Ne te mêle pas de ma famille» – mon fils a coupé les ponts en supprimant mon numéro

Ne te mêle pas de ma famille dit mon fils avant de supprimer mon numéro.

Maman, cest assez ! Je suis un homme, bordel ! Théo serrait nerveusement la corde de son sweat, debout dans lentrée avec son sac à la main.

Tu vas où par ce temps ? Il pleut des cordes ! Valérie jeta un coup dœil à la fenêtre où la pluie ruisselait en grosses gouttes. Et puis, jai préparé ton plat préféré, le boeuf bourguignon. Tu ne peux pas attendre ?

Jai trente ans, maman. Trente ! Et tu me surveilles comme si jen avais quinze.

Valérie soupira, serrant une serviette de cuisine contre sa poitrine. Il avait raison, bien sûr. Mais comment lui dire que chaque pas quil faisait loin delle lui déchirait le cœur ? Surtout depuis que Michel était parti, les laissant seuls.

Je minquiète, cest tout. Depuis ton divorce avec Léa, tu es différent. Renfermé. On pourrait en parler ?

De quoi ? Théo boucla sa veste. Tout va bien. Je vais chez Antoine, on regarde le match. Tu le connais, on est amis depuis le lycée.

Oui, je connais Antoine. Un bon garçon. Tu te souviens quand vous construisiez des cabanes dans le jardin ? Elle sourit, nostalgique. Je vous apportais du jus et des sandwiches

Maman, je suis en retard.

Il se tourna vers la porte, mais elle lattrapa par la manche.

Attends ! Et sil y a des filles ? Antoine est en couple, ils pourraient inviter des amies. Tu ne voudrais pas rencontrer quelquun ? Une gentille fille ?

Mon Dieu Théo leva les yeux au ciel. Maman, arrête ! Je gère ma vie sentimentale.

Je veux ton bien ! Que tu sois heureux, que tu aies une vraie famille, des enfants

Elle se tut en voyant son visage se fermer. Les enfants sujet encore douloureux depuis le divorce.

Théo ouvrit la porte et sortit en la claquant derrière lui. Valérie resta plantée dans lentrée, la serviette serrée comme une bouée.

Elle éteignit le feu sous le bourguignon. Manger seule lui brisait le cœur. Elle le réchaufferait plus tard, sil rentrait

Assise sur une chaise, elle contempla la cuisine vide. Autrefois, cétait bruyant ici. Michel lisait le journal, Théo faisait ses devoirs à cette table, elle cuisinait. Maintenant, seul le bruit de la pluie contre la vitre.

Le téléphone sonna.

Allô ?

Valérie, cest Nathalie. Ça va, ma chérie ? Tu tennuies ?

Nathalie, son amie depuis lécole normale.

Jai encore disputé Théo. Je ne sais plus comment lui parler. Tout ce que je fais le blesse.

Pourquoi cette fois ?

Jai demandé où il allait, et il sest braqué. Comme si jétais son ennemie.

Valérie as-tu pensé que cest peut-être dur pour lui ? Un homme de trente ans vivant avec sa mère

Et où irait-il ? Il na pas les moyens de louer, son salaire est modeste.

Mais il ne fait rien pour changer, parce quavec toi, cest confortable. Tu le couves comme un enfant. Tu cuisines, tu laves, tu nettoies

Valérie voulut protester, mais comprit. Elle faisait encore tout comme quand il avait dix ans.

Je suis sa mère ! Comment ne pas moccuper de lui ?

Soccuper et étouffer, cest différent. Mon Lucas est parti à Lyon à vingt-cinq ans. Ça me manque, mais je sais quil fallait le laisser partir.

Après lappel, Valérie réfléchit longtemps. Nathalie avait peut-être raison ?

Théo rentra vers minuit, passa directement dans sa chambre. Au petit-déjeuner, silence. Il buvait son café, scotché à son téléphone, tandis quelle lui servait une omelette.

