplement. Mon ex-mari, quant à lui, verse régulièrement la pension alimentaire. Il semble que la culpabilité née de sa trahison lempêche de se dérober à ses obligations envers sa fille.
Il na même pas hésité à maider à réparer ma voiture. Jai voulu lui rendre largent, il a refusé. Jamais je ne lui ai interdit de voir notre fille; ils sentendent à merveille et se voient souvent.
Mais mes proches nont jamais cessé de juger mon divorce. Pour moi, linfidélité est la pire faute conjugale. Cest une trahison que je ne pardonnerai jamais. Je nai donc trouvé aucun soutien chez ma belle-famille. Et ma propre tante, Yvette, ne considérait même pas la tromperie comme une raison valable de quitter son mari. « On doit savoir pardonner, disait-elle, la vie est pleine de surprises, tout peut sarranger. » Elle me parlait souvent de la vie somptueuse de sa fille, Aurélie, mariée à un homme daffaires, vivant dans lopulence et le faste, changeant de voiture comme de robe, couverte de bijoux.
Mais la réalité était bien différente. Leur affaire ne rapportait presque rien, et derrière les apparences de richesse se cachaient des dettes colossales quils tentaient désespérément de rembourser. Je nai jamais voulu me disputer avec Yvette, alors jai fini par couper contact.
Tout ce luxe na finalement été quun feu de paille. Ce fut ma mère qui mannonça, dune voix attristée au téléphone, la chute de la famille de sa sœur.
Lhistoire était la suivante : la somme des dettes contractées par Yvette et Aurélie avait dépassé les 4 millions deuros. Les banques réclamaient leur dû, mais la famille navait pas de telles ressources. Cest alors quils se sont tournés vers ma mère pour de laide. Mais comment une retraitée, handicapée, aurait-elle pu leur offrir quoi que ce soit? Rapidement, ils mont sollicité. Avec mon train de vie modeste, je ne pouvais rien pour eux.
Avec ma fille, nous ne menons certes pas grand train, mais nous ne manquons de rien. Pourtant Yvette osa me proposer de vendre mon appartement et ma voiture, de minstaller chez ma mère, en promettant de « nous aider financièrement » après coup. Je nai pas supporté pareille insolence et lui ai dit franchement tout ce que je pensais delle et de sa fille. Je nai de dettes envers personne et je refuse catégoriquement de rembourser les emprunts des autres. Yvette a écourté la conversation dun ton glacial, et nous ne nous sommes jamais reparlé.
Plus tard, ma mère ma appris quAurélie avait dû vendre ses deux voitures, son appartement et son entreprise. Son mari la quittée, et elles ont déménagé dans un petit appartement en périphérie de Lyon.
Voilà, avec le recul, comment jai perdu tout contact avec une partie de ma famille, tout cela à cause dune histoire de dettes et de prêt.