J’ai toujours rêvé d’endosser le rôle de mon frère, mais tout a bientôt basculé

Jai toujours rêvé dêtre à la place de mon frère, mais le destin en a décidé autrement.

Ma mère ma eu à dix-huit ans, une surprise peu appréciée dans notre coin de Provence. Mon père a disparu comme une ombre dès quil a su préférant les fêtes entre copains aux couches-culottes. Mes grands-parents, bons catholiques, étaient hors deux. « Une mère célibataire ? Quelle honte ! » a hurlé mon grand-père avant de claquer la porte. Ma mère, tête haute, sest inscrite à des cours par correspondance, a décroché un petit boulot et nous a emménagé dans un studio minuscule près dAvignon. Jai appris à faire les courses à huit ans et à réchauffer les plats surgelés avant même de savoir conjuguer le verbe « jouer ». Jétais son roc, son petit homme et jen tirais une fierté discrète.

Puis est arrivé Édouard. Sympa, ce type : il offrait des macarons, faisait rire maman, et un jour, elle ma annoncé, les yeux pétillants : « On emménage dans une maison à Aix-en-Provence ! » Enfin, une vraie famille ! Au début, ce fut idyllique : ma propre chambre, des soirées tranquilles Édouard bricolait, maman chantait, et moi, je respirais.

Jusquà lannonce de la grossesse. « Théo, tu vas déménager dans le débarras. Ce sera la chambre du bébé », ma lancé Édouard un soir. Le débarras ? À peine de quoi glisser un lit une place. Injuste, mais jai serré les dents habitué à avaler les couleuvres.

Quand mon frère Lucien est né, lenfer a commencé. Ses pleurs me réveillaient la nuit, mes notes ont dégringolé, et maman me sermonnait : « Sois un exemple pour ton frère, Théo ! » Lucien a grandi, capricieux comme un chat mal léché. Tous les jouets neufs étaient pour lui ; moi, je me contentais de ses vieux trucs. Les autres gamins riaient quand je le poussais dans sa poussette moi, dix ans, jouant les nounous. « Pas dargent pour toi », grognait Édouard si josais réclamer un pull.

Plus tard, maman ma collé les devoirs de Lucien. Il bâclait tout, puis courait se plaindre quand je le grondais. « Il est fragile, sois indulgent ! » soupirait-elle. Bref, il a enchaîné les écoles privées payées par Édouard pendant que je devenais mécanicien, histoire de fuir cette maison étouffante.

Aujourdhui, jai ma femme, une petite maison près de Marseille, et une tranquillité gagnée à la sueur de mon front. Lucien ? Il squatte toujours chez maman, loue son appartement cadeau et claque son argent en gadgets. Un soir de réveillon, jai découvert sa dernière copine, Camille, en train de chuchoter à ma femme : « Théo, lui, cest un homme. Lucien ? Un éternel ado. »

Et là, jai compris : je ne lenvie plus. Sa vie dorée nest quune cage dorée. La mienne, avec ses cicatrices, est bien plus précieuse. Je suis libre, et cette liberté, je lai méritée. Pour la première fois, je suis heureux de ne pas être Lucien.

Оцените статью
J’ai toujours rêvé d’endosser le rôle de mon frère, mais tout a bientôt basculé
Quand les parents de mon fiancé devaient venir, j’ai entrepris un grand ménage : ma semaine de vie commune dans leur appartement et le jugement inattendu de sa mère Voilà deux ans que je suis en couple avec mon petit ami, qui m’a demandé ma main et à qui j’ai dit « oui » sans hésiter. Pourtant, une chose m’a surprise : il ne semblait pas pressé de s’installer avec moi. Lui vivait dans l’appartement familial de trois pièces, moi en résidence étudiante. Je suis persuadée qu’il faut vivre ensemble avant le mariage pour mieux se connaître et s’habituer l’un à l’autre. Je le lui ai dit, mais il faisait mine de ne pas comprendre. Et puis le hasard a bien fait les choses : ses parents sont partis en voyage pendant deux semaines, et nous avons pu vivre ensemble durant cette période. J’ai tout mis en œuvre pour être une compagne exemplaire : cuisine raffinée, ménage impeccable, appartement étincelant. Chaque jour, je surprenais mon fiancé avec des gourmandises et je faisais tout pour lui plaire. Tout allait bien, sauf un problème : je lui ai demandé d’aspirer, mais il m’a répondu que ce n’était « pas un travail d’homme ». Selon sa famille, un homme ne s’occupe que des questions matérielles, pas d’aider sa femme au quotidien. J’ai gardé le silence, pensant qu’il changerait en vivant ensemble. Avant le retour des parents, j’ai astiqué l’appartement dans les moindres recoins, préparé un gâteau, cuisiné le déjeuner, puis je suis rentrée chez moi. Le lendemain, Sébastien m’a annoncé que sa mère n’était pas contente de moi : selon elle, je ne serais pas une bonne maîtresse de maison. J’étais stupéfaite ! La première fois que j’étais venue chez eux, l’appartement était bien plus sale. Pourquoi me dénigrer ? Elle n’a même pas apprécié mes plats, qu’elle a jugés sans saveur. J’ai été profondément vexée ! Je crois qu’elle refuse de laisser partir son fils, qu’elle ne m’aime pas… Peut-être a-t-elle une autre prétendante en tête pour lui. Pourquoi je pense cela ? Parce qu’après le retour de ses parents, Sébastien s’est montré distant, et on se voit ou se parle de plus en plus rarement. Je doute vraiment qu’il y ait un mariage. Qu’en pensez-vous ?