Un conducteur routier a ramené une femme de son voyage.

Salut, je voulais te raconter ce qui sest passé récemment chez nous, cest vraiment du grand nimporte quoi.

Mon mari, Pierre, le routier qui fait les gros trajets de la côte dAzur jusquà la Normandie, est rentré un soir avec une inconnue. Il a sorti de la benne un sac plein de valises, a ouvert la porte du salon et a annoncé dun ton fier :

Elle va habiter avec nous!

Je me suis mise à sangloter, la gorge serrée. Jai crû que jallais exploser.

La nouvelle venue, Célestine, a débarqué dans la salle de bain sans même frapper, a enfilé le peignoir de la maison et sest placée, comme si elle était déjà la maîtresse des lieux, avec mon serviette préférée sur la tête. En plein milieu de tout ça, elle a lancé :

Tu vas rester plantée là comme un piquet? Dabord, jai faim. Ensuite, ton mari vient darriver.

Jai eu envie de la pousser dehors sur le trottoir, mais je me suis retenue. Lappartement, cest à Pierre, cest son bien davant le mariage, et rien ne laissait présager la pagaille.

Jusquici, tout allait bien. Je nai pas de boulot, largent arrive grâce à Pierre qui gagne très bien sa vie. Jai toujours été un peu capricieuse, et les potes disaient souvent que Pierre était devenu routier juste pour ne pas devoir me voir trop souvent. Mais il maimait à la folie, on le disait tous, même moi.

Le jour où il est rentré, je me demandais ce quil allait bien pouvoir rapporter cette fois-ci.

La réalité a dépassé toutes mes attentes. Pierre a ramené Célestine, et il a insisté pour que je ny fasse pas de résistance. Il la rencontrée quelque part sur lautoroute, genre au rond-point de Chartres.

Jai rien compris. Jai 34 ans, je me sens encore jeune et jolie. Célestine, à première vue, en a bien cinquante, lair négligée, un peu bourrue. Comment un gars comme Pierre pouvait-il être séduit par une femme qui ressemble à ma grand-mère?

Bon, il y a des hommes qui aiment les femmes plus mûres, mais pas comme ça, non!

Hé, tu vas rester plantée là? Jai faim! a crié Célestine depuis la cuisine.

Je suis allée faire bouillir des raviolis. Célestine est restée muette, je lui ai posé une assiette et jai voulu sortir des choux farcis pour Pierre.

Tu nourris ton mari avec des plats tout prêts? Et tu me les jettes? a haussé les sourcils Célestine.

Bah ouais ai-je répliqué, le regard plein de dégoût.

Elle a ouvert la fenêtre en plein geste théâtral et a balancé les raviolis dehors.

Questce que tu fais? ai-je poussé un cri.

Le chat les mangera! Toi, ma chère, fais-moi une soupe ou fais frire les pommes de terre! a-t-elle répondu avant de se diriger vers le téléviseur.

Quand Pierre est rentré, je lai traîné dans la cuisine et jai commencé à râler :

Fousla dehors! Pourquoi tu las ramenée? Cest qui? Elle a jeté les raviolis! Elle je nai pas fini.

Célestine est apparue, les bras croisés.

Pierre, pourquoi tu la supportes? Tes un homme respectable, tu as un toit, de largent. Elle ne sait même pas cuisiner. Cest une fille gâtée, toujours à se plaindre! a-t-elle lancé dun ton méprisant.

Jhabite ici, cest moi la patronne! ai-je rétorqué.

Tant mieux, a répliqué Célestine.

Ils sont allés faire les courses ensemble, Pierre et Célestine. Ce soir-là, je navais aucun appétit, mais le lendemain jai enfin mangé son fameux bouillon et des pâtes à la sauce marinée. Jai jamais aimé cuisiner, mais jai décidé de me rattraper. Jai cherché des recettes sur internet, au début cétait galère, puis jai commencé à prendre le goût.

Jai arrêté de critiquer Pierre à chaque occasion. Jai eu peur que Célestine reste et que je parte. Je nai rien dit à ma mère, alors quon sappelait toujours pour nimporte quoi. Par contre, jen ai parlé à ma meilleure amie, Camille.

