J’ai trouvé une note dans le tiroir du bureau : « Il sait. Fuis ! »

Jai trouvé, dans le tiroir du bureau, un petit bout de papier : «Il sait. Courez».
Maëlys Marchand, pourriezvous vérifier les fiches de catalogue du troisième tiroir? On dirait que les étudiants ont encore tout embrouillé, a déclaré la directrice de la bibliothèque, Agnès Dupont, en ajustant ses lunettes au bout du nez. Et, sil vous plaît, ne restez pas trop tard ce soir. Vous travaillez trop ces derniers temps.

Daccord, Agnès, je men occupe, a acquiescé Maëlys, à peine détachée de son écran. Dès que jaurai fini linventaire électronique des nouvelles acquisitions.

Agnès secoua la tête, sortit du service de catalogage en claquant ses talons sur le parquet usé. La bibliothèque municipale de Lyon occupait lancien bâtiment du collège, avec ses hauts plafonds, ses moulures et ses planchers grinçants qui annonçaient larrivée dun lecteur avant même quil ne franchisse la porte.

Ces trois dernières semaines, Maëlys restait tard chaque soir. Ce nétait pas par manque de volonté, comme le pensait Agnès, mais parce quà la maison, plus personne ne lattendait depuis le départ de Sébastien, qui avait emporté non seulement ses affaires, mais aussi la chaleur et le confort qui remplissaient leur petit appartement. Il ne restait plus que le silence, ponctué du tictac dune vieille horloge léguée par sa grandmère.

À la bibliothèque, le travail ne manquait jamais. Maëlys aimait lodeur des livres, le bruissement des pages, même la poussière qui saccumulait toujours sur les étagères supérieures malgré les efforts de la femme de ménage, Clara. Elle sy sentait utile et à sa place.

Maëlys, noublie pas, demain nous avons la rencontre avec lécrivain, a annoncé Olympe, la jeune bibliothécaire du pôle abonnements, en ouvrant la porte. Il faut préparer la petite salle et imprimer les affiches.

Je nai pas oublié, Olympe, a souri Maëlys. Les affiches sont déjà prêtes, elles sont dans le tiroir supérieur de mon bureau. Prendsles, jai encore du travail à faire avec le catalogue.

Olympe a hoché la tête, sest approchée de la lourde table en chêne où travaillait Maëlys, a tiré le tiroir du haut et en a sorti le dossier contenant les affiches.

Cest quoi ça? a demandé-elle en retirant un feuillet du dossier.

Quoi? a répliqué Maëlys, se tournant vers elle.

Une petite note, probablement tombée du dossier.

Olympe lui a tendu une feuille pliée en quatre. Maëlys la déroulée et a lu trois mots écrits dune main large : «Il sait. Courez». Son cœur a manqué un battement. Sa première pensée a été que cétait une plaisanterie, mais au fond delle, elle savait que ce nétait pas le cas. Elle a rangé la feuille dans la poche de son cardigan.

Cest du jamais vu, atelle dit, en essayant de garder un ton détaché. Probablement un étudiant qui a laissé tomber son papier. Ils séchangent toujours des notes ici.

Olympe a haussé les épaules.

Bon, jirai accrocher les affiches.

Lorsque la porte sest refermée derrière Olympe, Maëlys a ressorti la note. «Il sait. Courez». Qui sait? De quoi? Et qui a écrit cet avertissement?

Lécriture était familière, mais Maëlys ne parvenait pas à la replacer. Elle a passé en revue les styles de ses collègues aucun ne correspondait. Peutêtre Sébastien? Mais pourquoi écriraitil cela? Leur séparation avait été presque paisible, sans drame. Il avait simplement déclaré que ses sentiments avaient changé et quils valait mieux rester amis. Banal, comme dans un roman bon marché.

Maëlys a tenté de se concentrer sur le travail, mais la note revenait sans cesse dans ses pensées. En fin de journée, elle a finalement terminé le catalogue, a rendu les clés au gardien, et est sortie dans une soirée doctobre maussade. Une fine pluie tombait, les réverbères se fondaient en taches jaunes dans la brume.

Le chemin jusquà son appartement était de quinze minutes à pied. Dordinaire, Maëlys aimait cette promenade le vieux parc, la petite cour avec ses balançoires où les enfants jouaient le jour. Ce soir, chaque ombre paraissait menaçante, chaque bruit la faisait sursauter. «Il sait. Courez». De qui fuir?

En entrant dans limmeuble, elle a poussé un soupir de soulagement. Tout était calme et éclairé. Elle a monté jusquau troisième étage, a ouvert la porte de son appartement. Tout était comme dhabitude: le silence, lodeur de cannelle provenant du sachet dépices quelle avait suspendu dans lentrée pour masquer labsence de Sébastien.

