Nous navons avec mon mari quun seul enfant, un fils adulte. Il a maintenant sa propre famille, nous sommes même devenus grands-parents.
Jai grandi à lépoque où tout était très traditionaliste en France ; je me suis mariée après trente ans. À cette époque, on me considérait presque comme une vieille fille. Cela allait de soi : dès le mariage, tout le monde sattendait à voir arriver des enfants. Ne pas avoir denfant alors, cétait presque comme être frappé dune maladie honteuse.
Finalement, nous avons eu notre fils et nous avons estimé que cétait suffisant. Éduqués comme nous le sommes, nous savons bien quélever un enfant demande beaucoup de moyens financiers. Plus on a denfants, plus il faut de largent.
Ce nest pas sans raison que nous avons choisi de navoir quun seul enfant. Résultat, nous avons pu offrir à notre fils une belle éducation et organiser notre vie sereinement.
Mais mon fils, lui, ne partage pas du tout notre avis. Dès après son mariage, sa femme est tombée enceinte et nous avons accueilli notre petit-fils. Le jeune couple navait pas de logement à eux, alors ils ont souscrit un prêt immobilier. Ils ont commencé à le rembourser chaque mois. Un jour, japprends que ma belle-fille attend de nouveau un enfant. Évidemment, je leur ai demandé comment ils allaient faire pour élever deux enfants et rembourser le prêt. Ils se sont vexés et mont affirmé quils se débrouilleraient. Je leur ai dit que sils y arrivaient, tant mieux.
Pendant un bon moment, ils sen sont sortis. Mais ensuite, ma belle-fille na plus pu travailler, et mon fils a perdu son emploi. Que faire ? Ils ont décidé de venir sinstaller dans notre appartement parisien que nous avions mis en location. Mon mari a proposé de les aider à solder le prêt. Nous avons donc passé une année entière à payer leur crédit immobilier.
Je pensais vraiment faire le bon choix en soutenant nos enfants. Mais en fait, non.
Récemment, jai découvert que le prêt nétait pas remboursé : six mois darriérés. Où est passé largent ? Mon mari est furieux, il dit quil na plus de patience pour eux. Moi, je suis sous le choc. Je ne sais même plus quoi dire, ni quoi faire. Nous avons aidé nos enfants, et eux, ils se sont reposés sur nous sans bouger. Que faire maintenant ?



