Les parents ont décidé de se séparer : Une histoire révélatrice

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Maman, tu es sérieuse? Olivier franchit le pas de la porte de leurs parents, mais son père nest pas encore rentré.

Sa mère linvite aussitôt à sasseoir autour dune théière fumante. «Des tartines au beurre chaud, mon fils?», lui propose-t-elle, sachant que Clémence nest pas une fan de cuisine compliquée.

Clémence, lépouse dOlivier, est une athlète; leur foyer regorge toujours de légumes croquants et de fruits de saison. La viande et le poisson sont surtout bouillis, rarement frits, et les saucissons ainsi que les autres «friandises» ne figurent pas dans leurs courses. Elle a presque habitué Olivier à ce régime. Grand, maigre, il brûle tout ce quil ingère. Autrefois joueur de basket, il retrouve parfois le ballon après le travail pour des matchs improvisés entre amis. Leur couple forme une petite dynastie sportive, et quand ils auront des enfants, ils les initieront eux aussi à une alimentation saine.

Pourtant, chaque fois quOlivier rend visite à ses parents, il ne peut se défaire des plats de son enfance.

Clémence le sait bien; elle se délecte parfois des crêpes aériennes à la dinde hachée de chez la belle-mère, des brioches au pavot, ou des tartines rapides à la saucisse et au fromage fondu. Impossible de dire non quand la faim parle.

Ce jour-là, Olivier rentre après le boulot, les mains pleines de promesses pour son père. Ce dernier nest toujours pas rentré ; il se sentirait blessé si Olivier se contentait dabandonner ce quil avait promis.

Olivier, tas faim? Le dîner nest pas encore prêt, les tartines sont chaudes, tu veux? crie sa mère depuis la cuisine. Le parfum du pain grillé le fait céder.

Il dévore les tartines, les arrosant dun thé sucré rappelant son enfance, pendant que la mère lécoute raconter ses journées. Puis il, un peu trop formel, demande comment vont les parents.

Ah! Nos affaires! Ce sont les vôtres, les jeunes, les nôtres! répond-elle en souriant. Tout va bien, mon fils

Il sattend à entendre des banalités, mais la mère, dun ton presque blasé, lâche :

Didier et moi avons décidé de divorcer

Olivier sétouffe presque avec la tartine.

Mais Quoi? Vous plaisantez ? Vous êtes les piliers de ma petite tribu, tout le monde menvie! Ce nest pas vrai, cest une blague?

Il cherche désespérément une réponse qui ferait éclater de rire sa mère, qui pourtant reste sereine :

Pourquoi cette surprise? Tu mas toujours dit que javais «cajolé» ton père avec ma tendresse, que je lui pardonnais tout. Il sest transformé en tyran avec lâge.

Mais maman, vous vous taquiniez toujours, vous le taquiniez aussi. Il vous aime, on le voit, alors dites que cest une blague! Questce quil a fait, ce nest pas volontaire!

Je ne vais pas te répéter ses paroles. Didier est un bon père, je ne veux pas le ternir à tes yeux, mais cest notre décision à tous les deux.

Les yeux rivés à la fenêtre, la mère laisse échapper un soupir ; la gorge dOlivier se dessèche. «Ils ne pourront jamais vivre lun sans lautre», penset-il, «que vatil se passer?»

Je peux parler à mon père? Il revient bientôt? propose-t-il.

Appellele toimême, on ne se parle plus vraiment, répond la mère. Il vient tard, je ne sais pas ce qui le préoccupe.

Lappétit dOlivier séteint comme la lumière dune chandelle. Le charme du foyer parental seffondre.

Et les petitsenfants? Papa parlait encore de notre future seconde jeunesse, comme si cétait une promesse le désarroi létouffe.

Il compose le numéro de son père :

Papa, jai la facture du téléviseur comme promis, je fais venir le réparateur? Tu mas donné le contact. Tu reviens quand? Daccord, je lappelle alors, on se parlera plus tard.

Il raccroche, shabille en silence. Sa mère, muette, le regarde partir, le cœur serré.

Vous nimaginez pas peutêtre avezvous une autre femme? Didier est fidèle, nen doutez pas, réplique Olivier en implorant sa mère.

Enfile ta veste, il va faire froid! Je ne veux plus en parler, sinon je perds mon souffle. Laissemoi! lance-t-elle.

«Il reste encore une chance si les larmes coulent», se dit-il, et séloigne de lappartement familial, le regard perdu dans la nuit parisienne.

