Une enseignante a vu son élève dormir dans la rue…

Une institutrice aperçut son élève endormie dans la rue…

Élodie était létoile du CM2. Ses cahiers étaient un arc-en-ciel de perfection, son sourire, un rayon de soleil. Toujours propre, toujours à lheure, toujours la première à finir. Mademoiselle Camille, son enseignante, ladorait, mais remarquait une lueur étrange dans ses yeux, une hâte darriver et une réticence à partir peu communes pour une fillette de dix ans.

Maîtresse, je peux rester un peu pour aider ? demandait Élodie à la fin de chaque journée.

Bien sûr, ma chérie, mais ta maman doit tattendre, répondait Camille, bien quelle ne vit jamais personne venir chercher Élodie.

Un mardi de pluie battante, Élodie arriva à lécole grelottante, les cheveux trempés. Mademoiselle Camille sinquiéta.

Élodie, que sest-il passé ? Ta maman ne ta pas accompagnée ?

Non, maîtresse. Je suis tombée dans une grande flaque. Mais ça va, mentit Élodie, essuyant ses larmes avec sa manche.

Cette après-midi-là, Mademoiselle Camille, rongée par une inquiétude tenace, décida de suivre Élodie à la sortie. Elle vit la fillette marcher rapidement, sengouffrer dans des ruelles jusquà atteindre un banc sous un arbre, dans une petite place couverte. Là, recroquevillée sous une bâche, lattendait sa mère.

Le cœur de linstitutrice se serra. La petite Élodie navait pas de maison. Elles dormaient dans la rue, et lapparence impeccable de la fillette était le fruit des efforts titanesques de sa mère pour que personne ne les «découvre» et ne leur enlève Élodie.

Le lendemain, Mademoiselle Camille réunit tous les enseignants. Dune voix tremblante, elle leur raconta ce quelle avait vu. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre et parvint aux oreilles des élèves plus âgés et de leurs parents, membres de lassociation des parents délèves.

Nous devons agir ! sexclama la directrice, les yeux brillants.

Ma mère est coiffeuse, elle pourrait proposer un travail à la maman dÉlodie, suggéra une élève de cinquième.

Jai un contact dans une agence immobilière, ajouta un autre professeur.

En moins de vingt-quatre heures, lécole devint un tourbillon de solidarité. Les élèves organisèrent une tombola éclair avec des jouets et des livres offerts. Les enseignants donnèrent de leur poche. Les parents se mobilisèrent avec une rapidité stupéfiante.

Deux jours plus tard, Mademoiselle Camille fit venir Élodie et sa mère, Sophie, dans le bureau de la directrice. Sophie entra, pâle, le regard baissé, sachant que son secret était découvert et redoutant quon lui arrache sa fille.

Sophie, commença la directrice avec un sourire chaleureux, nous savons tout. Et personne nest ici pour vous juger ni vous séparer.

La mère dÉlodie releva les yeux, perplexe.

Au contraire, poursuivit la directrice en lui tendant une enveloppe. Dans cette enveloppe, il y a de largent. Cest un don de toute lécole. Cela suffira pour payer le loyer dun petit appartement pendant un mois, le temps de vous installer.

Sophie ouvrit lenveloppe et ses yeux semplirent de larmes.

Et ce nest pas tout, dit Mademoiselle Camille en prenant la main de Sophie. Une place en centre de formation vous attend pour un diplôme en esthétique, grâce au réseau dune famille délève. Et Élodie continuera daller en classe, chaque jour, avec un goûter dans son sac et un mot doux glissé dans son cahier. Le lendemain, sous le même arbre où elles avaient dormi, il ne resta que la bâche vide et une fleur en papier, offerte par Élodie la veille, qui tremblait doucement dans le vent du matin.

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Le Retour à la Vie