J’ai préparé les affaires de ma femme et l’ai mise à la porte

Salut, cest moi! Alors, écoute, je te raconte ce qui sest passé avec Maëlle

Elle a ramassé ses affaires, les a posées devant la porte et a lancé, dun ton sec: «Tu ne vis plus ici. On divorce. Denis reste avec moi.» Le mari, Laurent, la dit comme un morceau de pain dur et a jeté les valises à la sortie.

Maëlle sest dit que tout allait se calmer: «Il est conciliant, il finira par se calmer, elle sexcusera, on reviendra à la case départ. En attendant, je resterai chez ma mère.»

Tout allait bien pour Maëlle. Il y a sept ans, elle a épousé Laurent, un programmeur calme comme un lac, et a quitté la maison de sa mère pour sinstaller dans son appartement à Lyon.

Deux ans plus tard, elle a eu un fils, Denis, que Laurent adorait. Il passait du temps avec lui, laissant à Maëlle le loisir de faire carrière dans son entreprise de commerce.

Sa carrière était un vrai succès: les chefs la respectaient, la trouvaient fiable et tenace. Après un mois de mission à Paris, elle devait enfin obtenir le poste tant convoité de responsable de département, ce qui pourrait même louvrir les portes de la capitale.

Et puis il y avait le petit secret: Antoine, un collègue séduisant qui savait garder la langue sous la dent. Ils ne se voyaient pas souvent, mais ça suffisait à Maëlle pour pimenter son quotidien et se sentir désirée.

Sa mère, Catherine, toujours au courant de tout, la réprimandée: «Tu vas trop loin, Maëlle! Laurent ne te pardonnera pas si jamais il découvre. Denis restera sans père.» Mais Maëlle a haussé les épaules: «Maman, ne panique pas! Je suis prudente, et Laurent maime, il me fait confiance.»

Un jour, Laurent a commencé à douter de ses retards au travail et naimait pas lidée quelle veuille déménager à Paris. Ils se sont disputés, mais comme toujours, ils se sont réconciliés rapidement. Pour sécuriser les choses, Maëlle a arrêté de voir Antoine, qui était furieux.

Elle pensait que le jeune homme souffrait de ne plus la voir, mais cétait tout le contraire. Un soir, elle a entendu Antoine parler à son collègue Victor: «Je suis à bout! Le mari commence à suspecter! Jai perdu un an à courir derrière elle!»

Victor a rire: «Je pensais que vous aviez une histoire damour» Antoine a répliqué, méprisant: «Quel genre dhistoire? Cette vieille femme de cent ans!» Maëlle, qui navait que trois ans de moins quAntoine, sest sentie piquée au vif.

Leur dispute a continué dans la cage descalier, sans quils remarquent larrivée du patron, Gérard Leblanc, qui a surgi: «Questce qui se passe ici? Vous avez monté un club de rencontre?» Antoine a tenté de répondre, mais Gérard la interrompu: «Je ne mattendais pas à ça de ta part, Maëlle. Maintenant je vais réfléchir à ton avancement, voire à la possibilité de tenvoyer à Paris.»

Maëlle, embarrassée, a essayé dexpliquer: «Cest une méprise, monsieur.» Gérard, froid comme la glace, a rétorqué: «Je vais repenser à ton futur dans la boîte.»

Il a fini par transférer Antoine dans une agence à Marseille. Maëlle a essayé doublier les insultes dAntoine, mais elle a dû y repenser quelques jours plus tard.

Laurent la accueillie, visiblement grognon, en lui demandant: «Encore en retard?» Maëlle, sans culpabilité, a commencé à parler de son nouveau client. Laurent, sarcastique, a jeté sur la table plusieurs photos: elle et Antoine dans un café, dans la rue, sortant dun hôtel. Il était clair que cétait une affaire de petite aventure.

Épuisée de devoir se justifier au travail, Maëlle a décidé davouer: «Ce nétait pas un grand drame, juste quelques fois où jai cherché à me détendre»

Laurent na pas réagi comme elle lattendait. Il a passé la soirée dans la chambre de Denis, puis le lendemain il a rangé ses affaires dans le hall et a dit dune voix sèche: «Tu ne vis plus ici. On divorce. Denis reste avec moi.»

Maëlle était tellement choquée quelle na même pas cherché à discuter. Elle sest dit que Laurent finirait par se calmer, quelle sexcuserait et que tout reviendrait comme avant, même si elle devait rester chez sa mère.

Catherine, avec un ton réprobateur, a ajouté: «Je te lavais dit! Tout sarrangera, mais Denis sera sans maman.» Maëlle, irritée à lévocation du fils, a répliqué: «Je vais régler ça!»

Elle était décidée à se venger de celui qui lavait trahie. Elle a traqué Antoine à son nouveau travail et la confronté: «Quoi encore?» Antoine, désespéré, a expliqué quil navait pas pu prendre les photos et que limpression était dépassée.

Mais le temps pressait: Laurent ne la laissait plus voir Denis. Le petit arrêtait la crèche, les promenades étaient impossibles, et lappartement était verrouillé: «Mon fils na pas besoin dune mère comme toi. Si tu continues, je te retire tes droits parentaux.»

