Il y a un an, son mari n’est pas rentré seul à la maison. Il était accompagné de Marie, une fillette de sept ans.

Son mari, il y a un an, nest pas rentré seul à la maison. Avec lui se trouvait Églantine, une fillette de sept ans.

Une après-midi, jai retrouvé Louise, une ancienne camarade de classe. Cela faisait cinq ans que nous ne nous étions pas revues ; les conversations ont fusionné comme des rivières étranges. Louise raconta les nouvelles de sa famille, dont la plus surréaliste concernait la présence soudaine de la fille de son mari, régulière et incongrue.

Au début, mes pensées dérivaient dans la brume, ne comprenant pas vraiment ce quelle évoquait. Lorsque Louise colora la scène de détails, je restai muette, assise là, attentive à la bizarrerie que racontait mon amie.

Il y a un an, son mari a franchi la porte accompagné dÉglantine, une petite blondinette en classe de CP. Dans le corridor peu éclairé, il présenta Églantine à Tristan et Isabeau, ses propres enfants, disant quelle était leur petite sœur, arrivée dun rêve en déroute. Ils ont compris, comme par enchantement, que refuser dintégrer la fillette à leur équipe signifiait perdre les euros paternelsces billets quil distribue avec obligeance, comme on jette des miettes aux pigeons de la place des Vosges.

Ainsi, Tristan, seize ans, et Isabeau, quatorze, accueillirent leur nouvelle sœur dans un cérémonial feutré, lui accordant une attention mesurée, comme si elle était une pièce supplémentaire dans le puzzle familial. Mais bien sûr, Églantine nétait que lotage silencieuse dun théâtre dadultes, chahutée par les courants dune histoire étrangère.

Louise, dabord réticente face à cette petite invitée inattendue, se vit poser un ultimatum par son mari. Elle passa ainsi le week-end avec Églantine, pendant que son époux savourait un moment de détente avec la mère dÉglantinesa maîtresse, devenue complice dun tableau domestique absurde.

Étonnée et troublée, je risquai une question : Et toi, comment supportes-tu tout ça ? Sa réponse résonna, enveloppée de pragmatisme : Pourquoi pas, jai des enfants grands, jai tout ce quil faut, je vis pour mon propre plaisir. À quoi bon tout risquer pour les escapades de mon mari ? Lui ne sait même pas comment je me repose loin de lui

Peut-être que létrangeté de cette logique me échappe : une famille où le mari ramène chez lui une fille issue dun amour clandestin, où largent sert dultimatum et de lien, me semble étrangement amorale, comme un rêve bancal où chacun joue un rôle flou. Cest mon impression ; je naccuse pas Louise, nayant jamais erré dans de telles coulisses. Là où tout peut arriver, je peux concevoir un amour léger, une aventure passagère, une stupeur qui rappelle à chacun limportance du foyer. Mais une extravagance sans repères, où la famille devient un théâtre de toutes les démesures, cest une chose que mon esprit ne parvient pas à accueillir.

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Il y a un an, son mari n’est pas rentré seul à la maison. Il était accompagné de Marie, une fillette de sept ans.
« Je ne t’emmènerai pas là-bas, il y aura des gens bien, tu n’es pas à leur niveau », déclara mon mari, sans savoir que je suis propriétaire de l’entreprise où il travaille.