La vie, elle est comme ça

La vie, elle est comme ça

Étienne, le nez qui coule, traînait une grosse bûche de pin sec sur son traîneau. Larbre était tombé en bordure du village. Normalement, il naurait pas dû le prendre, mais loncle Marcel, le garde forestier, lui avait soufflé : « Attends la nuit, et viens le chercher. »

Le gamin haletait, épuisé par leffort.

« Étienne ! Hé, Étienne ! » Une voix lappelait. Pas de doute, cétait Claire, sa camarade de classe, les yeux pétillants.

« Quest-ce que tu veux ? »

« Laisse-moi taider. »

Cette chipie ! Doù lui venait toute cette force ? Enfin, à deux, cétait plus facile. Ils sattelèrent ensemble au traîneau et tirèrent.

« Et les petits, Étienne ? Qui les surveille ? »

« Mamie, bien sûr. Maman est au travail. »

« Ah Moi, je suis passée pour taider avec tes devoirs. Jai vu que chez toi, cétait sombre et la porte était fermée à clé. Antoine ma dit par la fenêtre que tu étais parti vers la forêt et que tu leur avais ordonné de rester sages. »

« Oui, jai dû fermer »

« Elle sest enfuie ? »

« Elle est partie Retourner en Russie, chez sa mère. »

« Oh, la pauvre Elle souffre et vous fait souffrir. »

« Ouais. »

Les enfants ramenèrent le bois jusquà la maison dÉtienne.

« Merci, Claire. »

« De rien. Allez, sors la scie, on va couper ça vite fait. »

« Non, je men occupe, tu as déjà assez aidé. »

« Ah oui ? Tu vas y passer des heures avec ta scie rouillée, ou on le fait ensemble en deux temps trois mouvements ? »

Ils sattaquèrent à la bûche avec entrain, et bientôt, des morceaux bien droits jonchaient le sol.

Derrière la fenêtre, les petites frimousses dAntoine, six ans, et dAnnabelle, deux ans, apparaissaient.

Étienne saisit sa hache et, dun coup précis, fendit une bûche en deux. Un second coup, un troisième Le bois craqua et se sépara.

Pendant quÉtienne fendait le bois, Claire ramassait les éclats.

Une fois la pile prête, ils rentrèrent les bûches. Le garçon alluma vite le poêle, et des reflets dansants illuminèrent le plafond.

La chaleur se répandit.

« Je vais vous préparer une soupe. Comme ça, quand tante Léa rentrera, elle naura pas à cuisiner. »

« Non, non, on se débrouille, » murmura Étienne, gêné. « Mamie va faire quelque chose. »

« Oh non, Étienne, » protesta Antoine. « Laisse Claire faire, daccord ? Tu te souviens de sa soupe lautre fois ? Elle a mis du chou, des pois, et même des graines daneth que maman garde pour quand Annabelle est malade Mamie a tout balancé dedans, cétait immangeable ! »

« Je vais la faire, Antoine. Allez, aide-moi. »

« Tes à qui, toi ? » Une vieille femme descendit du poêle, chaussée de bottes, vêtue dune veste matelassée et dun châle.

« Mamie, enlève tes affaires, il fait chaud maintenant. »

« Jai froid, Michel »

« Quel Michel ? Je suis Étienne, ton petit-fils. »

« Ah ? Et où est Michel, alors ? »

« Il est parti Il reviendra bientôt. »

« Elle parle de qui ? De mon oncle Michel ? »

« Ouais Elle ne comprend plus. Depuis quil est parti, ça va de mal en pis. »

« Pourquoi il ne la pas emmenée ? Cest sa mère, non ? »

Étienne haussa les épaules. Il naimait pas aborder ce sujet.

Michel, cétait le père dÉtienne et des petits, le mari de Léa.

Il était parti retrouver sa maîtresse. Non content de leur abandonner la vieille, il avait agi en traître : il avait égorgé les cochons, pris la viande, emmené la vache, leur seule source de nourriture, et même la génisse, Malou.

