On m’empêche de voir ma petite-fille nouveau-née : ni sortie de maternité, ni visite en famille. J’y suis allée sans invitation ! Véra Petrovna n’a pas été conviée à la sortie de la maternité. Pourtant, c’est sa propre petite-fille qui venait de naître. On lui a dit franchement : « C’est l’hiver, vous savez. Il ne manquerait plus que vous rapportiez des microbes ou de la saleté pour notre petite Isadora. Et puis, l’enfant risquerait un stress à voir des visages inconnus. Restez chez vous, Véra Petrovna, se débrouillera sans votre présence à la sortie. » Bien sûr, Véra Petrovna en a eu les larmes aux yeux. Elle voulait tant voir sa seule petite-fille, c’était un moment important. Plus tard, sa petite-fille feuilletera l’album photo et, sur les clichés, il n’y aura pas de grand-mère Véra. Elle en serait forcément peinée aussi. Son fils, Sébastien, tente de la raisonner : la jeune maman s’inquiète beaucoup pour son bébé, elle est exténuée par l’hôpital et veut juste retrouver son chez-soi. Laissez passer un peu de temps, Véra, vous viendrez après pour admirer Isadora. Personne ne vous l’interdira. Véra Petrovna a avalé cette explication difficilement. Que faire d’autre ? Forcer la maternité ? L’amertume restait, d’autant que les amis demandaient à qui ressemblait sa petite-fille. Peut-être à Véra ? Même une photo ne lui était pas montrée. Sa belle-fille Lucie refusait : « Je ne vais pas exposer un nouveau-né à tous les regards, on ne sait jamais, avec les superstitions. Je ne prends aucun risque. » Cela perdura deux mois. Rien que des promesses d’invitation, jamais concrétisées. « Dès qu’Isadora sera plus forte », murmurait Sébastien au téléphone, « tu viendras. Pour l’instant, c’est trop tôt. » Et Lucie d’ajouter en fond sonore : « Quand elle marchera, ta mère pourra venir. Pour l’instant, qu’elle regarde la télé, ça suffira bien ! » Sébastien évoquait une méchante épidémie dans le quartier, Lucie refusait de prendre des risques. Mais Véra Petrovna sentait filer l’enfance de sa petite-fille. Elle proposa de fournir des analyses médicales pour prouver sa bonne santé. Supplications, tout y passa : laissez-moi juste la voir, la tenir une minute, je vous en prie… Rien à faire. « Non, maman, il y a trop de virus. Et Isadora ne connaît pas d’autres visages. Patiente encore. Ce n’est pas le moment. » Le printemps passa, l’été approchait et Véra Petrovna n’avait toujours pas vu Isadora. Son entourage s’informait : « Elle doit être adorable, ta petite-fille ? Elle commence à faire des pitreries ? Elle t’appelle mamie ? » En souriant de travers, Véra acquiesçait : « Oh, Isadora se porte à merveille, fait des grimaces, m’appelle mamie… Elle m’adore, quelle chipie ! » Un jour, elle décida que ça suffisait. « Je suis la grand-mère ! C’est mon sang. J’irai, sans invitation. Je prends des cadeaux et je fonce. J’y ai droit, on est de la même famille ! » Et la voilà, toquant résolument chez Sébastien. « Laissez rentrer mamie Véra ! Si vous ne m’invitez pas, je viens toute seule ! Il est temps qu’Isadora rencontre sa famille ! S’il vous plaît ! » Elle entend des chuchotements derrière la porte, sa belle-fille Lucie s’agite : « Sébastien, je ne veux pas de débarquement familial. On ne reçoit pas sans invitation ! Isadora est encore trop jeune, pas besoin de scènes de famille. Qui sait ce qu’on ramène de l’extérieur ! » Au bout d’une demi-heure de négociation, ils la laissèrent entrer, les joues rouges de gêne. Lucie, furieuse, tenait Isadora dans ses bras, qui agitait un hochet. « Oh, mais quel petit ange ! Qui voilà, toute mignonne et toute pareille à son papa ? Ma petite Isadora ! » « Attendez », ordonna Lucie, « vous venez de dehors. Allez d’abord vous laver les mains, portez ce masque médical, svp. » Véra Petrovna obéit, se lava soigneusement, mit le masque, puis s’approcha enfin pour contempler sa petite-fille. « Je ne vous la donne pas dans les bras, » fit Lucie, « je suis trop protectrice, comme une chatte avec ses petits. Regardez-la de loin. Isadora n’est pas habituée aux étrangers, vous risqueriez de lui faire peur. » Véra Petrovna resta vingt minutes, s’informa de la santé de la mère et de l’enfant, offrit ses cadeaux, but un thé. Puis Lucie annonça : « Le rythme de bébé est strict, il faut la coucher depuis vingt minutes déjà. Allez, au revoir, Véra Petrovna. Quand Isadora marchera, vous viendrez plus longtemps, la dorloter. Dis au revoir à mamie, Isadora ! » Voilà comment s’est passée la rencontre. Mais Véra Petrovna n’en ressortit pas apaisée. Elle se demanda, tristement : « Est-ce donc ainsi dans toutes les familles, aujourd’hui ? Comme si je n’étais pas la vraie grand-mère, comme si j’étais de trop, voire suspecte. Même pas le droit de prendre le bébé dans les bras… Quel chagrin, grande injustice… »