Théo, tu te souviens quand ton père et moi temmenions au zoo ? Tu adorais les lions, tenta-t-elle.

Oui, grommela-t-il sans lever les yeux.

Et ton premier jour décole, si sérieux avec ton cartable neuf

Maman, pourquoi tu ressors tout ça ?

Le temps passe si vite Hier, tu étais petit.

Il la regarda, et elle vit la lassitude dans ses yeux.

Si tu comprends que je suis adulte, pourquoi tu me traites comme un gamin ?

Je ne

Hier, tu mas demandé lheure de mon retour. Puis tu as appelé Antoine pour vérifier. Tu crois que je ne le sais pas ?

Elle rougit. Elle lavait fait. Juste pour être sûre quil allait bien.

Je minquiétais

Jai trente ans, maman ! Jai été marié, on voulait des enfants. Je ne suis plus un ado !

Mais

Mais quoi ? Parce que je vis avec toi, tu crois que tu peux tout contrôler ?

Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle ne voulait que son bien.

Je souhaite juste ton bonheur

Je sais. Mais ton amour métouffe. Je nen peux plus.

Il finit son café, se leva.

Ne mattends pas ce soir. Je dors chez Antoine.

Et le dîner ? Je voulais faire tes côtelettes

Garde-les. Il prit sa veste.

Théo, attends ! Elle le rattrapa dans le couloir. Pourquoi on se dispute ? Je vais changer, moins men mêler

Ce nest pas ça. Il se retourna. Jai besoin despace. De vivre ma vie.

Mais je suis seule ! lui échappa-t-elle. Ton père est parti, toi aussi Que vais-je devenir ?

Je ne sais pas, maman. Mais je ne peux pas être toute ta vie. Ce nest pas sain.

La porte claqua. Valérie regarda lomelette à moitié mangée, débarrassa machinalement.

Trois jours sans nouvelles. Au quatrième, elle appela.

Le numéro nest plus attribué.

Le cœur serré, elle composa le numéro dAntoine.

Antoine, cest Valérie. Théo est chez toi ?

Non, madame. Il a emménagé dans son appartement il y a trois jours.

Quoi ? Sans me prévenir ?

Il voulait peut-être vous en parler lui-même

Elle raccrocha, tremblante. Un appartement ? Et sil tombait malade ? Qui soccuperait de lui ?

Elle rappela le numéro de Théo. Message automatique : *Numéro inexistant.*

Il lavait bloquée.

Chez Nathalie, elle éclata :

Il a déménagé ! Changé de numéro ! Comme si jétais une ennemie !

Calme-toi. Il a trente ans, Valérie.

Mais qui va soccuper de lui ?

Il nest plus un bébé. Tu las étouffé.

Je voulais son bien !

Oui. Mais lamour maternel, cest aussi savoir lâcher prise.

Nathalie avait raison. Elle réalisa : son amour lavait étouffé.

Une semaine plus tard, on sonna à sa porte.

Une jeune femme blonde, souriante, se tenait là.

Bonjour. Vous êtes Valérie ? Je suis Claire. Je sors avec Théo.

Valérie la fit entrer, le cœur battant.

Théo ne vous a rien dit

Non. Il ne me parle plus.

Je sais. Et je sais pourquoi. Claire posa les mains sur la table. Nous voulons nous marier.

Valérie sentit tout se serrer en elle.

Il ne men a pas parlé

Parce quil a peur de votre réaction. Il ma dit comment vous étiez avec sa première femme. Comment vous contrôliez tout.

Je ne contrôle pas ! Je prends soin de lui !

Vous laimez. Mais votre amour létouffe.

Comment osez-vous ? Vous nêtes pas sa mère !

Non. Mais je laime, et je vois sa souffrance. Il est déchiré entre être un bon fils et vivre sa vie.

Valérie se tut. Cette inconnue lui disait comment aimer son fils !

Que voulez-vous ?

Que vous le laissiez partir. Vraiment. Pas dappels quotidiens, de visites surprises, de conseils non demandés.