Léa lavait supplié : « Laisse au moins la génisse, on la gardera pour la vache. »

Mais il avait ri : « Je vais pas arriver les mains vides chez ma future, si ? »

Étienne le haïssait depuis ce jour-là. Il avait vidé les réserves, pris des sacs de pommes de terre, jusquaux couverts. Il avait tout pris.

Et pendant ce temps, Lucie comptait le nombre de cuillères quil emportait

Léa rentra chez elle alors que les enfants, après le dîner, étaient assis autour de la lampe à pétrole. Étienne lisait un conte à Antoine. La grand-mère, recroquevillée près du poêle, veillait sur Annabelle, qui dormait en suçant son pouce.

« Maman ! » chuchota Antoine. « Regarde comme il fait bon. Cest Étienne qui a ramené du bois, et avec Claire, ils lont coupé. Ils ont allumé le poêle, Claire a fait la soupe, elle était bonne. Annabelle dort, et mamie a essayé de senfuir deux fois en criant «Russie !». On la rattrapée. »

Léa se déshabilla, esquissa un sourire et caressa la tête ébouriffée dAntoine.

« Étienne Tu en as trop sur les épaules. »

« Ça va, maman. Allez, mange, la soupe est vraiment bonne. »

Après le dîner, Léa se mit à raccommoder des vêtements. On frappa à la fenêtre.

« Qui est là ? Étienne, va voir. »

La porte souvrit, laissant entrer une bouffée dair glacé et une femme enveloppée dans plusieurs épaisseurs.

« Brrr ! Ce froid Ce soir, il va faire moins dix, cest sûr. Bon, tiens, je tai apporté des grillons et un bout de lard. »

« Merci, Valentine, mais ce nest pas nécessaire »

« Comment ça, pas nécessaire ? Tu as de la farine ? »

« Un peu, oui. »

« Alors prends ces deux bouteilles de lait. Je les avais congelées cet hiver. Et quelques œufs. Tu pourras faire des crêpes. On tiendra jusquau printemps, et après On plantera le potager, ça ira mieux.

Écoute, Léa, ne garde pas tes pommes de terre pour les semences. Jean a dit quon ten donnera. Mange-les, on ten fournira. Et puis » Valentine murmura quelque chose à loreille de Léa.

« Oh, jai peur, Valentine. Et si on le découvre ? »

« Qui ? Qui vient chez toi ? Notre truie va mettre bas dun jour à lautre, alors Naie pas peur, Léa Tout ira bien, on sen sortira »

Deux jours plus tard, Valentine apporta un petit porcelet, pas plus gros quune moufle.

Elle travaillait comme porcher à la ferme coopérative.

« Jai peur, Valentine. Et si on le découvre ? »

« Ils ne sauront rien, Léa. Il serait mort de toute façon. Elle en a fait treize, alors Pourquoi le gaspiller ? Jai pris le plus costaud. »

Le lendemain, Léa fut convoquée au bureau. Elle fit ses adieux aux enfants.

« Maman, » pleura Étienne, « tu crois que ça va sarranger ? »

« Je ne sais pas, mon chéri Occupe-toi des petits. »

Le président, un ami de Michel, lex-mari de Léa, détourna le regard et lui ordonna daller à la ferme.

« Pour Pour quoi faire, Hubert ? »

« Va, Léa. Voici une autorisation pour du lait. Prends un porcelet. Valentine ten choisira un bon. Dis-lui même den prendre deux, si tu veux. »

« Mais comment je vais les nourrir ? »

« Le lait, je te dis. On ten a accordé, pour toi et les enfants Avec de la bouillie, tu ten sortiras. En avril, on te donnera une génisse, de la part de la coopérative. Tu la prendras ? »

« Je la prendrai, » répondit-elle, les lèvres sèches. « Je peux y aller ? »

« Va Léa, » lappela-t-il à la porte.