On ne ma pas permis de rencontrer ma petite-fille à la maternité. Pas de sortie officielle, pas de présentation en famille. Jai fini par y aller moi-même, sans la moindre invitation.

On navait pas convié Geneviève Lefrançois à la sortie de la maternité. Pourtant, cest bien elle, la grand-mère maternelle du tout nouveau-né. On lui a dit très clairement : « Tu sais, cest lhiver On na vraiment pas besoin dattraper les microbes ou la saleté des rues pour Victoire. Et tu comprends : le stress des visages inconnus, cest mauvais pour le bébé. Reste donc à la maison, Geneviève. On se débrouillera bien sans toi aujourdhui. »

Geneviève en est restée chiffonnée, les larmes aux yeux. Elle tenait tant à voir sa première petite-fille. Cest un moment important, la sortie de la maternité Plus tard, Victoire feuilletterait ses vieilles photos et ny verrait jamais le visage de mamie Geneviève. Elle en aurait peut-être de la peine, elle aussi

Son fils, Sylvain, lencourageait à ne pas en tenir rigueur et à accepter la situation. Sa femme, Camille, était une toute jeune maman très inquiète pour le nourrisson et fatiguée de ces journées passées enfermée à lhôpital. Camille navait quune envie : rentrer vite chez elle, prendre une vraie douche et se laver la tête dans sa propre salle de bain. Toute la famille, elle navait pas la tête à ça pour linstant. Mais plus tard, Geneviève pourrait bien sûr venir voir sa petite-fille, admirer Victoire. Personne ne len empêcherait.

Geneviève a avalé cette explication, la gorge nouée.

Que pouvait-elle faire ? Allait-elle forcer la porte de la maternité? Mais la blessure était là. Même devant les amies, la gêne restait. « Elle ressemble à qui, la petite? Tu verras, elle doit avoir les yeux de sa mamie Geneviève, non? » Et Geneviève navait rien à répondre. Même une photo de Victoire, on ne voulait pas lui montrer : « Je nai pas envie de montrer mon nouveau-né à tout le monde, déclarait Camille. On ne sait jamais, des fois quun mauvais œil la touche Je ne veux prendre aucun risque, cest catégorique. »

Aucune photo ne lui a été montrée.

Et voilà deux mois que Victoire était de retour à la maison Toujours, Geneviève attendait une invitation, qui ne venait jamais. On lui promettait seulement.