Tout le chemin du retour, il réfléchit à comment recoller les morceaux. Il se souvient des moments où ses parents lont guidé aux carrefours de la vie, et une idée germe.

Il sait déjà ce quil fera, et si cela échoue alors, que seratil?

Le réparateur du téléviseur nest autre que leur vieil ami Michel, venu de Lyon.

Le jour où Michel devait arriver, Marina (la mère) et Didier (le père) étaient à la maison. Le carillon retentit, Didier ouvre la porte. Michel entre, les deux hommes se saluent, puis des rires éclatent dans lentrée.

Michel, je tai à peine reconnu! Tu reviens toujours dépanner les téléviseurs? On dirait que le temps na pas changé tes traits! sexclame un quasi chauve avec entrain.

Marina, surprise, crie :

Michel? Où sont tes boucles roux? Tu ne changes jamais!

Ah, Marina, toujours la même, toujours aussi rayonnante! On se souvient de nos soirées étudiantes, de Veronique senthousiasme Michel.

Veronique, lamie denfance, apparaît alors, le cœur battant, et les retrouvailles senchaînent, entre rires et anecdotes :

Tu te souviens des plans de chantier? lance lun.

Et ces fameuses semelles de crampons que tu mettais dans tes bottes? répond lautre.

Didier, quand il te tirait la chemise, on aurait dû te payer un salaire dacteur! plaisante Michel.

Les souvenirs affluent comme une brise dété, rappelant les premiers amours, les projets fous, les promesses dun futur partagé.

Après cet échange, Michel se tourne vers Didier :

Veronique, on a besoin de toi, dépêchetoi, on a un problème à régler! lance-t-il, et Veronique, sans hésiter, saute dans sa voiture.

De retour chez les parents, latmosphère séchauffe. Le téléviseur est finalement réparé, mais le vrai miracle est le sentiment retrouvé entre les anciens camarades, le souffle dune jeunesse qui revient.

Olivier, je viens de réaliser que cest toi qui as fait venir Michel sous prétexte dun réparateur? demande doucement Marina un jour, alors que la discussion sur le divorce séteint delle-même.

Au lieu dun divorce, ils décident de repartir en caravane, direction le lac où, dans leur jeunesse, ils campaient sous les étoiles.

Didier emballe ses sacs de couchage, sa guitare, Michel apporte les cannes à pêche et promet une soupe de poisson «délicieuse comme à la maison». Marina et Veronique prennent la responsabilité des repas : choucroute, grillades, et tarte aux myrtilles.

Maman, on peut venir avec Clémence? Nous voulons vivre un peu de votre fraternité estudiantine, écouter vos récits de batailles dété! supplie Olivier.

Marina, émue, le serre dans ses bras, sans poser de questions.

Merci, Olivier, davoir empêché cette décision insensée Cest le plus beau cadeau que nous puissions nous offrir.

Le rideau tombe sur un plan où la famille, les amis, les rires et les souvenirs sentrelacent, rappelant que lamour ne meurt jamais, même lorsquil semble séteindre.

Que la compréhension, la sagesse, lamour et le bonheur vous accompagnent toujours.