Et en échange ?

Vous aurez un fils qui vient parce quil le veut, pas par culpabilité. Une belle-fille qui ne vous voit pas comme une rivale. Et peut-être des petits-enfants.

Des petits-enfants

Oui. Si vous nous laissez vivre comme nous lentendons.

Claire se leva.

Réfléchissez. Théo vous aime. Mais il ne peut plus être votre petit garçon.

Après son départ, Valérie resta longtemps assise. Colère, tristesse, lucidité se bousculaient.

Puis, au milieu des larmes, une étrange paix.

*Si je laime vraiment, je dois le laisser partir.*

Le lendemain, elle appela le numéro que Claire lui avait laissé.

Allô ? la voix de Théo, tendue.

Théo Cest moi. Je ne tembêterai plus. La porte est ouverte. Je taime. Et si Claire est daccord, je serai heureuse de la rencontrer. Vraiment.

Silence. Puis il murmura :

Merci, maman. Ça compte pour moi.

À cet instant, elle comprit : elle ne le perdait pas. Elle lui offrait le bonheur. Et peut-être, pour la première fois, le sien aussi.

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Ne te mêle pas de ma famille» – mon fils a coupé les ponts en supprimant mon numéro
Pourquoi j’ai interdit à ma belle-mère de venir chez nous : la vraie raison derrière ma décision Lorsque j’ai fermé la porte à ma belle-mère, elle a fondu en larmes : — Moi, ta propre mère, interdite de venir ? S’il te plaît, Sébastien, un peu de respect pour Dieu ! C’est un péché de rejeter sa maman ! Je voulais juste voir un instant ma petite-fille… Sébastien a fermé les yeux et a répondu d’une voix ferme : — Maman, pas cette fois. Nous ne sommes pas prêts pour des visites. — Tu n’es qu’un pantin de ta femme ! Plus de mère pour toi, c’est compris ?! Claire lavait la vaisselle, son mari hésitait près du seuil. Il voulait dire quelque chose, mais n’osait pas. Claire comprenait la raison, mais attendait qu’il se lance. — Claire, il faut que je te dise… Maman a appelé. Elle dit qu’elle s’ennuie, qu’elle veut venir samedi voir la petite. Elle ne l’a pratiquement pas vue grandir. Claire s’est retournée brusquement, s’appuyant au plan de travail. — Elle ne l’a pas vue ? C’est la faute à qui, Sébastien ? Qui n’est pas venue à la maternité ? — Elle a expliqué… Pour la première, elle est venue, mais là, elle avait mal aux jambes, sa tension… Tu la connais. — Oh que oui, je la connais. Une visite pour la première, c’était assez, c’est ce qu’elle a dit. — Pourquoi tu t’énerves ? — Sébastien a levé les yeux, fatigué, espérant un peu de paix, pas un conflit entre les deux femmes les plus importantes de sa vie. — Elle veut juste venir, boire un thé, câliner les enfants. C’est une grand-mère. — Une grand-mère ? ricana Claire. Qui pense que nos enfants sont la copie conforme de sa famille, comme si je n’existais pas. — Tu recommences… — Non, c’est toi qui recommences, à accepter toutes ses envies sans me consulter ! — La voix de Claire tremblait, mais elle se contenait pour ne pas crier. La petite pouvait se réveiller. Elle s’assit, les jambes lourdes. Les souvenirs remontaient, d’il y a sept ans, après le mariage, quand ils vivaient chez Monique Dubois. Claire, alors pleine de bonne volonté, cuisinait, astiquait, essayait de se faire accepter. Puis elle est tombée enceinte. — Tu te souviens comment c’était chez ta mère ? — demanda-t-elle droit dans les yeux. Sébastien soupira en versant un verre d’eau. — C’était pas mal, elle nous aidait. — Aidait ? se moqua Claire. Sébastien, pendant ma grossesse, elle te harcelait