Quand Victoire ira un peu mieux, soufflait Sylvain au téléphone, on te fera venir la voir. Pour linstant, cest tôt

Quand elle marchera, interpellait Camille en arrière-plan, là, ta mère pourra passer un moment Pour linstant, ce nest pas la peine de venir traîner chez nous ! Elle veut tout voir ! Quelle regarde la télé, plutôt. Il y a des choses bien plus importantes dans le monde. Et noublie pas dacheter des couches, Sylvain, on na pas que ça à faire !

Camille insiste encore, chuchotait Sylvain, il y a une grippe qui circule à Lyon. On préfère attendre pour les visites. Camille stresse beaucoup avec tous ces virus Fais attention, maman, il vaut mieux éviter les risques pour le bébé.

Mais moi, sétranglait Geneviève, je vais tout rater ! Victoire doit déjà ramper partout, construire des tours Je suis en pleine forme, tu sais. Je peux même ramener mes analyses médicales, si nécessaire. Laisse-moi juste regarder ma petite-fille, la serrer une minute dans mes bras. Sil te plaît!

Non, non, répondait Sylvain, il y a des virus partout. Victoire nest pas habituée à voir du monde. Elle a des coliques aussi Ce sera pour plus tard, maman, il faut patienter. Ce nest la faute de personne, vu le contexte. Camille ne veut pas prendre de risques.

Le printemps passe, lété arrive Et Geneviève na toujours pas vu Victoire en vrai. Tout le voisinage senquiert : « Alors, la petite, elle va bien? Elle commence sûrement déjà à faire des bêtises, non? Elle tappelle mamie, jespère? Nos petits-enfants étaient si drôles à cet âge On rit rien que dy penser ! »

Geneviève répond, esquisse un sourire : « Oh, Victoire va très bien, elle fait des grimaces, elle mappelle mamie Cest un vrai bonheur, cette petite. Dès quelle me voit, elle sagite de joie! »

Mais un jour, elle se décide. « Quand même, je suis sa grand-mère, non ? Cest le fruit du sang de mon fils. Jai un droit, tout de même. Jirai, quils le veuillent ou non. Je choisirai un beau jour, japporterai des cadeaux pour le bébé et la maman, et jirai admirer ma descendance. La loi, dailleurs, me considère comme un proche parent. »

Elle part dun pas décidé et frappe à la porte de Sylvain.

Ouvrez, lance-t-elle à travers la serrure, cest mamie Geneviève ! Puisque vous ne minvitez pas, je me présente doffice ! Combien de temps dois-je encore attendre? Victoire a bien eu le temps de se remettre de sa naissance, non? Laissez-moi faire connaissance, je vous en prie!

Elle entend du bruit derrière la porte. Camille siffle à son mari de ne pas la laisser entrer. « Sylvain, souffle-t-elle, je refuse que ta famille fasse une invasion ! On débarque chez nous sans prévenir Ils simaginent quoi ? Victoire est encore toute petite, pas question quelle assiste à des scènes pareilles ! Et les microbes, non mais tu te rends compte ? »

Ils finissent par discuter, se disputer, puis finalement ouvrent la porte à Geneviève. Tout le monde est rouge de colère ou démotion. Camille prend Victoire dans les bras, la secoue doucement avec un hochet.

Oh, cest qui cette mignonne? sattendrit Geneviève en entrant. Mais quelle te ressemble, Sylvain ! Oh la la, ma petite Victoire

Attendez, larrête Camille sèchement, vous venez de dehors. À la salle de bain dabord, lavez-vous bien les mains. Et voici un masque médical, tenez. On ne sapproche pas dun bébé sans précautions. Sylvain, dis-le à ta mère.

Geneviève sexécute, va à la salle de bain, se lave soigneusement, met un masque, puis rejoint, ravie, la petite-fille pour faire enfin sa connaissance.

Mais je ne viendrai pas donner le bébé dans vos bras, précise Camille. Je suis comme une lionne avec mon petit. Vous pourrez la regarder de loin. Elle nest pas habituée aux inconnus. Vous risqueriez de leffrayer, et moi je passe la nuit blanche ensuite!