Maëlle a crié: «Tu deviens fou! Parlemoi comme un adulte!» En vain. Catherine a essayé de parler à son gendre, suppliant quil rende le petit garçon à sa mère, mais Laurent est resté inflexible.

Maëlle a donc plongé dans le travail, espérant que Gérard la renverrait enfin à Paris et au poste de responsable. Elle a même raconté à Catherine, toute excitée: «Maman, devine! La semaine prochaine je pars pour la capitale, et après» Mais Catherine a éclaté en sanglots, le visage plein de désespoir: «Tu me laisses vraiment?»

Maëlle a compris que sa mère avait révélé la vérité à Laurent, montrant les photos. Elle a alors jeté ses affaires dans un sac et est partie. Elle a passé deux nuits chez une amie, puis a trouvé un petit appartement.

Un mois plus tard, Laurent a finalement accepté quelle voie Denis. Ils ont recommencé à partager des moments, et il semble que la famille pourrait se réunir

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J’ai préparé les affaires de ma femme et l’ai mise à la porte
La vie ne fait que commencer La veille au soir, Julie et sa meilleure amie Chloé s’étaient promis de commencer la journée par un jogging matinal. Même si c’est les grandes vacances à la fac et qu’elles auraient préféré faire la grasse matinée, il fallait bien se mettre au sport un jour. — Chloé, ne fais pas la marmotte, je te connais, tu adores traîner au lit jusqu’à midi, disait Julie la veille, et Chloé jurait qu’elle ne raterait pas le réveil. — Julie, t’inquiète, je me lèverai, quand il faut je deviens responsable, tu me connais, avait-elle rigolé en disant ça — qui parle de responsabilité, surtout pas elle. Julie se força à se lever de bonne heure, avant même que sa mère ne parte au travail, elle finissait son café en grommelant. — Maman, tu parles toute seule ? s’étonna Julie. — Je me plains, regarde : nouvelle blouse toute propre et déjà une tache de café… — Qui disait que je prends pas soin de mes affaires ? fit remarquer Julie, tu pouvais boire ton café en tee-shirt à la maison. — Je suis pressée, maintenant je dois me changer. Bref, ne remue pas le couteau dans la plaie dès le matin. D’ailleurs, pourquoi es-tu déjà debout ? — J’ai rendez-vous au parc pour courir avec Chloé, répondit Julie sérieusement. — Ne me fais pas rire, tu parles avec qui, ta Chloé doit encore rêver en ce moment, j’en suis sûre. Bon, j’ai une requête : ça fait longtemps que t’as pas vu mamie ? — Maman, on s’appelle tous les jours, hier encore on a papoté ! — Bien. Eh bien aujourd’hui tu vas lui rendre visite, lui apporter ces médicaments pour la tension et lui prendre des croissants avec de la confiture de fraises, elle m’a dit que sa tension faisait des siennes. Achète-lui aussi des viennoiseries, elle fête bien ses soixante-quatre ans. Tu es en vacances, tu as le temps, moi je file. — Ok, maman, j’irai ce matin, je me sens comme le petit chaperon rouge, sauf que maman n’a pas fait de galettes, pensa Julie en souriant, oh zut et le jogging alors ? Elle appela Chloé, qui décrocha d’une voix endormie. — Oui… oh Julie, j’ai raté le réveil, t’es déjà au parc ? Désolée, j’arrive… — T’inquiète, j’ai une mission : rendre visite à mamie. On remet à plus tard la course, j’ai un petit-déj à prendre, puis courses et pharmacie, et mamie habite à l’autre bout de Paris. — Cool, alors, je me recouche, répondit Chloé ravie en raccrochant. Julie rit : — Maman avait raison, Chloé est une vraie dormeuse, et moi aussi j’aurais bien traîné au lit… Une heure plus tard, Julie quittait l’appartement avec son sac à dos, la liste des médicaments, un peu d’argent et un parapluie — le ciel était gris. Il lui fallut encore une heure pour arriver chez sa grand-mère, sur la rive opposée. Il était presque midi lorsqu’elle sonna à la porte de Marie-Simone. La grand-mère ouvrit presque instantanément, et Julie resta interloquée sur le pas de la porte, se demandant si elle ne s’était pas trompée d’appartement. — Dis donc, mamie, quelle transformation ! s’exclama Julie, époustouflée. — Alors, tu me trouves rajeunie ? demanda fièrement Marie-Simone en tournant sur elle-même. — Mais mamie, ce look ! Cette coupe de cheveux canon, et cette couleur cendrée, avec une manucure en plus ! Franchement, t’es au top, mamie, on n’ose même plus t’appeler mamie ! s’amusait Julie. — Tu aimes vraiment, Julie ? — Mais carrément ! D’ailleurs maman dit que tu as des soucis de tension, j’ai apporté tes médicaments, des croissants et de la