Balancela! Cest une imposture! Jimagine même pas si mon petit Pierre ramène quelquun comme ça, a lancé Camille en me conseillant.

Ouais, cest facile pour toi, ton appartement est partagé, ton Pierre ne gagne rien, cest toi qui portes la famille. Moi, jai rien du tout! Tout cest à cause de Pierre! jai explosé.

Merci, ma pote. Jessayais de la soutenir et elle ma laissée tomber! Va voir ton Pierre et sa Célestine! a rétorqué Camille, toute énervée.

En fait, rien na vraiment changé. Pierre continue de regarder sa femme avec adoration. Jai essayé de parler avec lui, de comprendre pourquoi il a fait entrer Célestine chez nous, combien de temps elle compte rester. Mais il ne veut pas aborder le sujet.

Célestine a trouvé un boulot dans un supermarché. Et un jour, jai compris comment je pouvais survivre à cette imposture : tomber enceinte. Avant, je navais aucune envie davoir des enfants, je lavais même dit à Pierre: «Je ne veux pas devenir maman, ça me ferait trop de poids, je nai pas damour pour les petits». Mais là, jai vu le plan parfait.

Les potes étaient étonnés de mes changements. Jai commencé à cuisiner, à ne plus me mettre en colère, à devenir une épouse modèle. Et puis, jai annoncé à Pierre que jattendais un bébé! Il était aux anges.

Il était grand temps! Prends bien soin de lui, quil ne finisse pas comme moi, expulsé de la maison! a soupiré Célestine.

Expulsé? aije demandé, surprise.

Oui, quand mes propres fils ont grandi, ils mont mise à la porte, mont dit de ne plus revenir. Jy ai mis tout mon cœur, et ils mont rejetée, a expliqué Célestine, les larmes aux yeux.

Cest alors que jai senti une pincée de compassion pour elle. Elle ma raconté son histoire, comment elle sest retrouvée à boire, à ne plus vouloir vivre, jusquau jour où mon mari la sauvée dun accident sur la route. Elle a commencé à croire quil y avait des gens bien.

Cest la chance que tu as, Pierre! a conclu Célestine.

Ce soir, on a dîné à trois pour la première fois. Jai même eu envie de laisser Célestine rester. Elle souriait, persuadée davoir reformaté la «mauvaise» épouse de Pierre.

Le lendemain, loncle de Pierre, venu de la campagne, a débarqué. Tout le monde le regardait avec intérêt, surtout Célestine. Après une semaine, il a repris la route, mais pas sans Célestine à ses côtés.

À notre âge, faut pas hésiter! Merci de nous avoir accueillis, a dit Célestine, toute souriante.

Et moi, je commence même à manquer sa présence.

La vie a pris une tournure inattendue. Jai eu ma petite fille, et jai invité Célestine à être sa marraine. Elles sont devenues inséparables. Tout lété, je vais chez Pierre à la campagne, lair frais fait du bien à la petite, et Pierre ne cesse dêtre étonné de voir à quel point sa femme a changé.

Il pense que cest en grande partie grâce à Célestine. Voilà comment un drôle de nœud du destin a réuni des gens qui se sont finalement rendus indispensables les uns aux autres.