Geneviève reste vingt minutes. Elle questionne la jeune maman sur la santé, sur lalimentation du bébé, sémoustille devant Victoire, évoque le petit Sylvain dautrefois. Elle offre ses cadeaux, on lui apporte un verre de thé.

Bon, finit Camille en bâillant, on a un rythme strict. Il est temps de mettre bébé dans son couffin, ça fait vingt minutes de retard sur la sieste. Viens, ma Victoire, je vais te bénir dun peu deau de Lourdes, puis tu feras dodo. Et Geneviève, repassez quand elle marchera, vous jouerez un peu avec elle à ce moment-là. Dis au revoir à mamie, Victoire ! Fais un petit signe de la main.

Comme ça, on sest finalement vus.

Mais Geneviève est repartie le cœur encore plus lourd. « À quoi rime tout ça, pensait-elle Est-ce ainsi dans toutes les familles? Jai limpression de nêtre ni une vraie grand-mère, ni même vraiment utile. Même tenir le bébé, je nai pas eu droit On ma traitée comme si jétais contaminée, ou une étrangère. Cest dur, vraiment dur. »Geneviève marche lentement sous les tilleuls du quartier, lombre du petit masque encore sur les joues. Dans son sac, les rubans quelle avait prévu de nouer aux premières boucles de Victoire pèsent comme du plomb. Elle sarrête net devant une vitrine, regarde son reflet, puis sourit tristement à la vieille amie qui la salue de lautre côté de la rue.

Plus tard, le soir, elle sort les photos de Sylvain bébé, des polaroids à la lumière adoucie dautrefois, touche les coins cornés avec tendresse. Elle écrit une lettre à Victoire rien que pour elle, pour quand elle saura lire. « Je nai pas pu tembrasser le jour de ta naissance, mais je tai aimée bien avant même de te voir. Peut-être quun jour, toi aussi tu chercheras le visage de ta grand-mère sur une vieille photo. Il ny aura pas de cliché, mais il y aura ces lignes, pour que tu saches. »

Un vent doux remue les rideaux. Geneviève relève la tête et, pour la première fois depuis longtemps, elle ne ressent plus tout à fait la même amertume. Sa place, elle la prendra autrement: dans les histoires, dans les lettres, dans la tendresse déposée au fil du temps. Elle se dit que la patience nempêche pas lamour de grandir elle le rend seulement plus inventif.

Et quand viendra le jour où Victoire fera ses premiers pas, Geneviève sera là, debout sur le seuil. Cette fois, sans masque, sans distance. Son cœur grand ouvert, prête à cueillir la main tendue et toutes les années qui souvriront devant elles.