confiture de fraise. — Ah, les croissants et la confiture, c’est gentil, mais j’évite le sucre ces temps-ci, reprends-les pour toi. — Mamie, tu me fais marcher là ! Qu’est-ce qui t’arrive ? Dis, tu serais pas tombée amoureuse ? Tu es rayonnante, ta fille se fait du souci et t’envoies balader… — Merci Julie, tu dois avoir mille choses à faire, tu ne restes pas un moment ? Julie, surprise, insista, elle n’avait pas l’habitude que sa grand-mère laisse filer aussi vite sa visite. — On partage un thé ? — Julie, je n’ai pas le temps, reprends tes croissants et ta confiture, tiens, je t’ai fait des crêpes aussi, tu repars avec un panier repas, s’amusa Marie-Simone. — Bon mamie, alors j’y vais… pensant pour elle-même : tout ça n’est pas net… Il y a anguille sous roche, sûrement un papy dans l’équation ? En descendant l’escalier, Julie réfléchissait. — Faut que je surveille cette histoire. Depuis quand mamie me met dehors ? C’est la faute d’un vieux monsieur, c’est sûr… Ou alors une sortie entre copines, théâtre, cinéma, voire café, elle me l’a déjà raconté. Arrivée dehors, Julie se planqua derrière les garages de la cour. Elle n’eut pas à attendre longtemps ; au bout d’une demi-heure, Marie-Simone sortit de l’immeuble. — Tiens, nouveau tailleur ! Où va-t-elle ? En route vers le parc… Quand sa grand-mère arriva à bonne distance, Julie se mit à la suivre discrètement. — Pourvu que mamie ne me remarque pas ! pensa-t-elle. Mais Marie-Simone était plongée dans ses pensées. Au parc, un homme aux cheveux argentés l’attendait avec un bouquet de fleurs. Julie se glissa derrière un lilas. Sa grand-mère s’approcha, l’homme lui offrit les fleurs et l’embrassa sur la joue ; elle fit de même. — Je rêve, c’est bien un amoureux ! La classe, mamie ! Je pensais qu’à cet âge il n’y avait plus d’idylle… Oh, il lui prend la main, c’est trop mignon. Elles prirent la direction d’un petit café, terrasse d’été. Julie observa la scène, mais soudain, elle percuta un jeune homme qui filmait la scène avec son portable. — Eh, t’es qui toi ? Pourquoi tu filmes ma grand-mère ? Tu n’as pas le droit ! Le garçon, surpris, bafouilla, puis répondit : — Je suis journaliste. Peut-être que je veux écrire un article sur l’amour à la retraite… Julie fit la moue. — L’amour… tu parles ! C’est rempli d’arnaqueurs, de nos jours. Ils veulent juste dépouiller les gentilles mamies de leur appartement. — Tu crois vraiment ça ? s’étonna le garçon. — J’en suis persuadée ! Et pourquoi t’as choisi ma mamie ? Je ne t’autorise pas à la filmer, c’est illégal. Et ce “fiancé” à côté, attention qu’il ne lui pique pas son deux pièces ! — Le garçon la regarda, vexé. — Si tu veux tout savoir, ce monsieur possède un grand trois-pièces en plein centre. Moi, j’habite chez lui en ce moment, mes parents refont leur appart. — C’est ton grand-père ? — Oui, c’est mon papi, Édouard. Il a beaucoup changé, il se rase tous les deux jours, a acheté des jeans neufs, même du parfum. J’ai vite compris qu’il y avait quelque chose ! Et si c’était une femme intéressée ? Il faut que je surveille, moi aussi… — Donc, celui qui est avec ma mamie, c’est ton papi ? Moi, c’est Julie, et toi ? — Arthur, répondit-il avec un sourire. Bon, on a tout découvert, alors on peut les laisser tranquilles. Moi je ne suis pas contre. — Moi non plus, avoua Julie en riant. — Dis Julie, tant qu’on y est, si on allait au ciné tous les deux ? demanda Arthur. Y’a un thriller au Gaumont. — Avec plaisir, répondit-elle. Trois mois plus tard, Marie-Simone appela sa fille : — Ma chérie, Julie est là ? — Oui, maman, pourquoi ? — J’ai une nouvelle à vous annoncer : mon ami Édouard m’a demandé en mariage, et j’ai accepté. Préparez-vous, je vous invite à la cérémonie ! — Mamie, cria Julie, mais pourquoi se marier à votre âge ? Vous n’allez plus avoir d’enfants ! — Julie, ma chérie, il faut vivre dans les règles ! Nous, la vieille génération, on fait comme il faut. L’amour, ça n’a pas d’âge, tu sais. Et puis, quand l’amour frappe à la porte, quel que soit ton âge, il faut foncer à la mairie ! — D’accord, maman. On va se préparer pour tes noces. — À propos, tu savais que Julie sort avec Arthur, le petit-fils d’Édouard ? demanda la grand-mère. — Je sais, elle a tout raconté. Elle l’adore, hein, Julie ? — Oui mamie, il est top, ton Édouard aussi ! rigola Julie. Peu après, tout le monde fêta le mariage de Marie-Simone et Édouard dans un petit café chaleureux. Le bonheur était dans l’air.