Après sêtre déchaussée et avoir accroché son manteau, Maëlys sest dirigée vers la cuisine, a mis leau à bouillir, a sorti la salade dhier du frigo. Elle navait pas faim, mais elle avait besoin de faire quelque chose pour ne pas penser à la note.

Le téléphone a sonné, affichant le nom de sa mère.

Bonjour, maman, atelle répondu, tentant de garder la voix calme.

Maïté, comment vastu? a demandé sa mère, inquiète. Je sens une angoisse bizarre aujourdhui. Tout va bien chez toi?

Oui, tout va bien, a menti Maëlys. Sa mère sinquiétait déjà trop depuis la rupture avec Sébastien. Elle navait pas besoin dune autre note anonyme. Je suis juste fatiguée, au travail.

Tu veux venir ce weekend? Je préparerai une tarte aux pommes, tu pourras te reposer

Peutêtre, maman. On se rappelle vendredi, daccord?

Après cet appel, Maëlys sest sentie encore plus seule. Le thé était froid, elle navait envie ni de manger ni de regarder la télé. Elle a repris la note et a de nouveau fixé ces trois mots. «Il sait. Courez».

Un bruit à la porte a fait sursauter Maëlys. Il était dix heures du soir qui pouvait frapper à cette heure? Elle a doucement ouvert le judas. Sur le palier se tenait Michel Stéphan, le voisin âgé du dessus.

Qui estce? atelle demandé, prudente.

Cest moi, Michel. Ouvre, ma petite.

Elle a ouvert la porte sans enlever la chaîne.

Désolé pour la visite tardive, a commencé le voisin, embarrassé. Mais jai une fuite de tuyau, leau ne passetelle pas chez vous?

Non, tout est sec, a répondu Maëlys, soulagée. Mais merci de mavoir prévenue.

Tant mieux. Jai appelé un plombier, il doit passer demain.

Quand Michel est reparti, Maëlys a eu limpression dêtre ridicule. Elle paniquait à cause dune simple note, sûrement jetée par un étudiant pour samuser. Son imagination était en surchauffe après tous ces romans policiers quelle dévorait récemment.

Elle sest apaisée en se disant que ce nétait que cela, puis a tenté de dormir. Mais le sommeil ne venait pas. Elle se tournait, écoutait chaque bruit. Dehors, la pluie bruissait, des voitures passaien

t au loin. Les sons habituels de la nuit parisienne lui semblaient aujourdhui sinistres.

Le lendemain, après un petit déjeuner rapide et un café corsé, elle est allée travailler. La journée sannonçait chargée: la venue de lécrivain, la préparation de la salle, et encore les nouvelles acquisitions à classer.

Dans la bibliothèque, leffervescence était déjà là. Agnès Dupont donnait des consignes, Olympe arrangeait les chaises dans la petite salle, Clara, lemployée de ménage, lavait les sols avec un air boudeur.

Maëlys, un homme te cherchait, a annoncé Clara en passant. Un grand, en manteau sombre. Je lui ai dit que tu nétais pas encore arrivée.

Un homme? a interrogé Maëlys. Il ne sest pas présenté?

Non. Il a dit quil reviendrait plus tard.

Lidée «Il sait. Courez» a refait surface. Qui était cet homme? Que voulaitil? Maëlys a essayé de garder son calme. Peutêtre un lecteur curieux, ou un représentant dédition.

Elle sest installée à son poste, quand, au bout de trente minutes, on a frappé à la porte.

Entrez, atelle répondu sans quitter son écran.

La porte sest ouverte sur un grand homme en manteau noir. Son souffle a fait trembler Maëlys. Cétait André, un ancien camarade de classe de Sébastien. Ils ne sétaient rencontrés que quelques fois durant leurs années détudes, et elle le connaissait à peine.

Bonjour, Maëlys, atil dit, refermant la porte derrière lui. Désolé de vous déranger, mais il faut que lon parle.

De quoi? atelle rétorqué, la voix un peu haute.

André a jeté un regard autour de la pièce, comme pour sassurer quil ny avait personne, puis sest assis en face delle.

Ça concerne Sébastien, atil murmuré. Et vous.

Nous nous sommes séparés, atelle répété sèchement. Si vous avez une affaire avec lui, adressezvous directement à lui.

Ce nest pas à propos de votre rupture. Cest bien plus grave.

Il sest penché, baissant la voix.

Vous avez reçu ma note?

Maëlys a senti un frisson parcourir son dos.

Votre note? «Il sait. Courez»? Que signifietelle?

André a jeté un œil nerveux à la porte.

Cela veut dire que Sébastien nest pas qui il prétend être. Il sait que jai découvert la vérité, et maintenant il se doute que vous êtes au courant.