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Un conducteur routier a ramené une femme de son voyage.
La rivale venue réclamer ses affaires – Je suis Lara, nous sommes collègues. Nous nous aimons, et vous êtes un obstacle ! Rendez-moi Pierre ! – Mais en quoi je vous gêne ? – s’étonna sincèrement Svetlana. – Donnez-moi des preuves ! – Eh bien… – la dame hésita. – Il ne veut pas vous quitter ! Pierre, t’es bête ou quoi ? Ces mots géniaux ont été prononcés par le petit Serge dans la nouvelle de Vera Panova, après que l’oncle Pierre, adulte, l’a «récompensé» d’un bonbon… dont l’emballage ne contenait rien. Et oui, vraiment, bête comme ses pieds. Comme disait l’humoriste Desproges : ce n’est pas une pathologie, c’est juste un imbécile ! C’est exactement ce que Svetlana répondit à son mari, pas juste après l’arrivée de sa maîtresse — non, même ça, l’épouse l’a encaissé ! — mais un peu plus tard. Il s’avérait que son Pierre, Pierre-le-coq, crête dorée, celui avec qui elle vivait depuis tant d’années, avait déniché une nouvelle flamme. Et pas une flamme ordinaire : la dame débarqua avec des exigences — « Nous nous aimons, rendez-moi votre mari ! » À cette époque, Svetka commençait déjà à se douter de quelque chose ! Pierre avait soudain pris l’habitude de se raser tous les jours — avant, c’était un jour sur deux. Un nouveau parfum et même, il a repassé ses jeans avec des plis devant. Svetka n’a pas découragé son époux, se disant que c’était bien fait pour lui. Et il est parti dans la nuit, exhalant un parfum importé étouffant : il était « de garde » cette fois-là… Oui, lui — manager intermédiaire ! — Tu comprends, ma chérie — expliquait le mari enthousiaste au dîner — chez nous, dans la PME du bâtiment, le gardien a démissionné ! Et le budget est serré ! Maintenant, chacun à son tour, on dort la nuit à l’agence pour dissuader les voleurs ! Je préférerais dormir ici, il n’y a même pas de matelas là-bas ! — Mais comment tu vas faire toute la nuit ? Assis ? — demanda Svetka de façon bien campagnarde. Pierre grimaça : Comment peut-on parler ainsi ? «Assis», c’est quoi ça ? C’est, en fait, un gérondif, ancien ! Et l’épouse, prof de russe au collège, savait la différence. Ça faisait belle lurette que l’épouse savait que le mari racontait des histoires. C’était clair : il y avait quelque chose de pourri au royaume du Danemark. Ils étaient mariés depuis presque vingt ans. Leur fille vivait déjà ailleurs. Et voilà que monsieur a sans doute trouvé une… maîtresse. Après tout, ça arrive — un coup de cœur, il suffit de le dire honnêtement et de partir : l’appartement appartenait à Svetlana avant le mariage. Voilà c’est comme ça ! Un démon dans la côte, comme on dit. Mais Pierre traînait, refusant d’avouer. Pourquoi ? Aimait-il encore Svetka ? Ou n’était-ce pas sérieux pour lui ? Mais le fait est là : il vivait encore chez eux, comme si de rien n’était ! Et même, il remplissait toujours ses devoirs conjugaux. À part quelques indices de tromperie, Svetka n’avait pas de preuves sérieuses. Ou alors, elle se faisait des idées ? Un parfum ! Des pantalons trop bien repassés ! Elle aurait été prête à fermer les yeux sur ces excentricités, mais alors, elle arriva — la rusée briseuse de ménage « Raïssa Zakharovna ». Pierre n’était pas là. Svetka faisait le ménage dans leur deux-pièces. Et puis — cette invitée : « Bonjour, je peux entrer ? » Svetka, naïve comme l’héroïne de son film préféré, la laissa entrer — on ne sait jamais, pourquoi celle-là débarque. Qu’elle explique ! Plus tard, on découvrit que la «fiancée» du mari était cinq ans plus jeune que Svetka. Mais elle avait déjà l’air d’une dame de quarante ans passés. Et là, la dame annonce : – Je suis Lara, nous sommes collègues. Nous nous aimons, et vous êtes un obstacle ! Rendez-moi Pierre ! – Mais sur quoi je gêne ? – demanda Svetlana sincère. – Des