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On m’empêche de voir ma petite-fille nouveau-née : ni sortie de maternité, ni visite en famille. J’y suis allée sans invitation ! Véra Petrovna n’a pas été conviée à la sortie de la maternité. Pourtant, c’est sa propre petite-fille qui venait de naître. On lui a dit franchement : « C’est l’hiver, vous savez. Il ne manquerait plus que vous rapportiez des microbes ou de la saleté pour notre petite Isadora. Et puis, l’enfant risquerait un stress à voir des visages inconnus. Restez chez vous, Véra Petrovna, se débrouillera sans votre présence à la sortie. » Bien sûr, Véra Petrovna en a eu les larmes aux yeux. Elle voulait tant voir sa seule petite-fille, c’était un moment important. Plus tard, sa petite-fille feuilletera l’album photo et, sur les clichés, il n’y aura pas de grand-mère Véra. Elle en serait forcément peinée aussi. Son fils, Sébastien, tente de la raisonner : la jeune maman s’inquiète beaucoup pour son bébé, elle est exténuée par l’hôpital et veut juste retrouver son chez-soi. Laissez passer un peu de temps, Véra, vous viendrez après pour admirer Isadora. Personne ne vous l’interdira. Véra Petrovna a avalé cette explication difficilement. Que faire d’autre ? Forcer la maternité ? L’amertume restait, d’autant que les amis demandaient à qui ressemblait sa petite-fille. Peut-être à Véra ? Même une photo ne lui était pas montrée. Sa belle-fille Lucie refusait : « Je ne vais pas exposer un nouveau-né à tous les regards, on ne sait jamais, avec les superstitions. Je ne prends aucun risque. » Cela perdura deux mois. Rien que des promesses d’invitation, jamais concrétisées. « Dès qu’Isadora sera plus forte », murmurait Sébastien au téléphone, « tu viendras. Pour l’instant, c’est trop tôt. » Et Lucie d’ajouter en fond sonore : « Quand elle marchera, ta mère pourra venir. Pour l’instant, qu’elle regarde la télé, ça suffira bien ! » Sébastien évoquait une méchante épidémie dans le quartier, Lucie refusait de prendre des risques. Mais Véra Petrovna sentait filer l’enfance de sa petite-fille. Elle proposa de fournir des analyses médicales pour prouver sa bonne santé. Supplications, tout y passa : laissez-moi juste la voir, la tenir une minute, je vous en prie… Rien à faire. « Non, maman, il y a trop de virus. Et Isadora ne connaît pas d’autres visages. Patiente encore. Ce n’est pas le moment. » Le printemps passa, l’été approchait et Véra Petrovna n’avait toujours pas vu Isadora. Son entourage s’informait : « Elle doit être adorable, ta petite-fille ? Elle commence à faire des pitreries ? Elle t’appelle mamie ? » En souriant de travers, Véra acquiesçait : « Oh, Isadora se porte à merveille, fait des grimaces, m’appelle mamie… Elle m’adore, quelle chipie ! » Un jour, elle décida que ça suffisait. « Je suis la grand-mère ! C’est mon sang. J’irai, sans invitation. Je prends des cadeaux et je fonce. J’y ai droit, on est de la même famille ! » Et la voilà, toquant résolument chez Sébastien. « Laissez rentrer mamie Véra ! Si vous ne m’invitez pas, je viens toute seule ! Il est temps qu’Isadora rencontre sa famille ! S’il vous plaît ! » Elle entend des chuchotements derrière la porte, sa belle-fille Lucie s’agite : « Sébastien, je ne veux pas de débarquement familial. On ne reçoit pas sans invitation ! Isadora est encore trop jeune, pas besoin de scènes de famille. Qui sait ce qu’on ramène de l’extérieur ! » Au bout d’une demi-heure de négociation, ils la laissèrent entrer, les joues rouges de gêne. Lucie, furieuse, tenait Isadora dans ses bras, qui agitait un hochet. « Oh, mais quel petit ange ! Qui voilà, toute mignonne et toute pareille à son papa ? Ma petite Isadora ! » « Attendez », ordonna Lucie, « vous venez de dehors. Allez d’abord vous laver les mains, portez ce masque médical, svp. » Véra Petrovna obéit, se lava soigneusement, mit le masque, puis s’approcha enfin pour contempler sa petite-fille. « Je ne vous la donne pas dans les bras, » fit Lucie, « je suis trop protectrice, comme une chatte avec ses petits. Regardez-la de loin. Isadora n’est pas habituée aux étrangers, vous risqueriez de lui faire peur. » Véra Petrovna resta vingt minutes, s’informa de la santé de la mère et de l’enfant, offrit ses cadeaux, but un thé. Puis Lucie annonça : « Le rythme de bébé est strict, il faut la coucher depuis vingt minutes déjà. Allez, au revoir, Véra Petrovna. Quand Isadora marchera, vous viendrez plus longtemps, la dorloter. Dis au revoir à mamie, Isadora ! » Voilà comment s’est passée la rencontre. Mais Véra Petrovna n’en ressortit pas apaisée. Elle se demanda, tristement : « Est-ce donc ainsi dans toutes les familles, aujourd’hui ? Comme si je n’étais pas la vraie grand-mère, comme si j’étais de trop, voire suspecte. Même pas le droit de prendre le bébé dans les bras… Quel chagrin, grande injustice… »
Однажды мне с серьезным видом сказали: «Тебе уже не тот возраст!»