Потеря сестры на грани: осознание любви в кризисный момент

Я едва не потеряла младшую сестру — и лишь тогда осознала, как сильно её люблю

Мне было всего десять, когда я впервые по-настоящему почувствовала, что значит быть взрослой. Не на уроках, не в разговорах с родителями, и уж тем более не из книжек. Это пришло через леденящий ужас — мысль, что я могу навсегда лишиться своей сестрёнки. Моей Светки.

Всё начиналось, как у многих старших детей — с обиды. Наверное, каждая девочка, вынужденная нянчиться с младшими, поймёт. Бесконечные: «Ты должна», «Присмотри за Светой», «Мы ненадолго, ты ведь старше». Мне казалось, будто меня лишают детства, превращая в бесплатную няньку.

Светке тогда было пять. Вечный двигатель, вечная тень за моей спиной. А мне так хотелось хотя бы вечер провести с подругами! Мы затеяли домашний кинотеатр — попкорн, лимонад, уютное гнёздышко из подушек. И, конечно, я забыла, что должна следить за сестрой.

Не прошло и получаса, как из комнаты раздался оглушительный грохот. Вскочила как ошпаренная. Вбежав, увидела опрокинутый комод. Светка лежала рядом, всхлипывая и сжимая коленку. Позже выяснилось — синяк размером с яблоко, но, слава богу, без перелома. Она полезла за плюшевым зайцем на верхнюю полку.

Родители устроили сцену: слёзы, крики, «Ты недоглядела!», «Она могла погибнуть!». А я сжимала кулаки и ненавидела их слова. Хотелось закричать: «Я её не просила! Я не просила быть старшей!»

Но всё перевернулось пару месяцев спустя.

Лето, семейная поездка в Крым. Солёный ветер, виноградники, запах полыни. Даже со Светкой мы, кажется, перестали ссориться.

Один вечер мы гуляли по набережной. Светка шла впереди, трогала ладонью стебли дикого шиповника — как делала всегда у бабушки в деревне. Вдруг — визг. Острее стекла. Обернулась — между камней мелькнуло что-то чёрное с жёлтыми кольцами. Через секунду Светка закачалась.

На её лодыжке — две алые точки.

Вокруг засуетились, прибежал врач из местного санатория. Наложил жгут, приложил лёд, но лицо у него было каменное: «Скорую. Сейчас же. Это гюрза».

Свету увезли. Я сидела, обхватив колени, и казалось, будто мир сжался до размера игольного ушка.

В больнице врач заколебался: «Нужна кровь, редкая группа. AB+. Родители не годятся — у отца давление, у матери анемия. Остаётся только…»

Я встала. Голос не дрогнул:
— Берите мою.

Не знала, больно ли это. Боялась. Но теперь я не та девочка, которая злилась на свою «обузу». Понимала — если Светка умрёт, я не переживу.

В тот миг я повзрослела.

Процедура прошла быстро. Медсёстры шептали: «Молодец», мама сцепила мои пальцы в замок. Весь мир теперь был — только Светка.

Через трое суток она открыла глаза. Слабенькая, но живая. Врачи хвалили: «Крепкая девочка». А я думала: «Нет. Крепкой стала я».

Остаток отпуска мы провели в больничной палате. Но какая разница? Главное — она дышит.

Прошли годы. Мы выросли. Но те дни навсегда во мне. Именно тогда я поняла: сестра — это не тяжкий крест. Это продолжение тебя. Твоя плоть, твой воздух. Ради неё — всё.

Теперь мы не просто сёстры. Мы — одно целое. Учим своих детей: не жди беды, чтобы понять, кто дорог. Не откладывай объятия.

Но жизнь — странная штука. По-настоящему ценишь только то, что едва не потерял. Главное — не забыть урок. Главное — хранить эту любовь. И быть рядом. Всегда.