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Les parents ont décidé de se séparer : Une histoire révélatrice
Noir. Le vacarme parisien lui était devenu insupportable. Olivia habitait en plein centre, au dixième étage. Klaxons, bourdonnements de climatiseurs, rumeurs de la rue. Et puis, il faisait une chaleur caniculaire, impossible de fermer les fenêtres. Deux petites semaines de congés seulement, mais elle espérait s’arracher un peu à la routine du bureau, semblable à une ruche, où tout le monde s’agite, bavarde, cancane, se dispute une place au soleil. Elle avait soif de silence et de paix. À quarante-six ans, elle vivait seule, dans un grand appartement, lassée par l’agitation urbaine. Olivia décida de louer une petite maison à la campagne et d’y passer quelques jours, loin de la civilisation. Ses recherches furent longues, jusqu’à trouver ce qu’il lui fallait : un village à cent cinquante kilomètres de Paris, le prix modeste, la maison en photo tout à fait correcte. Ayant joint les propriétaires, Olivia se décida. *** Le village l’accueillit par des senteurs d’herbe, des bourdonnements d’abeilles, des aboiements de chiens et des regards curieux. La maisonnette était modeste mais charmante. La propriétaire, une dame d’une soixantaine d’années, fit les honneurs du lieu et remit les clés. — Profitez ici, vous verrez, on est bien. — Merci, c’est exactement ce qu’il me fallait. Le village était presque désert, peuplé surtout de retraités. Dans le jardin de sa maison en location poussait un vieux cerisier, quelques plates-bandes envahies de mauvaises herbes, le tout ceint d’une barrière en bois un peu de guingois, ce qui donnait du charme à l’ensemble. Olivia décida de se promener pour explorer les environs. Elle ne croisa que quelques habitants, qui l’observaient avec étonnement mais sans hostilité. Au centre du village, elle tomba sur une petite épicerie, tenue par une femme d’une cinquantaine d’années. Les rayons étaient modestes : lait, pain, saucisses, produits d’entretien. Olivia s’avança. — Qu’est-ce que je vous sers ? — demanda la commerçante. — Je cherche quelque chose pour le petit-déjeuner. Trois cents grammes de cette saucisse, et du pain frais, s’il vous plaît. — T’es d’où, toi ? — la tutoya la vendeuse d’emblée. — J’ai loué une maison ici pour la semaine, je suis en vacances. Je m’appelle Olivia. — Moi, c’est Marie. C’est laquelle, de maison ? — La vingt-trois, pas loin d’ici. — Ah… — fit Marie songeuse. — Celle de la vieille Éléonore. T’as du cran. — Pourquoi ? C’est qui, Éléonore ? J’ai loué par sa fille, Amélie. — Amélie, c’est sa fille, elle vit à Paris. La vieille est morte l’année dernière. Sorcière, qu’on disait ici. Ça ne te fait pas peur de dormir chez elle ? — Sorcière ? Elle soignait les gens ? — Pas du tout, on la craignait. Elle avait une amie, Clémence, une mamie d’en face ; elles étaient proches. Tu peux lui demander, elle t’en dira peut-être plus. Cette maison… elle est sombre. Des gens l’ont louée, mais ils sont partis au bout de deux jours sans explication. Ils disaient comme toi qu’elle était sympa, et puis, finalement, ils la trouvaient sinistre. — Moi je la trouve agréable, même si le jardin est en friche. Et puis, je reste juste une semaine. J’avais besoin de m’éloigner de la ville. — Je comprends. Mais fais attention quand même, on ne sait jamais. — Merci, — dit Olivia, en prenant ses courses. — Et évite de traîner dehors la nuit — lui lança Marie, — y’a plein de chiens errants et d’autres bêtes sauvages. *** La soirée venue, Olivia s’apprêta à passer sa première nuit dans les lieux. Elle ferma les fenêtres et verrouilla la porte. Ce n’était pas très rassurant, de dormir seule dans une maison inconnue. Dehors, on entendait parfois aboyer les chiens, le froissement des grillons, le gazouillis d’un oiseau. Elle prépara un dîner léger, s’installa sur le canapé avec un roman trouvé sur l’étagère. Peu à peu, elle s’endormit bien au chaud sous la couette. Mais son repos fut de courte durée. Soudain, elle entendit un bruit sourd. Son cœur s’accéléra, le sommeil s’évapora. Elle guetta le moindre son dans la pénombre. « Des souris, sûrement », pensa-t-elle. Les souris, elle ne craignait pas trop, mais ce n’était pas très rassurant non plus. À la campagne, après tout, c’est chose courante. Le bruit recommença, faible, presque imperceptible. « Si quelqu’un s’est introduit ? » Son angoisse monta. Puis quelque chose tomba dans la cuisine. Immobilisée, elle n’osa plus bouger. Si c’était un intrus, mieux valait ne pas se montrer. Mais rien ne se passa plus. Elle ne