chaque soir : « Prends ta part de l’appartement à ton nom, au cas où tu divorcerais, c’est une affaire de famille ». Enceinte de ton enfant, elle en était déjà à parler de divorce et de partage de biens ! — C’est sa méfiance, son éducation à l’ancienne… — Non. Elle voulait juste m’effacer de ta vie. Et quand notre fils est né ? Tu te rappelles ce qu’elle a dit ? Sébastien resta silencieux. — « Oh, il ressemble trait pour trait à ma fille ! Vraiment notre famille ! Rien de sa mère, heureusement ! » Notre famille, hein ? Et moi, je suis qui ? Un incubateur ? J’étais exténuée, personne n’a demandé comment j’allais. Elle n’a parlé que de ses gènes parfaits. — Elle s’est mal exprimée. Oublie les mots, ça fait longtemps. — Les mots restent, surtout quand ils font mal, répondit-elle en servant le dîner. Sébastien s’installa, disant que ça sentait bon, tentant d’apaiser la situation. — Elle viendra juste deux heures, assura-t-il. Tu pourras rester avec la petite dans la chambre. — Non, trancha Claire. Je ne me cacherai pas dans ma propre maison. Elle veut venir, pas juste ignorer : elle s’impose. Rappelle-toi l’histoire de la vaisselle. L’aîné avait un an à peine. Sébastien cessa de manger. — Je faisais la vaisselle, la petite réclamait les bras, les dents poussaient. Il m’agrippait la jupe, pleurait. « Attends, mon chéri, je finis… » Et ta mère arrive : « Quelle mère es-tu ? Le petit pleure et toi tu récurés ! » et l’embarque. Or il ne voulait que moi. Elle forçait, riait : « Viens voir mamie, mamie c’est mieux ! » Le petit hurlait, refusait. Et elle, elle me balance : « Tu es pire que les nazis. Même en camp de concentration, on ne faisait pas ça aux enfants ! » — Claire, c’est inutile… — Non, Sébastien. Il fallait la remettre à sa place ce jour-là. Comparer une jeune mère à des nazis… Et après ça, elle se pense encore légitime de venir donner des leçons ? — Elle ne pensait pas à mal… balbutia Sébastien. Elle regrette sûrement. — Regretté ? Elle s’est excusée, une seule fois ? Jamais ! Je ne suis rien pour elle, une erreur sur ton parcours. Tu te rappelles le jour où tu as fauté ? Sébastien grimaça. Il avait commis une infidélité, Claire était partie avec leur fils. — Je suis revenue chez elle pour mes affaires, espérant un peu de solidarité féminine. Et elle ? « Si tu avais été une bonne épouse, Sébastien ne t’aurait pas trompée ! » Tu trompes, je suis coupable ?! — On a surmonté ça. J’ai choisi d’être avec toi. — Toi, oui. Mais elle ? Pour elle, elle m’a fait une faveur en acceptant mon retour. Et ce second petit, soi-disant encore une « copie d’elle »… Je n’existe pas. Juste ses gènes merveilleux. Ça m’énerve ! — Je fais quoi alors ? lui demanda-t-il. Je lui dis de ne pas venir ? Elle va m’en vouloir, m’accuser de tout. — Eh bien tant pis ! Tu dois protéger notre tranquillité. Si je deviens folle à force d’être jugée, ça aidera qui ? Sébastien, muet. — Elle dira que tu es un mauvais fils. — Tu répondras que tu es un bon mari, un bon père. Ce qui compte, c’est notre sérénité, pas des visites qui m’épuisent. — D’accord… Je vais parler. Mais ça va être la guerre. — Vaut mieux une guerre qu’une décennie de souffrance passive. Il accepta et, peu après, la confrontation arriva. — Sébastien, tu n’as plus de mère ! hurla-t-elle. Mais Sébastien tint bon, pour le bien de leur famille. Voilà pourquoi j’ai interdit à ma belle-mère de venir chez nous : un choix de paix pour mon couple et mes enfants, pas un caprice.