« Oui ? »

« Pardonne-moi. »

« Pourquoi, Hubert ? » demanda-t-elle, surprise.

« Pour Michel Je ne pensais pas quil se comporterait comme un salaud. Flirter, cest une chose, mais abandonner ses enfants et sa mère, et tout prendre Je lai appris récemment, ma femme me la dit

Pourquoi tu nas rien dit ? Tu as des pommes de terre ? »

« Oui »

« Bon, vas-y. Et ne te gêne pas si tu as besoin de quelque chose. On tamènera aussi du bois »

Ainsi vivait Léa, avec ses enfants et sa belle-mère, qui avait perdu la mémoire et ne savait plus qui était qui, ni pourquoi elle était là.

Cétait dur. Étienne était toujours là pour aider. Claire, la fille du président, venait souvent : tantôt elle gardait les petits, tantôt elle donnait un coup de main.

Antoine, lui aussi, faisait ce quil pouvait. Cest comme ça quils survivaient.

Le petit cochon que Valentine avait apporté fut élevé, puis deux autres les rejoignirent. Ils couraient partout, la queue en tire-bouchon, le groin frétillant.

Un jour, en rentrant du travail, une voisine interpella Léa.

« Léa ! »

« Oui, tante Colette ? »

« Dis donc, ma petite, est-ce que ton Étienne pourrait réparer mon toit ? Je le paierai, jai encore des grillons de lautomne dernier »

« Non, merci, tante Colette. Ce nest pas la peine. Je ne veux pas que mon garçon travaille pour des restes. On ne meurt pas de faim. »

« Lautre jour, tu sais, je suis allée chez ma cousine, chez Yvonne. Et ton Michel, avec cette grosse Franchement, une vraie barrique, cette Lucie. Ils passent en traîneau, tous droits. Il conduit, la casquette de travers, elle est derrière, accrochée, et ils rient comme des fous

Et si ses enfants crèvent de faim, ça le regarde pas ! »

« Qui vous a dit quon crevait de faim ? Tout va bien, vous inventez quoi ? »

Léa séloigna rapidement.

« Ouais, ouais, tout va bien Toi, tu es toute bleue, et les gosses pareils. Comme si on savait pas que Michel a tout pris »

Léa courut jusquà chez elle et se réfugia dans la remise pour pleurer.

Elle entendit gratter à la porte.

« Maman ? Quest-ce que tu fais là ? »

« Léa Je suis un fardeau. Quand jai mes moments de lucidité, je comprends Je suis épuisée et je vous épuise, toi et les enfants. »

« Quoi ? Quest-ce que tu racontes ? » Elle arracha la corde des mains de sa belle-mère. « Pourquoi tu me fais ça ? Quest-ce que je tai fait, maman ? »

Léa pleurait. La vieille femme aussi, ses larmes coulant sur son visage ridé, tanné par le vent et la pluie.

« Rentrons à la maison. Aujourdhui, on va faire des tourtes. »

« Allons-y, ma petite. »

Au printemps, la vieille femme salita.

Elle ne cessait dappeler son fils unique.

« Valentine, je ne sais plus quoi faire. Elle appelle Michel, je ne peux pas y aller moi-même. »

« Je vais le dire à Jean »

Michel ne vint jamais faire ses adieux à sa mère. Il envoya de largent et grogna à Jean que cétait pour lenterrement.

Le village le condamna, bien sûr. Mais quest-ce que ça changeait pour lui ?

La première fois, quand il était parti avec Lucie, il y avait eu autant de ragots. Mais il naimait pas Léa, trop fade à son goût. Lucie, elle, était une vraie flamme.

Il avait épousé Léa par bêtise. Elle était arrivée là par affectation, petite, maigrichonne. Il navait jamais vu ce genre de fille. Il lavait dominée dès le premier soir. Et elle

Une autre aurait résisté. Elle, elle avait pleuré en silence, se cachant dans sa robe de chambre.