Au courant de quoi? atelle demandé, perdue.

De ce que Sébastien fait réellement, atil sorti son téléphone et montré une photo. Sur limage, Sébastien parlait à un homme devant un bâtiment gris et discret. Cest il y a trois jours. Vous connaissez cet endroit?

Maëlys a secoué la tête.

Cest le siège de la société EstInvest. Celle dont on a entendu parler dans les journaux: ils ont escroqué des centaines de retraités avec des promesses de rendements élevés, puis ont disparu avec largent.

Et Sébastien? atelle insisté. Il travaille dans une concession automobile.

Cest une façade, atil répondu. En réalité, il était lun des organisateurs.

Maëlys a eu du mal à croire.

Ce nest pas possible. Sébastien nest pas comme ça. Il ne ferait jamais

Je ne voulais pas y croire non plus, atil admis. Nous sommes amis depuis lenfance. Mais quand je lai vu là et que jai commencé à fouiller, tout sest enchaîné. Il était déjà mêlé à une escroquerie à Novosibou?? Il a changé didentité, a déménagé, ma rencontré

Maëlys sentait la pièce tourner. Elle narrivait pas à assimiler que lhomme quelle avait aimé pendant quatre ans, qui cuisinait le weekend et collectionnait des vinyles, pouvait être un escroc.

Pourquoi avezvous écrit «Courez»? atelle demandé.

Parce quil est dangereux, a répondu André, le regard grave. Dès que jai commencé à poser des questions, on a commencé à me surveiller. Et jai découvert que la personne qui tentait de dévoiler le scandale était morte dans un «accident».

Maëlys a pensé aux fois où elle eût eu limpression dêtre observée. Étaitce de la paranoïa ou une vraie surveillance?

Que doisje faire? atelle demandé, désemparée.

Fuir. Au moins temporairement, jusquà ce que tout se calme. Vous avez où aller?

Elle a pensé à sa mère, qui vivait à Brive, à trois cent kilomètres.

Oui, jai un plan.

Alors préparez vos affaires et partez dès aujourdhui. Je vous contacterai quand ce sera sûr de revenir.

Après le départ dAndré, Maëlys est restée longtemps assise, le regard vide. Tout semblait irréel, comme si elle était plongée dans lun de ces romans policiers quelle affectionnait tant. Mais les photos dAndré étaient authentiques, tout comme la petite note.

Elle a cherché Agnès Dupont.

Jai besoin de partir durgence, pour raisons familiales. Puisje prendre quelques jours de congé? atelle demandé.

Agnès la regardée, inquiète.

Il se passe quelque chose? Vous avez lair pâle.

Ma mère est malade, a menti Maëlys. Il faut que jy aille.

Bien sûr, partez. La rencontre avec lécrivain se tiendra sans vous.

Chez elle, Maëlys a rapidement rassemblé le strict nécessaire dans un sac: passeport, quelques euros, quelques vêtements. Elle a appelé sa mère.

Maman, je viens ce soir, en train.

Questce qui se passe? a demandé la voix de sa mère, tendue.

Rien, je voulais simplement te revoir, a répondu Maëlys.

En passant devant le meuble à livres, elle a remarqué un cadre contenant une photo delle et Sébastien au bord de la mer, bronzés et heureux. Elle la prise, la observée longuement, se demandant comment elle pouvait se tromper à ce point.

Un coup à la porte a fait sursauter Maëlys. Elle a marché doucement jusquau judas. Sur le palierAlors, tremblante, Maëlys a ouvert la porte et a découvert Sébastien, les yeux remplis de culpabilité, qui tenait dans ses mains la seconde note : «Ne me fais pas courir».