preuves ? – Eh bien… – hésita la dame. – Il ne veut pas vous quitter ! – C’est lui qui ne veut pas ! Moi, je vous le donne de bon cœur, je fais sa valise ! – proposa Svetlana immédiatement. – Qu’est-ce qu’il vous a raconté ? Que je suis à l’agonie et qu’il ne peut pas me quitter ? – Pas tout à fait à l’agonie… – bredouilla la visiteuse, – mais presque. Franchement, elle n’a jamais discuté de tout ça avec Pierre ! D’ailleurs, ils parlaient à peine, tout ce qui relevait de l’adultère était le fruit de son imagination… Mais Svetka n’en savait rien. – Mais voyez bien que tout va bien ! Prenez Pierre sans souci, je demande le divorce demain ! Je vous souhaite de l’amour, du bonheur et toute la maison ! – sourit la femme à la visiteuse. – Vraiment ? – la visiteuse fut ravie. – Vous êtes tellement positive ! Je ne m’y attendais pas du tout ! Je m’étais préparée au pire… « Tu ne sais pas encore à quel point je suis positive ! » pensa Svetka avec une pointe d’ironie tout en souriant, puis ajouta : – Chez nous, avec Pierre, tout est basé sur la franchise et le respect. Je lui dirai tout, et vous pouvez partir l’esprit tranquille ! Cela sonnait comme « reposez-vous en paix ». Mais la dame, en pleine euphorie, ne remarqua rien. – Dites-lui que je l’attends ce soir avec ses affaires ! – lança Lara en repartant, gratifiant la rivale d’une sourire triomphant — elle l’avait « vaincue » ! — et alla vers «son bonheur». – Comptez là-dessus, chère amie ! – répondit la prof de russe. – Attendez-le ! Le soir, Pierre trouva dans l’entrée la valise de ses affaires : il n’en avait pas tant que ça — c’est le produit qui fait le prix ! En voyant le mari, Svetka comprit qu’il n’était au courant de rien. Car Pierre, tout calme, embrassa sa femme et demanda comme d’habitude : – Ma chérie, qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Au fait, pourquoi la valise est là dans l’entrée ? Tu pars quelque part ? – Ta copine est passée ! – répondit Svetka sans détour. – Quelle copine ? – s’étonna Pierre. – Eh bien, celle du gardien ! Celle avec qui tu fais les nuits au bureau ! Pour protéger les meubles ! Pierre rougit et murmura : – Lara, tu dis ? J’ai jamais fait de nuit avec elle ! – Eh bien, il y en a d’autres, à part Lara ? Tu me surprends, sacrée jeunesse tardive ! – Ce n’est pas ce que tu penses, – commença Pierre. – Qu’est-ce que je pense alors ? Vas-y, devine, Messing ! – répliqua Svetka. – Alors ? Tu vas me dire que tu n’as rien fait avec elle ! Ou que c’est elle qui est venue ! – Je ne dirai rien ! – renifla Pierre. – Juste une fois ! Tu te souviens, quand je suis rentré bourré ? Eh bien voilà ! Mais je voulais pas — parole, Svetka ! C’est elle qui m’a sauté dessus ! C’est l’instinct ! Et puis… – Hein, je comprends mon Pierre — l’amour, ça t’emporte ! Et puis, c’est la jeunesse, comme disait Sharikov ! T’en fais pas, j’ai tout compris. D’ailleurs, tout est réglé. Lara attend : j’ai promis de te laisser partir ! – Partir où ? – paniqua Pierre, car Lara était une nouvelle venue qui louait une chambre en colocation. – Mais pourquoi partir ? – Parce qu’il faut être honnête, Pierre ! Je vois bien dans tes yeux ! Allez, on y va, bonne chance mon grand et vent en poupe ! – Mais je ne veux pas ! – protesta Pierre : effectivement, il ne voulait pas ! – Quoi, elle transpire trop ? – piqua Svetka. – Fait trop chaud pour dormir ? La collègue de Pierre était en effet bien portante, et, pendant la discussion, elle s’essuyait sans cesse au-dessus de la lèvre. Pierre resta penaud. Et avec Lara, c’était strictement un coup de trop après la soirée de la boîte. Rien d’autre. Mais elle avait commencé à le harceler. Et Svetka avait déjà tout compris. Il faut savoir, chers amis, qu’à l’époque soviétique, combien de « fiancées de Magomaev » il y avait dans les asiles ! Plein, comme les étoiles dans le ciel, sans