Il avait continué, et elle sétait soumise. Elle était orpheline, sans père ni mère

Quand il avait vu son ventre sarrondir, bon Était-il un monstre ? Il avait grandi sans père, alors il lavait épousée.

Il avait fini par laimer, un peu. Après tout, elle était bonne ménagère, sentendait bien avec sa mère, propre et ordonnée Elle, Léa, lavait vraiment aimé.

Leur deuxième enfant était né quand il avait rencontré Lucie. Comment avait-elle pu grandir si vite ? Pulpeuse, ardente, le regard envoûtant, elle sentait les herbes sauvages

Il avait cru que ce serait une aventure sans lendemain. Mais non, elle lavait envoûté, enroulé dans ses bras

Il était parti, fermé les yeux et sauté dans le vide, laissant trois enfants derrière lui. Pourtant, il les aimait, il les aimait tant.

Mais dun coup, tout sétait brouillé. Il sétait dit :

Les enfants et alors ? Il avait grandi, eux aussi grandiraient. Lucie lui en ferait dautres

Étienne détournait le regard dans la rue. Ça lui transperçait le cœur. Les deux petits étaient trop jeunes pour comprendre, la petite ne se souviendrait même pas. Que pouvait-il faire ? Il avait aimé

On le jugeait, on le traitait de monstre, davoir abandonné ses enfants, de ne pas être venu dire au revoir à sa mère.

Mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas affronter le regard silencieux de Léa.

Sur un coup de tête, il avait tout pris Et après Ah, ils jugent, mais qui a regardé dans son âme ? Qui sait ? On dit quil a lâme noire. Peut-être

Michel sapprocha de la tombe fraîche, surmontée dune croix et dune serviette blanche, et sagenouilla.

« Pardon Pardon, maman »

« Elle ta pardonné, Michel À la fin, elle a retrouvé sa lucidité. »

« Toi Quest-ce que tu fais ici ? » demanda-t-il, sombre, à Léa.

« Je tai apporté à manger. Cest la tradition chrétienne Tiens Bois, souviens-toi de ta mère »

Ils restèrent silencieux.

« Bon Je vais y aller. Et toi Parle-lui. »

« Elle mentendra ? »

« Elle tentendra, Michel. Le cœur dune mère, cest comme ça Et la vie, elle est comme ça, Michel Elle nous emporte »