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J’ai trouvé une note dans le tiroir du bureau : « Il sait. Fuis ! »
NE VIS QUE POUR RESPIRER… — Oh, mon dieu… Où est-ce que tu es allé la trouver, celle-là ? Elle pèse bien cent kilos ! Je ne te comprends pas, Oleg. Une vraie bûche ! Franchement, aucune allure. Qu’est-ce que tu lui trouves ? Maman, dis-lui quelque chose, toi au moins… s’indigne sans cesse Hélène. — Allez, Hélène, calme-toi. C’est le choix de ton frère ! C’est à Oleg de construire sa vie avec elle. Laisse-le gérer sa fiancée, répliqua Anna Victorovna en dévisageant son fils. — Ça y est, vous avez fini ? Je vous annonce que j’épouse Tatiana. D’ailleurs, on attendira un enfant cet automne. Voilà, mesdames, débats terminés ! conclut Oleg en quittant la pièce. …Oleg avait déjà été marié. Avec une véritable beauté. Sa fille était restée de ce premier mariage. Il avait aimé sa femme comme un fou. Mais, visiblement, il n’était pas le bienvenu dans la famille. Sa belle-mère avait tout fait pour détruire leur amour. Oleg avait dû partir. À cette époque, il avait sombré : alcool à gogo, bagarres, changements de femmes… …Puis Tatiana sortit de nulle part. Rencontre fortuite entre amis. Tatiana remarqua tout de suite Oleg : beau, grand, bavard, et un humour rare. Personne ne faisait rire Tatiana aussi vite. Tatiana enseignait les maths au collège. Elle vivait chez ses parents. Elle avait vingt-quatre ans lorsqu’elle rencontra Oleg. Parfois, on croise quelqu’un qu’on aime d’emblée, simplement pour ce qu’il est. On sent que c’est une âme sœur, qu’on la connaît depuis des siècles, et qu’on ne peut plus vivre sans elle. C’est ce qui est arrivé à Tatiana. Oleg, ce soir-là, ne prêta aucune attention à cette inconnue. D’abord, il était ivre mort. Ensuite, Tatiana n’était pas du tout son genre. Enfin, Oleg avait tiré un trait sur la vie de couple. « Plus jamais de mariage pour moi ! » clamait-il à ses amis. Pourtant, dans ce groupe d’amis, il y avait Emma. Un vrai canon. Oleg engagea la discussion, la séduisit, l’emmena à l’écart dans la cuisine. Plus tard, ils partirent ensemble, main dans la main, dans la nuit. …Avec Emma, c’était explosif. Tout lui plaisait en elle. Une fille pétillante, qui attirait tous les regards et soupirs masculins. Oleg présenta Emma à sa sœur Hélène. — Belle fille, mais pas faite pour la famille, trancha Hélène. — Je sais, répondit Oleg. Emma quitta Oleg pour un autre homme. Il n’en souffrit pas. Il savait qu’elle n’était pas faite pour lui. Il la laissa partir, sans regret. …Tatiana attendit son heure. Oleg était libre : il était temps d’agir. Tatiana invita Oleg à un rendez-vous. Il accepta, pas tout de suite. Elle le présenta à ses parents. Ils furent séduits par ce jeune homme. Et tout s’enchaîna… Oleg fut entouré, dorloté. Tatiana le couvait du regard, comblait tous ses caprices. Six mois plus tard, Oleg annonça à sa mère et à sa sœur qu’il avait trouvé sa future femme, Tatiana. — Mais tu l’aimes, Oleg ? demanda sa mère. — Non. J’ai aimé, autrefois… Tu sais, maman. C’est douloureux. Il me suffit de savoir que Tatiana m’aime à la folie, répondit Oleg, pensif. — Ce sera dur, mon fils, de vivre sous le même toit avec une femme que tu n’aimes pas. Tu t’y feras ? Anna Victorovna essuya une larme. — On verra… répondit prudemment Oleg. …Le mariage fut célébré chez les parents de la mariée. — Vivez heureux. Aimez-vous. Si vous vous disputez, réconciliez-vous aussitôt, leur conseilla leur belle-mère. …Mais ils se disputaient, sans jamais se rabibocher. Oleg découvrit l’alcool. Il retourna vivre chez ses parents. Anna Victorovna secoua la tête, silencieuse. Tatiana déboula le jour même chez Oleg : — Qu’est-ce que tu fabriques ? Rentre à la maison. Je ne laisserai personne t’enlever à moi ! Il revint. …Un petit garçon naquit. 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Oleg venait de passer des examens, tout allait bien. Et là, il glisse… Tout ça n’a aucun sens. C’est impossible ! criait Tatiana. Ses parents, désemparés, assis sur le côté. — C’est à nous, les vieux, de partir, pas à lui ! Pourquoi cette injustice ? sanglota sa mère. — Oleg ! Tu es toute ma vie ! Ne t’arrête pas de respirer…! hurla Tatiana en se jetant sur son mari mort. …On l’enterra. …Deux mois plus tard, le père de Tatiana mourut. Avant de s’éteindre, il répétait : — Oleg ! Viens me chercher ! Un mois après, la mère de Tatiana mourut aussi. …Six mois plus tard, Tatiana vendit la maison. Impossible d’y vivre. Elle acheta un petit appartement. Maria son fils. …Veuve depuis sept ans, elle confia à la sœur d’Oleg : — Hélène, un mari comme Oleg, on n’en trouve pas deux… J’ai traversé l’enfer après sa perte. Je ne l’ai pas protégé… Elle ordonna à son fils : qu’on l’enterre près de son père. Comme c’est douloureux et amer, sans l’être aimé… Et le temps ne guérit rien, Hélène. Crois-moi…