Оцените статью
Потеря сестры на грани: осознание любви в кризисный момент
Perte. Romain et Liliane se sont rencontrés pour la première fois au lycée. Le jeune homme a aperçu la jeune fille dans un couloir lors d’une pause. Tandis que les autres adolescentes riaient bruyamment et échangeaient des cigarettes, Liliane cachait timidement ses yeux d’une couleur extraordinaire sous de longues cils de velours. — La classe, je vous présente notre nouvelle élève : Liliane Avranches, — annonça la professeure principale aux élèves de Terminale B. Le regard de Liliane croisa un instant celui de Romain, et il comprit aussitôt qu’il était perdu. Il dut se battre pour conquérir le cœur de la jeune beauté, mais finalement la citadelle céda : ils se présentèrent ensemble, bras dessus bras dessous, au bal de fin d’année. Depuis ce jour, ils ne se quittèrent jamais. À chaque fois que Romain se perdait dans les grands lacs bleu tendre des yeux de son aimée, il était certain que sans eux, il ne serait qu’un poisson jeté sur la rive. Les années filèrent, Romain et Liliane terminèrent leurs études, devinrent ingénieurs et se marièrent. Ils commencèrent à envisager un enfant. Mais malgré de nombreux essais, Liliane n’arrivait pas à tomber enceinte. Après plusieurs années, le couple se lança dans la PMA. Cette fois-ci, ce fut un succès. Neuf mois plus tard, une fille naquit, et on lui donna le prénom d’Aurore. Mais la joie des jeunes parents fut bientôt assombrie : on découvrit un cancer chez Liliane. Comme une cruelle ironie du sort, à mesure qu’Aurore grandissait et devenait chaque jour plus semblable à sa mère, Liliane dépérissait, n’étant plus que l’ombre d’elle-même… Lorsque la fillette eut cinq ans, sa maman s’éteignit. À la mort de sa femme, Romain se brisa. Fou de douleur, il se mit à boire, tentant de noyer son chagrin, sa rage et la honte qu’il ressentait parce qu’il en voulait en secret à leur fille : c’était la PMA qui avait, croyait-il, réveillé la maladie. — Pourquoi maman est partie ? — se demandait sans cesse Aurore. — Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? Et papa… il a changé, il ne m’aime plus… — songeait la fillette en observant son visage pâle dans la vieille glace sale. — Il crie tout le temps… Des éclats de voix et des bruits de vaisselle brisée venaient de la cuisine. Une odeur d’alcool envahissait l’appartement. — Il va encore se mettre à hurler… — paniqua la fillette, enfilant sa petite veste et s’enfuyant discrètement par la porte d’entrée. — Je ne veux plus le déranger… L’automne enveloppait Paris d’un ciel d’ardoise, la nuit tombait vite sur la ville. Aurore s’aventura sur les sentiers humides d’un parc désert, tentant d’oublier la faim qui lui tenaillait l’estomac. Un homme, le col relevé, apparut à une vingtaine de pas derrière elle et la suivit tandis qu’elle s’engageait dans l’allée obscure. — Pourquoi tu me fixes comme ça ? — demanda Romain d’une voix pâteuse à la photo de Liliane dont les yeux azur lui souriaient autrefois. — Tu m’as abandonné… — Il s’agrippa la tête, tira sur ses cheveux sales puis une brise fraîche s’insinua dans la chambre. Il releva la tête et vit sa femme défunte devant lui. *** Aurore, transie, s’assit sur un banc sous un lampadaire fatigué. Soudain, un homme grand s’approcha. — N’aie pas peur. Je ne te veux pas de mal, susurra-t-il. Tu es seule ici ? — demanda-t-il d’une voix étrangement rassurante. — Oui, — murmura l’enfant en mordant ses lèvres. L’homme lui adressa un sourire, tendant la main : — Pierre Vausselin… Tout semblait irréel, Romain n’en croyait pas ses yeux. — Liliane ! — cria-t-il, tentant de la serrer dans ses bras, mais il traversa son spectre et s’écorcha le front sur la table de nuit. — Romain… — lui souffla le fantôme avec tendresse. — Je ne vous ai pas abandonnés, la vie en a décidé ainsi. Personne n’est coupable, surtout pas notre fille. Le souffle court, Romain s’immobilisa. — Aurore, c’est le prolongement de notre amour. Je ne reviendrai pas, mais toi tu peux la sauver. Ne la perds pas, ne vous perdez pas… En entendant sa femme, Romain sentit ses larmes couler, la douleur s’ouvrir enfin. — Je veillerai toujours sur vous. Mais dépêche-toi, Aurore est en danger ! — l’implora Liliane. Il se précipita vers la porte, prêt à courir. — Au parc… — s’éteignit la voix de Liliane dans un souffle. Romain fonça, haletant sous l’effort qu’il n’avait pas fait depuis des mois. Sur un banc, l’homme à la silhouette rigide discutait avec la fillette. À première vue, père et fille… Rassurée, Aurore accepta la confiserie offerte par Pierre Vausselin. Dès qu’elle l’avala, la terre tangua sous ses pieds. Pierre la saisit par la main et lui proposa un chocolat chaud. Agitée, elle faillit s’effondrer ; il la rattrapa, puis un petit porte-clés licorne rose tomba de la poche de la fillette sans qu’ils s’en rendent compte. Romain, parcourant le parc, s’arrêta net en voyant la licorne d’Aurore sur le sol trempé. Au loin, un chien aboyait. Soudain il vit Pierre, portant sa fille inanimée sur son épaule. — Lâchez ma fille, ordure ! — hurla-t-il en se jetant sur l’homme. Au même instant, un grand rottweiler mordit Pierre à la jambe. *** Aurore se réveilla à l’hôpital après des perfusions. Pierre Vausselin, lui, fut emmené menotté : il avait un passé criminel d’agressions sur mineurs. Quant à la propriétaire du rottweiler, Élise, elle se souvint avoir croisé une femme aux yeux d’un bleu saisissant la veille au parc, qui avait chuchoté à son chien. Aurore guérit rapidement, et Romain arrêta définitivement de boire. Élise devint une habituée de la maison. Un jour, elle reconnut sur une photo la femme mystérieuse du parc : c’était Liliane. — Princesse, viens, on a des invités ! — annonça Romain tandis que des ballons multicolores flottaient au plafond. Élise surgit dans l’entrée. Ce jour-là, Aurore fêtait ses six ans, la plus belle journée de sa vie. Dans sa jolie robe rose, elle courut vers Élise qui tenait un cadeau derrière son dos. — Joyeux anniversaire, mon trésor ! J’ai une surprise pour toi… — Un petit chiot rottweiler surgit dans ses bras. Liliane pouvait enfin reposer en paix, certaine que ceux qu’elle aime seraient heureux. Un souffle léger caressa les visages assemblés dans l’appartement, tandis que la maman d’Aurore s’éloignait vers la lumière.