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La vie, elle est comme ça
Valentine rentrait tard le soir de sa maison de campagne. Elle avait délibérément attendu la tombée de la nuit pour prendre la route, roulant lentement, choisissant le détour le plus long, l’autoroute départementale. Si elle n’avait pas eu à travailler le lendemain, elle serait restée dormir à la campagne. Pourquoi cette lenteur ? Parce qu’elle redoutait tout simplement de rentrer chez elle. Plus précisément, elle n’avait aucune envie de voir son mari. Son intuition lui murmurait depuis longtemps qu’ils ne tiendraient plus longtemps ensemble sous le même toit. Leurs relations s’étaient refroidies, tendues, ponctuées de disputes de plus en plus fréquentes. Tout en scrutant la route, Valentine réfléchissait à cette situation familiale délétère. À un détour, traversant un hameau, Valentine aperçut dans la lumière de ses phares une vieille dame étrange près d’un arrêt de bus. La femme tenait dans ses bras quelque chose enveloppé d’un tissu, serré contre elle comme un nourrisson. Son regard empli d’espoir suivait chaque voiture ; sans hésiter, Valentine freina. Elle descendit de voiture, se dirigea vers la vieille dame et aperçut à ses pieds un sac à roulettes. — Que faites-vous ici ? demanda Valentine, préoccupée. Vous avez besoin d’aide ? Ce que vous portez, c’est un enfant ? — Un enfant ? s’étonna la vieille dame avec un sourire gêné. Non, ce n’est pas un enfant… C’est du bon pain frais… — Du pain ? s’exclama Valentine, interloquée. Quel pain ? — Du pain maison… tout juste sorti du four… Je vends mon pain ici… — Vous le vendez ? Mais où le prenez-vous ? — Je le fais moi-même. La pension n’est pas énorme, alors ça m’aide un peu. Quand je suis à court d’argent… Pourquoi, c’est interdit ? Certains m’achètent mon pain. On dit même qu’il porte bonheur. — Porte bonheur, vraiment ? — C’est ce qu’affirme un monsieur qui me l’achète toujours. Peut-être qu’il viendra ce soir. Et vous, vous en voulez ? Il est encore tout chaud. — Du pain, à moi ? Oui, j’en veux bien. Combien la miche ? — Un euro, répondit la vieille dame avec précaution. Ce n’est pas trop cher ? — Et vous en avez combien ? — Dix. Personne ne m’a encore acheté de pain aujourd’hui. Je viens d’arriver. Vous en voudriez combien ? — Je prends le lot ! affirma Valentine, retournant chercher son porte-monnaie. — Surtout pas ! dit la dame, effrayée. Je ne vous vends pas tout. — Pourquoi ? s’étonna Valentine. — Parce que je sais que vous achetez pour m’aider, pas par faim. Il en faut peut-être aussi à d’autres. Peut-être que ce monsieur va passer. Valentine, touchée par une telle sincérité, céda. — Alors vous m’en vendez combien ? — Cinq pains… pas plus, glissa-t-elle timidement. — Pas plus ? — Non, il en faut pour les autres… Ce pain, il est fait pour être mangé, il sort du four. — D’accord… murmura Valentine avec un sourire. Elle paya, emporta cinq pains encore tièdes, et reprit la route. Mais bientôt, enivrée par l’odeur, elle céda à la tentation, en arracha un morceau, le goûta, et n’avait jamais rien mangé d’aussi délicieux. À peine cette pensée formulée, son téléphone sonna : c’était son mari. — Val, passe prendre du pain, y’en a plus à la maison ! Et tes copines ont débarqué, elles t’attendent. — Mes copines ? Si tard ? demanda Valentine, étonnée. — Oui, tes trois amies squattent la cuisine en prenant le thé. Et elles attendent que toi. — Eh bien… souffla Valentine, en pressant l’accélérateur. Arrivée à la maison une demi-heure plus tard, elle fit entrer l’odeur du pain avec elle. — Val, tu sens tellement bon ! s’écrièrent ses amies d’université en se ruant dans ses bras. Son mari, séduit par l’arôme, déroba une demie miche, la porta à son nez, abasourdi. — Où as-tu déniché ce pain incroyable ? — C’est un secret…, répondit-elle dans un souffle. Le mari repartit dans son coin avec son pain, tandis que Valentine et ses amies s’attardaient en cuisine jusqu’à minuit, trinquant au vin, savourant le pain miraculeux et se plaignant de leurs maris, jusqu’à avoir la larme à l’œil. En partant, elle glissa à chacune une miche de pain. Puis Valentine se coucha sur le canapé, délaissant la chambre conjugale. Au matin, les miracles commencèrent. Son mari vint s’asseoir à côté d’elle, déclarant d’une voix inattendue : — Val, je crois que ce pain m’a ouvert l’esprit : on a été idiots tous les deux. Ce soir, je t’invite au resto, le même où je t’ai demandé en mariage. Il est temps de tout recommencer. Valentine, émue, vit la journée s’ouvrir sous un jour nouveau. À midi, une amie l’appela, bouleversée : « Val, on s’est réconciliés cette nuit avec mon mari, en mangeant ton pain… Merci, Val ! » Les deux autres suivirent dans l’après-midi, tout aussi réjouies. Valentine, troublée, retourna vers sa miche entamée, respira son parfum, et sentit pour la première fois, dans sa saveur, la tendresse d’un amour universel… Le pain miracle qui ramène la douceur dans les foyers.