fin. Même aujourd’hui, il y a beaucoup de gens un peu fous : combien de Pierres au Brésil… En dehors de ça, ce sont des gens presque normaux ! Sauf sur un sujet précis… Mais heureusement, Lara avait pris son jour de congé : elle s’était préparée à une grosse discussion avec Svetka. Pierre souffla un peu — il avait honte devant le petit collectif. Pierre, goûtez mes crêpes, c’est moi qui les ai faites ! On voit bien que votre femme ne vous nourrit pas assez ! Comment avez-vous passé le week-end ? Vous voulez en parler ? Oh, je vous ai vu dans mon rêve cette nuit ! Vous voulez savoir ce qu’on a fait ? « Quel idiot j’ai été ! » s’en voulait le malheureux Pierre. « Comment j’ai pu me fourrer là-dedans ! J’espère qu’elle ne va pas en rajouter ! » Il avait regretté cent fois ce moment de faiblesse ! Qui aurait dit que Lara serait aussi cinglée ? – Bien, – fit la femme, magnanime, – admettons que tu ne mens pas, Casanova. Mais tu vois la suite comment, toi ? Je dois retourner dans le lit avec toi après tout ça ? – Je dormirai sur le canapé ! – accepta le mari fautif. Il était même prêt à dormir sur le paillasson dans l’entrée, du moment que Svetka ne le jetait pas dehors. Et l’épouse accepta : on verrait bien ! Le lendemain, samedi — Lara débarqua tôt le matin : alors, on y va ? Je comprends, hier on n’a pas pu ! En ouvrant la porte, Pierre fut estomaqué : quelle histoire ! Il essaya de faire entendre raison à cette femme pétillante : c’est la phase maniaque, rien à faire… – Larissa, chère amie, – à ces mots, Lara se crispa, ça commençait ! – rentrez chez vous. Tout doucement — c’est verglacé aujourd’hui ! – Et vous ? – demanda la collègue surprise. – Moi, je reste ici ! – déclara Pierre, ferme, – avec ma femme ! – Mais on s’aime ! – protesta la dame. – Tout ça, c’est dans votre tête ! Il n’y a rien, non, rien du tout ! – fit Pierre, sachant bien pourtant… Mais il fallait prouver ! Après tout, ils étaient partis ensemble, mais peut-être avaient-ils pris chacun leur route ? Toute la boîte savait que Lara n’était pas claire. Et Pierre décida de garder cette version jusqu’au bout. Dans la tête de Lara, les scénarios défilaient : elle gardait le silence, fixant l’objet de son amour. Tout est parfait ! Et l’épouse l’a libéré ! Pourquoi pas ? – Au revoir ! – dit enfin Pierre et ferma la porte. C’est là que l’épouse prononça la phrase culte du roman de Vera Panova sur l’oncle Pierre. Elle collait pile à la situation. Et Pierre n’ouvrit même pas la bouche : le silence vaut plus que tout… Lara resta un moment devant la porte fermée : il va peut-être changer d’avis ? Puis, elle repartit. Coup pour rien, même ici ? Pierre n’était pas le premier : deux collègues avaient déjà démissionné à cause de Lara et son harcèlement. Pourtant, eux, il n’y avait rien du tout ! Le lundi, Larissa ne revint pas au bureau, ayant soudain posé sa démission. Trois fois suffisent pour chercher l’amour ailleurs. Peut-être pas si fêlée que ça… Pierre poussa un grand soupir de soulagement : il s’était même vu obligé de quitter son job ! Dieu merci, elle n’était pas enceinte… Et la gentille Svetka pardonna son homme. Oui, il a fauté, mais par accident ! Pour le reste, c’était vrai ! On découvrit ensuite que tous les hommes de la boîte faisaient bien des permanences nocturnes — la direction économisait vraiment sur la sécurité ! Le nouveau parfum et les jeans de Pierre n’étaient pour rien dans l’histoire. Ce n’était qu’une coïncidence : c’est le sort qui joue ! Ou alors la faute au Mercure rétrograde ou aux tempêtes magnétiques — au moins, on avait quelqu’un à accuser, c’est pratique… Que retenir ? Ne buvez pas trop aux soirées d’entreprise, les gars ! Car l’amour peut devenir bien toxique. Dans le monde d’aujourd’hui, ça ne manque pas. Heureusement, elle n’a pas fait de chantage… Et tout reporter sur Mercure ne suffirait plus…