dormit pas de la nuit, jusqu’à l’aube naissante, où elle s’assoupit enfin. Elle se réveilla vers onze heures. Un rayon de soleil entrait par la fenêtre et égayait la pièce. Olivia se leva, se rendit prudemment à la cuisine. Rien n’aurait pu tomber ici… sauf qu’un détail la glaça : sur la table, il y avait une marguerite séchée. Elle était sûre que la veille, elle n’était pas là. Elle vérifia fenêtres et portes : tout était fermé. Qui était entré ? Qui a déposé cette fleur ? Comment ? Si tout était verrouillé ? L’angoisse monta. « Peut-être qu’elle y était et que je ne l’ai pas vue hier ? » Puis elle se rappela les propos de Marie sur l’ancienne propriétaire — « Une sorcière, tu sais ». « N’importe quoi, arrête », se dit Olivia, chassant ces idées superstitieuses. La journée se passa en balades dans la campagne environnante. Mais le soir venu, la perspective d’une nouvelle nuit l’inquiétait malgré tout. Elle referma soigneusement tout et se coucha, sans parvenir à dormir. Elle écoutait le moindre bruit. Et entendit : un léger remous, vers la cuisine. Clouée par la peur, Olivia n’osait plus respirer. Une apparition ? Le fantôme d’Éléonore ? Elle se trouvait ridicule… Mais la nuit passa sans sommeil et, à l’aube, elle décida : il lui fallait soit partir, soit en avoir le cœur net. *** Elle commença par aller acheter une lampe torche à l’épicerie. Sans raconter à Marie ce qu’il s’était passé : elle redoutait qu’on la prenne pour une folle. Le jour, la maison semblait normale. Rien de suspect, tout à sa place. Le soir, Olivia monta la garde dans la cuisine, assise dans un recoin, guettant la nuit noire. L’angoisse grandissait, mais la curiosité l’emporta. Le silence était total. Soudain, un bruit. Une tasse tomba du buffet près de la cuisinière. Paniquée, Olivia alluma sa torche. Ce fut un chat noir qui la fixait. Un grand, aux yeux verts pleins de peur et de malice. Un chat, rien qu’un chat ! Olivia en rit nerveusement : — Et d’où tu sors, toi ? Le chat ne répondit pas. Après un moment, il bondit dans la nuit. Olivia fut soulagée, mais intriguée. Comment un chat pouvait-il être là ? Comment était-il entré ? Où s’était-il faufilé ensuite ? Le matin, elle alla frapper chez la voisine d’en face. Une petite dame âgée l’observa depuis sa barrière. — Bonjour, — dit Olivia. — Je loue la maison d’en face. — Bonjour, — répondit la dame. — Vous n’auriez pas vu un chat noir, qui traîne chez moi toutes les nuits ? — C’est le chat d’Éléonore. Elle est morte, et lui, le Noir, il est resté. Amélie n’en a pas voulu. Il rôde dans le coin. Il aidait Éléonore, c’était son compagnon. Depuis, il erre, il cherche sans doute sa maîtresse. C’est triste. — Ah, il m’a fait peur, je l’avoue. On m’a parlé de la vieille dame comme d’une sorcière. La voisine se tut. — C’était un bon chat, — reprit-elle soudain. — Éléonore l’adorait, il la protégeait. Il ne va jamais vers les gens mauvais. Il t’a choisie, toi. Prends-le. — Le prendre ? — Oui. Peut-être t’apportera-t-il bonheur, — dit-elle avant de s’en aller. Olivia hésita. Ce n’était pas prévu d’adopter un chat, encore moins un grand chat adulte, et non à elle. Mais elle décida, pour les quelques jours restants, de le nourrir. À l’épicerie, elle acheta des croquettes, et la nuit, le chat vint dévorer sa gamelle. *** Le dernier jour arriva. Olivia se sentait apaisée. Cette parenthèse lui avait fait du bien. Le soir, elle mit à nouveau une gamelle dans la cuisine, prépara du thé. Soudain, le chat noir apparut, s’approcha d’elle, mangea, puis frotta sa tête contre ses jambes, ronronnant. — Salut, le Noir. Tu m’as fichu une sacrée trouille. Et moi, je dois repartir demain, tu sais. Le chat miaula, sauta sur ses genoux, s’y pelotonna. Ils restèrent de longues minutes ainsi, puis il repartit dans la nuit. Au matin, Olivia fit sa valise, vérifia qu’elle n’oubliait rien, déposa les clés dans la boîte aux lettres et verrouilla la porte. Le chat l’attendait près du portail, la fixant intensément. — Tu me raccompagnes ? Le chat s’avança, frotta à ses jambes. — Dis donc, tu voudrais venir avec moi ? Je vis en ville, dans un appartement… mais… qui sait ? Le chat la suivit, puis, sans hésiter, se laissa prendre dans ses bras. Le voyage fut long, avec plusieurs correspondances. Le chat resta tranquille, blotti contre elle. De retour à Paris, Olivia ouvrit sa porte à son nouvel ami. *** Le Noir se révéla d’une intelligence rare. La nuit, il dormait près d’elle, le jour, il ronronnait sur ses genoux. Désormais, Olivia ne se sentait plus seule. Dans sa vie, il y avait cet étrange et fidèle compagnon.