Un fils voulait placer sa mère en maison de retraite. Avant de partir, il jeta un œil à la boîte à trésors.

Après la mort de son époux, la veuve vendit sa maison, plaça ses économies dans un appartement pour son fils, Lucien, et sa famille, puis vint sinstaller chez eux à Bordeaux. Tant que ses forces le lui permirent, elle dirigea la vie du foyer, veillant sur ses petites-filles, Églantine et Clémence.

Lucien et sa femme, Mireille, travaillaient, tandis que la vieille dame accompagnait les enfants à la maternelle, puis à lécole, les emmenait à leurs activités. Elle préparait les repas, nettoyait chaque pièce. Ces tâches, loin de lépuiser, lui procuraient une joie singulière. Sa présence semblait maintenir lunité de la famille. Mais les années passèrent, les petites-filles prirent leur envol, et la grand-mère seffaça dans la lassitude.

Elle voulut laver la vaisselle, mais une soucoupe glissa de ses mains tremblantes et se brisa. Elle tenta de servir la soupe, mais la louche vacilla, le potage se répandit sur le sol. La nuit, elle se levait pour boire, ses pas traînants réveillaient Mireille. Personne ne souhaitait converser avec elle. Qui écoute les histoires dune vieille femme ? Mireille murmurait sans cesse, la traitant de fardeau. Mais quel tort avait-elle causé ? La vieillesse nest pas une plaisanterie.

Lucien décida demmener sa mère dans une maison de retraite. « Là-bas, elle aura de la compagnie », se convainquit-il. À laube, alors quils montaient dans la voiture, la vieille dame se rappela sa boîte.

Lucien, pourrais-tu me rapporter ma boîte ? Je lai oubliée, murmura-t-elle dune voix faible. Quelle boîte ? demanda-t-il. Celle où je garde mes trésors, expliqua-t-elle, décrivant lobjet. Lucien lui apporta la boîte. Elle la serra contre elle, émue. Maman, quy a-t-il dedans ? Sa mère lui révéla le secret.

Il découvrit une mèche de ses cheveux et une dent de lait. Lucien séloigna du véhicule, sassit sur le trottoir. Il resta là, longtemps, repensant à son enfance, à la tendresse maternelle, à la vigilance constante, au soutien indéfectible. Jamais elle ne lavait laissé seul. Lucien, partons-nous ? demanda-t-elle en quittant la voiture et sapprochant de lui.

Non, maman. Tu restes avec nous.

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Un fils voulait placer sa mère en maison de retraite. Avant de partir, il jeta un œil à la boîte à trésors.
Une amie à moi habite en bord de mer. L’automne dernier, elle a troqué son appartement de trois pièces contre un studio. Au début, cette décision m’a étonnée : son ancien logement était idéal, même si les pièces étaient petites ! Mais tout s’est éclairci lorsqu’elle m’a raconté la raison de son choix. – Les filles, vous n’allez pas me croire. Mais aujourd’hui, vivre dans un studio, c’est la tranquillité assurée ! C’est génial d’avoir la mer à portée de main, on est d’accord. Mais avec une famille nombreuse qui habite au fin fond de la campagne et rêve de vacances gratuites sur la Côte d’Azur… Ils débarquent en tribu, sans prévenir, c’est normal : on est de la famille, non ? Et hop, ça débarque chaque été ! Mon appartement explosait en pleine saison. Et évidemment, la proprio (moi-même) passait ses nuits dans la cuisine ! Bref, adieu le trois-pièces, bonjour le studio. Et honnêtement, je ne regrette rien ! Fini les invités qui s’invitent d’eux-mêmes. Désormais, ils réfléchissent à deux fois avant de venir. Cet été, seuls les cousins de mes cousins et une amie (que j’avais invitée, car on ne s’était pas vues depuis longtemps) sont venus. Les cousins m’ont appelée pour prévenir qu’ils arrivaient. Je leur ai donné ma nouvelle adresse : ils n’ont même pas été surpris. Quelques heures plus tard, les voilà. J’ouvre la porte, et je tombe sur eux : ma cousine, son mari, et les deux enfants. — Salut, on est arrivés ! Quand ils ont vu que je n’avais qu’une seule pièce, ils étaient abasourdis. — On m’avait dit que tu avais trois pièces… On a justement pris les enfants ! Je leur ai dit qu’ils avaient été mal renseignés. Mais il y a toujours des hôtels où dormir. — Et ton amie, elle ne peut pas aller à l’hôtel ? On va bien réussir à se caser ici, c’est petit, mais on est de la famille ! Je les ai donc accompagnés jusqu’à l’hôtel. Ras-le-bol des inconnus chez moi. Maintenant, je savoure enfin la paix et la tranquillité !